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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:39

Dimanche 21 février 2016

J'avais tenu à ce détour, sachant la réputation de ce haut-lieu.

Dans l'ancien comté de Ribagorza (un des comtés à l'origine de la Couronne d'Aragon), non loin du fleuve Isábena, surgit Roda de Isábena.

Roda de Isábena peut se vanter d'être la plus petite localité d'Espagne à posséder une cathédrale. Elle fut détruite en 1006, lors d'une invasion arabe, et reconstruite entre 1053 et 1067, puis complétée tout au long du 12ème siècle.

Il est toutefois frappant de constater qu'un noyau urbain aussi petit ait été un siège épiscopal d'une telle envergure à l'époque. Or, si l'on considère le contexte historique du 10ème siècle, où l'on assiste à la formation de foyers de résistance contre l'invasion arabe dans la zone des Pyrénées, on comprendra aisément l'enjeu de l'existence de la cathédrale.

En remontant vers le nord ...

Tandis qu'Alain et Charly s'en vont se dégourdir les pattes autour du village, je monte à la cathédrale, et en attendant l'heure de la visite, j'en explore les alentours.

Tout d'abord, voici la Porte Sainte Anne, en elle-même et avec les vues qu'elle offre (ma photo de la Sierra de Sis, en fond de paysage, étant floue, je l'ai remplacée par une d'internet, bien meilleure !) :

En remontant vers le nord ...

En montant dans le village, j'arrive à la Plaza Mayor, qui est aussi celle de la cathédrale, et où se trouve aussi l'ancienne hôtellerie pour les pèlerins, maintenant transformée en restaurant.

En remontant vers le nord ...
En remontant vers le nord ...

En faisant le tour de la cathédrale, je me suis demandé à quoi servaient ces restes de poteaux, ces pierres disposées en rond ...

C'était en fait un pressoir à huile, ce qui dénote l'importance des oliviers dans cette zone depuis des temps très anciens. J'imagine le petit âne tournant inlassablement, roulant sa pierre pour écraser les olives ...

A l'arrière de la cathédrale, on trouve aussi le Palais du Prieur de Roda. Une construction commencée en 1525. C'est une maison-forte qui comporte une tour défensive. Au dernier étage, une galerie avec des arches et des mâchicoulis donnant en même temps un effet décoratif.

C'est à cause de l'insécurité qui régnait en Ribagorza au 16ème siècle que la noblesse rurale élevait ce type de constructions fortifiées, avec des tours qui s'élevaient au-dessus des autres habitations pour voir l'ennemi arriver ...

En remontant vers le nord ...

Et je finis le tour de la cathédrale ...

La voici avec son abside romane aux décorations lombardes, son portail du 13ème avec ses 6 archivoltes, et ses portes monumentales au fin décor mudéjar qui ont conservé les ferrures d'origine.

Tout cela allié à une tour-clocher et un porche du 18ème, précédé d'escaliers ...

En remontant vers le nord ...

Mais il est l'heure de la visite guidée ... en espagnol, bien sûr !

La principale particularité de cette église-cathédrale, dédié à Saint Vincent, c'est sa crypte "ouverte", au-dessus de laquelle se trouve le maître-autel. Du niveau intermédiaire, par où l'on entre, un large escalier central descend à la crypte, tandis qu'un escalier latéral, à gauche, permet de monter à l'étage de l'autel.

En remontant vers le nord ...

Dans la crypte centrale, du 12ème siècle, construite sur ordre de l'évêque Saint Raymond, on peut admirer son sarcophage, qui sert d'autel, sculpté en 1170. On remarque encore sur la pierre, surtout sur les côtés, les restes de peinture qui la décorait. Sur l'une il y a St Raymond entre deux diacres, et l'autre représente la fuite en Egypte.

Les autres scènes sont aussi inspirées de la vie de Marie : l'Annonciation, la Visitation, la naissance de Jésus et l'adoration des Mages.

En remontant vers le nord ...

La crypte nord, elle, est décorée de peintures effectuées en 1200. On y voit le Christ en majesté avec les quatre évangélistes. La frise au-dessous représente les mois de l'année, avec les travaux agricoles correspondants. Le baptême de Jésus et l'ange de l'Apocalypse complètent l'imagerie qui entoure le coffre fait pour garder les reliques de St Valère.

En remontant vers le nord ...

On trouve aussi de beaux retables et de belles toiles, et aussi quelques pièces de musée sous vitrines, mais j'avoue que je n'ai pas tout compris du discours de la guide, à peu près aussi rapide que la pub à la radio quand on veut vous en dire le maximum en quelques secondes !

En remontant vers le nord ...

Et maintenant, l'anecdote !

Dans la nuit du 6 au 7 décembre 1979 plusieurs objets d'art furent dérobés de la cathédrale par un voleur d'art bien connu : Erik le Belge, alias Alphonse René Van Den Berghe. Notamment les reliques de St Valère, (mais qui furent retrouvées), et la chaise pliante ayant appartenu à l'évêque Saint Raymond, au neuvième siècle. Elle était considérée comme l'un des plus anciens meubles conservés entiers d'Europe. Vus ses motifs d'inspiration nordique, on pense qu'elle avait été offerte à Saint Raymond par un important personnage du nord de l'Europe.

Pour pouvoir la sortir d'Espagne et la revendre, Erik le Belge l'a découpée en morceaux, dont certains ont été retrouvés, ici et là, dans des musées ou des collections privées. Mais pas tous, malheureusement.

Sur cette photo, les morceaux retrouvés ont été montés avec des parties en plastique transparent, pour figurer ce qu'était ce siège ancien.

En remontant vers le nord ...

Toutes les chapelles ne sont pas ouvertes au public. Peut-être à cause de la conservation des peintures ? En tout cas, pour ceux que cela intéresse, ce site vous fait la visite complète ... à condition de cliquer en bas à droite de chaque page sur le mot ADELANTE

Il reste encore à visiter le magnifique cloître du 12ème, qui fut sauvé de la destruction pendant la guerre à cause de sa citerne qui pouvait être utile en cas d'incendie ... elle est d'origine romaine et recueille les eaux de pluie.

De nombreuses inscriptions funéraires très élaborées ont été ajoutées jusqu'au 14ème siècle.

En remontant vers le nord ...

Le cloître est un des quatre lieux fondamentaux dans la vie d'une communauté :

- au sud se trouve la cathédrale

- à l'est c'est la salle capitulaire (où se réunissait quotidiennement la communauté)

- au nord c'est le réfectoire

- à l'ouest il y avait le dortoir.

De la salle capitulaire, je n'ai pu saisir qu'une des anciennes stalles à travers la vitre, car on ne la visite pas.

Le dortoir est actuellement occupé par des bureaux et des cuisines.

Et le réfectoire ? Eh bien forcément, c'est un restaurant. Et il parait qu'on y mange très bien ...

En remontant vers le nord ...

Je retrouve Alain et Charly au village voisin, la Puebla de Roda.

Après un déjeuner ensoleillé, nous partons pour une balade à vélo sur un parcours VTT répertorié.

Mais ce que ne disait pas le topo, c'est le mauvais état des pistes !

Heureusement, nous avons croisé une petite route au moment où ça commençait, pour moi qui ne suis pas habituée à ce sport, à tourner au cauchemar.

En remontant vers le nord ...

Nous avons donc continué à monter par la route, jusqu'au petit village perché d'Esdolomada, à 1200 m.

Quelle vue !

Et une charmante petite église Saint Saturnin ... dont nous n'avons pu voir l'intérieur mais qu'internet possède en ses fichiers :

En remontant vers le nord ...

De retour à la Puebla de Roda, nous décidons de camper sur place, et d'aller voir demain matin, avant le départ en vue du retour à la maison, le pont roman de Roda de Isábena, qui n'est qu'à 5 km.

Malheureusement, le lendemain matin, il tombe des cordes, et nous ferons tout le retour sous la pluie.

Mais j'ai trouvé ces photos sur le net, et nous tâcherons d'aller le voir un jour ... Il paraît que quand on est dessus, on peut avoir le vertige ...

A bientôt sous d'autres cieux ...

En remontant vers le nord ...
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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 19:23

Samedi 20 février 2016

Moins froid, mais gelée blanche tout de même !

Ce matin, Alain part à pied depuis Montfalco pour faire la traversée du Congost de Mont Rebeï. Il ne fait pas un aller/retour (trop long) et j'irai donc le chercher avec le "Chausson" à l'autre bout de la traversée (prévue 5 heures).

Pendant ce temps-là, Charly et moi (vous comprendrez plus loin pourquoi Charly ne l'a pas suivi), nous faisons une toute petite balade à pied (10 minutes aller) jusqu'à l'ermitage de Santa Quiteria y San Bonifacio.

Le point de vue sur le Lac de Canelles est extraordinaire, mais c'est très curieux : quand je regarde vers le nord (vers le congost), pas le moindre nuage.

A chacun son régal

Et si je regarde vers le sud : la mer de nuages.

Comme si l'ermitage était la limite entre les deux !

A chacun son régal

La construction de cet ermitage remonte au 11ème siècle et présente les caractéristiques de l'art roman de cette région. Il semble qu'il était, à l'origine, l'église paroissiale d'un emplacement défensif. Montfalco faisait partie d'une importante ceinture défensive qui protégeait le sud de la vallée Ribagorzane contre une éventuelle invasion musulmane et dans laquelle, tout comme dans le Haut Aragon, abondaient ce type de complexes religieux-militaires. Une fois les menaces d'invasion passées, la petite forteresse est devenue un hameau, et les équipements défensifs, devenus obsolètes, ont disparu. Puis le hameau, devenu libre de danger, va peu à peu s'installer dans un endroit plus accessible et habitable. L'église devient ermitage, le hameau devient ruines ...

Ce n'est que depuis la création du barrage de Canelles, au 20ème siècle, que l'Auberge de Montfalco est reconstruite sur des ruines et l'ermitage restauré (en 1996).

A chacun son régal

Je refais à l'envers les 16 km de (très bonne) piste entre Montfaco et Viacamp ...

A chacun son régal

Et je prends la route (encore un cul de sac) qui mène au village de Montañana, qui comme son nom l'indique, est à l'origine de Puente de Montañana, village plus important et "moderne", situé à 5 km à cheval sur la Noguera Ribagorzana (c'est le nom de la rivière)

Se promener dans Montañana, c'est faire un saut dans le passé.

Déambuler par ses rues empierrées et étroites nous ramène au moyen âge, quand Montañana fut terre frontalière et qu'elle faisait partie de cette longue ligne de défense dont je vous ai parlé plus haut. Située au milieu de la confluence de deux gorges, elle a conservé son air médiéval dont l'atmosphère enveloppe chaque maison et chaque recoin du village.

Une vue d'ensemble, d'abord, avec la Calle Mayor (celle qui monte) et le pont.

A chacun son régal

Entrons dans les détails :

d'abord, son existence comme forteresse est attestée depuis le 10ème siècle. Un bail !

Tantôt envahie par les musulmans, tantôt dépendant du Comte de Pallars, ce n'est qu'en 1190 qu'elle passa sous la couronne d'Aragon. A partir de ce moment, elle devint une place privilégiée pour certains ordres militaires, dont les Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Et au 14ème siècle, la population fut dotée d'importants privilèges et annexée au Comté de Ribagorza.

C'est à la fin du Moyen Age que Montañana commença à perdre de son importance, surtout en raison de la construction du pont sur la Noguera Ribagorzana et la création de la jeune cité de Puente de Montañana. Mais jusqu'à la seconde moitié du 19ème siècle, quelques centaines d'habitants s'étaient maintenus à Montañana. Leur nombre va décliner en une centaine d'années, jusqu'à être pratiquement abandonnée vers 1950.

Déclarée "Ensemble Historique et Artistique" en 1974, elle voit lentement revenir la population, surtout depuis la restauration de son "centre-ville" et de ses monuments majeurs.

A chacun son régal

Mais quels sont-ils, ses monuments "Majeurs" ?

En fait, le village de Montañana est, en lui-même, un musée à l'air libre : deux très belles églises romanes, les ruines d'une tour défensive et des restes de son enceinte fortifiée, un pont médiéval et plusieurs maisons-fortes, et un tracé urbain embrouillé marqué par des ruelles étroites dotées de passages voûtés dessinent l'un des ensembles monumentaux les plus intéressants de l'Aragon.

A chacun son régal

Moi, j'ai commencé par me rendre à l'église San Joan, située à 250 m du village, sur l'autre rive du ravin. On y a une vue privilégiée vers le noyau défensif de Montañana, composé des restes du château et de l'église Santa Maria de Baldos ... et inversement.

A chacun son régal

De style roman tardif, l'église Saint Jean date du 13ème siècle. Elle appartenait aux Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Nous en voyons le symbole peint en blanc en haut du portail : la croix de Jérusalem flanquée de 2 demi-lunes, symbole sans équivoque des milices sacrées qui édifièrent cette église.

A chacun son régal

Pour voir plus de photos (surtout de l'intérieur, peintures et sculptures mudéjares polychromes du 15ème siècle) et en savoir davantage, cliquez sur la ligne blanche ...

Ensuite je suis montée, par la Calle Mayor, à l'église Nuestra Señora de Baldos.

Elle se situe au point le plus haut du village, et était originellement jointe à son château, tels les ensembles religieux-militaires qui jalonnent le Haut-Aragon.

Construite sur une ancienne église dont il ne reste rien, celle-ci date du 12ème-début 13ème siècle.

On peut admirer le tympan, où deux anges présentent le Christ en Majesté dans une mandorle., mais aussi les superbes chapiteaux de son portail !

A chacun son régal
A chacun son régal

Près de cette église, les restes d'une tour défensive, du 11ème, haute de 18 m. Quatre étages, avec la porte d'entrée au second.

Une muraille entourait complètement le village, et plusieurs tours comme celle-ci permettaient de faire le guet et de voir l'ennemi arriver.

Près de l'église toujours, mais de l'autre côté, nous trouvons les ruines du prieuré. Plusieurs pièces, dont un four à pain en état au-dessus de la citerne où il était facile de puiser.

A chacun son régal

Que reste-t-il à vous faire découvrir ?

Le blason des Templiers qui ont aussi tenu garnison dans le château.

La tour de la Prison, à la fois défensive et prison, elle est carrée et c'est la mieux conservée près de la porte des remparts.

A chacun son régal

Mais vous trouverez encore les merveilles cachées à l'intérieur de Santa Maria de Baldos en cliquant sur ce lien :

Comme vous vous en doutez, j'ai passé beaucoup de temps à visiter Montañana. Je redescendais jusqu'à la voiture, quand mon téléphone a sonné !

Allo !?

C'était mon randonneur qui était arrivé et s'étonnait de ne pas voir son camping-car l'attendant sur le parking. Bon d'accord, il avait mis moins longtemps que prévu ... J'arrive !!!

Sa balade à lui n'était pas historique, mais de toute beauté quand même.

Je vais essayer de vous en rendre compte avec ses photos, prises avec son téléphone ... et peut-être quelques autres lorsque j'y étais allée il y a 2 ans, en octobre 2014.

J'aime bien les cartes, vous avez remarqué ? Alors je vous ai concocté celle-là, pour plus de compréhension. A noter qu'Alain a fait le parcours du sud vers le nord, mais qu'on peut aussi bien faire l'inverse.

A chacun son régal

Il est donc parti de l'Albergue Batlle, à Montfalco, où nous avons passé la nuit sur le parking. Sur la carte, c'est en bas à gauche.

Avant d'arriver au Congost lui-même, il a dû escalader 2 séries de "pasarelas". C'est la raison pour laquelle il ne pouvait pas emmener Charly avec lui !

A chacun son régal
A chacun son régal

Dans le Congost lui-même, le sentier est taillé dans la roche. Il y a même un mini tunnel, et un passage un peu scabreux, mais tout le long, le parcours est sécurisé par une "ligne de vie".

A chacun son régal

Comme vous le voyez, on est toujours à l'ombre, dans le Congost. Et il n'y faisait pas chaud en ce matin de gelée.

A deux moments il a fallu emprunter une passerelle. D'abord pour traverser la Noguera Ribagorzana, peu après les escaliers, et en sortant du Congost, un peu avant l'arrivée au parking, pour traverser un de ses affluents.

A chacun son régal

A cette extrémité du Congost, la rivière s'étale au soleil, tout comme nous qui prenons le temps d'un déjeuner et d'une sieste au soleil ... mais dans notre "pantoufle" !

A chacun son régal

Et nous reprenons la route du nord, mais pas la même qu'à l'aller.

Nous saluons au passage le château de Benabarre, et c'est en direction de Roda de Isabena que nous nous arrêtons, au Coll de Lagarres, à 981 m, dans un petit bois de pins.

A chacun son régal
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 19:01

Vendredi 19 février 2016

Pour vous y retrouver sur la carte (comme d'habitude, cliquez sur la ligne blanche) aujourd'hui c'est le tracé rose.

Nous avons dormi à Castissent, minuscule hameau au-dessus de la Noguera Ribagorzana (qui fait la "frontière" entre Catalogne et Aragon), juste avant qu'elle ne traverse le Montsec, creusant ainsi le Congost de Mont Rebeï (au programme pour demain).

Voilà le centre (église + ruines du château + cimetière) du village, tel qu'il nous est apparut hier soir ...

En route pour la Chine !

Mais ce matin, au lever, ce n'est plus pareil : une mer de nuages occupe tout le fond de la vallée, et bouche le congost qu'on aperçoit depuis notre camping (Terra del Congost), et il fait -5°, le givre décore la végétation.

Beau mais froid !

 

 

En route pour la Chine !

Nous avons donc pris notre temps pour laisser agir le soleil , et vers 11 heures, tout s'est dissipé.

On regarde vers le nord ?

En route pour la Chine !

Nous rejoignons Caladrones, sur l'autre rive (côté Aragon, donc) et au sud du Montsec, dont il nous a fallu contourner la barrière.

Et nous partons tous les 2 (ou plutôt tous les 3, avec Charly) en vélo, vers la "Muralla China" de Finestras. Voici la photo d'internet qui nous a donné envie de faire cette excursion :

En route pour la Chine !

Partis du petit oratoire, nous suivons le rio sur une piste plate et facile. Mais bientôt il faut monter, et la piste devient plus difficile.

Nous croisons ce petit ermitage, dédié à Santa Sofia, œuvre du 13ème siècle. Sophie est une dédicace rare, par ici. Elle aurait été ramenée d'Orient par un chevalier de retour des croisades.

 

En route pour la Chine !

La piste est longue, souvent en mauvais état. A force de descendre, maintenant, nous arrivons presque au niveau de l'eau, le lac de Canelles, dont nous franchissons un bras sur le pont de Penavera.

En route pour la Chine !

Remonter, redescendre, l'énergie diminue dans nos batteries, et il faut prévoir de longues montées pour le retour.

C'est avec regrets que nous decidons de faire demi-tour, alors que nous sommes à environ 2 km (mais descente + remontée et retour !) du village.

Voilà donc ce que nous avons pu apercevoir de cette fameuse "Muraille de Chine", située derrière le village de Finestras.

En route pour la Chine !

C'était tout de même, aller/retour, une promenade de 40 km !

Une fois les vélos rechargés, et pour éviter de se réveiller dans les nuages, nous choisissons d'aller dormir à Montfalco, un endroit qui surplombe le Lac de Canelles, toujours sur la même rive, au bout d'une route en cul de sac de 16 km.

Le coucher de soleil nous surprend en cours de route ...

En route pour la Chine !
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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 19:45

Jeudi 18 février 2016

Les nuages se sont accumulés pendant la nuit. Le ciel est tout gris, mais la température est remontée à 0°.

Nous descendons aujourd'hui vers le sud, toujours suivant la Noguera Pallaresa. Une terre que je n'avais pas encore explorée. Nous irons jusqu'au Pas de Terradets, où la rivière a creusé un autre Congost pour traverser la Sierra del Montsec, la coupant en 2 : le Montsec de Rubies à l'Est, le Montsec d'Ares à l'Ouest. Ce défilé est considéré comme la porte des Pyrénées.

Une fois de plus nous nous séparons. Je pars en vélo tandis qu'Alain s'en va à pied avec Charly pour une boucle de 11 km et 350 m de dénivelé, contournant la Roca Regina, royaume des hommes-araignées, une des plus impressionnantes zones d'escalade de Catalogne, avec ses 300 m de hauteur à pic !

Nous sommes partis tous les deux de la gare de Cellers, au bord du lac de barrage de Terradets et avons passé le pont pour gagner la rive gauche, où nous sommes partis, lui à droite, moi à gauche.

En Tierra Incognita

Alain a continué à longer le lac, de tunnel (avec de curieuses haches plantées dans la paroi (?) en tunnel, et c'est en franchissant le barrage qu'il a regagné la rive droite, où commence véritablement sa randonnée.

En Tierra Incognita

Et il m'a raconté :

- La fantastique Roca Regina

- Le Barranc del Bosc, qui descend tellement raide dans les cailloux que Charly glissait autant que lui

- La montée si raide vers le Col del Serrat Pedregos, à 650 m, là où quelques flocons de neige ont commencé à voler autour de lui

- La gorge, en-dessous, où la rivière s'est creusé un chemin en zig-zag

- Le replat, qui permet la vue sur le Lac

- la longue redescente dans la forêt, jusqu'à retrouver la gare

En Tierra Incognita

Quant à moi, je me suis élevée au-dessus du Lac par une route en 15 lacets, 6 km et 320 m de dénivelé. Ouf ! D'en dessous, je pouvais apercevoir le pittoresque village perché de LLimiana, auquel je comptais me rendre dans un deuxième temps.

En Tierra Incognita

Mais arrivée à l'altitude de 700 mm, il fallait rajouter encore 5,5 km de route pour atteindre le troisième village, Sant Miquel de la Vall, 150 m plus haut.

Et vous voyez, tout là-haut, le petit rectangle clair ? C'est la tour du Castell Sant Gervàs. Là où je vais. Je n'y suis pas encore ...

En Tierra Incognita

Encore un effort ! La neige commence à voler mais j'y suis presque !

Maintenant c'est une assez bonne piste, mais bien redressée. En 2 km, elle va me mener de Sant Miquel, à 850 m, à l'église puis au Château Sant Gervàs, à 990 m.

Plus je monte, plus il neige, évidemment !

En Tierra Incognita

Avant le château, je trouve l'église Sant Gervàs i Sant Protàs del Castello Sobirà. C'est le nom complet. On est très peu renseigné sur son passé, mais étant à 400 m du château et visiblement presque de la même époque (château 11ème, église 12ème), on peu penser que leur histoire fut liée.

En tout cas, comme on peut entrer dans la nef (seule la chapelle latérale est fermée par une porte vitrée qui permet les photos. Intelligent !) j'en ai profité pour me restaurer et désaltérer à l'abri, tout en admirant peintures et architecture.

En Tierra Incognita

La forteresse de Sant Gervàs, qui comptait quatre tours, faisait partie d'un ensemble de châteaux et de tours érigés au 11ème siècle dans des endroits stratégiques, en complément de la protection naturelle qu'étaient les Montsec, contre les invasions musulmanes.

Trois tours étaient disposées en triangle, et la quatrième, la "Tour d'Hommage", haute pour ce qu'il en reste, de plus de 15 m, était sur un côté de cette enceinte et garnie de hourds. Construit à la fin du 10ème siècle, il a été abandonné et démoli à la fin du 15ème.

En Tierra Incognita

Et voilà. Maintenant j'ai 13 km de descente dans la neige qui commence à blanchir le sol à cette altitude.

De fait, j'ai fait 2 arrêts pour me réchauffer les doigts sous mes vêtements, sous peine de les sentir congeler ! Et je n'ai pas fait le détour prévu (ce n'était pourtant que 2 km !) pour aller à Llimiana ...

Oh ! qu'on est bien dans la "Pantoufle " !

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 19:15

Mercredi 17 février 2016

Aujourd'hui, la température extérieure est toujours négative : autour de -3°, mais le vent a bien diminué. Ce sera une journée vélo pour tous les deux.

A l'Est de Tremp, dans la Conca Della (un bassin fertile entre les Pyrénées et les Montsec), c'est le pays des amandiers. Ils sont en fleurs malgré le froid, et il y en a partout. La majorité sont à fleurs blanches, mais il y en a aussi des roses, souvent isolés, ou des blancs avec la base du cœur rosée.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

C'est aussi une région d'élevage intensif du porc. Beaucoup moins poétique mais plus olfactif ! Car les amandiers, eux ne répandent pas leur odeur ... dommage !

D'abord, je vais faire découvrir à Alain le Forat d'Abella.

Mais qu'est-ce qu'un "forat" ?

C'est, en petit format, ce que nous avons traversé lundi, au Congost de Collegats : un passage que s'est creusée la rivière pour traverser une barrière rocheuse. Une gorge, quoi. Un goulet. Un défilé ...

Celui-ci fait environ 80 m de long, et 5 mètres au plus large. On peut le traverser avec de l'eau jusqu'à la cheville, mais elle est bien froide, en ce moment.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

En raison de sa petitesse, sans doute, on l'appelle : lo Foradot.

Mais au 18éme siècle, il a bien failli disparaître ! Profitant de son étroitesse, le Baron du village au-dessus, Abella de la Conca, voulait créer une réserve d'eau en bouchant le forat par une maçonnerie, et ainsi noyer une partie de la vallée supérieure. Mais le travail est resté inachevé (il en reste des traces, des trous de boulin dans la gorge) pour cause de graves dissensions dans la baronnie ...

Au village, nous y montons, maintenant. Très ancien, son histoire, très renseignée, remonte au 9ème siècle, et son château (dont il ne reste presque rien) au 10ème. Plus de 300 habitants se pressaient dans ses murailles percées de 4 portes, dont il ne reste, d'une seule, qu'un bel arc roman.

 

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Tout en haut du village, l'église Sant Esteve est des 11ème et 12ème siècles. Le pilier du portail porte la date de 1140.

Et la côte est rude pour y monter !

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Retour au "Chausson" pour déjeuner au chaud, puis nous prenons (en voiture) la route du Coll de Comiols, à 1 101 m. La vue sur les Pyrénées (ici, elles sont au nord) y est grandiose !

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Nous redescendons 250 m de l'autre côté du col, et nous garons le camping-car pour partir en vélo jusqu'au village de Covet, 8 km, par une piste annoncée comme goudronnée sur la carte. Mais ça a failli ...

A Covet, petit hameau en cul de sac de 8 habitants, il y a cette énorme église, qui possède le portail roman sans doute le plus beau des Pyrénées.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

J'avais pu la visiter en juillet 2014, alors qu'elle était en restauration. Maintenant elle est fermée et ses trésors dorment à l'abri de ses admirateurs.

Heureusement, si vous voulez la visiter, vous pouvez cliquer ici :

L'ensemble de la construction est daté de 1150 à 1160, et n'a pas son pareil en Catalogne. Et ce qui est assez extraordinaire, c'est qu'elle n'a pas subi de transformation au cours des siècles suivants. Même les portes bardées de fer en spirales sont d'origine !

Voici le portail d'entrée :

Amandiers roses, amandiers blancs ...
Amandiers roses, amandiers blancs ...

Dans le village, l'abreuvoir témoigne lui aussi de l'ancien passé religieux du lieu :

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Au total, 35 km pour cette journée, avec de bonnes montées qui nous ont empêchés d'avoir froid. Il y avait pourtant de quoi ...

A demain.

Amandiers roses, amandiers blancs ...
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:48

Mardi 16 février 2016

Toute la nuit, de violentes rafales de vent ont secoué le camping-car. A tel point que le chauffage, au gaz, s'est éteint. Et ce matin il faisait 6° à l'intérieur ... dur dur pour sortir de sous la couette !

Ce matin Alain va randonner au-dessus du Congost. C'est la balade que j'avais faite en juillet 2014, la deuxième de cette page dont je vous remets le lien :

Et en voici quelques photos d'Alain. Pas la même végétation !

Cherchez la sorcière !

Pendant ce temps-là, je suis partie en vélo à la conquête d'Hortoneda.

Mais il me faut d'abord passer par la Pobla de Segur, et j'en profite pour m'arrêter à l'Office du Tourisme pour savoir un peu comment va évoluer le temps. Et je découvre alors les très beaux bâtiments de la Casa Mauri, ancien palais de style moderniste qui allie une décoration de mosaïques, de vitraux et de forge, et abrite maintenant la Mairie. Elle jouxte également l'ancien Moulin à huile San José, dont la façade ressemble à une église romane, et qui abrite des expositions et un centre culturel.

Cherchez la sorcière !

Rassurée sur l'évolution du temps (le vent va tomber et la température remonter), je poursuis ma route de l'autre côté de la rivière (Noguera Pallaresa), et je grimpe dans les collines qui surplombent le Lac du barrage de Sant Antoni. J'arrive ainsi au petit village médiéval de Claverol.

Cherchez la sorcière !

Attention ! Sur cette route, je risque de faire de mauvaises rencontres :

Cherchez la sorcière !

Avant de découvrir Hortoneda, je vous livre une légende qui coure au sujet de ce village.

"Au pied du chemin de Baiarri, dans un resserrement devant le village, il y a les restes de la Cabañita de las Encantadoras" (la petite maison des fées) où, la nuit, un chahut considérable était organisé. C'était en effet le rendez-vous de toutes les sorcières des environs.

Les femmes d'Hortoneda allèrent trouver le curé pour trouver une solution à cette agitation quotidienne. Le chapelain recommanda de sonner chaque jour les cloches, à l'heure du rendez-vous, avec la sonnerie d'appel à la prière. Et au bout de peu de temps, les réunions de sorcières ont disparu.

Et encore de nos jours, les cloches d'Hortoneda, dit-on, sonnent pour l'appel à la prière en plus de la sonnerie pour l'appel à la messe dominicale."

La sonnerie, je ne l'ai pas entendue. Mais la sorcière, elle, je l'ai vue. Avant même d'arriver au village.

Regardez bien. La voyez-vous dans le paysage ?

Cherchez la sorcière !

Non ? Alors approchez-vous un peu plus, pour mieux voir :

Cherchez la sorcière !

Toujours pas ? Il faut vraiment vous mettre le nez dessus ! La voilà :

Cherchez la sorcière !

Mais je n'irai pas jusqu'à Hortoneda. Trop de vent, trop froid, et puis trop loin si je veux revenir au camping-car à peu près en même temps qu'Alain. Depuis le col à 1050 m d'où on voit le village, il m'aurait fallu 3/4 d'heure de plus aller/retour. Mais je me suis tout de même bien régalée avec ces paysages !

Cherchez la sorcière !

Et puis la descente est bien belle aussi.

Et après ces 40 km dans le vent, je suis gelée et affamée. Vite, au chaud dans "la pantoufle".

Cherchez la sorcière !
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 19:19

Lundi 15 février 2016

Ce matin, l'excursion sera sur le versant d'en face. Au départ de Toralla.

Vous vous souvenez de Toralla ? Non ?

Alors cliquez sur la ligne blanche pour retrouver la balade à l'ermitage Sant Salvador : c'est la première des deux balades décrites.

Cette fois, c'est Alain qui y est monté à pied.

En voici quelques photos d'hiver :

 

Un lundi au vent glacé

Je l'ai rejoint en vélo, par la piste pour 4 x 4 destinée à l'entretien de l'antenne proche de l'ermitage. Un peu hard, la piste. Gros cailloux; je ne l'aurais pas montée avec mon camion, bien qu'il soit 4 x 4.

Et nous sommes arrivés ensemble.

En route, j'ai croisé cette ruine qui abritait un pressoir et cette pierre taillée en cône. Etait-ce une meule ? Mais pas de vent ni d'eau pour la faire tourner. Faisait-elle partie du pressoir ?

Si vous avez une idée, faites-m'en part dans les commentaires, car pour moi c'est un mystère !

Un lundi au vent glacé
Un lundi au vent glacé

Après la redescente et le déjeuner dans la "pantoufle", au soleil et à l'abri du vent qui se lève, cap sur le Congost de Collegats, à l'aire de stationnement de la Figuereta, où nous passerons la nuit.

Mais il n'est pas encore l'heure de dormir !

Nous partons en vélo, avec "vent debout" (et glacé) durant toute la traversée du Congost (c'est une gorge de 4 km, véritable courant d'air !). Ça s'arrange un peu quand on prend la piste qui monte à Pujol. C'est au soleil, et presque pas de vent.

 

Un lundi au vent glacé

A la sortie du village, le vent nous rattrappés, et ne nous a pas quittés de toute la visite de Peramea.

Peramea, ville fortifiée établie sur un rocher, conserve une grande partie de sa structure médiévale. Le plus ancien document parlant de la ville date du 11ème siècle.

 

Un lundi au vent glacé

L'ancien château était situé sur l'énorme rocher, à gauche du clocher. L'église Sant Cristofol renferme des reliques de martyrs, dont la tradition dit qu'il s'agit des restes d'enfants assassinés par le Roi Hérode et qui font l'objet d'une vénération le jour des Saints-Innocents. Il s'y trouve aussi une statue polychrome en bois de la Mare de Déu del Remei, du 12ème siècle.

Un lundi au vent glacé

La place est occupée par l'abreuvoir, le lavoir et la fontaine :

Un lundi au vent glacé

Encore un mot sur ce village :

Bien que petit, il a donné au monde quelques joyaux de Cobalto-Calcite. Sa mine (Solita Mine, bien connue des spécialistes)est au nord du village. Elle est maintenant abandonnée depuis une cinquantaine d'années, mais des passionnés la visitent encore.

Et pour voir ses trésors, rien de tel qu'internet !

Un lundi au vent glacé

Il s'agit maintenant de redescendre pour regagner notre confortable Chausson.

La descente (une douzaine de km) à l'ombre, plus le vent et la vitesse, avec la température maintenant négative, nous fait arriver presque congelés. Notre premier geste sera d'allumer le chauffage.

OUF ! Après ces 25 km plus la balade du matin, nous allons bien dormir ...

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 10:37

Dimanche 14 février 2016

Coucou, me revoilà, avec Charly, pour distraire quelques unes de vos longues soirées d'hiver ...

Je voulais vous les réchauffer en vous écrivant d'un pays réputé pour sa chaleur, mais manque de chance, j'y suis partie au moment d'une grosse vague de froid sur toute l'Europe, alors ... j'ai eu froid aussi ! Mais comme le soleil était au rendez-vous, c'était parfaitement supportable.

Mais je devrais vous écrire maintenant à la première personne du pluriel, car je suis partie en Espagne avec Alain et son Camping-Car. Et même s'il est ancien, il est bien plus confortable que mon camion-Tortue. Avec son chauffage, on s'y sent comme dans des pantoufles. D'ailleurs, c'est écrit dessus : "CHAUSSON"

Et puis, et puis, et Puig !

Nous voilà donc en Espagne, entre Vielha et Lerida, région que j'avais déjà un peu explorée et que je voulais faire connaître à Alain. Et comme vous le voyez sur la photo, il y a plusieurs façons de la découvrir : ça peut être en voiture, à pied, mais aussi en vélo. Plus particulièrement en VTT (VTC pour moi) à Assistance Electrique (VAE). Bien pratique dans les côtes, ce petit moteur !

Donc, ce dimanche 14 février, fête des amoureux, nous sommes allés dormir sur le parking déser de l'Ermitage Sant Miquel del Puig, à quelques kilomètres de la Pobla de Segur.

 

Sur la carte qui suit, chaque jour est représenté par une couleur différente. Les gros traits sont parcourus en voiture, les traits fins le sont à pied ou en vélo.

Donc nous sommes au bout du trait rouge.

Et puis, et puis, et Puig !

Autrefois, c'est à dire au 11 ou 12ème siècle, un village s'étendait autour de cette chapelle qui en était l'église paroissiale. C'était l'origine de l'actuelle ville voisine de Pobla de Segur (qui s'appelait alors Puig de Segur). Ce n'est qu'au 14ème siècle que le noyau d'habitations, à 2 km plus bas dans la vallée doubla le nombre de feux (12 feux, donc environ 60 habitants) du village de Puig, et pris le nom de Pobla de Segur.

En 1766, une nouvelle chapelle, toute blanche, fut construite un peu plus bas que l'ancienne, et le pèlerinage à Sant Miquel est resté vivant dans la tradition populaire, tous 8 Mai, avec distribution de pain béni (jusqu'à 3000 pains, ces dernières années !)

Et puis, et puis, et Puig !

Comme nous sommes arrivés tard, avec une lumière peu propice aux photos, j'ajoute quelques clichés des montagnes environnantes pris lors d'un précédent passage, en septembre 2014 :

Et puis, et puis, et Puig !

Prêts pour notre première nuit dans ce camping-car ... ?

Et puis, et puis, et Puig !
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 11:05

Sur les 7 calvaires monumentaux de Bretagne, je n'en ai côtoyé que 2 : celui de Plougastel-Daoulas et celui de St Thégonnec.

Véritable livre de pierre, le calvaire représente différents épisodes de la vie du Christ et de ses apôtres, et peut compter jusqu'à 200 personnages ! Il jouait un rôle pédagogique auprès de populations qui n'avaient pas accès à la lecture. Il n'est pas rare d'y trouver également des allusions à des légendes où le diable est souvent présent.

Le calvaire de Plougastel-Daoulas est aujourd'hui l'ultime vestige d'un enclos paroissial qui fut détruit par les bombardements américains en août 1944. Son édification, au début du 17ème siècle, est liée à l'épidémie de peste qui décima près d'un tiers de la population de la presqu'île, en 1598.

La légende précise que ce monument est le résultat d'un vœu prononcé par le seigneur de Kereraod qui promit d'établir un somptueux calvaire s'il était la dernière victime de la terrible maladie. Quoiqu'il en soit, l'ouvrage sortit de terre entre 1602 et 1604.

Mais ce qui n'est pas une légende, c'est que la restauration du calvaire, endommagé par le bombardement, est due à un officier américain, John D. Skilton, présent lors de l'évènement et conservateur, dans le civil, du Musée de Washington. Il mit à l'abri les statues cassées et les éclats de pierre, et créa dans son pays une fondation qui collecta les fonds nécessaires à la restauration du calvaire. Il est fait citoyen d'honneur de Plougastel-Daoulas en 1950.

Sur une imposante base en granite jaune, les 182 statues en pierre bleue (les plus grandes mesurent 1 mètre et pèsent de 100 à 200 kg) illustrent en 28 tableaux les scènes de la vie du Christ ou des scènes légendaires. Un escalier de 14 marches permet d'accéder à la plate-forme centrale où s'installait autrefois le prédicateur.

Comme pour les autres calvaires, il faut lire les scènes dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en commençant par l'Annonciation, et faire sept fois le tour du calvaire en suivant les étapes de la vie de Jésus.

La croix la plus haute mesure 10 mètres.

Quels Calvaires !

Le calvaire de Saint Thégonnec, recentré sur une Passion très expressive, est le dernier (1610) des grands enclos paroissiaux, et peut se présenter comme un bouquet final !

Mais d'où venait l'argent nécessaire pour ces magnifiques réalisations ?

De la culture et du tissage du lin et du chanvre. A St Thégonnec, en plus de l'usage domestique et agricole présent dans toute la Bretagne, se tissaient les voiles des navires du Roi de France, qui étaient expédiées par le port de Morlaix, tout proche. Du 15ème au 18ème siècle, la commune de St Thégonnec s'est ainsi enrichie, donnant naissance à une véritable caste paysanne. C'était la paroisse la plus riche du Léon, et cette prospérité s'est prolongée plus longtemps qu'ailleurs. Cela explique que le paroissiens aient pu, durant 6 générations, embellir, agrandir, rehausser leur église pour la mettre, tout simplement, au goût du jour. Il suffit de voir qu'elle a 2 clochers : quand la flèche gothique a été démodée, au début du 17ème, les paroissiens ont construit une grande tour avec un dôme Renaissance.

Quels Calvaires !

Selon la légende, vers le 6ème siècle, St Thégonnec, originaire du Pays de Galles, aurait apprivoisé un cerf attelé à sa charrette pour convoyer des pierres servant à l'édification de la première église. Un jour, un loup dévore le cerf. Le Saint dressa alors le loup, le persuadant de tirer la charrette à la place du cerf.

Saint Thégonnec est donc toujours représenté en saint bâtisseur, avec à ses pieds un loup ou un cerf tirant une charrette. Il est invoqué pour la préservation des récoltes, la guérison des fièvres et des morsures de vipères. La statue au-dessus de l'entrée principale de l'église représente cette légende, ainsi qu'une autre, dans une petite niche du soubassement du calvaire.

Ce calvaire n'est pas aussi imposant que celui de Plougastel-Daoulas, mais il n'en demeure pas moins remarquable par la qualité des scènes de la Passion et de la Résurrection du Christ, ou du Christ aux outrages, représentant un bourreau sous les traits d'Henri IV, dit-on ...

La plate-forme centrale comporte une quarantaine de personnages, illustrant 9 scènes de la Passion. Elle est surmontée d'une croix à 2 traverses portant une dizaine de personnages, dont il faut souligner le subtil et savant jeu d'équilibre qui est mis ici en œuvre pour assurer la stabilité de l'ensemble au-delà des siècles.

Quels Calvaires !
Quels Calvaires !

Mais bien sûr, je ne me suis pas arrêtée à l'extérieur.

Pour l'intérieur, il faut savoir qu'elle a été victime d'un terrible incendie accidentel en juin 1998. Cependant la restauration lui a rendu sa splendeur baroque.

Quels Calvaires !
Quels Calvaires !

Il reste un trésor, que je n'ai pas pu voir, pour cause de morte saison, mais que je me promets de voir à mon prochain voyage en Bretagne (si, si, je compte bien y revenir, il y a tant à voir !). Il se trouve dans l'ossuaire. C'est une mise au tombeau composée de 10 personnages en bois, grandeur nature, datée de 1702. Je vous laisse l'admirer sur cette photo, empruntée à internet, et je vous dis :

Bonnes Fêtes de fin d'année, et à l'année prochaine pour d'autres découvertes ...

Quels Calvaires !
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 19:03

Entre les deux mâchoires (Pointe du Raz et Pointe Saint Mathieu), la Presqu'île de Crozon apparaît comme une langue trifide.

Mais avant d'aller "marcher sur les pointes", il faut passer le pont. Et quel pont !

Depuis toujours, pour les habitants de la Presqu'île de Crozon, pas moyen d'échapper à la traversée de l'Aulne s'ils veulent rallier Brest ou le Faou. A moins d'effectuer un détour de près de 30 km, en remontant la rivière ... Sur l'Aulne, c'est un bac, devenu à vapeur, qui pendant plusieurs siècles a permis le passage.

Premier pont suspendu en 1925, détruit en 1944.

Deuxième pont en 1952, mais atteint du "cancer du béton", il a fallu le démolir.

Celui-ci est ouvert depuis 2011.

Le Pont de Térénez est le premier pont courbe à haubans de France. Il allie élégance et performance, avec ses 515 m de portée, et ses pylônes de 99 m. Il détient le record du monde de portance en courbe et sans support. Et il a été récompensé en 2013 et en 2014, par le prix du plus bel ouvrage d'art ...

J'ai ajouté quelques photos d'internet, bien sûr. Vous devinez lesquelles ?

Une langue triplement pointue

Peu après le pont, nous voici à Argol.

Et là je découvre, pour la première fois, ce qu'est un Enclos Paroissial. Vous voulez savoir ?

C'est une des originalités du Finistère, un ensemble architectural unique en France. Il est composé d'une église, d'un mur d'enceinte (d'où son nom d'enclos), d'un portail monumental, ou arc de triomphe, d'un calvaire et d'un ossuaire.

Les plus beaux enclos paroissiaux sont apparus aux 16ème et 17ème siècles, à "l'âge d'or" de la Bretagne. La compétition entre les communes pour la réalisation du plus el ensemble architectural a mobilisé de nombreux artistes et artisans qui ont marqué la pierre, le bois, le verre de leur empreinte.

L'enclos remplissait une fonction religieuse, mais aussi une fonction sociale par l'accueil des Conseils d'élus, préfiguration des futurs Conseils municipaux.

Le mur d'enceinte délimite le passage de l'espace profane à l'espace sacré. Du royame des vivants au royaume des morts. Le caractère symbolique de ce passage est souvent marqué par une porte triomphale.

L'ossuaire recevait les ossements exhumés de l'église, et permettait de réguler l'évolution des cimetières situés dans l'enceinte.

L'église : sa monumentalité traduit les défis relevés par les communes dans leur recherche de la plus belle réalisation.

Le calvaire : je vous en parlerai plus tard, car ici, il est très discret. C'est surtout l'arc de triomphe du portail, daté de 1659 qui attire l'attention. L'ossuaire, de 1655, est extrêmement pur de lignes ...

Une langue triplement pointue

Avez-vous remarqué, sur l'arc de triomphe, la statue équestre ?

Ce serait le Roi Gradlon. Car nous sommes tout près de la Baie de Douarnenez où reposerait, au fond des flots, la ville d'Ys ....

Vous connaissez la légende de la Ville d'Ys ?

C'est la plus connue des légendes maritimes de Bretagne et même de France.

Elle vient "du fond des âges", et en même temps, elle est très récente, car évolutive ! Elle change au gré des écrivains qui lui rajoutent des personnages, des épisodes, une morale chrétienne ou païenne ... La version la plus commune actuellement ne date que de 1926, alors que la plus ancienne est de la fin du 15ème siècle. Laquelle je vous sers ?

Allez, la plus récente. Vous pouvez la lire en cliquant sur la bande blanche :

Devant l'enclos paroissial d'Argol, un sculpteur (Patrig Ar Goarnig) a immortalisé le cheval Morvac'h, le cheval magique qui galope sur la crête des vagues. Très habilement, d'un côté on voit Gradlon, protégeant St Corentin (sous la forme d'une flèche de la cathédrale qu'il tient dans son bras, avec le trésor de la ville engloutie) de l'autre on voit Malgven, fuyant avec son bébé dans les bras ... à moins que ce ne soit Dahut avec son fils ... mais alors, c'est une autre histoire ...

Une langue triplement pointue

Vous avez vu la carte ? (dans l'article : "Au Pays des Abers") En face de Brest, de l'autre côté du Goulet, s'avance la Pointe des Espagnols.

Que viennent-ils faire ici ? Un peu d'histoire :

"Au printemps 1594, les Espagnols alliés de la Ligue (parti catholique opposé à Henri IV, protestant, lui-même allié aux Anglais) débarquent de 12 vaisseaux à Camaret ... et construisent un fort triangulaire au sommet de la pointe.... Le 15 octobre 1594, une armée composée de 3000 Français, 2000 Anglais, 300 arquebusiers à cheval et 400 gentilshommes vient bloquer et attaquer le fort tenu par 400 Espagnols munis de canons.... Le siège est très dur ... et ce n'est que le 18 novembre que l'assaut final submerge le fort ; tous les Espagnols sont tués sauf 13 ... le fort est rasé. Depuis cette date, la pointe prend le nom de Pointe des Espagnols."

Il faut bien dire que, du haut de ses 65 m, la Pointe des Espagnols joue un rôle éminemment stratégique dans la défense de Brest. Mais c'est à la fin du 17ème siècle que le site prend toute son importance : en 1695, Vauban y fait édifier une puissante batterie basse.

En 1749, pour la protéger d'une attaque à revers par la terre, on construit une enceinte défensive. Puis une tour en 1812, sous Napoléon 1er. Sans cesse améliorée jusqu'en 1888, elle finira par avoir 19 puissants canons, plus une batterie sous roc avec 2 canons (dite "de rupture") au ras de l'eau, sous celle de Vauban.

Pendant la guerre de 39-45, les Allemands y installent une batterie de DCA.

Enfin, ce site a été remilitarisé à la suite des évènements du 11 septembre 2001, ce qui montre que la Pointe des Espagnols joue encore aujourd'hui un rôle stratégique important.

Une langue triplement pointue

Vauban s'est aussi occupé de fortifier Camaret-sur-Mer.

Ce port naturel, à l'extrême bout de la terre, protégé par son Sillon (digue naturelle formée d'alluvions) véritable gardien des côtes et du Goulet de Brest, eut au long des siècles une place prépondérante pour la défense de la Bretagne. Plusieurs débarquements anglais y furent repoussés aux 15ème et 16ème siècles.

Le système de défense de Camaret imaginé par Vauban repose sur des batteries sur les pointes avoisinantes, et sur sa Tour Vauban, dite aussi Tour Dorée, à cause de sa couleur. Isolée par une douve, elle doit servir en même temps d'observatoire, de magasin à poudre, et de logement de la garnison.

Au bout du sillon (maintenant maçonné en digue) se trouve aussi la Chapelle Notre-Dame de Rocamadour, qui date de 1183. Ce nom serait la déformation de Notre-Dame du Roc. Le Rocher sur laquelle elle est érigée était en effet, jusqu'au travaux de Vauban au 17ème, isolé de la terre à chaque marée haute. Elle est célèbre pour les maquettes de bateaux qui y sont déposées en signe d'ex-voto. Mais à cette saison, elle est fermée et je n'ai pas pu entrer.

Elle voisine avec un cimetière de bateaux en bois. Vison romantique ?

Mais j'aime bien les maisons multicolores alignées sur le port.

Une langue triplement pointue

Une version moderne des alignements de menhirs ?

Une langue triplement pointue

A propos de menhirs, près de Camaret se trouvent les alignements de Lagatjar.

Ils ont un signe particulier : ni en lignes ni en rond, mais en équerre.

84 monolithes. Deux lignes de menhirs se détachent en angle droit d'un alignement principal long de 200 mètres, mais qui atteignaient auparavant 600 m. Il suit un alignement de 35° par rapport à la direction du lever du soleil au solstice d'hiver. Conclusion : les menhirs auraient eu une fonction astronomique. D'accord ?

Une langue triplement pointue

Et nous continuons notre tour de la Presqu'île de Crozon, qui nous mène à la Pointe de Pen-hir, célèbre pour les "Tas de Pois" qui la prolongent en mer. Ces passages rocheux, témoins de bien des naufrages, étaient redoutés des voiliers faisant route vers Camaret.

De là, par temps clair, on peut voir la pointe du Raz et la Pointe Saint Mathieu, ainsi que les îles de Sein, d'Ouessant et Molène.

A la Libération, c'est ce promontoire qui a été choisi pour y ériger une immense croix de Lorraine en granite, dédiée aux Bretons de la France libre, inaugurée en 1951 par le Général De Gaulle.

On y trouve ces mots : "La France a perdu une bataille, mais la France n'a pas perdu la guerre ..." Et au dos, la reprise de la devise bretonne : "Plutôt la mort que la souillure". A cette devise répond, en hommage à ceux qui prirent la mer pour défendre la liberté , le vers de Baudelaire : "Homme libre, toujours tu chériras la mer ".

Une langue triplement pointue

Il reste la troisième pointe de la presqu'île. Celle-ci s'appelle un cap, allez savoir pourquoi ...

C'est donc le Cap de la Chèvre, qui abrite lui aussi un mémorial : "A la mémoire des marins morts en service aérien commandé pour que vive l'aéronautique navale". Il a été construit dans un des 4 encuvements de l'ancienne batterie côtière.

Le sémaphore de la Marine Nationale assure la surveillance maritime et aérienne de la Baie de Douarnenez, l'une des meilleures zones de mouillage pour les navires de commerces cherchant un refuge entre la Manche et le Golfe de Gascogne.

Sur la haute falaise (100 mètres !), les ajoncs recommencent à fleurir en cette saison, mettant une note de gaité dans cette lande rase où ils voisinent avec les bruyères.

Une langue triplement pointue

Avant de quitter la Presqu'île de Crozon, il me fallait bien la photo d'un dolmen.

Voilà celui de Pen Ar Run, à Telgruc-sur-Mer. L'épaisseur de la table est d'au moins 60 cm. Et elle repose seulement sur trois points d'appui de quelques centimètres carrés !

Une langue triplement pointue
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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