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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 19:15

Mercredi 17 février 2016

Aujourd'hui, la température extérieure est toujours négative : autour de -3°, mais le vent a bien diminué. Ce sera une journée vélo pour tous les deux.

A l'Est de Tremp, dans la Conca Della (un bassin fertile entre les Pyrénées et les Montsec), c'est le pays des amandiers. Ils sont en fleurs malgré le froid, et il y en a partout. La majorité sont à fleurs blanches, mais il y en a aussi des roses, souvent isolés, ou des blancs avec la base du cœur rosée.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

C'est aussi une région d'élevage intensif du porc. Beaucoup moins poétique mais plus olfactif ! Car les amandiers, eux ne répandent pas leur odeur ... dommage !

D'abord, je vais faire découvrir à Alain le Forat d'Abella.

Mais qu'est-ce qu'un "forat" ?

C'est, en petit format, ce que nous avons traversé lundi, au Congost de Collegats : un passage que s'est creusée la rivière pour traverser une barrière rocheuse. Une gorge, quoi. Un goulet. Un défilé ...

Celui-ci fait environ 80 m de long, et 5 mètres au plus large. On peut le traverser avec de l'eau jusqu'à la cheville, mais elle est bien froide, en ce moment.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

En raison de sa petitesse, sans doute, on l'appelle : lo Foradot.

Mais au 18éme siècle, il a bien failli disparaître ! Profitant de son étroitesse, le Baron du village au-dessus, Abella de la Conca, voulait créer une réserve d'eau en bouchant le forat par une maçonnerie, et ainsi noyer une partie de la vallée supérieure. Mais le travail est resté inachevé (il en reste des traces, des trous de boulin dans la gorge) pour cause de graves dissensions dans la baronnie ...

Au village, nous y montons, maintenant. Très ancien, son histoire, très renseignée, remonte au 9ème siècle, et son château (dont il ne reste presque rien) au 10ème. Plus de 300 habitants se pressaient dans ses murailles percées de 4 portes, dont il ne reste, d'une seule, qu'un bel arc roman.

 

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Tout en haut du village, l'église Sant Esteve est des 11ème et 12ème siècles. Le pilier du portail porte la date de 1140.

Et la côte est rude pour y monter !

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Retour au "Chausson" pour déjeuner au chaud, puis nous prenons (en voiture) la route du Coll de Comiols, à 1 101 m. La vue sur les Pyrénées (ici, elles sont au nord) y est grandiose !

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Nous redescendons 250 m de l'autre côté du col, et nous garons le camping-car pour partir en vélo jusqu'au village de Covet, 8 km, par une piste annoncée comme goudronnée sur la carte. Mais ça a failli ...

A Covet, petit hameau en cul de sac de 8 habitants, il y a cette énorme église, qui possède le portail roman sans doute le plus beau des Pyrénées.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

J'avais pu la visiter en juillet 2014, alors qu'elle était en restauration. Maintenant elle est fermée et ses trésors dorment à l'abri de ses admirateurs.

Heureusement, si vous voulez la visiter, vous pouvez cliquer ici :

L'ensemble de la construction est daté de 1150 à 1160, et n'a pas son pareil en Catalogne. Et ce qui est assez extraordinaire, c'est qu'elle n'a pas subi de transformation au cours des siècles suivants. Même les portes bardées de fer en spirales sont d'origine !

Voici le portail d'entrée :

Amandiers roses, amandiers blancs ...
Amandiers roses, amandiers blancs ...

Dans le village, l'abreuvoir témoigne lui aussi de l'ancien passé religieux du lieu :

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Au total, 35 km pour cette journée, avec de bonnes montées qui nous ont empêchés d'avoir froid. Il y avait pourtant de quoi ...

A demain.

Amandiers roses, amandiers blancs ...
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:48

Mardi 16 février 2016

Toute la nuit, de violentes rafales de vent ont secoué le camping-car. A tel point que le chauffage, au gaz, s'est éteint. Et ce matin il faisait 6° à l'intérieur ... dur dur pour sortir de sous la couette !

Ce matin Alain va randonner au-dessus du Congost. C'est la balade que j'avais faite en juillet 2014, la deuxième de cette page dont je vous remets le lien :

Et en voici quelques photos d'Alain. Pas la même végétation !

Cherchez la sorcière !

Pendant ce temps-là, je suis partie en vélo à la conquête d'Hortoneda.

Mais il me faut d'abord passer par la Pobla de Segur, et j'en profite pour m'arrêter à l'Office du Tourisme pour savoir un peu comment va évoluer le temps. Et je découvre alors les très beaux bâtiments de la Casa Mauri, ancien palais de style moderniste qui allie une décoration de mosaïques, de vitraux et de forge, et abrite maintenant la Mairie. Elle jouxte également l'ancien Moulin à huile San José, dont la façade ressemble à une église romane, et qui abrite des expositions et un centre culturel.

Cherchez la sorcière !

Rassurée sur l'évolution du temps (le vent va tomber et la température remonter), je poursuis ma route de l'autre côté de la rivière (Noguera Pallaresa), et je grimpe dans les collines qui surplombent le Lac du barrage de Sant Antoni. J'arrive ainsi au petit village médiéval de Claverol.

Cherchez la sorcière !

Attention ! Sur cette route, je risque de faire de mauvaises rencontres :

Cherchez la sorcière !

Avant de découvrir Hortoneda, je vous livre une légende qui coure au sujet de ce village.

"Au pied du chemin de Baiarri, dans un resserrement devant le village, il y a les restes de la Cabañita de las Encantadoras" (la petite maison des fées) où, la nuit, un chahut considérable était organisé. C'était en effet le rendez-vous de toutes les sorcières des environs.

Les femmes d'Hortoneda allèrent trouver le curé pour trouver une solution à cette agitation quotidienne. Le chapelain recommanda de sonner chaque jour les cloches, à l'heure du rendez-vous, avec la sonnerie d'appel à la prière. Et au bout de peu de temps, les réunions de sorcières ont disparu.

Et encore de nos jours, les cloches d'Hortoneda, dit-on, sonnent pour l'appel à la prière en plus de la sonnerie pour l'appel à la messe dominicale."

La sonnerie, je ne l'ai pas entendue. Mais la sorcière, elle, je l'ai vue. Avant même d'arriver au village.

Regardez bien. La voyez-vous dans le paysage ?

Cherchez la sorcière !

Non ? Alors approchez-vous un peu plus, pour mieux voir :

Cherchez la sorcière !

Toujours pas ? Il faut vraiment vous mettre le nez dessus ! La voilà :

Cherchez la sorcière !

Mais je n'irai pas jusqu'à Hortoneda. Trop de vent, trop froid, et puis trop loin si je veux revenir au camping-car à peu près en même temps qu'Alain. Depuis le col à 1050 m d'où on voit le village, il m'aurait fallu 3/4 d'heure de plus aller/retour. Mais je me suis tout de même bien régalée avec ces paysages !

Cherchez la sorcière !

Et puis la descente est bien belle aussi.

Et après ces 40 km dans le vent, je suis gelée et affamée. Vite, au chaud dans "la pantoufle".

Cherchez la sorcière !
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 19:19

Lundi 15 février 2016

Ce matin, l'excursion sera sur le versant d'en face. Au départ de Toralla.

Vous vous souvenez de Toralla ? Non ?

Alors cliquez sur la ligne blanche pour retrouver la balade à l'ermitage Sant Salvador : c'est la première des deux balades décrites.

Cette fois, c'est Alain qui y est monté à pied.

En voici quelques photos d'hiver :

 

Un lundi au vent glacé

Je l'ai rejoint en vélo, par la piste pour 4 x 4 destinée à l'entretien de l'antenne proche de l'ermitage. Un peu hard, la piste. Gros cailloux; je ne l'aurais pas montée avec mon camion, bien qu'il soit 4 x 4.

Et nous sommes arrivés ensemble.

En route, j'ai croisé cette ruine qui abritait un pressoir et cette pierre taillée en cône. Etait-ce une meule ? Mais pas de vent ni d'eau pour la faire tourner. Faisait-elle partie du pressoir ?

Si vous avez une idée, faites-m'en part dans les commentaires, car pour moi c'est un mystère !

Un lundi au vent glacé
Un lundi au vent glacé

Après la redescente et le déjeuner dans la "pantoufle", au soleil et à l'abri du vent qui se lève, cap sur le Congost de Collegats, à l'aire de stationnement de la Figuereta, où nous passerons la nuit.

Mais il n'est pas encore l'heure de dormir !

Nous partons en vélo, avec "vent debout" (et glacé) durant toute la traversée du Congost (c'est une gorge de 4 km, véritable courant d'air !). Ça s'arrange un peu quand on prend la piste qui monte à Pujol. C'est au soleil, et presque pas de vent.

 

Un lundi au vent glacé

A la sortie du village, le vent nous rattrappés, et ne nous a pas quittés de toute la visite de Peramea.

Peramea, ville fortifiée établie sur un rocher, conserve une grande partie de sa structure médiévale. Le plus ancien document parlant de la ville date du 11ème siècle.

 

Un lundi au vent glacé

L'ancien château était situé sur l'énorme rocher, à gauche du clocher. L'église Sant Cristofol renferme des reliques de martyrs, dont la tradition dit qu'il s'agit des restes d'enfants assassinés par le Roi Hérode et qui font l'objet d'une vénération le jour des Saints-Innocents. Il s'y trouve aussi une statue polychrome en bois de la Mare de Déu del Remei, du 12ème siècle.

Un lundi au vent glacé

La place est occupée par l'abreuvoir, le lavoir et la fontaine :

Un lundi au vent glacé

Encore un mot sur ce village :

Bien que petit, il a donné au monde quelques joyaux de Cobalto-Calcite. Sa mine (Solita Mine, bien connue des spécialistes)est au nord du village. Elle est maintenant abandonnée depuis une cinquantaine d'années, mais des passionnés la visitent encore.

Et pour voir ses trésors, rien de tel qu'internet !

Un lundi au vent glacé

Il s'agit maintenant de redescendre pour regagner notre confortable Chausson.

La descente (une douzaine de km) à l'ombre, plus le vent et la vitesse, avec la température maintenant négative, nous fait arriver presque congelés. Notre premier geste sera d'allumer le chauffage.

OUF ! Après ces 25 km plus la balade du matin, nous allons bien dormir ...

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 10:37

Dimanche 14 février 2016

Coucou, me revoilà, avec Charly, pour distraire quelques unes de vos longues soirées d'hiver ...

Je voulais vous les réchauffer en vous écrivant d'un pays réputé pour sa chaleur, mais manque de chance, j'y suis partie au moment d'une grosse vague de froid sur toute l'Europe, alors ... j'ai eu froid aussi ! Mais comme le soleil était au rendez-vous, c'était parfaitement supportable.

Mais je devrais vous écrire maintenant à la première personne du pluriel, car je suis partie en Espagne avec Alain et son Camping-Car. Et même s'il est ancien, il est bien plus confortable que mon camion-Tortue. Avec son chauffage, on s'y sent comme dans des pantoufles. D'ailleurs, c'est écrit dessus : "CHAUSSON"

Et puis, et puis, et Puig !

Nous voilà donc en Espagne, entre Vielha et Lerida, région que j'avais déjà un peu explorée et que je voulais faire connaître à Alain. Et comme vous le voyez sur la photo, il y a plusieurs façons de la découvrir : ça peut être en voiture, à pied, mais aussi en vélo. Plus particulièrement en VTT (VTC pour moi) à Assistance Electrique (VAE). Bien pratique dans les côtes, ce petit moteur !

Donc, ce dimanche 14 février, fête des amoureux, nous sommes allés dormir sur le parking déser de l'Ermitage Sant Miquel del Puig, à quelques kilomètres de la Pobla de Segur.

 

Sur la carte qui suit, chaque jour est représenté par une couleur différente. Les gros traits sont parcourus en voiture, les traits fins le sont à pied ou en vélo.

Donc nous sommes au bout du trait rouge.

Et puis, et puis, et Puig !

Autrefois, c'est à dire au 11 ou 12ème siècle, un village s'étendait autour de cette chapelle qui en était l'église paroissiale. C'était l'origine de l'actuelle ville voisine de Pobla de Segur (qui s'appelait alors Puig de Segur). Ce n'est qu'au 14ème siècle que le noyau d'habitations, à 2 km plus bas dans la vallée doubla le nombre de feux (12 feux, donc environ 60 habitants) du village de Puig, et pris le nom de Pobla de Segur.

En 1766, une nouvelle chapelle, toute blanche, fut construite un peu plus bas que l'ancienne, et le pèlerinage à Sant Miquel est resté vivant dans la tradition populaire, tous 8 Mai, avec distribution de pain béni (jusqu'à 3000 pains, ces dernières années !)

Et puis, et puis, et Puig !

Comme nous sommes arrivés tard, avec une lumière peu propice aux photos, j'ajoute quelques clichés des montagnes environnantes pris lors d'un précédent passage, en septembre 2014 :

Et puis, et puis, et Puig !

Prêts pour notre première nuit dans ce camping-car ... ?

Et puis, et puis, et Puig !
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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 11:05

Sur les 7 calvaires monumentaux de Bretagne, je n'en ai côtoyé que 2 : celui de Plougastel-Daoulas et celui de St Thégonnec.

Véritable livre de pierre, le calvaire représente différents épisodes de la vie du Christ et de ses apôtres, et peut compter jusqu'à 200 personnages ! Il jouait un rôle pédagogique auprès de populations qui n'avaient pas accès à la lecture. Il n'est pas rare d'y trouver également des allusions à des légendes où le diable est souvent présent.

Le calvaire de Plougastel-Daoulas est aujourd'hui l'ultime vestige d'un enclos paroissial qui fut détruit par les bombardements américains en août 1944. Son édification, au début du 17ème siècle, est liée à l'épidémie de peste qui décima près d'un tiers de la population de la presqu'île, en 1598.

La légende précise que ce monument est le résultat d'un vœu prononcé par le seigneur de Kereraod qui promit d'établir un somptueux calvaire s'il était la dernière victime de la terrible maladie. Quoiqu'il en soit, l'ouvrage sortit de terre entre 1602 et 1604.

Mais ce qui n'est pas une légende, c'est que la restauration du calvaire, endommagé par le bombardement, est due à un officier américain, John D. Skilton, présent lors de l'évènement et conservateur, dans le civil, du Musée de Washington. Il mit à l'abri les statues cassées et les éclats de pierre, et créa dans son pays une fondation qui collecta les fonds nécessaires à la restauration du calvaire. Il est fait citoyen d'honneur de Plougastel-Daoulas en 1950.

Sur une imposante base en granite jaune, les 182 statues en pierre bleue (les plus grandes mesurent 1 mètre et pèsent de 100 à 200 kg) illustrent en 28 tableaux les scènes de la vie du Christ ou des scènes légendaires. Un escalier de 14 marches permet d'accéder à la plate-forme centrale où s'installait autrefois le prédicateur.

Comme pour les autres calvaires, il faut lire les scènes dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en commençant par l'Annonciation, et faire sept fois le tour du calvaire en suivant les étapes de la vie de Jésus.

La croix la plus haute mesure 10 mètres.

Quels Calvaires !

Le calvaire de Saint Thégonnec, recentré sur une Passion très expressive, est le dernier (1610) des grands enclos paroissiaux, et peut se présenter comme un bouquet final !

Mais d'où venait l'argent nécessaire pour ces magnifiques réalisations ?

De la culture et du tissage du lin et du chanvre. A St Thégonnec, en plus de l'usage domestique et agricole présent dans toute la Bretagne, se tissaient les voiles des navires du Roi de France, qui étaient expédiées par le port de Morlaix, tout proche. Du 15ème au 18ème siècle, la commune de St Thégonnec s'est ainsi enrichie, donnant naissance à une véritable caste paysanne. C'était la paroisse la plus riche du Léon, et cette prospérité s'est prolongée plus longtemps qu'ailleurs. Cela explique que le paroissiens aient pu, durant 6 générations, embellir, agrandir, rehausser leur église pour la mettre, tout simplement, au goût du jour. Il suffit de voir qu'elle a 2 clochers : quand la flèche gothique a été démodée, au début du 17ème, les paroissiens ont construit une grande tour avec un dôme Renaissance.

Quels Calvaires !

Selon la légende, vers le 6ème siècle, St Thégonnec, originaire du Pays de Galles, aurait apprivoisé un cerf attelé à sa charrette pour convoyer des pierres servant à l'édification de la première église. Un jour, un loup dévore le cerf. Le Saint dressa alors le loup, le persuadant de tirer la charrette à la place du cerf.

Saint Thégonnec est donc toujours représenté en saint bâtisseur, avec à ses pieds un loup ou un cerf tirant une charrette. Il est invoqué pour la préservation des récoltes, la guérison des fièvres et des morsures de vipères. La statue au-dessus de l'entrée principale de l'église représente cette légende, ainsi qu'une autre, dans une petite niche du soubassement du calvaire.

Ce calvaire n'est pas aussi imposant que celui de Plougastel-Daoulas, mais il n'en demeure pas moins remarquable par la qualité des scènes de la Passion et de la Résurrection du Christ, ou du Christ aux outrages, représentant un bourreau sous les traits d'Henri IV, dit-on ...

La plate-forme centrale comporte une quarantaine de personnages, illustrant 9 scènes de la Passion. Elle est surmontée d'une croix à 2 traverses portant une dizaine de personnages, dont il faut souligner le subtil et savant jeu d'équilibre qui est mis ici en œuvre pour assurer la stabilité de l'ensemble au-delà des siècles.

Quels Calvaires !
Quels Calvaires !

Mais bien sûr, je ne me suis pas arrêtée à l'extérieur.

Pour l'intérieur, il faut savoir qu'elle a été victime d'un terrible incendie accidentel en juin 1998. Cependant la restauration lui a rendu sa splendeur baroque.

Quels Calvaires !
Quels Calvaires !

Il reste un trésor, que je n'ai pas pu voir, pour cause de morte saison, mais que je me promets de voir à mon prochain voyage en Bretagne (si, si, je compte bien y revenir, il y a tant à voir !). Il se trouve dans l'ossuaire. C'est une mise au tombeau composée de 10 personnages en bois, grandeur nature, datée de 1702. Je vous laisse l'admirer sur cette photo, empruntée à internet, et je vous dis :

Bonnes Fêtes de fin d'année, et à l'année prochaine pour d'autres découvertes ...

Quels Calvaires !
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10 décembre 2015 4 10 /12 /décembre /2015 19:03

Entre les deux mâchoires (Pointe du Raz et Pointe Saint Mathieu), la Presqu'île de Crozon apparaît comme une langue trifide.

Mais avant d'aller "marcher sur les pointes", il faut passer le pont. Et quel pont !

Depuis toujours, pour les habitants de la Presqu'île de Crozon, pas moyen d'échapper à la traversée de l'Aulne s'ils veulent rallier Brest ou le Faou. A moins d'effectuer un détour de près de 30 km, en remontant la rivière ... Sur l'Aulne, c'est un bac, devenu à vapeur, qui pendant plusieurs siècles a permis le passage.

Premier pont suspendu en 1925, détruit en 1944.

Deuxième pont en 1952, mais atteint du "cancer du béton", il a fallu le démolir.

Celui-ci est ouvert depuis 2011.

Le Pont de Térénez est le premier pont courbe à haubans de France. Il allie élégance et performance, avec ses 515 m de portée, et ses pylônes de 99 m. Il détient le record du monde de portance en courbe et sans support. Et il a été récompensé en 2013 et en 2014, par le prix du plus bel ouvrage d'art ...

J'ai ajouté quelques photos d'internet, bien sûr. Vous devinez lesquelles ?

Une langue triplement pointue

Peu après le pont, nous voici à Argol.

Et là je découvre, pour la première fois, ce qu'est un Enclos Paroissial. Vous voulez savoir ?

C'est une des originalités du Finistère, un ensemble architectural unique en France. Il est composé d'une église, d'un mur d'enceinte (d'où son nom d'enclos), d'un portail monumental, ou arc de triomphe, d'un calvaire et d'un ossuaire.

Les plus beaux enclos paroissiaux sont apparus aux 16ème et 17ème siècles, à "l'âge d'or" de la Bretagne. La compétition entre les communes pour la réalisation du plus el ensemble architectural a mobilisé de nombreux artistes et artisans qui ont marqué la pierre, le bois, le verre de leur empreinte.

L'enclos remplissait une fonction religieuse, mais aussi une fonction sociale par l'accueil des Conseils d'élus, préfiguration des futurs Conseils municipaux.

Le mur d'enceinte délimite le passage de l'espace profane à l'espace sacré. Du royame des vivants au royaume des morts. Le caractère symbolique de ce passage est souvent marqué par une porte triomphale.

L'ossuaire recevait les ossements exhumés de l'église, et permettait de réguler l'évolution des cimetières situés dans l'enceinte.

L'église : sa monumentalité traduit les défis relevés par les communes dans leur recherche de la plus belle réalisation.

Le calvaire : je vous en parlerai plus tard, car ici, il est très discret. C'est surtout l'arc de triomphe du portail, daté de 1659 qui attire l'attention. L'ossuaire, de 1655, est extrêmement pur de lignes ...

Une langue triplement pointue

Avez-vous remarqué, sur l'arc de triomphe, la statue équestre ?

Ce serait le Roi Gradlon. Car nous sommes tout près de la Baie de Douarnenez où reposerait, au fond des flots, la ville d'Ys ....

Vous connaissez la légende de la Ville d'Ys ?

C'est la plus connue des légendes maritimes de Bretagne et même de France.

Elle vient "du fond des âges", et en même temps, elle est très récente, car évolutive ! Elle change au gré des écrivains qui lui rajoutent des personnages, des épisodes, une morale chrétienne ou païenne ... La version la plus commune actuellement ne date que de 1926, alors que la plus ancienne est de la fin du 15ème siècle. Laquelle je vous sers ?

Allez, la plus récente. Vous pouvez la lire en cliquant sur la bande blanche :

Devant l'enclos paroissial d'Argol, un sculpteur (Patrig Ar Goarnig) a immortalisé le cheval Morvac'h, le cheval magique qui galope sur la crête des vagues. Très habilement, d'un côté on voit Gradlon, protégeant St Corentin (sous la forme d'une flèche de la cathédrale qu'il tient dans son bras, avec le trésor de la ville engloutie) de l'autre on voit Malgven, fuyant avec son bébé dans les bras ... à moins que ce ne soit Dahut avec son fils ... mais alors, c'est une autre histoire ...

Une langue triplement pointue

Vous avez vu la carte ? (dans l'article : "Au Pays des Abers") En face de Brest, de l'autre côté du Goulet, s'avance la Pointe des Espagnols.

Que viennent-ils faire ici ? Un peu d'histoire :

"Au printemps 1594, les Espagnols alliés de la Ligue (parti catholique opposé à Henri IV, protestant, lui-même allié aux Anglais) débarquent de 12 vaisseaux à Camaret ... et construisent un fort triangulaire au sommet de la pointe.... Le 15 octobre 1594, une armée composée de 3000 Français, 2000 Anglais, 300 arquebusiers à cheval et 400 gentilshommes vient bloquer et attaquer le fort tenu par 400 Espagnols munis de canons.... Le siège est très dur ... et ce n'est que le 18 novembre que l'assaut final submerge le fort ; tous les Espagnols sont tués sauf 13 ... le fort est rasé. Depuis cette date, la pointe prend le nom de Pointe des Espagnols."

Il faut bien dire que, du haut de ses 65 m, la Pointe des Espagnols joue un rôle éminemment stratégique dans la défense de Brest. Mais c'est à la fin du 17ème siècle que le site prend toute son importance : en 1695, Vauban y fait édifier une puissante batterie basse.

En 1749, pour la protéger d'une attaque à revers par la terre, on construit une enceinte défensive. Puis une tour en 1812, sous Napoléon 1er. Sans cesse améliorée jusqu'en 1888, elle finira par avoir 19 puissants canons, plus une batterie sous roc avec 2 canons (dite "de rupture") au ras de l'eau, sous celle de Vauban.

Pendant la guerre de 39-45, les Allemands y installent une batterie de DCA.

Enfin, ce site a été remilitarisé à la suite des évènements du 11 septembre 2001, ce qui montre que la Pointe des Espagnols joue encore aujourd'hui un rôle stratégique important.

Une langue triplement pointue

Vauban s'est aussi occupé de fortifier Camaret-sur-Mer.

Ce port naturel, à l'extrême bout de la terre, protégé par son Sillon (digue naturelle formée d'alluvions) véritable gardien des côtes et du Goulet de Brest, eut au long des siècles une place prépondérante pour la défense de la Bretagne. Plusieurs débarquements anglais y furent repoussés aux 15ème et 16ème siècles.

Le système de défense de Camaret imaginé par Vauban repose sur des batteries sur les pointes avoisinantes, et sur sa Tour Vauban, dite aussi Tour Dorée, à cause de sa couleur. Isolée par une douve, elle doit servir en même temps d'observatoire, de magasin à poudre, et de logement de la garnison.

Au bout du sillon (maintenant maçonné en digue) se trouve aussi la Chapelle Notre-Dame de Rocamadour, qui date de 1183. Ce nom serait la déformation de Notre-Dame du Roc. Le Rocher sur laquelle elle est érigée était en effet, jusqu'au travaux de Vauban au 17ème, isolé de la terre à chaque marée haute. Elle est célèbre pour les maquettes de bateaux qui y sont déposées en signe d'ex-voto. Mais à cette saison, elle est fermée et je n'ai pas pu entrer.

Elle voisine avec un cimetière de bateaux en bois. Vison romantique ?

Mais j'aime bien les maisons multicolores alignées sur le port.

Une langue triplement pointue

Une version moderne des alignements de menhirs ?

Une langue triplement pointue

A propos de menhirs, près de Camaret se trouvent les alignements de Lagatjar.

Ils ont un signe particulier : ni en lignes ni en rond, mais en équerre.

84 monolithes. Deux lignes de menhirs se détachent en angle droit d'un alignement principal long de 200 mètres, mais qui atteignaient auparavant 600 m. Il suit un alignement de 35° par rapport à la direction du lever du soleil au solstice d'hiver. Conclusion : les menhirs auraient eu une fonction astronomique. D'accord ?

Une langue triplement pointue

Et nous continuons notre tour de la Presqu'île de Crozon, qui nous mène à la Pointe de Pen-hir, célèbre pour les "Tas de Pois" qui la prolongent en mer. Ces passages rocheux, témoins de bien des naufrages, étaient redoutés des voiliers faisant route vers Camaret.

De là, par temps clair, on peut voir la pointe du Raz et la Pointe Saint Mathieu, ainsi que les îles de Sein, d'Ouessant et Molène.

A la Libération, c'est ce promontoire qui a été choisi pour y ériger une immense croix de Lorraine en granite, dédiée aux Bretons de la France libre, inaugurée en 1951 par le Général De Gaulle.

On y trouve ces mots : "La France a perdu une bataille, mais la France n'a pas perdu la guerre ..." Et au dos, la reprise de la devise bretonne : "Plutôt la mort que la souillure". A cette devise répond, en hommage à ceux qui prirent la mer pour défendre la liberté , le vers de Baudelaire : "Homme libre, toujours tu chériras la mer ".

Une langue triplement pointue

Il reste la troisième pointe de la presqu'île. Celle-ci s'appelle un cap, allez savoir pourquoi ...

C'est donc le Cap de la Chèvre, qui abrite lui aussi un mémorial : "A la mémoire des marins morts en service aérien commandé pour que vive l'aéronautique navale". Il a été construit dans un des 4 encuvements de l'ancienne batterie côtière.

Le sémaphore de la Marine Nationale assure la surveillance maritime et aérienne de la Baie de Douarnenez, l'une des meilleures zones de mouillage pour les navires de commerces cherchant un refuge entre la Manche et le Golfe de Gascogne.

Sur la haute falaise (100 mètres !), les ajoncs recommencent à fleurir en cette saison, mettant une note de gaité dans cette lande rase où ils voisinent avec les bruyères.

Une langue triplement pointue

Avant de quitter la Presqu'île de Crozon, il me fallait bien la photo d'un dolmen.

Voilà celui de Pen Ar Run, à Telgruc-sur-Mer. L'épaisseur de la table est d'au moins 60 cm. Et elle repose seulement sur trois points d'appui de quelques centimètres carrés !

Une langue triplement pointue
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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 23:07

Aujourd'hui, peu de voiture et beaucoup de marche : de la pointe Saint Mathieu à la plage du Perzel, il y a 8 km. Plus le retour. De quoi apprécier le Sentier Côtier, qui est aussi le GR 34, qui mène "tout droit" à Compostelle.

Des falaises abruptes balayées par les vents et la mer, un phare imposant qui veille sur les ruines d'une ancienne abbaye ... le charme opère ! Ça semble un concentré de Bretagne !

Sémaphore, abbatiale, phare de la Pointe Saint Mattieu

Sémaphore, abbatiale, phare de la Pointe Saint Mattieu

La légende raconte, que, ramenant le corps de l'apôtre Mathieu, des marchands auraient été miraculeusement sauvés du naufrage au large de cette Pointe. Donc, au 6ème siècle, pour abriter les reliques du saint, Tanguy y fonde le premier monastère.

Les constructions et agrandissements du 11ème au 15ème aboutissent à ce vaste édifice près duquel s'élevaient les bâtiments conventuels des moines bénédictins.

Maintes fois endommagé par les attaques anglaises au cours de la guerre de 100 ans (13 et 14èmes siècles), le monastère est à peu près ruiné en 1558 par les Anglais et Hollandais réunis, qui ravagèrent le pays.

Qu'à cela ne tienne ! Il est reconstruit en 1656 par la Congrégation de Saint Maur.

.... mais voilà la Révolution. Il est vendu en 1796 comme bien national, et sert alors de carrière de pierres !

Ce n'est qu'en 1867 qu'il est classé comme Monument Historique.

St Mathieu, la mâchoire supérieure

Et comme nous ne sommes pas montés en haut du phare (163 marches), voici une vue d'avion de la Pointe, récupérée sur internet.

La Pointe St Mathieu

La Pointe St Mathieu

Entre ajoncs inextricables, bruyères et spectaculaires falaises, ce sont 2 heures de montées et descentes avec le bruit de la mer, le soleil (dans l'œil, ce qui fait de beaux contre-jours ou bien des photos loupées) et le vent.

St Mathieu, la mâchoire supérieure

Comme nous approchons du but, voici le Fort de Bertheaume, bâti sur l'île du même nom.

C'est un site occupé depuis la protohistoire, tout à fait propice pour garder le Goulet de Brest. Il est mentionné comme mouillage stratégique, dès 1397. Son château est cependant pris et brûlé en 1558 par la flotte Anglo-Flamande. C'est Vauban qui y reconstruira un fort à sa façon, et y mettra de l'artillerie pour protéger le mouillage. Ce n'est qu'à partir de 1870 que l'armement nouveau rend désuètes les installations de l'île.

En 1915, le fort devient une base d'observation avec des ballons captifs, et il reçoit une batterie allemande durant la dernière guerre.

Mais sa carrière n'est pas finie ! Il est maintenant occupé par l'association Bertheaume Iroise Aventure, qui propose des parcours iodés en rochers (via ferrata) et tyroliennes au-dessus de la mer d'Iroise. Impressionnante la vidéo ! et aussi des courses au trésor, style piraterie ou chevalerie ... De quoi passer de bons moment avec un peu d'adrénaline.

Le Fort de Bertheaume

Le Fort de Bertheaume

Après le pique-nique sur la plage (où personne n'avait envie de se baigner) nous avons pu admirer le paysage dans l'autre sens : c'est tout aussi beau !

Et comme on est en Bretagne, les premières gouttes de pluie sont tombées comme nous arrivions au parking !

Plage du Perzel (ou de Bertheaume)

Plage du Perzel (ou de Bertheaume)

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 09:51

Aujourd'hui, grande excursion vers une des mâchoires de la tenaille : celle du bas, au bout du

Cap Sizun (réserve ornithologique), qui est l'extrémité occidentale de la Cornouaille, et se termine par la pointe du Raz, labellisée Grand Site de France. Donc, incontournable !

Depuis Lanildut, la route passe tout naturellement par Locronan.

Petite cité de caractère, classée au titre des Monuments Historiques et Plus Beau Village de France, Locronan est aussi un décor de cinéma !

De par l'architecture remarquable de ses maisons, du 15ème au 18ème siècle, Locronan ne peut qu'attirer les cinéastes ! Une trentaine de films et courts métrages y ont été tournés, dont Tess, Chouans, Un long dimanche de fiançailles ...

Le tournage de Tess a laissé un souvenir mitigé aux habitants : la place et les rues adjacentes avaient été recouverts d'une couche de boue de 20 cm !

Direction : Pointe du Raz

Un peu de toponymie :

Pour nous distraire en voiture, notre hôte et guide Breton nous a gratifiés de quelques repères linguistiques concernant les noms des villages du terroir. La première syllabe de leur nom évoque leur importance historique. S'ils commencent par :

Ker , c'était un simple village

Ti : une maison

Tré : une annexe de paroisse, où peut-être n'officiait qu'un vicaire

Loc : ce lieu était consacré, un prieuré avec un ermitage

Lau : également consacré, mais le prieuré était plutôt une abbaye

J'espère que j'ai bien tout retenu et que je ne vous dis pas de bêtise ...

En tout cas, je ne baragouine pas le breton.

Mais c'est en Bretagne que l'on trouve l'origine de ce verbe : baragouiner (définition : proférer des paroles inintelligibles)

Il est né dans les tranchées, pendant le guerre de 14-18. Car les poilus Bretons ne parlaient pas français. Ils n'étaient pas exigeants, mais ils réclamaient toujours "bara" et "gouine". Ce qui a donné : ils baragouinent ... ils voulaient simplement du pain et du vin !

Direction : Pointe du Raz

Ainsi, Locronan est Loc-Ronan, soit le lieu de l'ermitage de Saint Ronan.

D'après la tradition populaire, Saint Ronan serait un évêque venu d'Irlande au 5ème siècle. Lorsqu'il arrive dans la forêt de Nevet, haut lieu de culte celtique, il se trouve en proie à la haine et à la hargne d'une femme, la Keben ...

La légende de Ronan est riche en couleur, et fait référence à la lutte entre la nouvelle religion chrétienne qui s'impose à la religion plus ancienne. Dans l'église du Prieuré se trouve la chaire à prêcher réalisée en 1707, remarquable par les médaillons qui font le récit de la vie de Ronan sous la forme d'une bande dessinée.

Direction : Pointe du Raz

La légende de ce saint est importante, à Locronan. Le choix de la Chaire pour la représenter n'est pas anodin : c'est le lieu de la parole.

Pour découvrir sa vie mouvementée, vous pouvez cliquer sur la bande blanche :

A Locronan perdure la tradition de la Grande Troménie.

C'est une procession giratoire de 12 kilomètres qui a lieu tous les 6 ans. Les autres années, on fait la petite Troménie (6 km). La prochaine Grande Troménie sera le 14 juillet 2019.

Saint Ronan faisait la Troménie chaque semaine, pieds nus et à jeun. Alors malheur à celui qui ne suit pas l'exemple de l'anachorète. S'il ne fait pas la Troménie de son vivant, il sera obligé de la faire après sa mort en avançant tous les ans de la longueur de son cercueil. Avis aux amateurs !

D'évidence, cette procession est d'origine celtique. Autrefois, des pierres sacrées en jalonnaient le chemin. Une seule a survécu. Le parcours est jalonné de 21 croix, et 42 petites huttes de branchages sont construites et recouvertes de draps blancs pour abriter les statues des saints que l'on sort pour l'occasion. Les pèlerins revêtent leurs riches costumes traditionnels, ils portent les bannières brodées, les croix d'or et d'argent, la cloche et les reliques de Saint Ronan.

Quelques unes des statues et bannières de la Grande Troménie sont exposées dans l'église, avec le reliquaire :

Direction : Pointe du Raz

Des photos d'internet pour se mettre dans l'ambiance ?

Direction : Pointe du Raz

Puis nous avons repris la route, vers l'ouest. Douarnenez, d'abord, avec une belle vue du pont ... puis nous arrivons sur le Cap Sizun, et nous suivons la côte au plus près. Mais seul le Sentier Côtier (GR 34) la longe vraiment. La route ne permet de s'en approcher que de temps en temps.

La côte est très découpée, et les pointes se succèdent. Nous optons d'abord pour la Pointe du Millier.

Direction : Pointe du Raz

Un charmant village, Beuzec-Cap-Sizun, nous offre, à côté de sa si belle église Saint Budoc (?) des 16 et 17èmes siècles, une épicerie où s'acheter de quoi pique-niquer.

Direction : Pointe du Raz

Encore deux arrêts pour contempler la Mer d'Iroise au pied des rochers déchiquetés.

Au second, la route très étroite descend jusqu'à un mini port, auquel on accède aussi à pied par un escalier. C'est à la Pointe de Brézellec.

Direction : Pointe du Raz

Et enfin notre but : la Pointe du Raz, avec au fond, le célèbre Phare de la Vieille.

L'inscription sur les rochers est illisible. Quelque Breton qui me lit pourra-t-il me renseigner ?

Direction : Pointe du Raz

Au retour, petit arrêt sur le port d'Audierne, pour contempler les petits bateaux de pêche locaux, les "ligneurs" (notre guide est un passionné de cette pêche). Une pêche dangereuse pour un poisson sauvage recherché : le bar.

Avec cette vidéo, un peu longue mais très complète, c'est comme si vous y étiez ... mais sans se mouiller. En restant dans votre fauteuil !

Direction : Pointe du Raz
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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 07:34

Re-Bonjour !

Je viens de faire un court séjour dans un petit coin du Finistère, et j'y ai fait plein de découvertes. Ça change tellement de mes Pyrénées !

Commençons par les "abers". Qu'est-ce que c'est ?

Vite, Wikipédia !

"Un aber (mot celtique signifiant estuaire) est une baie formée par la partie inférieure de la vallée d'un fleuve côtier, envahie (en partie ou en totalité, selon la marée) par la mer."

Une sorte de fjord dans un pays plat ou presque. A marée basse, il n'y a que l'eau douce du fleuve, à marée haute la mer peut remonter très loin à l'intérieur des terres. Pratique pour y accueillir de petits ports.

Notre hébergement était situé entre l'Aber Ildut et l'Aber Benoît. En rouge sur la carte, qui comporte aussi les principaux lieux que j'évoquerai plus loin.

Au Pays des Abers

Au bord de l'Aber Benoît, la marée a découvert des parcs à huîtres. Et c'est un peu plus loin, en face de Saint Pabu, que nous irons nous approvisionner en fruits de mer.

Au Pays des Abers

Tant de paysages grandioses et de sites magnifiques ont forcément inspiré de nombreux contes populaires. D'ailleurs, le Pays des Abers se nomme aussi "La côte des Légendes".

En voici une attachée à Saint Pabu :

Jeanne, plantureuse cavalière, habitait une ferme sur l'île Garo, la première au large de l'Aber Benoît. Un matin de basse-mer, elle vint chercher son pain à St Pabu. Flâna-t-elle un peu en route ? Le temps presse pour le retour. Au lieu d'attendre le bateau, elle décide de tenter la traversée pendant que la mer est encore basse. Elle s'accroche d'une main à la crinière de sa solide jument blanche, de l'autre elle maintient sur sa tête son énorme pain de 12 livres, et s'engage dans l'eau à la pointe de Béniguet.

La bête et son fardeau arrivèrent à bon port à Garo, mais il fallut couper la crinière du cheval pour libérer la main de Jeanne où les crins avaient pénétré.

 

Et n'y a-t-il pas assez de mystère pour en inventer une sur cette charmante Vallée des Moulins, dont la rivière, le Garo, justement, se jette dans l'Aber Benoît ?

Au Pays des Abers

Justement, une autre source de légendes, ce sont ces mystérieuses pierres dressées, les menhirs. Peu importe que leur origine ne soit pas clairement connue. L'imagination populaire s'est chargée de leur fabriquer une histoire.

Ici, à Plouguin, le menhir de Lannoulouarn mesure 6,50 m hors sol, avec un périmètre de 8,80 m. Jusqu'en 1887, ils étaient 5 à se dresser sur la crête surplombant l'Aber Benoît. Il en est le seul rescapé. Il atteste de la présence d'une population ayant vécu il y a 3 millénaires avant notre ère.

Au Pays des Abers

A Plourin, un peu plus loin, le menhir de Kergadiou est encore plus haut : 8,75 m hors sol. Il est le second plus haut de Bretagne. La différence avec tous les menhirs que j'ai rencontrés dans le sud de la France, c'est qu'il n'est pas en pierre brute. Il n'est pas poli, mais presque !

Et voici sa légende :

Une dame venant d'Armor l'aurait volé à une vieille sorcière des îles britaniques. Celle-ci, furieuse, voulu le pulvériser en lançant dessus une autre pierre, à sa disposition. Mais elle rata sa cible de quelques 75 mètres. La pierre qui s'est fichée en terre auprès du menhir dressé mesure, elle, 11 mètres de long. Je vous laisse imaginer le poids du projectile (en granite !). Je vous laisse aussi imaginer comment nos ancêtres avaient pu l'amener sur cette colline haute de 63 m, sachant que la plus proche carrière de granite est à 4 kilomètres à vol d'oiseau ...

Au Pays des Abers

Et pour finir cette page, la voici cette côte des légendes, avec ses maisons de marins typiques, aux portes basses et aux murs épais, avec une cheminée à chaque bout.

Photos prises face à l'île de Melon, que l'on ne peut découvrir à pied que lors des grandes marées, et qui, malgré tout, comporte menhir et dolmen ...

Au Pays des Abers
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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 18:19

Quand le Gars verni fait son Cirque en automne, ça peut donner ça.

Randonnée au Cirque de Gavarnie par le Plateau de Bellevue, avec une petite variante arrivant au-dessus de l'Hostellerie. Le 31 Octobre, départ à 10 h, alors que le soleil n'éclaire pas encore la vallée.

Quand le Gars verni fait son Cirque ...
Quand le Gars verni fait son Cirque ...

A la cascade, le panneau directionnel était cassé. Nous avons suivi le sentier qui nous paraissait le plus logique. Mais la logique, en montagne ...

Par la suite, au lieu de descendre, le sentier s'est mis à monter, il a traversé des pierriers, parfois laminés par les pluies. Au pied de la falaise, le sentier continuait à monter en zig-zag, mais on ne le voit pas sur la photo. La pause casse-croûte s'est faite sur l'épaulement, juste au-dessus de l'Hostellerie du Cirque. Les pointillés représentent la descente, derrière l'épaulement.

Quand le Gars verni fait son Cirque ...
Quand le Gars verni fait son Cirque ...

Et le retour est plus tranquille, par le chemin des touristes ...

Quand le Gars verni fait son Cirque ...

A bientôt ...

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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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