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1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 10:16

Jeudi 13 Juin 2019

 

En raison de la chaleur exceptionnelle pour la saison, nous avons décidé de changer notre façon de vivre : s’arrêter de 13 heures à 17 heures, à l’ombre. Moi qui étais venue en Sardaigne en Juin pour pouvoir y randonner avant la chaleur de l’été, c’est loupé ! Impossible de marcher sous cette chaleur !

Donc après ce long arrêt, nous sommes reparties en direction de la Iscla de Sant’Antonio. Pas besoin de prendre le bateau, car un étroit ruban de terre la relie à la Sardaigne, où passent la route, la voie ferrée, un canal et une piste cyclable ! Voici Sant’Antonio, la seule ville de l’île qui est une presqu’île.

En Sardaigne, du sud au … départ

Comme il était tard, nous nous sommes arrêtées au bord d’une plage, pour la nuit.

Et voici cette plage, envahie, comme beaucoup d’autres par les posidonies.

En Sardaigne, du sud au … départ

Depuis la Corse nous avions remarqué ce que nous prenions pour des algues, qui envahissaient les plages, soit sur le sable, soit dans l’eau sur une frange de 3 ou 4 mètres, soit en banquettes, ressemblant de loin à des rochers. Et ce soir, j’ai pour la première fois eu l’idée de regarder sur internet, grâce à la 4G. Hé bien, ce ne sont pas des algues mais des herbes marines, à fleurs, qui perdent leurs longues feuilles à l’automne. La mer les apporte sur la plage.

En roulant les pétales, ça forme aussi de drôles de petites balles qui ressemblent à des kiwis.

Je vous mets le lien pour cet article très instructif sur ce végétal, qui garantit que ces eaux sont pures et non polluées, et qui protège les plages contre l’érosion tout en purifiant l’eau.

Vendredi 14 Juin 2019

 

Le tour de l’île Sant’Antioco nous a réservé une belle surprise !

En Sardaigne, du sud au … départ

Dans ces falaises calcaires, le vent et le sable, artistes incomparables, ont fait de la dentelle …

En Sardaigne, du sud au … départ

Mais ce sont d’autres artistes qui ont peint cette magnifique fresque, grandeur nature. On s’y croirait !

En Sardaigne, du sud au … départ

Nous entrons dans une partie de l’île, le nord-ouest, que nous avions assez bien explorée l’an dernier. Vous pouvez le vérifier sur la carte, en recherchant les ronds bleus. Et comme je n’avais publié qu’un seul article, vous y retrouverez certains lieux forts que Colette se devait de visiter.

En remontant vers le nord, nous nous arrêtons à Domusnovas, à la Grotta di Sant’Giovanni, que j’avais déjà visitée l’an dernier. Là, au moins, nous aurons un peu de fraîcheur.

Comme le soleil est encore dans la brume, au lieu de faire l’aller-retour, nous en profitons pour faire une boucle de 4 km pour revenir à notre point de départ par des chemins miniers.

 

Pour les photos de la grotte-tunnel, voir l’article du lien précédent

En Sardaigne, du sud au … départ

Samedi 15 Juin 2019

 

Besoin de fraîcheur. Ce matin, près de Villacidro, nous voici dès 9 heures à la Cascade Sa Spendula. Elle a la réputation d’être une des plus belles de Sardaigne. En ce moment, elle n’offre déjà plus toute sa puissance, mais elle a encore assez d’eau pour être belle.

En Sardaigne, du sud au … départ

Le paysage nous inspire pour prendre une petite route de montagne, avec confiance car la carte indique un parking au bout. Ce qu’elle n’indique pas, c’est que les derniers 500 mètres se font sur une piste de la largeur de la voiture, et sans parapet : juste une bordure herbeuse d’environ 30 cm, et puis le vide ! Bien contentes d’arriver ! Mais une jolie balade est au bout. Un peu écourtée, car nous avions oublié d’emporter de l’eau.

En Sardaigne, du sud au … départ

Après une douche dans un bois d’eucalyptus et une bonne sieste nous allons jusqu’à Montevecchio. Voilà le paysage devant lequel nous avons passé la soirée et la nuit. En plus, nous avons eu droit à un superbe coucher de soleil

En Sardaigne, du sud au … départ

Dimanche 16 Juin 2019

 

Montevecchio. L’an dernier, avec Sigrid et Dirk, nous avons visité une partie de cette miniera, regrettant d’être arrivés trop tard pour faire la visite complète. Vous trouverez sur le lien la visite de la salle des machines, (Officine, cœur technique de la mine), et Piccalina, vaste chantier d’extraction.

 

Mais plus de regret. Ce matin, nous avons complété la visite par le Palazzo della Direzione, palais autrefois luxueux mais qui sent l’abandon, et le site de Sant’Antonio, pour découvrir ce qu‘étaient les logements des mineurs et de leurs familles. Quel différence !

En Sardaigne, du sud au … départ

Chaque famille disposait d’une chambre et d’une pièce commune qui servait de cuisine, salle à manger, salle de bains etc … et il n’était pas rare qu’ils aient une dizaine d’enfants ! L’étage comportait 5 « appartements » de ce style, plus un seul WC au bout du couloir, pour tout ce monde ! WC rustique : un trou surélevé à 30 cm du sol …

Dans les écuries ne vivaient que les chevaux employés en surface. Ceux qui travaillaient au fond, à tirer les wagonnets, ne remontaient jamais.

En Sardaigne, du sud au … départ

Cependant, depuis cette année existe une nouvelle visite, dans une galerie de mine. Ce sera pour la prochaine fois …

 

Une longue route, la chaleur … nous décidons de faire une pause à Oristano pour manger une glace. Mais la ville est petite, et ce n’est qu’au centre ville que nous trouvons une gelateria. Nous en profitons pour admirer la Torre di Mariano*, seul reste d’une muraille érigée en 1290 et détruite au début du 20ème siècle.

Elle mesure 28 m, c’était la porte d’entrée principale de la ville, et comme toutes les tours de fortifications de cette époque, le côté à l’intérieur des remparts n’avait pas de mur.

En Sardaigne, du sud au … départ

Après la sieste, la route vers le nord nous conduit au complexe nuraghique de Santa Cristina*, près de Paulilatino.

Officiellement, Michelin ne lui attribue qu’une étoile, mais j’en mettrais bien **. Car c’est un endroit très intéressant.

 

On y trouve d’abord le « village chrétien ». Il est d’époque médiévale, et est constitué de la petite église de Santa Cristina, construite au 13ème siècle, en réemployant des éléments du temple nuraghique. Autour de l’église se regroupent les « muristene », de simples maisonnettes jadis destinées aux moines, puis peu à peu, aux pèlerins. Chaque année, deux fois l’an, le novénaire se repeuple à l’occasion des fêtes : en mai pour Ste Christine, en octobre pour St Séraphin.

En Sardaigne, du sud au … départ

Puis on avance sur un sentier, dans un bois d’oliviers sauvages, en remontant dans le temps : près du village nuraghique, deux cabanes allongées. L’une n’a pas de toit, et l’autre en a un fait de plaques de basalte, qui se trouvaient à l’origine dans le nuraghe dont elles constituaient la coursive. Ce sont des constructions singulières, qui rappellent le couloir des tombes de géants, avec environ 2 m de large, 2 m de haut, et 14 m de long. Elles ne remontent certainement pas à l’époque nuraghique, l’époque romaine serait plus probable. Leur présence en Sardaigne est plutôt rare.

En Sardaigne, du sud au … départ

En continuant le chemin, voici un nuraghe au milieu de son village. Il est constitué d’une seule tour, et daté du bronze moyen, c’est à dire entre 1500 et 1200 av.J-C

On peut monter dans la tour dont il reste 9 mètres de haut. Mais certaines marches sont un peu hautes pour Charly. On était sportif, à l’époque !

En Sardaigne, du sud au … départ

Et voilà le monument principal du complexe : le Pozzo Sacro, le puits dédié au culte de l’eau, qui offre un bel exemple d’architecture nuraghique sacrée. Daté du 11ème siècle av. J-C, et bien qu’ayant les mêmes caractéristiques que les autres puits sacrés de Sardaigne, celui-ci se distingue par ses dimensions considérables et son excellent état de conservation.

Entouré d’une enceinte en trou de serrure munie d’assises, il se compose d’un atrium, ou vestibule, lieu d’offrandes, d’un escalier de 25 marches et d’une tholos souterraine (fausse coupole) où jaillit une source particulièrement abondante en hiver et au printemps (lors des fouilles, un canal a été construit pour que le niveau reste constamment à 50 cm, et ainsi soit visitable en toute saison).

En Sardaigne, du sud au … départ

La chambre en tholos, de 2,50 m de diamètre, se raccorde parfaitement à la forme trapézoïdale de la cage d’escalier et est composée de cercles concentriques ; ces derniers se resserrent au fur et à mesure qu’on monte vers le sommet de la chambre qui se termine par un orifice de 35 cm à une hauteur de 7 m. Et durant les équinoxes de mars et septembre, le soleil éclaire le fond du puits par la cage d’escalier !

En Sardaigne, du sud au … départ

D’autres bâtiments, de type quadrangulaire, sont présents à l’extérieur du temple, qui servaient jadis de marché à l’occasion des festoiements. La grande cabane ronde avec assises qui servait sans doute aux réunions politiques est restée presque intacte avec son diamètre externe de 10 m et sa hauteur de 1,70 m. Celle d’à côté est plus petite.

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Lundi 17 Juin 2019

 

Cette fois, c’est le complexe de Domus de Janas de Sant’Andrea Priu**, le plus grand de Sardaigne, que j’ai re-visité avec Colette. Je vous mets le lien de ma première visite. Juste une photo pour le rappel :

En Sardaigne, du sud au … départ

Cependant, cette fois-ci nous l’avons visité sous le soleil (écrasant), et donc nous sommes montées sur la crête de trachyte qui domine le site, et où sont creusées d’autres Domus de Janas. Nous y avons aussi trouvé ce plus vieux monument, que je n’avais pas vu l’an dernier : un taureau de l’âge néolithique, soit 6 000 ans ! Et donc 2 000 ans avant que les Domus de Janas ne soient creusées dans la falaise. Dommage qu’il ait perdu la tête, il pourrait nous en dire des choses !

En Sardaigne, du sud au … départ

C’est si près que j’emmène Colette au Nuraghe de Santu Antine***. Pas d’orage, cette fois, et la visite est libre. C’est moi qui lui sert de guide, complétant le petit texte en français que l’on nous a remis. Toute à mon rôle de guide, j’ai oublié de faire des photos. Vous les trouverez là (il n’a pas changé, depuis un an :-))

En Sardaigne, du sud au … départ

Mardi 18 Juin 2019

 

Aujourd’hui nous abandonnons la préhistoire pour nous lancer sur la piste des églises romanes. Elles foisonnent, par ici, et nous ne les verrons pas toutes, loin de là. Mais elles sont tellement différentes les unes des autres que j’espère ne pas vous ennuyer.

 

Voici d’abord la plus ancienne de toutes, puisqu’elle date du 6ème siècle. Elle est à Siligo, et se nomme Chiesa di Nostra Signora di Mesumundu, mais aussi : Santa Maria di Bubalis

Elle a une histoire étrange : elle a été construite sur une structure pré-existante romaine, quand l'île faisait partie de l'empire byzantin. Les Byzantins ont réutilisé les murs des thermes romains, ainsi qu'une portion de l'aqueduc. Selon certaines sources, l'édifice aurait pu être utilisé comme un baptistère. Cependant, il est également possible qu'il ait été utilisé pour la purification des malades à travers un rite d'immersion. Au 10ème siècle, l’édifice a été donné à l’Abbaye du Mont Cassin. Lorsque les moines ont adapté le bâtiment aux habitudes de l’église catholique, ils ont entre autres ajouté une abside et créé une nouvelle entrée. Sur internet, je n’ai trouvé qu’une seule photo de l’intérieur, car, bien sûr, elle est fermée.

En Sardaigne, du sud au … départ

La deuxième fut entièrement construite en pierre volcanique, au 11ème siècle. C’était la chapelle palatine du royaume de Torres. Mais du château qui la jouxtait, il ne reste que quelques pierres. Sa taille dit bien son importance politique.

Santa Maria del Regno**, Sainte Marie du Royaume, a toutes les caractéristiques de l’art roman originel : des murs solides, une sobriété avec absence presque complète de décoration.

En Sardaigne, du sud au … départ

Mais à l’intérieur, quelle surprise !

Est-ce le fabuleux retable ou les piliers à personnages ? Nous avons été saisies par ce décor très inhabituel et inattendu.

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Le retable majeur d’Ardara est une peinture sur bois de la fin 15ème, début 16ème. Avec ses 12 mètres de haut, c’est l plus grand de l’art gothique en Sardaigne. Il représente des scènes de la vie de Marie.

En Sardaigne, du sud au … départ

Quant aux piliers cylindriques, ils sont décorés de saints et d’apôtres peints au 17ème siècle.

En Sardaigne, du sud au … départ

Sant’Antioco di Bisarcio**

Celle-ci s’élève, majestueuse, au sommet d’un éperon, dominant une campagne silencieuse écrasée de soleil.

On la visite avec un guide, tout heureux de parler français (approximativement!). Un érudit, qui nous a tout expliqué de A à Z sur les sculptures, les inscriptions, l’histoire, la symbolique etc, mais comme notre culture ne valait pas la sienne, nous n’avons pas tout compris (avec l’accent en plus). Mais je vais essayer de vous faire un petit résumé, qui ne durera pas une heure comme la visite de l’église (on n’a pas pu l’arrêter avant!).

Elle est en moellons de trachyte rouge et noir. Construite avant 1090, détruite par un incendie, reconstruite au 12ème avec des transformations, ce qui explique sa façade asymétrique et son avant-corps à deux étages, exemple unique dans l’architecture médiévale de Sardaigne.

En Sardaigne, du sud au … départ

Que de symboles, dans toutes ces sculptures de la façade ! Des roues, des soleils, des têtes, des personnages … Et tout concorde à nous montrer la plus grande gloire du Christ.

En Sardaigne, du sud au … départ

La pièce du centre, au 1er étage de l’avant-corps, était la chapelle particulière de l’évêque. C’est là que l’on trouve toutes les inscriptions de dédicace et les épigraphes commémoratives, ainsi que les signatures des artisans. Ce ne sont pas des graffitis, même si ça y ressemble.

A titre d’exemple, j’ai trouvé celui-ci reproduit sur internet. C’est l’Epigrafe commemorativa della costruzione della galilea e della torre campanaria del S. Antioco di Bisarcio (1195) :

En Sardaigne, du sud au … départ
En Sardaigne, du sud au … départ

Enfin on va pouvoir entrer dedans. Même architecture que la précédente, mais beaucoup plus nue. Une statue de Saint Antioche (reconnaissable à son turban) comme seule tache de couleur, et des chapiteaux sculptés, racontant, ici aussi, une histoire symbolique.

En Sardaigne, du sud au … départ

Mais avouez que ces sculpteurs avaient du génie !

En Sardaigne, du sud au … départ

La Santissima Trinità di Saccargia***, incoutournable parmi les églises romanes du 12ème siècle, vous en trouverez les photos avec celles de l’an dernier. C’est celle qui est en noir et blanc, de style pisan. J’y rajoute ici juste quelques détails qui m’avaient échappés.

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Et pour finir cette journée déjà chargée, après l’indispensable sieste nous sommes allées à Sassari**.

Là, on change de style ! Ce n’est plus du roman, mais du baroque espagnol, avec le Duomo di San Nicola**.

L’édifice, construit aux 15ème et 16ème siècles, fut doté au 18ème de cette extraordinaire façade** qui présente au deuxième niveau les statues des martyrs Gavino, Proto et Gianuario ; au troisième niveau le patron de Sassari, San Nicola di Bari, et sur le faîte : Dieu le Père. Et puis j’ai bien aimé cette gargouille qui me fait penser au loup du Petit Chaperon Rouge …

En Sardaigne, du sud au … départ

 

L’intérieur a gardé sa physionomie gothique, mais comme il y avait un office en cours dans le bras droit du transept, nous n’avons pas fait la visite complète.

En Sardaigne, du sud au … départ

Mercredi 19 Juin 2019

 

Notre circuit nous mène à Osilo. Un petit détour nous mène à la Chapelle San Antonio, d’où l’on a un très beau point de vue sur le village, puis à la chapelle Nostra Signora di Bonaria*. Impression de monter vers le ciel, car elle est perchée, sévère et solitaire, à 770 m, sur une colline en forme de cône, que l’on finit de gravir par un bel escalier. Vue à 360° !

Malheureusement, l’église du 15ème dédiée à la protectrice des navigateurs n’est pas entretenue. On y remarque cependant un chœur insolite avec des bancs en pierre.

En Sardaigne, du sud au … départ

J’ai reconnu l’endroit. Nous sommes passées devant la maison où j’ai séjourné l’an dernier avec Sigrid, Dirk et les enfants. Nous avions fait de tant de belles découvertes ensemble, que j’ai voulu faire partager à Colette.

Il y a encore la forêt pétrifiée, de Martis. Aujourd’hui nous y avons fait la sieste à l’ombre, sur l’aire de pique-nique en bas. Vous voyez mon camion sur la photo où Charly s’est mis à l’ombre.

En Sardaigne, du sud au … départ

A Sedini*. Le monument le plus remarquable du village est une nécropole de l’époque prénuraghique, creusée dans le calcaire. Elle comporte six cellas, disposées sur deux étages. C’est la Domus Sa Rocca.

Après avoir servi de prison puis d’habitation, elle accueille aujourd’hui un petit musée, mais nous sommes arrivées trop tard. Nous ne l’avons vue que de l’extérieur.

En Sardaigne, du sud au … départ

A l’écart du village, il y a l’église Sant Nicola de Silanis

Cette église, située dans la vallée de Silanis est considérée comme l'une des plus belles créations de style roman en Sardaigne. Elle fut le siège d'un important monastère de Cassinese.
Aujourd'hui, elle est en ruine mais vient d’être restaurée. L’entrée n’en est pas encore autorisée … théoriquement. Elle fut construite avant 1122 par Furato De Gitil et son épouse Susanna De Lacon-Zori, de la noblesse turque.
Les principaux matériaux qui composent cette église sont des dépôts calcaires de taille moyenne taillés et conservés avec une grande précision. Elle était formée de trois nefs avec une abside inhabituellement au nord-ouest.

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Jeudi 20 Juin 2019

 

En allant à Castelsardo, j’ai, bien sûr, admiré encore une fois la Roccia dell’Elefante, qui montre à la fois des Taffoni et des Domus de Janas.

En Sardaigne, du sud au … départ

Et voici quelques photos inédites de Castelsardo** :

En Sardaigne, du sud au … départ

Eglise Nostra Signora di Tergu*

Cette église romane faisait partie d’un ancien monastère bénédictin médiéval dont il ne reste que quelques ruines. Elle a été élevée entre 1065 et 1082.

Quel joli contraste entre le calcaire blanc des arcs et des colonnettes, et le rouge violacé de la volcanite !

En Sardaigne, du sud au … départ
En Sardaigne, du sud au … départ

L’intérieur en est simple et beau.

En Sardaigne, du sud au … départ

Vendredi 21 Juin 2019

 

Nous voilà presque arrivées au bout de notre voyage, qui se termine à Porto Torres. Nous y prendrons le bateau demain matin à 7 h 30 pour rejoindre Barcelone, et de là nos Pyrénées françaises.

Mais en attendant, nous complétons notre cycle des églises romanes avec la Basilica di San Gavino***.

Mais qui était ce saint inconnu de nos calendriers ?

 

L’histoire de ces trois saints martyrs, Gavino, Proto et Gianuario, remonte à 303 ap. J-C quand à Rome il y avait l’empire de Dioclétien et Maximien, Barbaro étant « praeses » de Corse et de Sardaigne. Les deux empereurs ont publié une série de décrets pour obliger les chrétiens à abjurer leur foi sous peine de torture et de mort.

A Turris (Torres), sur le mont Agellu, Proto et Gianuario, l’un prêtre et l’autre diacre, prêchaient l’évangile. Ils furent arrêtés mais refusèrent de changer de religion. Ils furent condamnés à la torture, et confiés au soldat Gavino. Quand celui-ci les entendit prier Dieu, il fut ému, se convertit, et leur rendit leur liberté.

Le lendemain, furieux, Barbaro le fit décapiter. Proto et Gianuario se rendirent alors, et après avoir prié, furent à leur tour décapités près du corps de Gavino, le 27 octobre 303. Dans la nuit, des hommes de foi ont enterré leurs corps dans un lieu que la tradition identifie à Balai Vicino.

Les reliques retrouvées sont maintenant abritées dans la crypte de l’église, ce qui lui vaut le nom de basilique. Et ce catafalque du 17ème siècle est porté en procession le 3 mai jusqu’à l’église San Gavino al Mare, élevée sur le lieu de leur exécution.

En Sardaigne, du sud au … départ

Cette basilique est la plus grande église romane de Sardaigne, avec plus de 56 mètres de long et 17 mètres de large. Elle a été construite sur le Monte Agellu entre 1030 et 1080 par des ouvriers pisans sur les décombres de 3 autres églises érigées depuis le 4ème siècle. Autant dire qu’un trésor archéologique dormait sous ses pierres et sous la place devant la basilique, notamment de précieuses tombes à mosaïques ou peintes à fresques, une citerne romaine etc …

En Sardaigne, du sud au … départ

La basilique affiche toutes les caractéristiques de l’architecture pisane (moellons de calcaire, arcatures, fenêtres étroites) mais offre aussi une particularité originale : la présence de 2 absides opposées.

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A l’intérieur, les beaux chapiteaux sculptés proviennent d’édifices romains.

En Sardaigne, du sud au … départ

La crypte, aménagée au 17me siècle, est une longue galerie aussi grande que la nef. Il y fait délicieusement frais !

On y trouve de splendides sarcophages des 3ème et 4ème siècles, un sarcophage médiéval, 5 anges-cariatides en marbre de carrare du 18ème … c’est un peu le déstockage !

En Sardaigne, du sud au … départ

Mais la crypte abrite aussi les reliques de nos trois saints martyrs, à l’étage inférieur d’une chapelle présentant 12 belles statues en terre cuite émaillée d’excellente facture du 19ème siècle..

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Une fois n’est pas coutume, nous décidons pique-niquer et de passer l’après-midi sur la plage. Mais il y a beaucoup de vent. Drapeau rouge ! En captant internet, nous apprenons que le départ du bateau, demain matin, est retardé. Ce sera à 11 h30, et il faut y être 2 h avant.

 

Samedi 22 Juin 2019

 

Nous étions à l’heure, la queue s’organise, nous passons les contrôles, mais pas l’ombre d’un bateau à l’horizon, et le soleil darde.

Et puis nous apprenons qu’il y a encore un changement : le bateau arrivera à 13 heures, et repartira à 14 heures !

Alors les fauteuils de plage sortent des voitures et les gens s’installent à l’ombre des camions pour pique-niquer. J’ai même vu un parasol. Mieux vaut prendre les choses avec humour … d’autant qu’il n’est parti qu’à 14 h45. Mais au lieu d’arriver à 17 heures, nous n’arriverons qu’à 3 heures du matin à Barcelone.

En Sardaigne, du sud au … départ

A bientôt !

En Sardaigne, du sud au … départ
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21 juin 2019 5 21 /06 /juin /2019 16:50

Jeudi 6 Juin 2019

 

Nous voilà débarquées en Sardaigne, après 1 heure de traversée depuis Bonifacio, dans le petit port de Santa Teresa de Gallura.

La Gallura, c’est cette région du nord de la Sardaigne où la roche granitique est reine. Des roches mangées de Taffoni, comme en Corse du sud, mais je ne sais pas si ici elles portent le même nom.

Nous avons tout de suite pris la route du Capo Testa**, tout proche, où la côte égrène une série de petites plages de toute beauté : mer transparente, sable blanc, eaux turquoises, enchâssées entre des pointes de granit rose aux formes tarabiscotées et de maquis de tous les verts imaginables.

En Sardaigne : du nord au sud

Une petite balade par un de ces nombreux sentiers qui semblent contourner le phare ? Oui, ça semble facile …

En Sardaigne : du nord au sud

Et même un beau point de vue depuis ce mini-sommet

En Sardaigne : du nord au sud

Mais pas moyen de trouver le sentier qui remonte au phare. Existe-t-il, seulement ? Au bout d’une heure à suivre des chemins qui ne menaient à rien, nous avons décidé de faire demi-tour, en tâchant de retrouver par quels rochers nous étions passées … pour finalement atteindre le phare par la route !

 

Vendredi 7 Juin 2019

 

Longeant cette côte nord très découpée, nous voilà arrivées au Capo d’Orso**. Le cap de l’Ours. Pourquoi ce nom ? A cause d’un récif de 122 m de haut façonné par l’érosion qui évoque la silhouette d’un ours. Le promontoire était déjà connu du géographe grec Ptolémée et les anciens navigateurs s’en servaient comme d’un point de repère naturel.

Mais plus on monte vers le pied de l’ours, moins on le voit. On ne peut le contempler se ressemblant que de loin, ou bien de la citadelle qui lui fait face. Ou alors avec un drone. Je n’ai pas de drone, mais j’ai acheté une carte postale que je vous ai photographiée

En Sardaigne : du nord au sud
En Sardaigne : du nord au sud

Près d’Arzachena, j’ai voulu montrer à Colette une première Tombe de Géant , comme il en existe de nombreuses en Sardaigne. C’est celle de Coddu Ecchju que j’ai déjà décrite lors de mon voyage de l’an dernier. Pour alléger ces pages, je vous mets un lien où vous en trouverez les photos et explications historiques :

Puis nous gagnons Olbia par une route longeant la côte. Mais il faudrait s’arrêter tout le temps pour prendre des photos, et on ne peut pas. Je n’ai pas re-visité Olbia (vous le trouverez dans mon voyage de 2018), car ce l’on y a cherché, c’est un Décathlon et un magasin de Bricolage, tous deux très difficiles à trouver en Corse (et même en Sardaigne).

 

Samedi 8 Juin 2019

 

Depuis Olbia, cette montagne est notre phare. Son nom ? On n’en sait rien.

En Sardaigne : du nord au sud

Nous suivons la côte Est au sud d’Olbia, un peu lassées car la route est trop loin de la mer. A Siniscola, nous optons pour une petite route de montagne qui passe derrière le Monte Albo, le longeant sur plus de 25 km. Et c’est 25 km de bonheur !

En Sardaigne : du nord au sud

Et voilà une autre Tombe de Géant. Elle est dans un pâturage, en visite libre au bout d’un quart d’heure de promenade … sous la canicule. C’est celle de S’Ena e Thomes :

En Sardaigne : du nord au sud

Il fait vraiment trop chaud pour marcher. Nous décidons d’aller à Nuoro pour visiter le Musée du Costume** qui a aussi une partie ethnographique. C’est le plus vaste et le plus important de l’île. La collection de costumes, leur variété et leur richesse nous a époustouflées. Mais les reflets dans les vitres rendent les photos très difficiles.

En Sardaigne : du nord au sud

Dimanche 9 Juin 2019

 

Pas très loin de Nuoro se trouve la Sorgente Su Gologone**, dans la Vallée di Lanaitho. C’est la plus grande résurgence de Sardaigne (300 l/h en moyenne).

Elle apparaît entre deux hautes parois rocheuses d’où se déversent ses eaux, canalisées par les entrailles karstiques du Supramonte, ce haut massif montagneux entièrement calcaire. Des plongeurs-spéléologues ont tenté d’explorer le réseau souterrain de cette rivière, et sont ainsi parvenus (équipés de 3 bouteilles leur donnant 10 h d’autonomie) à – 135 m, sans être encore arrivés au bout de la rivière.

En Sardaigne : du nord au sud

En continuant à remonter cette Valle di Lanaitho, parsemée de diverses grottes (réservées aux spéléologues), nous arrivons, après 7 km de piste, au refuge de Sa Oche, près de la grotte du même nom. Nous l’avons visitée avec une guide parlant français. La particularité de cette grotte, c’est qu’elle abrite un lac souterrain, qui, lorsqu’il pleut fort pendant plus de 4 jours, déborde en alimentant la rivière, qui, autrement, est à sec.

En Sardaigne : du nord au sud

Voyez-vous le personnage fabuleux et terrible qui hante cette grotte ?

En Sardaigne : du nord au sud

A un quart d’heure de là, à pied, le véritable but de notre venue en ce lieu si reculé, c’est le village nuraghique de Sa Sedda’e Sos Carros. Notre guide nous a expliqué que ce village s’était créé ici pour rendre le culte de l’eau. Un temple de l’eau y a été découvert dans les années 1980. On pourrait aussi l’appeler « fontaine sacrée ».

L’eau qui descendait de la montagne était captée et alimentait cette « cabane » (on appelle ainsi les habitations de l’époque nuraghique, soit 3000 ans avant J-C) très spéciale.

En Sardaigne : du nord au sud

On remarque la bichromie obtenue en utilisant 2 sortes de pierres, la roche sombre, basaltique, et la roche blanche, calcaire. Et la sculpture des pierres d’où sortait l’eau, en forme de tête de bélier.

On peut aussi voir le bassin qui récoltait l’eau, avec son système d’évacuation, et les bancs sur lesquels s’asseyaient les officiants de ces rites sacrés.

De nombreuses statuettes de bronze ont été retrouvées, mais elles sont au musée archéologiques de Nuoro.

 

Comme la roche de ce lieu est le calcaire, perméable à l’eau, les hommes de ce temps avaient été chercher des pierres volcaniques, très lourdes, noires, de la montagne d’en face, soit 4 km au minimum. A voir la grosseur de certaines pierres, ce n’était pas une mince affaire ! Et ils avaient ainsi construit une piscine, ronde, dont le fond était fait d’un épais enduit argileux imperméable.

En Sardaigne : du nord au sud

Pour terminer l’après-midi, nous voici à Orgosolo**, pour y voir les « murales ».

Berceau du banditisme sarde, Orgosolo est surtout devenu, dans les années 1970, le village des Murales. Paysans et pasteurs y défendaient alors leurs terres contre les menaces d’expropriation. Ils nourrissaient contre l’État un fort sentiment libertaire et frondeur qui trouva, sur les murs gris du village un terrain d’expression. Traduction de cette conscience politico-sociale, les fresques colorent toujours les ruelles du bourg, entretenant les idéaux … et attirant le touriste !

En Sardaigne : du nord au sud

Anecdote : pour repartir, je devais traverser tout le village par la rue principale, horizontale, à sens unique mais assez large si les voitures étaient bien garées. Or, après un virage, travaux ! La rue est barrée ! Impossible de faire demi-tour ni de reculer, déjà 3 voitures derrière moi. Et la déviation prévue, qui partait en gauche-droite-gauche-droite vers le haut, s’étrécissait de plus en plus. Ecoutant les conseils des uns et des autres, rétroviseurs rabattus, quelques centimètres de chaque côté, après 2 gauche-droite difficiles à négocier (des éraflures sur mon rétro de droite), j’arrive à une placette dont 2 issues sont visiblement trop étroites, et la troisième est une côte à plus de 25 % sur une bonne centaine de mètres ! Une voiture qui tentait de la monter a calé au milieu et redescendu en marche arrière. Je me dis que mon Jolly Jumper est plus puissant, et je tente. Au début, j’ai cru que je n’arriverais pas jusqu’en haut, moi non plus. Et puis mon cheval a pris le mors aux dents, et on y est arrivés.

Ouf ! Merci mon ange gardien ! Et maintenant, au moins, je sais ce que mon Jolly Jumper a dans le ventre !

Après un court tronçon horizontal, à cette côte succède une autre un petit peu moins raide mais aussi longue, et enfin je peux sortir de ce piège. Quelle émotion !

 

Lundi 10 Juin 2019

 

Après la leçon d’hier, ce matin je n’ai pas voulu prendre la route qui conduisait à la Scala San Gorgio en traversant le village de Osini. Bien m’en a pris : j’ai appris plus tard que j’y serais sans doute restée coincée. Nous sommes donc passées par le village suivant, Ulassai, d’un accès plus facile mais qui nous valu 4 km à pied.

La Scala di San Gorgio est un monument naturel où maintenant on passe en voiture, mais il y a un siècle il était large de moins d’un mètre. Le lieu est caractérisé par plusieurs diaclases (fracture de la masse rocheuse sans déplacement des parties) dont l’une est profonde de plus de 100 mètres.

Un sentier aménagé permet de monter d’un côté pour pouvoir admirer la vue sur la vallée du Rio Pardu.

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Retour à Ulassai**, spectaculaire village entouré de falaises calcaires.

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Mardi 11 Juin 2019

 

Un petit arrêt à Sadali. Dans ce tranquille village, une cascade recueille les eaux de plusieurs sources, avant de plonger dans un gouffre souterrain : La Grande Bouche, Sa Bucca Manna.

Rien que de la voir, on se sent rafraîchi. Et puis il y a une fontaine où nous avons pu refaire notre provision d’eau !

Le moulin à côté de la cascade a été construit en 1600.

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Qu’es aco ?

Ces petites boules blanches, bien rondes : des grêlons, par 35° ?

tnev el rap seluob ne seéluor ,reilpuep ed seniarg sed

tnev el rap seluob ne seéluor ,reilpuep ed seniarg sed

Après bien des virages, des cols et des fonds de vallée, voici un site inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. C’est le complexe nuraghique Su Nuraxi***, à Barumini, l’un des plus importants témoignages de l’architecture mégalithique protosarde. Quand on pense que cette construction en pierres sèches remonte à l’âge du bronze moyen, soit 1600 ans avant J-C …

Car la première phase comprenait déjà la tour centrale tronconique (le donjon) de 26 m de haut (il lui en reste 17) avec trois salles superposées.

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Au bronze final, vers -1100 une seconde phase de construction le voit entouré par un bastion composé de 4 tours reliées par un mur rectiligne, délimitant ainsi une cour avec un puits de 20 m, qui a toujours 3 m d’eau claire. Cette cour marquait le centre d’un système très élaboré de circulation : escaliers, ponts mobiles et passages dans les murs.

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Lors d’une troisième phase, vers le 8ème siècle avant J-C, on rajouta un bastion extérieur octogonal à 7 tours.

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Un village nuraghique s’étend, principalement sur le côté Est de la forteresse. On y trouve une cinquantaine de fondations de maisons circulaires ou ovales, plus une plus grande qui pouvait être la salle du conseil des anciens. On y trouve aussi d’autres habitations, qui pouvaient être carthaginoises ou romaines.

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Dans le village-même de Barumini, un palais du 16ème siècle, dans le style espagnol, a été construit, sans le savoir, sur un nuraghe. Celui-ci a été découvert à la fin du 20ème siècle, en procédant à des travaux de restauration. C’est la Casa Zapata. Il est maintenant transformé en musée archéologique, et j’y ai pris quelques photos, statuettes de bronze ou poteries, de l’époque nuraghique.

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Mercredi 12 Juin 2019

 

Cagliari***. Porte de la Sardaigne, plus grand centre de pouvoir, plus grande ville côtière de l’île … bref, la capitale.

Ville d’embouteillages aussi. La Via Roma comporte bien de magnifiques immeubles, mais en voiture c’est infernal. Surtout par cette chaleur ! Mais mes arbres bleus sont magnifiques.

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Nous sommes montées en voiture directement pour nous garer pas loin du Castello, la forteresse qui enserre de très hauts et vénérables immeubles séparés par d’étroites rues fraîches, dont nous avons arpenté quelques unes avant de visiter la Cathédrale. Nous y avons croisé la tour de l’éléphant et de belles vues d’ensemble sur la ville.

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La cathédrale Santa Maria*** est née au 13ème siècle, de style roman pisan, mais elle a tant été remaniée, jusqu’au 20ème siècle, qu’il ne reste plus grand-chose d’origine ! Par exemple, sa belle façade a été redessinée dans le style roman de Lucques (Lucca, vous l’avez visitée avec moi) … en 1925 !

En Sardaigne : du nord au sud
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La crypte est un puzzle de marbres fascinant :

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Est-ce la chaleur ? La difficulté à s’orienter dans ce labyrinthe ? (il n’y a presque aucune indication) Je n’ai pas beaucoup aimé cette ville. Il paraît qu’elle est faite de quartiers très divers, et sans doute aurait-il fallu en faire plusieurs, descendre, remonter ; mais marcher par les rues avec cette chaleur … Pas le courage.

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Voici tout de même la tour de l’éléphant* : Torre dell’elefante*. Haute de 30 m, elle comporte 3 pans fermés sur l’extérieur, le côté intérieur étant ouvert (malheureusement couvert d’échafaudages). Une autre tour, la tour St pancrace, a la même particularité. Mais ici, c’est la présence d’un éléphant perché à plus de 10 m du sol qui lui a donné son nom. Avec ses deux portes-herse, cette tour commandait l’entrée dans la tour médiévale.

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Changeant d’époque, nous voici dans le Parc Archéologique de Nora, première ville phénicienne punique de Sardaigne, qui occupe une petite péninsule surmontée d’un phare. Ses nombreux points d’accostage attirèrent les phéniciens dès le 9è et le 8è siècle avant J-C. Elle a tenté les Carthaginois au 6è siècle, puis les romains avec lesquels elle connut son âge d’or aux 2è et 3ème siècle. Elle fut abandonnée au 7ème siècle.

En Sardaigne : du nord au sud
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Jeudi 13 Juin 2019

 

La plus belle route côtière que nous ayons faite en Sardaigne, c’est celle-ci : la Costa del Sud**. Comme son nom l’indique, elle est tout au sud de la Sardaigne !

Elle est connue pour la beauté de ses plages de sable blanc, aux eaux cristallines, et son arrière pays bien préservé. Sur 25 km, la route, souvent en corniche, offre de magnifiques vues panoramiques.

En Sardaigne : du nord au sud
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18 août 2018 6 18 /08 /août /2018 18:03
7ème épisode : en Sardaigne

Pour ce voyage-ci, je suis partie en avion de Géronne (Espagne) pour rallier Cagliari, au sud de la Sardaigne, où m'attendaient mes "petits Suisses" : Sigrid et Dirk, Tristan et Aïda, eux-même en vacances ici depuis une semaine. Ce ne sera donc pas une visite en règle de l'île puisqu'ils l'ont déjà commencée.

 

7ème épisode : en Sardaigne

Comme je suis aujourd'hui de retour en Suisse, je vais m'amuser à classer les sites, non pas par ordre de visite, mais par ordre d'ancienneté historique. Vous me suivez ?

On commence par les sites naturels :

La géologie sarde est remarquable car ses roches sont parmi les plus anciennes d'Europe. En effet, la base rocheuse de la Sardaigne méridionale date de la période précambrienne (c'est à dire : de la formation de la terre). Des roches volcaniques, plus récentes, sont fréquentes dans la région occidentale et méridionale de l'île.

De longues périodes d'érosion expliquent les altitudes modestes des montagnes de Sardaigne (1834 m au point culminant). L'exploitation passée d'un grand nombre de mines dans l'île atteste sa richesse géologique.

La Sardaigne est longue de 260 km et large de 120 km environ. Les côtes, qui s'étirent sur plus de 1800 km peuvent être rocheuses et découpées, creusées de grottes ou élevées sur des falaises, ou bien sablonneuses avec des zones de dunes sculptées par le vent.
 

7ème épisode : en Sardaigne

La grotte de Neptune, maintenant. Ce sont aussi des formations karstiques, sur le versant nord-ouest de la presqu'île du Cap Caccia.

La grotte a été découverte par un pêcheur local au XVIIIe siècle, et depuis, elle s'est révélée comme une destination touristique. Elle prend son nom du dieu romain de la mer, Neptune.

Ce qui est fantastique, ici, c'est son accès, par un escalier de 654 marches, ou bien par la mer.

7ème épisode : en Sardaigne

A l'intérieur, un lac salé de 120 m de long, au même niveau que la mer. La grotte fut d'ailleurs longtemps occupée par des phoques moines. Même si, sur les 4 km, on n'en visite que 600 m, elle est très belle, mais ce serait encore mieux s'il y avait moins de monde !

7ème épisode : en Sardaigne

Une autre grotte, mais dans le sud-ouest de la Sardaigne, à Domusnovas : la grotte de San Giovanni.

Creusée dans des calcaires du cambrien inférieur (−541 à −514  millions d'années). Monumentale et spectaculaire, elle est un phénomène karstique, remarquable exemple de tunnel de franchissement dû à un énorme percement hydrogéologique, parcouru du nord au sud par le Rio San Giovanni. La cavité principale est longue d'environ 800 m, et est parcourue par une ancienne route, maintenant interdite aux voitures. On y trouve également des gours spectaculaires.

7ème épisode : en Sardaigne

Nous avançons dans le temps.

Nous voici entre 30 et 15 millions d'années, dans le miocène, quand ici il y avait un paysage et un climat résolument différents. Des lacs, des forêts et des volcans qui à un certain point interagissaient les uns avec les autres. Lentement, le bois des arbres - qui étaient ici immergés dans les bassins des lacs - s'est transformé en pierre. Ces plantes anciennes sont nées, se sont développées et ont disparu sans qu'aucun être humain ne puisse les voir, bien sûr. Elles représentent donc une branche d'étude plutôt nouvelle, vraiment unique pour la paléobotanique.

La forêt pétrifiée di Carrucana s'étend sur 10 000 km2 et 4 communes : Martis, Perfugas, Laerru et Bulzi.

Les trouvailles disposées le long du remblai du Riu Altana ont des dimensions considérables; certaines ont des trous au centre, d'autres sont complètement minéralisées : toutes les parties en bois ont été transformées en roche en assumant la physionomie de véritables sculptures naturelles... Malheureusement, les phénoménaux restes fossiles de forêt pétrifiée ont été continuellement pillés et emportés de leur environnement naturel....


 

7ème épisode : en Sardaigne

Nous entrons maintenant dans la Préhistoire.

C'est le néolithique moyen (4300-2800 av J.-C.).

Le culte des morts a toujours été une caractéristique fondamentale dans les cultures primitives et les premières civilisations sardes ne firent pas exception. Après la découverte de quelques restes dans la grotte de San Michele à Ozieri, les historiens en sont arrivés à la conclusion que les Domus de Janas appartenaient à un peuple qui n’avait rien à voir avec les cultures précédentes. Les témoignages montrèrent un style de vie et des habitations totalement différentes. Cette civilisation fût appelée la civilisation d’Ozieri. Le peuple qui vivait là probablement 3500 ans avant JC, travaillait dans les champs et menait une vie tranquille. Leur religion était basée sur la nature et sur ses manifestations. Le taureau et le buffle étaient adorés et représentaient la virilité et la fertilité alors que la lune représentait la « Déesse mère » au féminin.

Les Domus de janas  sont des sépultures creusées dans la roche, que l'on trouve dans toute la Sardaigne. Elles sont creusées dans une roche granitique, calcaire, basaltique ou gréseuse. On y entassait les squelettes, une fois débarrassés de leur chair dans une tombe provisoire près de leur village.  Les cavernes étaient nombreuses et positionnées l’une à côté de l’autre, et formaient des nécropoles qui pouvaient accueillir jusqu’à une centaine de corps. Certaines ont ensuite été employées comme bergeries ou abris de bergers jusqu'à des périodes récentes. Les légendes populaires racontent qu'elles étaient habitées par des fées qui tissaient des toiles en or. Tous ceux qui s'en approchaient devenaient fous.

Un témoin parmi tant d'autres, ce bloc erratique en trachyte, modelé par la pluie et le vent qui abrite en fait un hypogée funèbre à domus de janas, creusé sur plusieurs niveaux entre 3200 et 2800 av. J.-C. Sa particularité, c'est que selon le côté où on le voit, on dirait un éléphant, trompe en l'air, accroupi au bord de la route. On le trouve près de Castelsardo. C'est la Roccia dell'Elefante.

 

7ème épisode : en Sardaigne

D'autres sites funéraires se sont développés durant la période Ozieri : ce sont les dolmens, autour de 3000 av. J.-C.

Le dolmen Sa Coveccada (du sarde, "ce qui est couvert") est considéré comme le plus grand dolmen (tombeau mégalithique chambré) de la Méditerranée, et l'un des plus importants au monde. En dehors de l'île, on peut faire des comparaisons avec les dolmens de la nécropole de Safat Wing en Cisjordanie et les dolmens de la Coste-Rouge, dans l'Hérault, en France.

Datant de la fin du 3e millénaire av. J.-C., la construction rectangulaire se compose de trois immenses dalles de pierre, couvertes par une quatrième, pesant environ 19,8 tonnes (elle pesait 27 tonnes avant la cassure de certains morceaux). En l'état, il atteint une hauteur de 2,7 m, une longueur de 5 m et une largeur de 2,5 m.

Après un suivi attentif de la structure du dolmen qui a mis en évidence des problèmes de déséquilibre statique dus à des causes multiples, le monument a fait l'objet en 2011 d'une opération de restauration complexe. Pas près d'être terminée, malheureusement. Pour nous autres, touristes, c'est une catastrophe photographique. J'ai trouvé sur internet des photos d'avant la restauration. Comparez !

 

7ème épisode : en Sardaigne

La période Nuragique

Le début de l'âge du bronze correspond au passage à la civilisation nuragique, qui débute en 1800 av. J.-C. et se terminera vers 300 av. J.-C.

Le nuraghe, son élément fondamental, est un édifice conique construit en gros blocs de pierre parfaitement ajustés. Abritant une ou plusieurs salles superposées, ces constructions, qui constituent les plus grandes constructions mégalithiques d'Europe et les plus achevées, étaient dotées d'une couverture en fausse coupole, ou tholos. Il en subsiste sur l'île près de 7000, plus ou moins grands, et plus ou moins bien conservés.

Autour des nuraghes on trouve les emplacements de villages nuragiques, sous forme de base de maisons rondes (elles étaient couvertes de bois qui ne s'est pas conservé.

7ème épisode : en Sardaigne

Le Complexe nuragique de Palmavera, près d'Alghero, a été édifié à partir du 15ème siècle av. J.-C. avec des blocs de calcaire et de grès.

C'est au début du 9ème qu'a été ajoutée la seconde tour, et au 8ème qu'a été construit le mur d'enceinte, avec ses 4 tours-cabanes (photo aérienne). Cela correspond avec le passage à l'âge du fer et aussi l'arrivée des Phéniciens.

Mais son développement s'est arrêté brusquement à la fin du 8ème siècle, après un incendie du village qui comptait entre 150 et 200 cabanes, dont seulement une cinquantaine sont mises entièrement au jour (les travaux de dégagement continuent).

7ème épisode : en Sardaigne

De la même époque datent d'autres constructions, comme les tombe dei giganti.

C'est l'imagination populaire qui a baptisé ainsi ces "tombes de géants", qui peuvent atteindre jusqu'à 30 m de longueur, et représentent une forme de sépulture plus évoluée que les dolmens, et, comme les nuraghes, n'ont pas d'équivalent en Europe. La chambre funéraire, pouvant atteindre 5 à 10 m de long et 1 à 2 m de haut est faite de blocs ajustés et couverte d'un tumulus.

Elle est précédée d'une exèdre, espace rituel en demi-cercle, large de 10 à 20 m, matérialisé par des dalles de pierre dressées. La "façade" est constituée d'une monumentale stèle centrale pouvant être sculptée. Elle représentait sans doute une "pseudo-porte" symbolisant  le passage vers l'au-delà. Sa base est percée d'une ouverture permettant le dépôt des offrandes à l'intérieur de la tombe-même.

Les tombeaux de géants pouvaient accueillir jusqu'à 200 corps, sans distinction sociale et sans que, dans le mobilier funéraire, il y ait une quelconque intention d'ostentation sociale. Il en reste environ 800 en Sardaigne.

7ème épisode : en Sardaigne

Nous sommes allés voir la Tomba dei Giganti di Coddu Vecchiu, près d'Arzachena. Pour avoir une échelle, la stèle de la façade fait 4,40 m de haut.

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Comme autres constructions de ces époques lointaines, on trouve des Puits Sacrés.

Celui que nous avons vu se situe près d'Olbia, la grande ville du nord, et remonte au moins au 12ème siècle av. J.-C. C'est le Puits Sacré  "Sa Testa". L'éloignement relatif des sites nuragiques les plus proches et la proximité du port naturel d'Olbia laisse penser qu'il jouait un rôle de sanctuaire dans la zone, et aussi par rapport aux relations avec les visiteurs venus de la mer. Il aurait conservé sa fonction de lieu de culte jusqu'à la fin de l'ère romaine impériale.

Le monument était voué au culte de l'eau.

Quatre marches conduisent à la cour circulaire dotée à la base d'une sorte de siège, peut-être destiné aux fidèles, et traversée d'une conduite pour évacuer l'eau en excédent. Le vestibule trapézoïdal est la zone cérémoniale, prolongée des 17 marches qui mènent à la source.

Au-dessus de la chambre du puits, circulaire et couverte d'un tholos (fausse voûte), se trouve une chambre couverte d'un deuxième tholos monumental dont il ne reste que la base. Nous n'avons pas pu descendre dans le puits pour en admirer la voûte à cause d'un nid de guêpes qui en occupait la 3ème marche.

 

7ème épisode : en Sardaigne

Avant de quitter cette époque, voici un autre nuraghe, le mieux conservé et le plus abouti architecturalement, de Sardaigne. C'est le Nuraghe de Santu Antine.

Le nuraghe de Santu Antine est composé d'une tour principale autour de laquelle sont disposées 3 tours circulaires, le tout donnant à l'ensemble un plan en forme de trèfle. L'imposant complexe est vraisemblablement construit dans le courant du XVIe av. J.-C. (âge du Bronze), mais certains éléments sont également bâtis dans le courant de l'âge du Fer. La tour principale, disposée au centre de l'édifice, est conservée sur plus de 18m de haut et livre encore 2 étages sur les 3 présents à l'origine.

La visite permet de déambuler dans les différents couloirs et escaliers et de visiter les 3 salles voûtées qui composent la tour. Cette tour principale est entourée de 3 autres tours plus modestes et reliées entre elles par de puissants murs formant de cette manière un bastion. L'intérieur des murs est traversé par deux couloirs superposés qui permettaient d'accéder aux différentes tours. Les accès aux différents couloirs et à la tour principale s'effectuent à partir d'une cour, enfermée par les murs du bastion, et au centre de laquelle est disposé un des 3 puits, l'un des 2 autres étant un puits sacré.

7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne

Les blocs de pierre volcanique sont vraiment énormes, et comme pour les pyramides et les dolmens, on se demande toujours comment ils ont fait, à l'époque, pour les hisser en haut des tours, la plus haute ayant plus de 25 m de haut.

Ici, il faut oublier le classique plan incliné. Mais on a pourtant un élément de réponse.

On monte au premier puis au deuxième étage de la tour (et autrefois aussi au troisième) par un escalier qui s'enroule en spirale dans le mur extérieur de la tour. On pense donc que les blocs étaient montés par cet escalier, dont la hauteur progressait en même temps que les murs de la tour étaient construits, lui faisant ainsi une double paroi. On remarque en effet que, si l'escalier est moins large vers le haut, les blocs sont aussi moins gros. C'est d'ailleurs aussi pour cette raison qu'ils ont été réutilisés au fil des siècles dans les constructions alentours, alors que ceux du bas, vraiment énormes, sont restés en place.

7ème épisode : en Sardaigne

Mais voilà que la Sardaigne s'ouvre aux horizons plus larges de la civilisation méditerranéenne, grâce aux navigateurs phéniciens qui fondent des colonies côtières ayant une structure urbaine : maisons, édifices publics, magasins, temples et acropoles sont entourés par une enceinte.

La civilisation nuragique prend fin lorsque les révoltes sardes sont écrasées par les Carthaginois, venus à l'aide des Phéniciens, en 509 av. J.-C. Les habitants de l'île sont contraints de choisir entre l'esclavage et la misère.

Olbia, à l'image de la Sardaigne toute entière, tombe sous le contrôle de Carthage qui y établit une véritable colonie autour de 330 av. J.-C. De l'agglomération punique de Olbia, il reste ce morceau de mur punique à double enceinte, et une tour, dans une cour privée.

7ème épisode : en Sardaigne

Après la première guerre punique, la Sardaigne est cédée aux Romains en 238 av. J.-C. et la structure urbaine suit désormais le modèle romain.

On sait bien que les chrétiens d'occident ont construit leurs églises sur des lieux ou des temples païens, mais le phénomène n'est pas nouveau : à Tempio di Antas (près de Fluminimaggiore), près d'un ancien village nuragique, on rendait un culte au dieu de l'eau et de la végétation. Les Carthaginois y ont élevé un temple punique à leur dieu Sid Addir. Quand les Romains arrivent, ils élèvent à leur tour un temple par-dessus (on retrouve des restes du premier sous le perron d'accès du temple romain). Construit entre - 27 et -14, il est restauré sous Caracalla en 215.

7ème épisode : en Sardaigne

Entre le 4ème et le 5ème siècle, le christianisme se répand, et ce sont les Byzantins de Justinien (empereur romain d'orient) qui conquièrent l'île en 534.

Eux aussi ont réoccupé des sites sacrés de leurs prédécesseurs. Notamment la Necropoli di Sant'Andrea Priu. Elle mérite que l'on raconte son histoire.

Chronologiquement le complexe est situé dans la culture d'Ozieri du Néolithique Final (3500-2900 av. J.-C.). Des domus de Janas, donc.

 À l'intérieur, la reproduction fidèle des détails architecturaux typiques des habitations contemporaines (poutres, architraves, jambages, piliers et plinthes périmétriques) mais vus de l'intérieur, tend à recréer un environnement semblable en apparence à l'endroit où le défunt a passé sa vie.

7ème épisode : en Sardaigne

Avec ses 18 chambres et une extension d'environ 250 mètres carrés, la Tombe du Chef est l'une des domus les plus spectaculaires connues. Il s'agit d'un petit atrium qui sert de hall d'entrée, d'antichambre (sorte de vestibule) et de deux grandes pièces d'où partent d'autres pièces plus petites, qui à leur tour mènent à d'autres pièces, avec des pièces et des planchers pour le dépôt des morts

7ème épisode : en Sardaigne

A l'époque romaine puis byzantine, la Tombe du Chef a été transformée en église et plusieurs fois plâtrée et fresquée en différents points. Adaptée au culte peut-être dès la période byzantine, elle a été reconsacrée en 1313 et dédiée à Saint André. Avec la transformation en église, les salles principales servaient respectivement de narthex pour les catéchumènes, de salle de classe pour les fidèles baptisés et de bema (ou presbytère) réservé aux rites religieux officiants. Ce lieu est considéré comme l'une des premières églises à l'époque de la persécution et encore une autre démonstration d'un temple chrétien construit dans un espace païen.

7ème épisode : en Sardaigne

Tandis que nous étions dans la pièce du fond, l'orage, qui avait commencé à notre entrée, a coupé la lumière. Etrange sensation que d'être plongée dans le noir dans un tombeau ... mais les téléphones sont vite venus dissiper cette drôle d'impression.

7ème épisode : en Sardaigne

Tandis que Pise et Gènes se partagent la Sardaigne sous le prétexte de la protéger des raids arabes venant d'Afrique du nord et d'Espagne, la présence monastique s'intensifie. Les bénédictins s'implantent et contribuent considérablement à la diffusion de la culture catholique.

L'ordre toscan des Camaldules y fonda, dès 1112, l'église et le monastère attenant de la Santissima Trinità di Saccargia.

Avec ses bandes alternées de calcaire blanc et de lave basaltique foncée, elle fait bien penser aux églises de Toscane.

7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne

Les chapiteaux du portique, terminé en 1200, sont sculpté de motifs végétaux et zoomorphes.

7ème épisode : en Sardaigne

L'intérieur est lui aussi un des fleurons de l'architecture romane du nord de l'île, et un superbe cycle de fresques dépeint des scènes de la vie du Christ. Il date de la seconde moitié du 12ème siècle.

7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne

 A la même époque, les bénédictins du Montecasino ont construit sur le territoire de Bulzi cette jolie église de San Pietro delle Immagini, élevée aussi dans le style pisan.

Elle porte aussi le nom de San Pietro del Crucifissi, à cause de son retable en bois sculpté représentant une déposition de la croix, qui se trouve maintenant, par sécurité, dans l'église du village. Il n'en reste ici qu'une copie. Elle porte encore le nom de San Pietro de Simbranos ... mais je ne sais pas pourquoi !

7ème épisode : en Sardaigne

Le personnage qui lève les bras au milieu du tympan du portail n'est ni Dieu ni un saint : c'est le supérieur du petit monastère qui était accolé à l'église. C'est une attitude de louange commune dans cet ordre monastique. Dixit l'archéologue qui nous a fait visiter.

 

A cette époque, ce bourg s'appelait Castelgenovese. Château génois. C'est la noble famille des Doria qui le baptisa ainsi en 1102. La forteresse comprenait alors, outre la résidence des Doria, des logements pour les troupes, des dépôts d'armes et de vivres, une citerne.

Aujourd'hui elle abrite un musée consacré à la vannerie de plantes locales : asphodèles, joncs, palmier.

 

             

7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne

Sautons maintenant trois siècles, et passons des Génois aux Espagnols, arrivés sur l'île en 1323. En 1448, le bourg devient Castel'Aragonese, château aragonais.

Puis la Sardaigne tombe aux mains des Habsbourg, qui la donnent en 1718 aux ducs de Savoie en échange de la Sicile. En 1769,la Maison de Savoie lui attribue son nom actuel : Castelsardo.

Aujourd'hui, on pourrait l'appeler Castelturistico tant ce petit Mont-Saint-Michel méditerranéen suscite l'admiration.

7ème épisode : en Sardaigne

En 1861, Vittorio Emanuele II, dernier roi de Sardaigne, proclame la création du royaume d'Italie.

Le site minier que nous avons été visiter montre l'un des habitats miniers les plus anciens de Sardaigne. Il ne lui reste plus que 10 % de sa population d'antan. La mine a connut une activité continue de 1850 à 1991. Le sous-sol de Montevecchio fut cependant exploité depuis la période antique, produisant essentiellement du plomb, de l'argent, du zinc.

Arrivés trop tard, nous n'avons vu que le vaste chantier d'extraction, d'anciens ateliers, les installations de surface du puits San Giovanni. Pour le reste, il faudra revenir ...

7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne

A cette époque, comment les gens vivaient-ils ? C'est en allant visiter le charmant village d'Aggius et son musée ethnographique que nous avons essayé de nous en faire une idée.

Les artisanats spécifiques à l'île étaient le travail du liège pour les hommes, et pour les femmes, la vannerie et le tissage de tapis.

Dans ce musée, les métiers à tisser sont opérationnels. On peut commander un tapis en choisissant les couleurs et les dessins. On peut aussi acheter ceux qui sont en cours de réalisation. Mais ... nous n'avons pas demandé le prix ...

7ème épisode : en Sardaigne
7ème épisode : en Sardaigne

Le saviez-vous ?

On distingue le liège mâle et femelle.

Quand on plante un chêne, avant de pouvoir en extraire le liège il faut attendre au moins 40 ans. Et c'est le liège mâle, de couleur claire et très irrégulier. Après la première extraction, il y a une repousse, et cette fois ce sera du liège femelle, en moyenne tous les 10 ans. Ce liège se vend plus cher et il est de couleur plus sombre, bien plus lisse et compact.

Les utilisations du liège sont multiples. On le voit ici utilisé, en un seul morceau, pour stocker le grain. Mais la plus grande partie de la production est consacrée à la fabrication des bouchons.

7ème épisode : en Sardaigne

Mais les vacances s'achèvent. Demain matin, à Olbia, nous prenons l'avion pour Genève. Alors ce soir, voici une petite visite du quartier historique de cette cité moderne qui accueille chaque année des millions de touristes.

7ème épisode : en Sardaigne

Sardaigne, il y a tant à découvrir, encore,chez toi ! Les montagnes, les cascades (à sec en été), tant de monuments, de plages, de grottes ...  Je ne te dis pas adieu. J'essaierai de revenir ...  mais au printemps !

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  • : scandinadream.over-blog.com
  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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