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8 décembre 2015 2 08 /12 /décembre /2015 23:07

Aujourd'hui, peu de voiture et beaucoup de marche : de la pointe Saint Mathieu à la plage du Perzel, il y a 8 km. Plus le retour. De quoi apprécier le Sentier Côtier, qui est aussi le GR 34, qui mène "tout droit" à Compostelle.

Des falaises abruptes balayées par les vents et la mer, un phare imposant qui veille sur les ruines d'une ancienne abbaye ... le charme opère ! Ça semble un concentré de Bretagne !

Sémaphore, abbatiale, phare de la Pointe Saint Mattieu

Sémaphore, abbatiale, phare de la Pointe Saint Mattieu

La légende raconte, que, ramenant le corps de l'apôtre Mathieu, des marchands auraient été miraculeusement sauvés du naufrage au large de cette Pointe. Donc, au 6ème siècle, pour abriter les reliques du saint, Tanguy y fonde le premier monastère.

Les constructions et agrandissements du 11ème au 15ème aboutissent à ce vaste édifice près duquel s'élevaient les bâtiments conventuels des moines bénédictins.

Maintes fois endommagé par les attaques anglaises au cours de la guerre de 100 ans (13 et 14èmes siècles), le monastère est à peu près ruiné en 1558 par les Anglais et Hollandais réunis, qui ravagèrent le pays.

Qu'à cela ne tienne ! Il est reconstruit en 1656 par la Congrégation de Saint Maur.

.... mais voilà la Révolution. Il est vendu en 1796 comme bien national, et sert alors de carrière de pierres !

Ce n'est qu'en 1867 qu'il est classé comme Monument Historique.

St Mathieu, la mâchoire supérieure

Et comme nous ne sommes pas montés en haut du phare (163 marches), voici une vue d'avion de la Pointe, récupérée sur internet.

La Pointe St Mathieu

La Pointe St Mathieu

Entre ajoncs inextricables, bruyères et spectaculaires falaises, ce sont 2 heures de montées et descentes avec le bruit de la mer, le soleil (dans l'œil, ce qui fait de beaux contre-jours ou bien des photos loupées) et le vent.

St Mathieu, la mâchoire supérieure

Comme nous approchons du but, voici le Fort de Bertheaume, bâti sur l'île du même nom.

C'est un site occupé depuis la protohistoire, tout à fait propice pour garder le Goulet de Brest. Il est mentionné comme mouillage stratégique, dès 1397. Son château est cependant pris et brûlé en 1558 par la flotte Anglo-Flamande. C'est Vauban qui y reconstruira un fort à sa façon, et y mettra de l'artillerie pour protéger le mouillage. Ce n'est qu'à partir de 1870 que l'armement nouveau rend désuètes les installations de l'île.

En 1915, le fort devient une base d'observation avec des ballons captifs, et il reçoit une batterie allemande durant la dernière guerre.

Mais sa carrière n'est pas finie ! Il est maintenant occupé par l'association Bertheaume Iroise Aventure, qui propose des parcours iodés en rochers (via ferrata) et tyroliennes au-dessus de la mer d'Iroise. Impressionnante la vidéo ! et aussi des courses au trésor, style piraterie ou chevalerie ... De quoi passer de bons moment avec un peu d'adrénaline.

Le Fort de Bertheaume

Le Fort de Bertheaume

Après le pique-nique sur la plage (où personne n'avait envie de se baigner) nous avons pu admirer le paysage dans l'autre sens : c'est tout aussi beau !

Et comme on est en Bretagne, les premières gouttes de pluie sont tombées comme nous arrivions au parking !

Plage du Perzel (ou de Bertheaume)

Plage du Perzel (ou de Bertheaume)

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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 09:51

Aujourd'hui, grande excursion vers une des mâchoires de la tenaille : celle du bas, au bout du

Cap Sizun (réserve ornithologique), qui est l'extrémité occidentale de la Cornouaille, et se termine par la pointe du Raz, labellisée Grand Site de France. Donc, incontournable !

Depuis Lanildut, la route passe tout naturellement par Locronan.

Petite cité de caractère, classée au titre des Monuments Historiques et Plus Beau Village de France, Locronan est aussi un décor de cinéma !

De par l'architecture remarquable de ses maisons, du 15ème au 18ème siècle, Locronan ne peut qu'attirer les cinéastes ! Une trentaine de films et courts métrages y ont été tournés, dont Tess, Chouans, Un long dimanche de fiançailles ...

Le tournage de Tess a laissé un souvenir mitigé aux habitants : la place et les rues adjacentes avaient été recouverts d'une couche de boue de 20 cm !

Direction : Pointe du Raz

Un peu de toponymie :

Pour nous distraire en voiture, notre hôte et guide Breton nous a gratifiés de quelques repères linguistiques concernant les noms des villages du terroir. La première syllabe de leur nom évoque leur importance historique. S'ils commencent par :

Ker , c'était un simple village

Ti : une maison

Tré : une annexe de paroisse, où peut-être n'officiait qu'un vicaire

Loc : ce lieu était consacré, un prieuré avec un ermitage

Lau : également consacré, mais le prieuré était plutôt une abbaye

J'espère que j'ai bien tout retenu et que je ne vous dis pas de bêtise ...

En tout cas, je ne baragouine pas le breton.

Mais c'est en Bretagne que l'on trouve l'origine de ce verbe : baragouiner (définition : proférer des paroles inintelligibles)

Il est né dans les tranchées, pendant le guerre de 14-18. Car les poilus Bretons ne parlaient pas français. Ils n'étaient pas exigeants, mais ils réclamaient toujours "bara" et "gouine". Ce qui a donné : ils baragouinent ... ils voulaient simplement du pain et du vin !

Direction : Pointe du Raz

Ainsi, Locronan est Loc-Ronan, soit le lieu de l'ermitage de Saint Ronan.

D'après la tradition populaire, Saint Ronan serait un évêque venu d'Irlande au 5ème siècle. Lorsqu'il arrive dans la forêt de Nevet, haut lieu de culte celtique, il se trouve en proie à la haine et à la hargne d'une femme, la Keben ...

La légende de Ronan est riche en couleur, et fait référence à la lutte entre la nouvelle religion chrétienne qui s'impose à la religion plus ancienne. Dans l'église du Prieuré se trouve la chaire à prêcher réalisée en 1707, remarquable par les médaillons qui font le récit de la vie de Ronan sous la forme d'une bande dessinée.

Direction : Pointe du Raz

La légende de ce saint est importante, à Locronan. Le choix de la Chaire pour la représenter n'est pas anodin : c'est le lieu de la parole.

Pour découvrir sa vie mouvementée, vous pouvez cliquer sur la bande blanche :

A Locronan perdure la tradition de la Grande Troménie.

C'est une procession giratoire de 12 kilomètres qui a lieu tous les 6 ans. Les autres années, on fait la petite Troménie (6 km). La prochaine Grande Troménie sera le 14 juillet 2019.

Saint Ronan faisait la Troménie chaque semaine, pieds nus et à jeun. Alors malheur à celui qui ne suit pas l'exemple de l'anachorète. S'il ne fait pas la Troménie de son vivant, il sera obligé de la faire après sa mort en avançant tous les ans de la longueur de son cercueil. Avis aux amateurs !

D'évidence, cette procession est d'origine celtique. Autrefois, des pierres sacrées en jalonnaient le chemin. Une seule a survécu. Le parcours est jalonné de 21 croix, et 42 petites huttes de branchages sont construites et recouvertes de draps blancs pour abriter les statues des saints que l'on sort pour l'occasion. Les pèlerins revêtent leurs riches costumes traditionnels, ils portent les bannières brodées, les croix d'or et d'argent, la cloche et les reliques de Saint Ronan.

Quelques unes des statues et bannières de la Grande Troménie sont exposées dans l'église, avec le reliquaire :

Direction : Pointe du Raz

Des photos d'internet pour se mettre dans l'ambiance ?

Direction : Pointe du Raz

Puis nous avons repris la route, vers l'ouest. Douarnenez, d'abord, avec une belle vue du pont ... puis nous arrivons sur le Cap Sizun, et nous suivons la côte au plus près. Mais seul le Sentier Côtier (GR 34) la longe vraiment. La route ne permet de s'en approcher que de temps en temps.

La côte est très découpée, et les pointes se succèdent. Nous optons d'abord pour la Pointe du Millier.

Direction : Pointe du Raz

Un charmant village, Beuzec-Cap-Sizun, nous offre, à côté de sa si belle église Saint Budoc (?) des 16 et 17èmes siècles, une épicerie où s'acheter de quoi pique-niquer.

Direction : Pointe du Raz

Encore deux arrêts pour contempler la Mer d'Iroise au pied des rochers déchiquetés.

Au second, la route très étroite descend jusqu'à un mini port, auquel on accède aussi à pied par un escalier. C'est à la Pointe de Brézellec.

Direction : Pointe du Raz

Et enfin notre but : la Pointe du Raz, avec au fond, le célèbre Phare de la Vieille.

L'inscription sur les rochers est illisible. Quelque Breton qui me lit pourra-t-il me renseigner ?

Direction : Pointe du Raz

Au retour, petit arrêt sur le port d'Audierne, pour contempler les petits bateaux de pêche locaux, les "ligneurs" (notre guide est un passionné de cette pêche). Une pêche dangereuse pour un poisson sauvage recherché : le bar.

Avec cette vidéo, un peu longue mais très complète, c'est comme si vous y étiez ... mais sans se mouiller. En restant dans votre fauteuil !

Direction : Pointe du Raz
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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 07:34

Re-Bonjour !

Je viens de faire un court séjour dans un petit coin du Finistère, et j'y ai fait plein de découvertes. Ça change tellement de mes Pyrénées !

Commençons par les "abers". Qu'est-ce que c'est ?

Vite, Wikipédia !

"Un aber (mot celtique signifiant estuaire) est une baie formée par la partie inférieure de la vallée d'un fleuve côtier, envahie (en partie ou en totalité, selon la marée) par la mer."

Une sorte de fjord dans un pays plat ou presque. A marée basse, il n'y a que l'eau douce du fleuve, à marée haute la mer peut remonter très loin à l'intérieur des terres. Pratique pour y accueillir de petits ports.

Notre hébergement était situé entre l'Aber Ildut et l'Aber Benoît. En rouge sur la carte, qui comporte aussi les principaux lieux que j'évoquerai plus loin.

Au Pays des Abers

Au bord de l'Aber Benoît, la marée a découvert des parcs à huîtres. Et c'est un peu plus loin, en face de Saint Pabu, que nous irons nous approvisionner en fruits de mer.

Au Pays des Abers

Tant de paysages grandioses et de sites magnifiques ont forcément inspiré de nombreux contes populaires. D'ailleurs, le Pays des Abers se nomme aussi "La côte des Légendes".

En voici une attachée à Saint Pabu :

Jeanne, plantureuse cavalière, habitait une ferme sur l'île Garo, la première au large de l'Aber Benoît. Un matin de basse-mer, elle vint chercher son pain à St Pabu. Flâna-t-elle un peu en route ? Le temps presse pour le retour. Au lieu d'attendre le bateau, elle décide de tenter la traversée pendant que la mer est encore basse. Elle s'accroche d'une main à la crinière de sa solide jument blanche, de l'autre elle maintient sur sa tête son énorme pain de 12 livres, et s'engage dans l'eau à la pointe de Béniguet.

La bête et son fardeau arrivèrent à bon port à Garo, mais il fallut couper la crinière du cheval pour libérer la main de Jeanne où les crins avaient pénétré.

 

Et n'y a-t-il pas assez de mystère pour en inventer une sur cette charmante Vallée des Moulins, dont la rivière, le Garo, justement, se jette dans l'Aber Benoît ?

Au Pays des Abers

Justement, une autre source de légendes, ce sont ces mystérieuses pierres dressées, les menhirs. Peu importe que leur origine ne soit pas clairement connue. L'imagination populaire s'est chargée de leur fabriquer une histoire.

Ici, à Plouguin, le menhir de Lannoulouarn mesure 6,50 m hors sol, avec un périmètre de 8,80 m. Jusqu'en 1887, ils étaient 5 à se dresser sur la crête surplombant l'Aber Benoît. Il en est le seul rescapé. Il atteste de la présence d'une population ayant vécu il y a 3 millénaires avant notre ère.

Au Pays des Abers

A Plourin, un peu plus loin, le menhir de Kergadiou est encore plus haut : 8,75 m hors sol. Il est le second plus haut de Bretagne. La différence avec tous les menhirs que j'ai rencontrés dans le sud de la France, c'est qu'il n'est pas en pierre brute. Il n'est pas poli, mais presque !

Et voici sa légende :

Une dame venant d'Armor l'aurait volé à une vieille sorcière des îles britaniques. Celle-ci, furieuse, voulu le pulvériser en lançant dessus une autre pierre, à sa disposition. Mais elle rata sa cible de quelques 75 mètres. La pierre qui s'est fichée en terre auprès du menhir dressé mesure, elle, 11 mètres de long. Je vous laisse imaginer le poids du projectile (en granite !). Je vous laisse aussi imaginer comment nos ancêtres avaient pu l'amener sur cette colline haute de 63 m, sachant que la plus proche carrière de granite est à 4 kilomètres à vol d'oiseau ...

Au Pays des Abers

Et pour finir cette page, la voici cette côte des légendes, avec ses maisons de marins typiques, aux portes basses et aux murs épais, avec une cheminée à chaque bout.

Photos prises face à l'île de Melon, que l'on ne peut découvrir à pied que lors des grandes marées, et qui, malgré tout, comporte menhir et dolmen ...

Au Pays des Abers
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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 18:19

Quand le Gars verni fait son Cirque en automne, ça peut donner ça.

Randonnée au Cirque de Gavarnie par le Plateau de Bellevue, avec une petite variante arrivant au-dessus de l'Hostellerie. Le 31 Octobre, départ à 10 h, alors que le soleil n'éclaire pas encore la vallée.

Quand le Gars verni fait son Cirque ...
Quand le Gars verni fait son Cirque ...

A la cascade, le panneau directionnel était cassé. Nous avons suivi le sentier qui nous paraissait le plus logique. Mais la logique, en montagne ...

Par la suite, au lieu de descendre, le sentier s'est mis à monter, il a traversé des pierriers, parfois laminés par les pluies. Au pied de la falaise, le sentier continuait à monter en zig-zag, mais on ne le voit pas sur la photo. La pause casse-croûte s'est faite sur l'épaulement, juste au-dessus de l'Hostellerie du Cirque. Les pointillés représentent la descente, derrière l'épaulement.

Quand le Gars verni fait son Cirque ...
Quand le Gars verni fait son Cirque ...

Et le retour est plus tranquille, par le chemin des touristes ...

Quand le Gars verni fait son Cirque ...

A bientôt ...

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 08:36

Mercredi 21 Octobre 2015, 14ème jour.

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Un petit souvenir de Chisa, perdu dans la forêt ? Le voilà, vue du Pont de Bura :

A l'assaut de la "Bastiglia"

A Corte, une fois rendue la voiture, 4 clochards qui cassent la croûte (à notre crédit, remarquez la bouteille !) sur le quai de la gare, en attendant le train pour Bastia :

A l'assaut de la "Bastiglia"

BASTIA. Son nom vient de la Bastiglia, la forteresse initiale, édifiée fin 14ème par les génois. Située, avec le Palais des Gouverneurs (tout orange, devenu aujourd'hui Musée d'Art et d'Histoire) à un endroit stratégique, sur le promontoire rocheux qui domine l'anse de Porto Cardo, le vieux port de Bastia.

A l'assaut de la "Bastiglia"

Dominant le vieux port, qui invite au voyage, se dresse l'église Saint Jean-Baptiste, terminée en 1666. A son pied se tient le marché.

A l'assaut de la "Bastiglia"

Petit parcours à travers le vieux quartier qui entoure la citadelle.

A noter, l'Oratoire de la Confrérie de l'Immaculée Conception, avec ses murs tendus de damas de soie rouge, et ses pilastres de velours de Gênes. L'usage des parements de textiles muraux dans les églises de Bastia est une tradition génoise introduite dès 1589.

A l'assaut de la "Bastiglia"

Et voici le soir, et l'heure de rejoindre le bateau pour regagner Toulon, notre point de départ.

A un prochain voyage ! ...

A l'assaut de la "Bastiglia"
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19 novembre 2015 4 19 /11 /novembre /2015 10:39

Mardi 20 Octobre 2015, 13ème jour.

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Nous arrivons à Bonifacio en fin de matinée. Le plus difficile est de se garer.

C'est près du cimetière marin que nous avons trouvé le seul parking (payant) où il y a de la place.

Ce cimetière est un des plus beaux de la Méditerranée. Il est une ville dans la ville, où les morts habitent au milieu des vivants. Il y a des rues, des places, on y trouve sa maison, avec sa famille, ses amis pas loin ... Il est le reflet de la société bonifacienne, avec des chapelles plus moins belles, en matériaux plus nobles, selon son statut social. Il a accueilli ses premiers caveaux au début du 19ème siècle. Si certains tombent aujourd'hui en désuétude, la plupart sont entretenus d'un coup de peinture tous les ans.

La cité des falaises

Avec sa forteresse millénaire, ses maisons perchées à 60 m au-dessus de la mer, Bonifacio avait de quoi attiser notre curiosité. Mais je ne sais pas pourquoi, une partie du chemin de ronde était fermé. Dommage !

La cité des falaises
La cité des falaises

Alors, après le marché, la pluie, le resto et une courte promenade dans la ville, nous avons descendu le célèbre escalier du Roy d'Aragon !

Selon la légende, il aurait été creusé de main d'homme en une nuit par les troupes du Roy d'Aragon Alphonse V en 1420. Il compte 187 marches (de hauteurs inégales, allant jusqu'à 40 cm !). A quelques mètres au-dessus de la mer, par un chemin creusé dans la falaise, on arrive au Puits St Barthélémy.

C'est en réalité depuis plus de 2000 ans qu'une faille dans le calcaire permettait de descendre au niveau d'une nappe d'eau potable, par un chemin non aménagé et peu commode. Il aurait été aménagé en escalier, sur une période plus longue, par les moines franciscains, au 13ème siècle.

En voici une vue de la mer (Wikipédia)

La cité des falaises

et voici notre visite :

La cité des falaises

Pour admirer les falaises sans prendre de bateau, nous avons fait une balade au phare de Pertusato, le plus au sud de la Corse.

En passant au-dessus de la Punta di Sant Antoniu, nous avons bien cru voir un sous-marin émerger. Il apparaît sur la photo. Le voyez-vous ? ;-)

La cité des falaises

Et maintenant, cap au nord ! (on ne peut pas faire autrement, à moins de partir en bateau ...)

Au large, on n'aperçoit que l'archipel des îles Lavezzi. La Sardaigne est beaucoup plus loin !

Notre dernier hébergement sera à Chisa, au sud de Corte, où nous devons rendre la voiture, demain matin.

La cité des falaises
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18 novembre 2015 3 18 /11 /novembre /2015 09:14

Lundi 19 Octobre 2015, 12ème jour.

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Nous avons quitté notre sudiste D 69 pour nous diriger vers l'Est et le Col de Bavella.

Voilà vers quoi nous allons :

De fil en Aiguilles

Nous sommes en ALTA ROCCA, autrement dit : "La Terre des Seigneurs".

Ses larges versants sont boisés de pins maritimes, de chênes et de maquis. Son territoire, partie de l'ancienne seigneurie de la Rocca, s'étend entre Propriano à l'ouest, Porto-Vecchio à l'Est et Bonifacio au sud.

Dominant le Col, les Aiguilles de Bavella se caractérisent par des pics déchiquetés, de grandes murailles rocheuses et des pins tordus par le vent. On trouve 7 tours, culminant entre 1588 et 1900 m. On les appelle aussi "les Tours d'Asinéo". Mais nous n'irons pas en haut des tours (c'est réservé aux "hommes-araignées"), mais du col, nous irons côtoyer leur pied, sur la variante alpine du GR 20.

De fil en Aiguilles

Il y a des passages pas très faciles, mais on s'en sort toujours. Ici des marches un peu hautes qui nous obligent à "mettre les mains", là une large plaque lisse, équipée d'une chaîne. Le plus dur fut de la quitter, en faisant un grand pas.

De fil en Aiguilles

Encore des paysages magnifiques ...

De fil en Aiguilles

Et maintenant, nous passons le col Pargulu, à 1662 m, et redescendons par le versant opposé au col de Bavella. Il faudra contourner la montagne pour retrouver la voiture. De curieux cairns ponctuent notre chemin, faits d'entassements de pierres sur de vieilles souches. Et toujours un merveilleux paysage ...

De fil en Aiguilles
De fil en Aiguilles

Le soleil se couche lorsque nous arrivons enfin au Col de Bavella, où se trouve aussi le gîte d'étape pour la nuit.

Les photos en bas du montage, qui montrent les fameuses Aiguilles de Bavella, je les ai trouvées sur internet.

De fil en Aiguilles
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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 10:16

Dimanche 18 Octobre, 11ème jour.

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Encore un bon bout de route, ce matin.

Pour descendre de notre perchoir, d'abord, et reprendre la petite D 69 vers le sud, là où il fait beau et où l'altitude moins élevée nous permettra de randonner sans geler.

Notre but est le Plateau de Coscionne.

C'est un paysage très différent de ce qu'on a vu jusqu'à présent : à environ 1500 m, entre zones humides, vallonnements et vastes étendues planes, pointent quelques petits sommets dépassant à peine 1700 m. Certains sont ornés de galets géants qui font croire qu'ils sont en équilibre (mais ça tient bon !), d'autres en pierrailles toutes déchiquetées. Dans ces prairies, durant l'été, cohabitent en liberté cochons sauvages, vaches et chevaux. Ils sont maintenant redescendus et les bergeries sont vides, car l'automne aux somptueuses couleurs fait flamber les hêtres.

L'automne, sur un plateau !

Notre promenade d'aujourd'hui, sans ambition, nous mènera sur le GR 20, en une boucle, de la petite chapelle San Petru à la Punta di Tozzarella, à 1748 m, d'où nous aurons une vue à 360° sur le plateau et le Monte Incudine qui le domine, à l'Est, de ses 2134 m.

L'automne, sur un plateau !

Puis nous gagnons, en 1 heure de route, un gîte d'étape dans le village de Serra di Scopamène.

On y trouve une église du 15ème à clocher crénelé, de belles maisons en granite d'architecture altière, et aussi un moulin, récemment réhabilité. Il servait à la fois à presser les olives pour en faire de l'huile, au rez-de-chaussée, et, par un mécanisme débrayable, à écraser les châtaignes pour en faire de la farine, à l'étage supérieur, où se trouve la paire de meules et le canal d'amenée. Ce moulin témoigne d'un passé casténéicole important, dont il reste encore 150 hectares de châtaigniers.

L'automne, sur un plateau !
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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 11:09

Samedi 17 Octobre 2015, 10ème jour.

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La voiture de location nous permet d'explorer d'autres micro-régions de Corse, aux paysages totalement différents. Nous empruntons donc la D 69, une petite route qui descend droit vers le sud. Enfin droit, façon de parler ! car c'est une succession de virages, de vallées et de cols ...

En fin de matinée, nous arrivons à la petite station de ski de Ghisony, à 20 km du village et 1000 m plus haut. Il faut vraiment avoir envie de skier, car c'est le bout du monde ... vers le haut.

Comme ce lieu est sur le GR 20, il y a 2 gîtes d'étape, fermés à cette saison.

MAIS il y a aussi un refuge du Parc Naturel Régional de Corse (PNRC), le Refuge de Capannelle, qui lui, est toujours ouvert, mais accessible en un quart d'heure de marche. Chouette ! on reprend les sacs à dos !

Mais arrivés là, dans quel état on trouve le refuge !

Le poêle est encrassé, ça sent l'humidité et la vieille fumée. Il est urgent d'aérer et de chauffer un peu pour sécher. Mais pas de bois. Et comme le poêle demande des bûches d'un maximum de 40 cm de long, comment les couper ? Pas d'outils.

L'évier et la vaisselle sont dégueu. Pas d'éponge. Pour faire chauffer de l'eau, ça pue le gaz dès qu'on ouvre la bouteille : il y a une fuite quelque part, c'est sûr ...

Allez, on s'organise : les 2 Cosettes se mettent à ramasser du bois mort, pendant que l'eau chauffe, toutes fenêtres et portes ouvertes. Le ramoneur s'occupe du poêle et le bûcheron part aux bergeries en bas de la côte pour tenter d'emprunter des outils. Comme il ne ramène qu'une scie usée, ils se mettent à 2 à la coupe du bois. Et l'eau chaude permet de faire la vaisselle et le café, malgré l'odeur de gaz ...

Cosettes, bûcherons, ramoneur and Co ...

Après le casse-croûte, départ de 3 d'entre nous pour le Lac de Bastani, à 2063 m, soit seulement 400 m de dénivelé. La fin de l'ascension se fera encore avec de la neige, de la glace et du vent. Nous ne moisirons pas là-haut, mais ça en valait vraiment la peine et nous console de notre échec dans la Restonica.

Cosettes, bûcherons, ramoneur and Co ...

Et pendant que nous montions vers le soleil, la mer de nuages se formait dans notre dos, dans la vallée. Maintenant, il faut y plonger. Mais par quel chemin ? On a failli se perdre sur cet itinéraire non balisé. Mais heureusement les cairns nous ont remis sur la bonne voie.

Cosettes, bûcherons, ramoneur and Co ...

En arrivant au refuge, bonne surprise : avec un autre randonneur arrivé au refuge, notre bûcheron-ramoneur a fini de couper le bois récolté, et le feu ronfle.

Il a même réussi à trouver, aux bergeries d'en bas, quelqu'un qui lui a donné le joint manquant pour le raccord de la bouteille de gaz.

Tout va bien pour une soirée paisible ...

Cosettes, bûcherons, ramoneur and Co ...
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5 novembre 2015 4 05 /11 /novembre /2015 16:59

Jeudi 15 Octobre 2015, 8ème jour.

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Deux jours de relâche, ce n'est pas forcément deux jours de repos !

Nous commençons par la lessive. Nous en avons bien besoin.

Il y a aussi les courses. Car ici, nous ne sommes pas en demi-pension, et nous devons prévoir tous nos repas, sans restes incommodes à transporter. Mais rester encore 2 nuits (ça fera 3 en tout) au même endroit, ça fait du bien ... tout comme dormir dans des draps ! ou faire la sieste ailleurs que sur un caillou !

Mais on ne peut pas rester sans marcher. Aussi, ce premier jour, ce sera la visite de la vieille ville de Corte et du belvédère de la Citadelle.

La Citadelle de Corte est la seule des 6 citadelles corses à être construite à l'intérieur des terres. Elle est au centre de l'île, et a été construite en 2 temps : - en 1419, le vice-roi de Corse, vassal du roi d'Aragon qui mène la résistance contre la république de Gènes (à qui "appartient" alors la Corse), fait construire le château au sommet du rocher qui domine la ville.

- en 1769, après la défaite de Ponte Novu, la Corse passe sous domination française. Le comte de Vaux, qui occupe Corte, entreprend la construction de la citadelle, de type Vauban, pour renforcer le système de défense de la ville.

Ensuite, pendant la seconde guerre mondiale, sous l'occupation italienne, des patriotes corses y furent incarcérés. La citadelle, poursuivant sa vocation militaire, a été occupée dès 1962 par la Légion Etrangère, retour d'Algérie. Puis l'édifice est revenu à la ville de Corte, en 1983.

Aujourd'hui, depuis 1997, dans la caserne Serrurier, elle abrite le Musée Régional d'Anthropologie de la Corse, témoignage de l'attachement des insulaires à leur patrimoine.

Courte relâche à Corte

A Corte, la place principale, c'est la Place Paoli. Qui c'est, celui-là ?

Peu aimé en France, Pascal Paoli, héros corse du 18ème siècle, est considéré comme l'opposant à la cause française. Chef d'un Etat Corse qui a existé de 1755 à 1769, il est regardé comme un grand homme ailleurs dans le monde, surtout en Angleterre et aux Etats-Unis.

En effet, en novembre 1755, Pascal Paoli a proclamé la Corse nation souveraine et indépendante de la République de Gênes. Il a créé la constitution corse, qui a été la première Constitution écrite selon les principes des Lumières, y compris la mise en œuvre du droit de vote des femmes, plus tard révoquée par les Français quand ils ont pris l'île en 1769. La république a créé une administration, un système de justice, a fondé une armée, et frappé sa propre monnaie en 1761, avec l'impression de la tête de maure, le symbole traditionnel de la Corse.

Courte relâche à Corte

En 1755, pour des raisons stratégiques, Pascal Paoli établit son gouvernement à Corte. En 1765 la petite cité accueille l'Université et devient le symbole de la Corse unifiée et indépendante. Charles Bonaparte, père de Napoléon 1er, y étudie le droit, s'engage aux côtés de Paoli, puis se marie avec Letizia. Napoléon, leur second fils, fut conçu à Corte.

La chute de la Nation Corse en 1769 mettra fin définitivement au statut de capitale de Corte. Son Université est fermée. Elle ne rouvrira ses portes qu'en 1981, sous l'impulsion d'une vaste mobilisation populaire.

Courte relâche à Corte

La photo du jour : évacuation des eaux usées, système périmé !

Courte relâche à Corte

Vendredi 16 0ctobre 2015, 9ème jour.

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Hier, nous avons aussi fait le nécessaire pour louer une voiture, et très tôt nous quittons Corte pour la journée vers le sud-ouest. Direction : Gorges de la Restonica, Bergerie de Grotelle et son parking, 18 km. Puis à pied, 600 m de dénivelé jusqu'au Lac de Capitello, l'une des 7 merveilles de la Corse. Cette vallée a été classée Grand Site National en 1966.

Il y a du soleil, mais le vent est glacé. On aperçoit la neige sur les sommets à partir de 1500 m.

En descendant de voiture, au parking à 1340 m, on gèle sur place ! On n'avait pas prévu ça.

Plus on monte, plus il y a de la neige. Pas épais, juste un saupoudrage, mais elle est verglacée sur les pierres, les flaques d'eau sont gelées. On glisse sur cet itinéraire qui n'est pas toujours un sentier, mais une errance de marque en marque et de roc en roc. Et on pense à ce que sera la redescente, sur ce verglas.

Nous avons renoncé peu avant les échelles, vers 1600 m. Moins de 100m avant le premier lac. Sans gants et sans vêtements chauds, nous étions gelés.

Tant pis. C'est seulement sur internet que nous voyons, comme vous, ces joyaux de la montagne, les Lacs de Melo et de Capitello :

Courte relâche à Corte

Mais le chemin parcouru était tout de même très beau !

Courte relâche à Corte
Courte relâche à Corte

A midi nous sommes de retour à Corte.

Pour l'après-midi, nous irons donc au nord de Corte. Car là, pas de risque de neige, l'altitude est moins élevée. C'est bien pratique, une voiture.

Ce seront donc, dans les Gorges du Golo, la Scala di Santa Regina.

C'est le nom donné au chemin, longtemps unique voie de circulation entre le Niolu et la plaine. Son nom évoque de magnifiques lacets en pierres dessinés dans la roche granitique. Il vient des escaliers (scala) qui semblent taillés dans le roc. Ce monument architectural témoigne du savoir-faire des hommes (technique de la pierre sèche) et des pratiques ancestrales (la transhumance).

Son tracé part de la Funtana di i Vignenti (St Vincent ?) et longe le cours du Golo sur sa rive gauche dans un remarquable défilé creusé dans de la roche de granite rouge, jusqu'au village de Corscia, à 4 km. Mais nous y arrivons trop tard pour aller jusqu'au bout, et nous ferons un peu plus de la moitié du chemin, en aller-retour.

Ce sentier est l'autre extrémité du Sentier de la Transhumance, dont je vous ai parlé ici :

Courte relâche à Corte

Le défilé de la Scala di Santa Regina est un très long ravin désolé, hostile, sauvage. Un étrange corridor de roches de granite rouge, de rocaille et de caillasse. La rare végétation et représentée essentiellement par des genévriers cades qui poussent sur les parois rocheuses, on se demande comment car il n'y a pas de terre.

Courte relâche à Corte

Ces 3 heures de balade nous donnent une furieuse envie d'y revenir, une autre année, pour faire en entier ce Sentier de la Transhumance ! (il dure normalement une semaine).

En attendant, pour profiter à fond de notre appart'hôtel, ce sera une crêpes'party, avec Michel aux fourneaux. Et puis la belote jusqu'à ... point d'heure !

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Published by scandinadream - dans En France
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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