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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 16:56

Mardi 13 Octobre 2015, 6ème étape.

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Au réveil, il pleut, il pleut bergère ... mais nous devons tout de même partir assez tôt, car attendre serait prendre le risque de trouver ensuite des ruisseaux en crue, impossibles à traverser.

L'itinéraire est simple : suivre le cours du Tavignano jusqu'à Corte, en 2 étapes. Ce soir nous devons dormir au Refuge de la Sega, et demain arriver à Corte en descendant les gorges du Tavignano.

Nous abandonnons donc le GR 20 pour redescendre jusqu'à la bergerie, et de là, gagner le Tavignano afin de le traverser et passer en rive gauche, où nous resterons jusqu'à la Sega.

Le chemin est bien balisé en jaune, mais la passerelle est hors sentier, et il faut remonter assez loin. On se demande pourquoi. En plus, elle est endommagée. Comme le gué est impraticable, il nous faut bien l'emprunter.

Tavignano oh oh, eau eau ....

Au deuxième gué, pour traverser un affluent du Tavignano, il a fallu mettre un pied dans l'eau. Peu importe, car depuis longtemps nos pieds font floc-floc dans nos chaussures.

Le paysage est superbe, mais c'est assez difficile de sortir l'appareil photo avec notre harnachement !

Au troisième gué, c'est plus profond, et il y a beaucoup de courant. Comme d'habitude, c'est Alain qui découvre le passage le plus facile. Pourtant, il faudra mettre les 2 pieds dans l'eau, qui monte au-dessus de la cheville. Heureusement que nous avons des bâtons pour s'équilibrer et résister au courant ...

Enfin la pluie s'arrête, et nous pouvons faire une pause pour le pique-nique.

Tavignano oh oh, eau eau ....

L'après-midi, le terrain se redresse, il n'y a plus de chemin, mais nous allons de balise jaune en balise jaune. La descente est très raide, mais la roche est rugueuse et ne glisse pas. A un moment, nous surplombons la rivière. Impressionnant !

Tavignano oh oh, eau eau ....

Un dernier torrent à traverser, juste après une très belle cascade.

Pour ce 4ème gué, le tronc qui est au milieu oscille un peu. Popeye a bien failli perdre l'équilibre, mais non. Nous sommes tous de l'autre côté. Nos resterons pas prisonniers de la montagne.

Maintenant, la rivière est tranquille, le terrain presque plat dans la forêt. Reste 2 km.

Et c'est le Refuge de la Sega, gardé par un Corse du genre "ours". Crasseux, le refuge, il faut bien le dire, mais l'ours fait une bonne cuisine, et on y mange au chaud. Ça fait du bien quand même.

Et maintenant : belote, re-belote, et 10 de der !

Tavignano oh oh, eau eau ....

Mercredi 14 Octobre 2015, 7ème étape.

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Jusqu'à Corte, nous suivrons aujourd'hui une étape du chemin "Mare a mare Nord" (de la mer à la mer). Ce sont les Gorges du Tavignano.

Pas question de les suivre par le fond : c'est trop étroit et à pic. Il faut donc s'élever largement au-dessus du torrent. Nous y redescendrons à mi-parcours, pour passer le Ponte di u Russulinu, reconstruit en 2003.

De belles calades subsistant par endroits témoignent de l'ancienneté de cette voie .

Tavignano oh oh, eau eau ....

Au pont, en saison chaude, de belles vasques accueillent les amateurs de baignade. Mais pas nous.

Le paysage est grandiose.

Des roches, travaillées par l'eau au fil de milliers d'années, affichent des formes bizarres !

Tavignano oh oh, eau eau ....

Peu après le pont, dans un paysage extraordinaire, une stèle à la mémoire d'un homme foudroyé en 1946. C'est la partie la plus étroite des gorges.

Puis le paysage change. On aperçoit la ville de Corte, dans le lointain, puis la silhouette imposante de la citadelle se détache peu à peu sur le ciel.

La dernière heure, en vue de Corte, nous semble longue ...

Tavignano oh oh, eau eau ....

Et voilà Corte.

Il nous faut traverser toute la ville pour atteindre notre appart'hôtel, plus généralement occupé par des étudiants, car Corte est une ville universitaire. La seule sur l'île, elle accueille 4500 étudiants.

Corte est également la capitale historique de la Corse.

Demain, jour de repos, nous visiterons Corte ...

Tavignano oh oh, eau eau ....
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3 novembre 2015 2 03 /11 /novembre /2015 13:31

Lundi 12 Octobre 2015, 5ème étape.

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Ce matin, brume, bruine, vent.

Au départ le sentier est dans la forêt aux magnifiques couleurs d'automne.

En arrivant au premier col, la Bocca San Petru (1450 m), le vent chasse les nuages, mais en ramène d'autres. Apparemment, les arbres ici ont l'habitude du vent ! Mais la pluie cesse en montant.

Heureusement, car le vent redouble sur la crête San Tomaghiu.

Après la rencontre avec les chèvres sauvages (dans la brume on les avait d'abord prises pour des isards !), voilà le 2ème col : la Bocca â Reta (1883 m). Le vent s'en donne à cœur-joie sur ce mini plateau.

Aujourd'hui, GR 20

Nous descendons maintenant au Lac de Nino, entouré de pozzines, ces formations végétales fréquentes en Corse entre 1500 et 2500 m. C'est une tourbière acide très plane, le plus souvent parsemée de trous d'eau (pozzi en langue corse) que relient des chenaux naturels creusés par l'écoulement des neiges fondues. Les vastes pelouses humides, bien vertes en été, se retrouvent autour d'anciens lacs glaciaires, en voie de comblement par des sédiments tourbeux depuis la dernière glaciation.

Ces zones humides jouent un rôle dans la régulation du débit des cours d'eau lors de la sécheresse estivale.

Aujourd'hui, GR 20

Depuis le Lac de Nino, nous suivons quelque temps le cours du Tavignano. De très vieux hêtres subsistent ça et là, aux troncs torturés et boursoufflés. Une maladie ?

Aujourd'hui, GR 20

Puis c'est la Bergerie de Vaccaghia, et la plaine, et la pluie, battante, cette fois. Et d'autres pozzines. Nous avons hâte d'arriver au refuge de Manganu, que nous apercevons longtemps avant d'y être, enfin.

Il est 17 h, nous sommes à l'abri. Et maintenant, du feu ... et la belote jusqu'au dîner !

Aujourd'hui, GR 20
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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 18:18

Samedi 10 Octobre 2015 - 3ème étape.

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Aujourd'hui, l'étape prévue est rude : il faut remonter le Fango (la rivière) en suivant le chemin de randonnée "Tra Mare e Monti" (entre mer et montagne) jusqu'à Barghiana, et emprunter alors le "Chemin de la Transhumance" jusqu'au refuge de Buscaghia, à 1117 m, en passant un col à 1329 m : la Bocca di Capronale.

Pour nous éviter 15 km de goudron à plat, l'aubergiste nous emmène en voiture à Barghiana, d'où nous gagnons Mont Estremo, où commence (ou fini, selon la saison) le Chemin de la Transhumance. Il nous reste tout de même 1300 m à monter et plus de 300 m à descendre !

Le chemin de la transhumance

La route de la transhumance constitue une voie de communication historique. Au cours des siècles passés, les bergers du Niolu passaient par les cols de Guagnarola (1833 m, celui de demain) et Caprunale (1329 m, celui d'aujourd'hui) pour une transhumance hivernale de leurs troupeaux dans le Falasorma, c'est à dire le bassin du Fango, là où nous sommes. Une des parties les plus sauvages de la Corse.

A la fin du printemps, fuyant notamment la malaria qui sévissait dans les vallées, ils regagnaient leurs montagnes pour une période d'estive. Le voyage durait généralement 2 jours. A l'issue de la première journée, les bergers s'arrêtaient à la bergerie de Puscaghia pour se reposer et passer la nuit. Le soir, près du feu, la veillée s'organisait autour de chants polyphoniques et d'histoires racontées par les anciens.

Dans le Falasorma, les dernières grandes transhumances datent du début du siècle dernier. A cette époque, la population active était majoritairement composée d'éleveurs. Actuellement cette pratique est en nette régression. Ils sont en tout moins d'une dizaine d'éleveurs à perpétuer la tradition.

Que reste-t-il de ce chemin ?

De belles calades sur certaines portions de chemin, les ruines du couvent de Santa Maria (dont il ne reste que l'abside et la pièce où les moines faisaient leur vin), des fontaines aménagées en pleine montagne, des murs de soutènement qui semblent à toute épreuve ...

Le chemin de la transhumance

La brume nous rejoint, et avec les couleurs d'automne et les pins Laricio, nous offre de splendides vues tout le long de cette montée une peu dure, car nous ne sommes pas encore aguerris, mais magnifique.

Le chemin de la transhumance

Les péripéties du jour ?

- le passage un peu délicat du Fango. L'eau est si claire que l'on n'en voit pas la profondeur sur la photo.

- la rencontre avec les habitantes de la montagne : les vaches sauvages.

- l'arrivée au col de Capronale : un vent sauvage et glacé nous y accueille, accompagné de pluie. Pas le moment de traîner !

Le chemin de la transhumance

Enfin, le refuge de Puscaghia.

Nous le découvrons de haut, mais il reste 45 minutes de descente pour l'atteindre.

Ce sont les anciennes bergeries, aux toits végétalisés. Il n'est plus gardé à cette époque, mais il est cependant ouvert.

Le chemin de la transhumance

Ramasser du bois et des pommes de pin, allumer du feu dans la cheminée, chercher de l'eau à la source et la mettre à chauffer, faire une bonne soupe (déshydratée !), installer les duvets, se changer ... voilà ce qui occupe une partie de la soirée.

Après le coucher du soleil (qui a fini par se montrer !), la veillée, quoique douce, ne sera pas longue : vaincus par la fatigue, nous dormons comme des bébés jusqu'au lendemain ...

Le chemin de la transhumance

Dimanche 11 Octobre 2015 - 4ème étape.

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Ce matin le ciel est dégagé, et nous continuons le chemin de la transhumance vers le Col de Guagnarola (1833 m). Donc encore 800 m de montée, puis ce sera la descente de 200 m pour rejoindre le Golo et le GR 20, dans ce Val du Niolo d'où partaient les bergers.

Le paysage est époustouflant ! Roches roses et pins laricio aux branches horizontales forment de saisissants contrastes. Malheureusement, l'exposition n'est pas propice aux photos. Nous montons dans l'ombre et avons hâte de gagner le soleil pour nous réchauffer.

Le chemin de la transhumance

Michel n'est pas rassuré : un œil noir le regarde, bien campé au milieu du chemin. Mais Alain sait parler aux vaches ...

Le vent se lève, annonciateur du col de Guagnarola. Encore un effort !

Nous y sommes. Mais il y fait si froid que nous n'enlevons pas les sacs pour la photo. On devient des pros du retardateur !

Le chemin de la transhumance

Et nous découvrons le Val de Niolo. Et on comprend la raison de la transhumance : une végétation maigre, un environnement rude, peu d'arbres donc pas de bois ...

Le chemin de la transhumance

Nous continuons maintenant sur le GR 20.

En route, une cascade magnifique, et dans ce paysage quasi désertique, la bergerie d'estive de Radule. Mais les bêtes sont déjà redescendues, et il n'y a plus personne.

Le chemin de la transhumance

Et c'est à travers la forêt que nous rejoignons enfin notre gîte de ce soir, dans la mini station de ski de Castel di Vergio.

Le chemin de la transhumance
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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 10:17

Vendredi 9 Octobre 2015, 2ème étape.

Ce matin, 7 h 30, le ciel est couvert. En attendant le petit déjeuner, j'essaie de trouver le chemin du vieux fortin qui veille sur la baie de Girolata, seul mouillage sûr pour les marins entre Cargèse et Calvi. Quelqu'un me dit qu'on ne peut y aller pour l'instant, pour cause de restauration et de fouilles archéologiques. Ouverture au public prévue en 2017 ...

Alors j'arpente le village jusqu'à l'ancienne aire de battage, parfaitement circulaire, tout en haut du village. Car ces maquis qui entourent le village n'ont remplacé les cultures, blé notamment, que depuis la guerre de 14-18. La Corse ayant donné beaucoup de ses hommes au combat, l'agriculture, exigeante en bras dans ces régions de montagnes, n'a pas repris.

Le maquis, le granit et la mer ...

Puis nous partons pour Galeria, en continuant le sentier du facteur. C'est un des lieux les plus sauvages de Corse : on monte et on descend à travers le maquis et les roches de granit rouge, mais avec toujours la vue sur la mer. Magnifique, même si c'est un peu brumeux aujourd'hui.

Le maquis, le granit et la mer ...

En tout, 700 m à monter ... et à redescendre ! avant d'arriver à Galeria.

J'en profite pour vous présenter la fine équipe :

Michel, fin connaisseur de la Corse, promu guide et organisateur de la randonnée.

Alain, qui s'avéra être notre découvreur de gués. Ouf !

Claudine, dite "Popeye" pour de mystérieuses raisons ...

Elisabeth, votre chroniqueuse, ou Mamietopset pour les cisteurs.

Le maquis, le granit et la mer ...
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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 17:47

Jeudi 8 Octobre 2015

Ajaccio.

Débarquement du ferry à 7 h 20. Le jour se lève.

Ça se Corse !

A cause des 20 minutes de retard du bateau, nous ne pouvons pas gagner Girolata par voie de mer, et nous partons donc vers la gare ferroviaire où nous prenons la solution de secours : le train jusqu'à Calvi en passant par Corte et en changeant à Ponte Leccia, Puis un bus jusqu'au Col de la Croix, et nous terminerons à pied par une partie de la "Boucle du Facteur". L'Office du tourisme nous a garanti que ce bus était en service jusqu'au 15 Octobre ... Regardez un peu sur la carte le joli détour que cela fait, alors que c'était si court en bateau :

Ça se Corse !

Le train est un "tortillard" aux voies étroites remis au goût du jour (il y a 5 ans, c'était encore une micheline). Le paysage est superbe ; la partie la plus spectaculaire est dans le bassin du Vecchio, affluent du Tavignano, que nous suivrons un des jours prochains. Les pentes sont sévères et sinueuses, la voie creusée dans la montagne surplombe le ravin d'une centaine de mètres.

Partis du niveau de la mer, nous sommes à près de 900 m en arrivant à Vizzavona, après un tunnel de 3916 m, le plus long de la ligne.

Ça se Corse !

Quant au viaduc connu sous le nom de Ponte de Vecchio, inscrit aux monuments historiques, il fut conçu par la société Eiffel et réalisé de 1890 à 1892. Du train, je n'en ai vu que l'ombre. Mais quelques jours plus tard, nous sommes passés en-dessous ...

Ça se Corse !

A Ponte Leccia, nous changeons de train pour partir sur la ligne de la Balagne, qui va jusqu'à Calvi, via l'île Rousse.

Le paysage est alors fait de rudes collines, avec une rare végétation. Nous atteignons la côte par une multitude de courbes et de lacets qui nous offre des vues saisissantes, jusqu'au Désert des Agriates.

Ça se Corse !

Et puis c'est la mer, d'un bleu rêvé, sur 25 km jusqu'à Calvi.

L'île Rousse, la Baie de Calvi avec son 5 mâts ... finalement, le train, c'était bien aussi. Pas de regrets (pour l'instant !)

Ça se Corse !

Et nous voilà installés sur un banc pour pique-niquer en attendant le bus, (2 heures 1/4 à attendre), devant une station service.

Au bout de 2 h 30, toujours pas de bus.

Et voilà la Dame de la station qui sort et nous demande gentiment ce qu'on attend. Car il n'y a plus de bus depuis le 30 septembre, nous dit-elle ! Pourtant, un autre voyageur a été renseigné comme nous aujourd'hui-même par l'Office de tourisme !

Bon, hé bien il n'y a plus qu'à trouver un taxi. La Dame de la Station nous dépanne très gentiment en en appelant un pour nous. Mais c'est douloureux : 140€ pour 57 km en taxi. Heureusement que nous sommes 4 !

Dommage, le taxi avait les vitres teintées très foncées. Paysages fantastiques, mais photos impossibles !

Et nous voici au Col de la Croix, à la table d'orientation. Prêts à partir, avec entre 12 et 15 kg sur le dos chacun. Mais comme nous avons perdu beaucoup de temps, la photo de présentation sera pour demain. Il nous faut marcher 2 h 30 pour arriver à notre gîte à Girolata, accessible uniquement par un sentier ou par la mer.

Ça se Corse !

Le chemin pour gagner le village isolé de Girolata est emprunté tous les jours par le facteur, Guy .. Il est devenu une célébrité, et ce parcours est devenu "le sentier du facteur". C'est un paysage fabuleux : des rochers rouges, la mer bleue, le vert éclatant d'une végétation boostée par les pluies récentes. Un régal.

Nous avons aussi rencontré une des nombreuses vaches sauvages de l'île. Maigre à faire peur, on se demande comment elle peut trouver ici sa nourriture ! En plus la fontaine trouvée en route est à sec.

Ça se Corse !

Nous avons d'ailleurs appris par la suite que ces vaches, qui n'appartiennent à personne, sont un véritable fléau dans certaines régions : poussées par la faim, elles peuvent dévaster des jardins ou causer des accidents sur la route.

Mais le soir tombe tôt en cette saison. Il nous reste à contourner la baie de Girolata quand arrive le crépuscule. A 19 h 30, il était temps d'arriver !

A demain ...

Ça se Corse !
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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 15:13

mercredi 7 octobre 2015

Saint-Maximin-la-Sainte-Baume ... tout un programme !

Parce qu'il y a Saint Maximin, et puis il y a la Sainte Baume. C'est d'ailleurs par elle que nous avons commencé, le matin.

Imaginez un chaînon calcaire culminant à 1148 m, et d'une longueur avoisinant les 35 km à la base, mais dont la ligne de crête de 13,3 km surplombe la vallée par une falaise de plus de 300 m ! Et tout ça "avé l'acent", car nous sommes dans le Var, au pays de Pagnol, à l'Est d'Aubagne.

Et là, au pied de cette falaise, depuis le 5ème siècle, un petit prieuré a vu le jour dans la grotte, qui sera dédiée à Marie-Madeleine au 13ème siècle. Car c'est à cette époque que sont découvertes des reliques (un tibia) de cette Sainte, à quelques kilomètres, à St Maximin.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

Photo d'internet, bien sûr ! Moi je l'ai vu d'en bas, en gravissant le "Chemin des Roys". Pourquoi ce nom ? C'est celui qu'a reçu cette voie dès le 14ème siècle en raison de la quarantaine de souverains et personnages célèbres qui l'ont parcourue depuis Saint Louis (en 1254) jusqu'à Louis XIV, qui fut le dernier des rois de France à effectuer le pèlerinage, le 5 février 1660. Parmi les plus connus : Louis XI, François 1er, Louis XIII, l'empereur germanique Charles IV, Marie Christine d'Espagne (1840), les papes d'Avignon, Pétrarque, Frédéric Mistral ou Charles de Foucault ...

Il est enfin une étape capitale des Compagnons venus accomplir leur "Tour de France".

Petit entr'acte chez Maxim' 1

Mais la promenade ne s'arrête pas là. Pour embrasser tout le paysage, il faut monter en haut de la falaise. Par le Col du Saint Pilon (953 m) nous gagnons donc la chapelle du même nom. Mais le mistral nous retient d'aller jusqu'au sommet, à vrai dire très proche, mais vraiment trop venté.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

L'après-midi, c'est la visite de l'ancien bourg ecclésial de Saint-Maximin, qui s'est développé dès le début du Moyen Age à proximité de l'ensemble basilical. C'est le culte de Marie-Madeleine qui a favorisé l'essor économique de la ville.

Parallèlement à la basilique furent bâti un couvent royal et un cloître, gothiques, fondés par les Comtes de Provence, puis entretenu par les rois de France. Ils sont aujourd'hui propriété du Conseil général du Var, et occupés par une Hôtellerie et l'Office du Tourisme.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

La construction de la Basilique actuelle débuta en 1296.

Cette église, conçue par Charles II, roi de Sicile et Comte de Provence, l'a tout de suite été dans le but d'en faire un lieu de pèlerinage, qui deviendra l'un des plus grands d'Europe (le 3ème après Jérusalem et Rome). Mais elle ne sera terminée qu'en 1532.

Avec ses 73 m de longueur, 43 m de largeur et 29 m de hauteur, elle demeure encore aujourd'hui le plus vaste édifice gothique provençal.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

Et quant à la soirée, elle se termine à Toulon, sur le pont du "Mega Express Two", de la Corsica Ferry.

Et c'est maintenant que ça va se corser ...

A bientôt !

Petit entr'acte chez Maxim' 1
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 20:17

Vendredi 18 septembre 2015

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Huitième et dernière étape : du Ranquas à Saint-Guilhem-le-Désert

Les 20 derniers kilomètres !

La première partie du parcours, dans le massif de la Sérane, se fait entre 2 haies de buis, sans réelle vue sur le paysage : on descend jusqu'aux Lavagnes, puis on remonte, mais toujours ces buissons atteignant 2 mètres de haut bouchent la vue. La végétation devient plus méditerranéenne, mais c'est seulement quand on débouche sur le plateau que les buis s'espacent, et que l'on découvre le Pic St Loup et la Méditerranée !

Le Désert en fleurs

Dans un dernier col, deux gros rochers figurent les portes du Val de Gellone. Le marcheur est saisi par la Beauté. De grands pins, des roches fantastiques, et pour que l'enchantement soit complet, des bruyères arbustives bordent le chemin et animent tout le paysage.

Le Désert en fleurs

Un aussi beau spectacle ne pouvait que toucher le petit-fils de Charles Martel (celui qui battit les Arabes à Poitiers en ? *) Guilhem, qui y fonda un modeste prieuré en 804.

Voici comment un poète médiéval décrit son arrivée en ce lieu : " ... Voici qu'un plateau inculte s'ouvre subitement devant lui ; des bois le couvrent à demi, il est entouré de toutes parts par les montagnes, si hautes maintenant qu'elles arrêtent les nuages ; un torrent d'eau vive, qu'on voit descendre d'un sommet, le traverse en roulant vers les gorges ; dans la solitude de ce désert, entre ces rochers immenses et ces montagnes monstrueuses, on dirait le petit champ d'un laboureur. Guilhem rend grâce à Dieu du charme de cet endroit ... "

Depuis l'époque médiévale, le Val de Gellone a bien changé, mais le charme est indemne.

Je ne sais pas si Guilhem vint prier à cet ermitage que nous croisons en chemin, mais il est bien dans un endroit si charmant qu'on aurait envie de s'y attarder ...

* 732

Le Désert en fleurs

Guilhem mena dans ce Val une existence humble jusqu'à sa mort, le 28 mai 812. Sa réputation de sainteté grandit vite, et le prieuré fut remplacé en 1050 par un monastère, avec une basilique et un cloître aux sculptures raffinées, qui devint l'Abbaye de Gellone, autour de laquelle s'est construit le village de Saint-Guilhem-le-Désert.

Elle fut dévastée à la révolution. Seule l'église a survécu, mais une partie de son admirable cloître se trouve aujourd'hui dans un musée de New York ...

Le Désert en fleurs

Enserrant l'abbaye de ses ruelles où rode encore le souvenir des "romieux" d'antan, le beau village de St Guilhem sert d'écrin à cet ensemble d'exception. Maisons romanes, anciennes chapelles et placettes ombragées font le charme de cette antique cité ...

Le Désert en fleurs

... sans compter les ruines de l'inaccessible "Château du Géant", qui surplombe le village, autrefois enserré dans ses remparts ...

Le Désert en fleurs

Et maintenant, retour à la maison. Provisoirement, car ...

Attention, fin octobre, ça va se Corser ...

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 17:42

Jeudi 17 septembre 2015

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Septième étape : de Navacelles au Ranquas.

Distance 16 km.

C'est encore une étape courte. Nous allons longer la Vis sur environ 10 km. D'abord en remontant à mi-pente ce qui donne un paysage à la fois vertigineux et splendide.

De gorge en plateau

Tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, nous suivons un ouvrage d'art dont la construction s'est terminée en 1908 : le canal de dérivation EDF qui alimente l'usine hydroélectrique de Madières.

L'usine, fierté des habitants, ne s'est pas faite en un jour. Près de 2 000 ouvriers se sont échinés à creuser ce canal de 10 km à flanc de colline, qui alimente le bassin de mise en charge de 11 000 m3. Il avait été vidé et était en cours d'entretien quand nous sommes passés. Les ingénieurs, eux, étaient logés dans ce mas rose maintenant en ruine : le Mas du Pont. Pour les ouvriers, je ne sais pas.

De gorge en plateau

La remontée sur le plateau nous semble un peu longue : il est vrai qu'il y a 250 m de dénivelé d'un seul jet, mais surtout, il fait chaud !

Et voilà St Maurice de Navacelles. Ensuite on retrouve un sentier ouvert sur un très beau paysage, jusqu'au gîte du Ranquas. De beaux bâtiments de ferme, avec le cornouiller au milieu de la cour.

Je l'ignorais, mais ses fruits (les cornouilles) se mangent : un peu acidulés (comme les groseilles), ils sont très agréables quand on a soif. A condition de choisir ceux qui sont rouge très foncé. Plus ils virent au noir, plus ils sont sucrés et rappellent alors la cerise. Notre hôtesse en fait d'ailleurs une bonne confiture, comparable à celle de groseille.

De gorge en plateau
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 08:08

Mercredi 16 septembre 2015

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Sixième étape : de Montdardier à Navacelles, au cœur du Cirque.

Une journée cool (14 km) pour se reposer dans ce site grandiose, qui fait partie du Réseau des "Grands Sites de France". Label inscrit dans la loi et attribué par l'Etat.

Pour nous y rendre, il faut traverser le Causse de Blandas, où l'on croise de nombreux menhirs, disposés en grands cercles.

Les premières traces de civilisation datent là aussi du néolithique final (-3 000 ans), où les populations vont se sédentariser. Ils vont dresser des menhirs dans un dessein qui échappe encore à nos archéologues. Il existe aussi des dolmens dont l'édification est associée à des rites funéraires. Ces populations pratiquent également la spéléologie afin de rechercher des matières comme l'argile et les concrétions pour la manufacture des poteries. Ils exploitent aussi les "grottes citernes", gérant ainsi l'eau qui faisait cruellement défaut en surface, ainsi que l'attestent les stèles gravées, récemment découvertes à l'entrée de l'une de ces grottes.

Quel Cirque !

Puis c'est l'arrivée au Belvédère Chênes, surplombant l'extraordinaire Cirque de Navacelles.

Quel Cirque !

Le plus impressionnant, c'est d'y descendre à pied. Par la route, durant 3 lacets, puis par un sentier assez abrupt, qui est en fait l'ancienne voie d'accès.

Quel Cirque !

Aujourd'hui, le temps est brumeux. Mais en juin 2013, il faisait un beau soleil :

Mais comment s'est formée cette curiosité naturelle ?

Au fond des gorges, la Vis, qui mérite bien son nom, dessine de nombreuses courbes ou méandres. L'eau s'y écoule avec une vitesse inégale et creuse plus vite dans les parties concaves. Les méandres deviennent ainsi de plus en plus serrés : la rivière peut recouper la base de la boucle ("pédoncule") et abandonner son ancien tracé. La différence de niveau se traduit par une cascade.

Dans le Cirque de Navacelles, la Vis coulait à l'emplacement des terres cultivées qui entourent la bosse calcaire contre laquelle s'adosse le village. Exhaussée par l'accumulation des dépôts calcaires, la Vis a débordé le pédoncule de son méandre il y a seulement quelques milliers d'années.

Quel Cirque !

Nous avons pris le temps de visiter le village, puisque nous logions à l'Oustal del Passagiere, où Véronique nous a réservé un accueil exceptionnel.

Quel Cirque !
Quel Cirque !

Et nous y avons découvert qu'il suffisait d'une simple pierre accrochée à une ficelle pour faire des prévisions météo infaillibles. Voyez plutôt :

Quel Cirque !
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 15:38

Mardi 15 septembre 2015

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Cinquième étape : de l'Espérou au Vigan.

L'objectif était Montdardier, mais remonter 500 m après cette super descente, impossible !

- Taxi, SVP. Vous pouvez nous monter à Montdardier, à 10 km ?

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Ce matin, déjà, malchance : notre logeur qui devait servir le p'tit dèj' à 7 h 30 n'arrive pas. Il a fallu le réveiller avec le téléphone à 8 heures ! Du coup, une heure de retard au départ.

Par les autres personnes du gîte, nous apprenons que la descente sur Le Vigan, 900 m, est redoutée de tous les randonneurs. Pas tant le dénivelé, mais le terrain : des pierres, de l'eau, une pente très raide ... La plupart du temps, le chemin est tellement raviné que l'on se croirait dans un torrent.

Une descente cassante

La pluie, qui a menacé une bonne partie de la journée, nous rattrape à Aulas, village qui précède Le Vigan.

Une descente cassante

Vous connaissez Le Vigan ?

Si vous vous souvenez, j'y ai fait un arrêt forcé en Juin 2013. Il faisait plus beau qu'aujourd'hui ! Alors profitez des photos d'alors en cliquant sur ce lien :

http://scandinadream.over-blog.com/2015/06/de-pont-en-pont.html

La conjoncture de : - l'heure tardive

- la sciatique de l'un

- la fatigue de l'autre

- la pluie

- la montée qui nous attendait

nous a amenés à rallier Montdardier en taxi.

Voilà le château du village :

Une descente cassante
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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