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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 17:47

Jeudi 8 Octobre 2015

Ajaccio.

Débarquement du ferry à 7 h 20. Le jour se lève.

Ça se Corse !

A cause des 20 minutes de retard du bateau, nous ne pouvons pas gagner Girolata par voie de mer, et nous partons donc vers la gare ferroviaire où nous prenons la solution de secours : le train jusqu'à Calvi en passant par Corte et en changeant à Ponte Leccia, Puis un bus jusqu'au Col de la Croix, et nous terminerons à pied par une partie de la "Boucle du Facteur". L'Office du tourisme nous a garanti que ce bus était en service jusqu'au 15 Octobre ... Regardez un peu sur la carte le joli détour que cela fait, alors que c'était si court en bateau :

Ça se Corse !

Le train est un "tortillard" aux voies étroites remis au goût du jour (il y a 5 ans, c'était encore une micheline). Le paysage est superbe ; la partie la plus spectaculaire est dans le bassin du Vecchio, affluent du Tavignano, que nous suivrons un des jours prochains. Les pentes sont sévères et sinueuses, la voie creusée dans la montagne surplombe le ravin d'une centaine de mètres.

Partis du niveau de la mer, nous sommes à près de 900 m en arrivant à Vizzavona, après un tunnel de 3916 m, le plus long de la ligne.

Ça se Corse !

Quant au viaduc connu sous le nom de Ponte de Vecchio, inscrit aux monuments historiques, il fut conçu par la société Eiffel et réalisé de 1890 à 1892. Du train, je n'en ai vu que l'ombre. Mais quelques jours plus tard, nous sommes passés en-dessous ...

Ça se Corse !

A Ponte Leccia, nous changeons de train pour partir sur la ligne de la Balagne, qui va jusqu'à Calvi, via l'île Rousse.

Le paysage est alors fait de rudes collines, avec une rare végétation. Nous atteignons la côte par une multitude de courbes et de lacets qui nous offre des vues saisissantes, jusqu'au Désert des Agriates.

Ça se Corse !

Et puis c'est la mer, d'un bleu rêvé, sur 25 km jusqu'à Calvi.

L'île Rousse, la Baie de Calvi avec son 5 mâts ... finalement, le train, c'était bien aussi. Pas de regrets (pour l'instant !)

Ça se Corse !

Et nous voilà installés sur un banc pour pique-niquer en attendant le bus, (2 heures 1/4 à attendre), devant une station service.

Au bout de 2 h 30, toujours pas de bus.

Et voilà la Dame de la station qui sort et nous demande gentiment ce qu'on attend. Car il n'y a plus de bus depuis le 30 septembre, nous dit-elle ! Pourtant, un autre voyageur a été renseigné comme nous aujourd'hui-même par l'Office de tourisme !

Bon, hé bien il n'y a plus qu'à trouver un taxi. La Dame de la Station nous dépanne très gentiment en en appelant un pour nous. Mais c'est douloureux : 140€ pour 57 km en taxi. Heureusement que nous sommes 4 !

Dommage, le taxi avait les vitres teintées très foncées. Paysages fantastiques, mais photos impossibles !

Et nous voici au Col de la Croix, à la table d'orientation. Prêts à partir, avec entre 12 et 15 kg sur le dos chacun. Mais comme nous avons perdu beaucoup de temps, la photo de présentation sera pour demain. Il nous faut marcher 2 h 30 pour arriver à notre gîte à Girolata, accessible uniquement par un sentier ou par la mer.

Ça se Corse !

Le chemin pour gagner le village isolé de Girolata est emprunté tous les jours par le facteur, Guy .. Il est devenu une célébrité, et ce parcours est devenu "le sentier du facteur". C'est un paysage fabuleux : des rochers rouges, la mer bleue, le vert éclatant d'une végétation boostée par les pluies récentes. Un régal.

Nous avons aussi rencontré une des nombreuses vaches sauvages de l'île. Maigre à faire peur, on se demande comment elle peut trouver ici sa nourriture ! En plus la fontaine trouvée en route est à sec.

Ça se Corse !

Nous avons d'ailleurs appris par la suite que ces vaches, qui n'appartiennent à personne, sont un véritable fléau dans certaines régions : poussées par la faim, elles peuvent dévaster des jardins ou causer des accidents sur la route.

Mais le soir tombe tôt en cette saison. Il nous reste à contourner la baie de Girolata quand arrive le crépuscule. A 19 h 30, il était temps d'arriver !

A demain ...

Ça se Corse !
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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 15:13

mercredi 7 octobre 2015

Saint-Maximin-la-Sainte-Baume ... tout un programme !

Parce qu'il y a Saint Maximin, et puis il y a la Sainte Baume. C'est d'ailleurs par elle que nous avons commencé, le matin.

Imaginez un chaînon calcaire culminant à 1148 m, et d'une longueur avoisinant les 35 km à la base, mais dont la ligne de crête de 13,3 km surplombe la vallée par une falaise de plus de 300 m ! Et tout ça "avé l'acent", car nous sommes dans le Var, au pays de Pagnol, à l'Est d'Aubagne.

Et là, au pied de cette falaise, depuis le 5ème siècle, un petit prieuré a vu le jour dans la grotte, qui sera dédiée à Marie-Madeleine au 13ème siècle. Car c'est à cette époque que sont découvertes des reliques (un tibia) de cette Sainte, à quelques kilomètres, à St Maximin.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

Photo d'internet, bien sûr ! Moi je l'ai vu d'en bas, en gravissant le "Chemin des Roys". Pourquoi ce nom ? C'est celui qu'a reçu cette voie dès le 14ème siècle en raison de la quarantaine de souverains et personnages célèbres qui l'ont parcourue depuis Saint Louis (en 1254) jusqu'à Louis XIV, qui fut le dernier des rois de France à effectuer le pèlerinage, le 5 février 1660. Parmi les plus connus : Louis XI, François 1er, Louis XIII, l'empereur germanique Charles IV, Marie Christine d'Espagne (1840), les papes d'Avignon, Pétrarque, Frédéric Mistral ou Charles de Foucault ...

Il est enfin une étape capitale des Compagnons venus accomplir leur "Tour de France".

Petit entr'acte chez Maxim' 1

Mais la promenade ne s'arrête pas là. Pour embrasser tout le paysage, il faut monter en haut de la falaise. Par le Col du Saint Pilon (953 m) nous gagnons donc la chapelle du même nom. Mais le mistral nous retient d'aller jusqu'au sommet, à vrai dire très proche, mais vraiment trop venté.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

L'après-midi, c'est la visite de l'ancien bourg ecclésial de Saint-Maximin, qui s'est développé dès le début du Moyen Age à proximité de l'ensemble basilical. C'est le culte de Marie-Madeleine qui a favorisé l'essor économique de la ville.

Parallèlement à la basilique furent bâti un couvent royal et un cloître, gothiques, fondés par les Comtes de Provence, puis entretenu par les rois de France. Ils sont aujourd'hui propriété du Conseil général du Var, et occupés par une Hôtellerie et l'Office du Tourisme.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

La construction de la Basilique actuelle débuta en 1296.

Cette église, conçue par Charles II, roi de Sicile et Comte de Provence, l'a tout de suite été dans le but d'en faire un lieu de pèlerinage, qui deviendra l'un des plus grands d'Europe (le 3ème après Jérusalem et Rome). Mais elle ne sera terminée qu'en 1532.

Avec ses 73 m de longueur, 43 m de largeur et 29 m de hauteur, elle demeure encore aujourd'hui le plus vaste édifice gothique provençal.

Petit entr'acte chez Maxim' 1

Et quant à la soirée, elle se termine à Toulon, sur le pont du "Mega Express Two", de la Corsica Ferry.

Et c'est maintenant que ça va se corser ...

A bientôt !

Petit entr'acte chez Maxim' 1
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3 octobre 2015 6 03 /10 /octobre /2015 20:17

Vendredi 18 septembre 2015

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Huitième et dernière étape : du Ranquas à Saint-Guilhem-le-Désert

Les 20 derniers kilomètres !

La première partie du parcours, dans le massif de la Sérane, se fait entre 2 haies de buis, sans réelle vue sur le paysage : on descend jusqu'aux Lavagnes, puis on remonte, mais toujours ces buissons atteignant 2 mètres de haut bouchent la vue. La végétation devient plus méditerranéenne, mais c'est seulement quand on débouche sur le plateau que les buis s'espacent, et que l'on découvre le Pic St Loup et la Méditerranée !

Le Désert en fleurs

Dans un dernier col, deux gros rochers figurent les portes du Val de Gellone. Le marcheur est saisi par la Beauté. De grands pins, des roches fantastiques, et pour que l'enchantement soit complet, des bruyères arbustives bordent le chemin et animent tout le paysage.

Le Désert en fleurs

Un aussi beau spectacle ne pouvait que toucher le petit-fils de Charles Martel (celui qui battit les Arabes à Poitiers en ? *) Guilhem, qui y fonda un modeste prieuré en 804.

Voici comment un poète médiéval décrit son arrivée en ce lieu : " ... Voici qu'un plateau inculte s'ouvre subitement devant lui ; des bois le couvrent à demi, il est entouré de toutes parts par les montagnes, si hautes maintenant qu'elles arrêtent les nuages ; un torrent d'eau vive, qu'on voit descendre d'un sommet, le traverse en roulant vers les gorges ; dans la solitude de ce désert, entre ces rochers immenses et ces montagnes monstrueuses, on dirait le petit champ d'un laboureur. Guilhem rend grâce à Dieu du charme de cet endroit ... "

Depuis l'époque médiévale, le Val de Gellone a bien changé, mais le charme est indemne.

Je ne sais pas si Guilhem vint prier à cet ermitage que nous croisons en chemin, mais il est bien dans un endroit si charmant qu'on aurait envie de s'y attarder ...

* 732

Le Désert en fleurs

Guilhem mena dans ce Val une existence humble jusqu'à sa mort, le 28 mai 812. Sa réputation de sainteté grandit vite, et le prieuré fut remplacé en 1050 par un monastère, avec une basilique et un cloître aux sculptures raffinées, qui devint l'Abbaye de Gellone, autour de laquelle s'est construit le village de Saint-Guilhem-le-Désert.

Elle fut dévastée à la révolution. Seule l'église a survécu, mais une partie de son admirable cloître se trouve aujourd'hui dans un musée de New York ...

Le Désert en fleurs

Enserrant l'abbaye de ses ruelles où rode encore le souvenir des "romieux" d'antan, le beau village de St Guilhem sert d'écrin à cet ensemble d'exception. Maisons romanes, anciennes chapelles et placettes ombragées font le charme de cette antique cité ...

Le Désert en fleurs

... sans compter les ruines de l'inaccessible "Château du Géant", qui surplombe le village, autrefois enserré dans ses remparts ...

Le Désert en fleurs

Et maintenant, retour à la maison. Provisoirement, car ...

Attention, fin octobre, ça va se Corser ...

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 17:42

Jeudi 17 septembre 2015

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Septième étape : de Navacelles au Ranquas.

Distance 16 km.

C'est encore une étape courte. Nous allons longer la Vis sur environ 10 km. D'abord en remontant à mi-pente ce qui donne un paysage à la fois vertigineux et splendide.

De gorge en plateau

Tantôt au-dessus, tantôt au-dessous, nous suivons un ouvrage d'art dont la construction s'est terminée en 1908 : le canal de dérivation EDF qui alimente l'usine hydroélectrique de Madières.

L'usine, fierté des habitants, ne s'est pas faite en un jour. Près de 2 000 ouvriers se sont échinés à creuser ce canal de 10 km à flanc de colline, qui alimente le bassin de mise en charge de 11 000 m3. Il avait été vidé et était en cours d'entretien quand nous sommes passés. Les ingénieurs, eux, étaient logés dans ce mas rose maintenant en ruine : le Mas du Pont. Pour les ouvriers, je ne sais pas.

De gorge en plateau

La remontée sur le plateau nous semble un peu longue : il est vrai qu'il y a 250 m de dénivelé d'un seul jet, mais surtout, il fait chaud !

Et voilà St Maurice de Navacelles. Ensuite on retrouve un sentier ouvert sur un très beau paysage, jusqu'au gîte du Ranquas. De beaux bâtiments de ferme, avec le cornouiller au milieu de la cour.

Je l'ignorais, mais ses fruits (les cornouilles) se mangent : un peu acidulés (comme les groseilles), ils sont très agréables quand on a soif. A condition de choisir ceux qui sont rouge très foncé. Plus ils virent au noir, plus ils sont sucrés et rappellent alors la cerise. Notre hôtesse en fait d'ailleurs une bonne confiture, comparable à celle de groseille.

De gorge en plateau
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26 septembre 2015 6 26 /09 /septembre /2015 08:08

Mercredi 16 septembre 2015

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Sixième étape : de Montdardier à Navacelles, au cœur du Cirque.

Une journée cool (14 km) pour se reposer dans ce site grandiose, qui fait partie du Réseau des "Grands Sites de France". Label inscrit dans la loi et attribué par l'Etat.

Pour nous y rendre, il faut traverser le Causse de Blandas, où l'on croise de nombreux menhirs, disposés en grands cercles.

Les premières traces de civilisation datent là aussi du néolithique final (-3 000 ans), où les populations vont se sédentariser. Ils vont dresser des menhirs dans un dessein qui échappe encore à nos archéologues. Il existe aussi des dolmens dont l'édification est associée à des rites funéraires. Ces populations pratiquent également la spéléologie afin de rechercher des matières comme l'argile et les concrétions pour la manufacture des poteries. Ils exploitent aussi les "grottes citernes", gérant ainsi l'eau qui faisait cruellement défaut en surface, ainsi que l'attestent les stèles gravées, récemment découvertes à l'entrée de l'une de ces grottes.

Quel Cirque !

Puis c'est l'arrivée au Belvédère Chênes, surplombant l'extraordinaire Cirque de Navacelles.

Quel Cirque !

Le plus impressionnant, c'est d'y descendre à pied. Par la route, durant 3 lacets, puis par un sentier assez abrupt, qui est en fait l'ancienne voie d'accès.

Quel Cirque !

Aujourd'hui, le temps est brumeux. Mais en juin 2013, il faisait un beau soleil :

Mais comment s'est formée cette curiosité naturelle ?

Au fond des gorges, la Vis, qui mérite bien son nom, dessine de nombreuses courbes ou méandres. L'eau s'y écoule avec une vitesse inégale et creuse plus vite dans les parties concaves. Les méandres deviennent ainsi de plus en plus serrés : la rivière peut recouper la base de la boucle ("pédoncule") et abandonner son ancien tracé. La différence de niveau se traduit par une cascade.

Dans le Cirque de Navacelles, la Vis coulait à l'emplacement des terres cultivées qui entourent la bosse calcaire contre laquelle s'adosse le village. Exhaussée par l'accumulation des dépôts calcaires, la Vis a débordé le pédoncule de son méandre il y a seulement quelques milliers d'années.

Quel Cirque !

Nous avons pris le temps de visiter le village, puisque nous logions à l'Oustal del Passagiere, où Véronique nous a réservé un accueil exceptionnel.

Quel Cirque !
Quel Cirque !

Et nous y avons découvert qu'il suffisait d'une simple pierre accrochée à une ficelle pour faire des prévisions météo infaillibles. Voyez plutôt :

Quel Cirque !
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 15:38

Mardi 15 septembre 2015

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Cinquième étape : de l'Espérou au Vigan.

L'objectif était Montdardier, mais remonter 500 m après cette super descente, impossible !

- Taxi, SVP. Vous pouvez nous monter à Montdardier, à 10 km ?

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Ce matin, déjà, malchance : notre logeur qui devait servir le p'tit dèj' à 7 h 30 n'arrive pas. Il a fallu le réveiller avec le téléphone à 8 heures ! Du coup, une heure de retard au départ.

Par les autres personnes du gîte, nous apprenons que la descente sur Le Vigan, 900 m, est redoutée de tous les randonneurs. Pas tant le dénivelé, mais le terrain : des pierres, de l'eau, une pente très raide ... La plupart du temps, le chemin est tellement raviné que l'on se croirait dans un torrent.

Une descente cassante

La pluie, qui a menacé une bonne partie de la journée, nous rattrape à Aulas, village qui précède Le Vigan.

Une descente cassante

Vous connaissez Le Vigan ?

Si vous vous souvenez, j'y ai fait un arrêt forcé en Juin 2013. Il faisait plus beau qu'aujourd'hui ! Alors profitez des photos d'alors en cliquant sur ce lien :

http://scandinadream.over-blog.com/2015/06/de-pont-en-pont.html

La conjoncture de : - l'heure tardive

- la sciatique de l'un

- la fatigue de l'autre

- la pluie

- la montée qui nous attendait

nous a amenés à rallier Montdardier en taxi.

Voilà le château du village :

Une descente cassante
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24 septembre 2015 4 24 /09 /septembre /2015 08:04

Lundi 14 septembre 2015

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Quatrième étape : des gorges de la Jonte à l'Espérou, sur le flanc du Mont Aigoual.

Pour la distance, nous avons triché : nous avons traversé le Causse Méjean désertique en voiture avec le propriétaire du gîte de Nivolier, qui nous a déposés à 6 km de Meyrueis, dans les Gorges de la Jonte. Nous sommes encore en Lozère, mais nous finirons la journée dans le Gard.

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La Jonte est "fille" du Mont Aigoual où elle prend sa source, à 1490 m. Longues de 22 km, nous ne parcourrons donc qu'un petit bout de ses gorges, à mi-hauteur, ce qui donne ceci :

Jonte, Bonheur et Espérance

Nous arrivons à Meyrueis, petite cité du début de l'ère chrétienne, dont le marché existe depuis 1033. L'ancien château, démoli en 1632 fut remplacé par le chapelle Notre-Dame du Rocher. Deux portes et la Tour de l'Horloge sont tout ce qui reste des fortifications.

Jonte, Bonheur et Espérance

La pluie nous surprend à Meyrueis. Comme l'étape était particulièrement longue, nous décidons de l'écourter carrément de 20 km. Pour un prix plus que modique, le taxi de Meyrueis, bien plus sympa que son collègue de Ste Enimie, nous dépose à l'entrée de la Vallée du Bonheur.

Le Bonheur ? Ça n'est pas cet état de satisfaction que nous recherchons tous, mais une petite rivière qui prend sa source au Col de la Serreyrède (où nous allons), s'écoule dans une large et belle vallée protégée, dans le Parc National des Cévennes, et aboutit à un gentil petit lac. En continuant, il disparaît dans un vaste tunnel à l'entrée monumentale (c'est la Perte du Bonheur) pour ressortir 700 m plus loin, à l'Abîme de Bramabiau (Nous nous promettons de revenir voir ces 2 curiosités !).

Nous remontons donc la Vallée du Bonheur jusqu'au Col de la Serreyrède, 1299 m, et ligne de partage des eaux, sur la pente de l'Aigoual.

Jonte, Bonheur et Espérance

Du Col, nous apercevons l'Aigoual (1565 m), dernière station de météo de montagne habitée, en France. De là-haut, la vue embrasse 13 départements, et par temps clair on distingue le Mont Blanc, la Méditerranée et les Pyrénées.

Le temps aujourd'hui n'est pas clair et il fait froid. La pluie va et vient. Mais si vous voulez le voir, tel que je l'ai vu au printemps 2013, cliquez ici :

Pour aujourd'hui, il ne nous reste qu'à descendre à l'Espérou, ce qui, avec toutes ces coupures, nous a fait une étape de récupération de seulement 15 km

Jonte, Bonheur et Espérance
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22 septembre 2015 2 22 /09 /septembre /2015 13:15

Dimanche 13 septembre 2015

Troisième étape : le Gazy à Nivolier (sur le Causse Méjean) en passant par Sainte-Enimie.

Distance prévue : 28 km, mais nous n'en avons fait que 21 à pied.

Aujourd'hui, nous finissons la traversée du Causse de Sauveterre.

Je vous propose un petit cours de géologie, sur la formation des Causses.

Il y a environ 200 millions d'années, des sédiments sont lentement déposés sur le socle géologique par une mer peu profonde. Ils se transforment peu à peu et subissent un soulèvement à partir de -30 millions d'années, qui les porte progressivement vers leur altitude actuelle. Le creusement des gorges débute alors, tandis que sur les plateaux, l'érosion entraîne les sols dans les combes et les dolines. Les climats froids de l'ère quaternaire poursuivent le travail de fragmentation et de sculpture des dolomies et du calcaire.

Vers -10 000 ans, la région se couvre d'une vaste forêt de pins et de genévriers, trouée d'espaces de steppes, tandis que les chênes colonisent les vallées. Des groupes de chasseurs s'installent.

L'arrivée de populations d'éleveurs (-5 000 ans) provoque le recul du couvert forestier. Les paysages actuels de pelouses sont nés de ces millénaires de pastoralisme. Des dolmens et menhirs témoignent de leur occupation depuis le néolithique final (-3 000 ans).

Bergers et ovins peuplent toujours ce pays aux allures de désert (surtout le Causse Méjean), où les hivers rigoureux succèdent aux étés torrides, s'adaptant aux sols calcaires perméables et arides.

Le Causse de Sauveterre

Parcourant le Causse, nous admirons autant le travail des hommes que celui de la nature.

La pierre est omniprésente. L'épierrement des champs et la construction de murets accompagnaient le travail de la terre.

Le Causse de Sauveterre

Le paysan était aussi bâtisseur. Jusqu'au début du 20ème siècle, le recours aux professionnels du bâtiment était rare.

Comme nous l'a confirmé un habitant du joli village de Champerboux, toutes les maisons anciennes étaient bâties comme des chapelles romanes : l'arc et la voûte en sont les éléments les plus spectaculaires.

Au rez-de-chaussée, une bergerie voûtée en plein cintre. Au-dessus, une voûte en ogive couvre l'habitation et supporte la toiture. Celle-ci est couverte de lauzes, et repose sur des murs d'environ 1 m.

Le Causse de Sauveterre

Et c'est l'arrivée dans la Vallée du Tarn, à Sainte-Enimie.

La vie de Ste-Enimie est relatée dans un long poème du 13ème siècle. Bien qu'il n'y ait aucune preuve historique, la tradition locale séculaire admet son authenticité, et le pèlerinage à la sainte assura la prospérité du village.

Le Causse de Sauveterre

Mais la fatigue est là. La remontée de 500 m sur le Causse Méjean me paraît insurmontable (c'est là que nous avons réservé un gîte), et nous prenons pour arriver à Nivolier le seul taxi de Ste-Enimie, pas trop heureux de travailler un dimanche (malgré le supplément de prix !) pour nous éviter les 7 km les plus durs.

Mais 7 km à pied par les falaises en font 20 par la route ... et il nous en reste 3 à faire dans ce paysage :

Le Causse de Sauveterre
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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 17:38

Samedi 12 septembre 2015

Deuxième étape : du Col de Trébatut au Gazy, en passant par La Canourgue

Distance 28 km. Dénivelé positif cumulé : environ 700 m. Négatif : environ 500 m.

Aujourd'hui, c'est la descente dans la Vallée du Lot, en passant par St Germain du Teil. Nous rejoignons le Lot à Banassac. Nous sommes en Lozère.

La Vallée du Lot

Ici, les rois mérovingiens frappaient monnaie. A quelque distance se créa une communauté de chanoines, qui avait pour nom : "Canonica", ce qui a donné : La Canourgue.

En 1060 fut édifiée l'actuelle église St Martin :

La Vallée du Lot

La Vallée du Lot est creusée ici dans des grès rouges qui sont exploités pour la construction. Faciles à travailler, ils durcissent en vieillissant, fournissant des chaînages d'angle et des encadrements d'ouvertures solides et décoratifs. Ce qui donne une touche caractéristique aux bâtiments de ce secteur.

La Vallée du Lot

Autrefois, les eaux de l'Urugne empruntaient l'actuel tour de ville, et ne manquaient pas d'inonder la cité à chaque crue. Il fallu percer un tunnel pour détourner son cours principal, aménager des digues et des canaux pour utiliser l'eau et sa force motrice. Meuniers, tisserands et tanneurs se succédèrent au cours des siècles, aménageant les ramifications du canal, bâtissant ainsi peu à peu la petite "Venise Lozérienne".

La Vallée du Lot

Après la visite de La Canourgue, il faut remonter sur le plateau, de l'autre côté du Lot.

Là, l'orage était au rendez-vous. Et nous avons marché pendant 2 heures sous une pluie violente. Nous étions bien protégés, mais pas question de sortir l'appareil photo. D'ailleurs les horizons étaient bouchés.

Ce n'est que le soir que j'ai pu photographier la maison d'hôtes où nous étions, ancienne maison de ferme (le paysage ensoleillé vient d'internet !). Car ici, on ne "cultive" que le mouton. L'actuel exploitant a 400 brebis, et ne cultive que ce qui leur est nécessaire pour l'hiver : sainfoin, luzerne etc ...

La Vallée du Lot
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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 16:17

Vendredi 11 septembre 2015

1ère étape : de St Chély d'Aubrac au Col de Trébatut (traversée du sud du Plateau de l'Aubrac)

Distance : 30 km. Dénivelé positif cumulé, calculé par le GPS : 800 m. Négatif : 574 m. Grosse étape ! Nous passerons de l'Aveyron à la Lozère.

Au départ, le Chemin de St Guilhem suit une antique voie de transhumance, connue sous le nom de "grande draille d'Aubrac". Elle reliait l'arrière pays montpelliérain au plateau volcanique de l'Aubrac. Dès le haut-moyen âge, les voyageurs l'empruntent. Elle est autant une voie de commerce donnant accès aux grandes foires, qu'un chemin de pèlerinage vers St Guilhem.

Les vastes plateaux d'estive de l'Aubrac, à l'altitude moyenne de 1200 m, conservent les traces de l'érosion marquant les périodes glaciaires. Ce sont des paysages ouverts, ondulés à perte de vue, émaillés par les burons ancestraux dont l'activité était liée à la race de vaches Aubrac.

Je dis "était" car depuis les lois de Bruxelles, tous les burons ont dû cesser leur activité : traite et production de fromage. L'hygiène, les normes, sont devenus les maîtres-mots. Les vaches que l'on rencontre encore sur le plateau sont pour la production de viande, et non de lait, et le Laguiole, fromage classé AOC, est maintenant produit en usine. C'est son premier stade, la tomme, alors simple caillé égoutté, qui sert à faire le célèbre aligot (mélange délicieux et filant de purée de pommes de terre et de fromage, qui se déguste traditionnellement avec une grosse saucisse).

Le Plateau d'Aubrac

Au fil du chemin, nous suivons la trace des GR, rouge-blanc, mais aussi l'écusson rouge sur fond jaune de St Guilhem. Heureusement, nous avons aussi la carte et le topo-guide, car parfois, des GR se croisent ou des marques manquent ...

En montant sur le plateau, nous passons par les Enfrux, un village à 1100 m, aux solides maisons en pierres. Puis en arrivant sur le plateau, nous sommes surpris par ces frustes portions de murs, énormes, construits au milieu des pâturages. Peut-être est-ce pour que les bêtes se protègent du vent ? Ici, quand il souffle, il est terrible.

Un peu plus loin, une tourbière apporte un peu de variété à la monotonie du paysage.

Le Plateau d'Aubrac

Mais croyez-vous que le plateau soit désert ? Examinez bien cette photo. Vous y découvrirez un gîte d'étape, que l'on n'atteint qu'à pied ...

Le Plateau d'Aubrac

Après cette longue traversée, nous débouchons au-dessus de la Vallée du Lot, au col de Trébatut, où nous passons la nuit à l'Auberge du Radal. L'aligot y est délicieux, et le repos bienvenu !

Le Plateau d'Aubrac
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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