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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 09:21

L’Alt Emporda (Haut-Ampurdan) est située à l'extrémité nord-est de la Catalogne, à l'endroit où commence à se dessiner la Costa Brava.
Elle est marquée par la proximité entre la mer et les Pyrénées,

Au-dessus de la petite ville de Port de la Selva, juste au nord du Cap de Creus, une petite route grimpe ver le Monastère de Sant Pere de Rodes.

Vers le bas, quel paysage !!

La perle de l'Alt Emporda

Mais le haut n'est pas en reste ! Il suffit de lever la tête pour découvrir un ensemble monumental d'exception, dont le monument principal est le Monastère Sant Pere, à partir duquel prospérèrent le château de Verdera et le village de Santa Creu.

 

La perle de l'Alt Emporda

La fondation de cet ensemble remonte au 9ème siècle, dans le cadre de l'expansion de l'ordre monastique bénédictin dans les comtés catalans, mise en œuvre par la monarchie française. Ce qui nous permet de découvrir en un seul site les espaces représentatifs des 3 classes sociales sur lesquelles se fondait la société médiévale :

-  les oratores, qui priaient

-  les bellatores, qui guerroyaient

-  les laboratores, qui travaillaient

C'est la troisième fois que je viens sur ce site. La première fois, j'ai visité le monastère, la seconde fois le château, et cette fois-ci, je me suis attardée au village. Vous pouvez retrouver mon diaporama de la visite du monastère en cliquant sur la ligne blanche du lien ci-dessous :

Santa Creu était une cité prospère. Sa structure urbaine était celle d'une ville close, c'est à dire une ville où les façades arrières des maisons font fonction de murailles, et on ne peut y accéder que par des portails fortifiés.

Le centre névralgique est la place de l'église (10ème siècle) autour de laquelle se trouvent les maisons, séparées par des rues qui y débouchent.

En raison des nombreux pèlerins, Santa Creu fut un lieu prospère, accueillant des foires et des marchés, avec des aubergistes, des tailleurs, des boulangers, des forgerons ou des notaires qui offraient leurs services à quiconque arrivait au monastère.

La perle de l'Alt Emporda

Santa Creu de Rodes vécut son plus grand moment de prospérité aux 13ème et 14ème siècles, quand certaines maisons furent agrandies et quand des quartiers furent construits extra-muros. Le 15ème siècle fut le début d'une période de décadence et d'abandon progressif du village.

L'église devint alors l'ermitage de Santa Helena qui continua le culte jusqu'à la fin du 19ème siècle.

La perle de l'Alt Emporda

Le Château de Sant Salvador de Verdera est juché au point le plus élevé de la Serra de Rodes, à 670 m. La vue imprenable sur le territoire et sa difficulté d'accès lui fournirent une grande valeur stratégique et militaire à l'époque médiévale.

Construit au 9ème siècle, le château joua un rôle majeur dans plusieurs guerres. Entre les 14ème et 15ème siècles, l'évolution des techniques de combat et l'apparition de l'artillerie lui fit perdre sa fonction militaire, et dès le 16ème, il ne fut plus qu'un poste de guet contre la piraterie.

La perle de l'Alt Emporda

 

On ignore l'origine du monastère de Sant Pere de Rodes, ce qui donna lieu dans le passé aux spéculations et aux légendes comme celle de sa fondation par des moines qui y seraient venus avec les restes de Saint Pierre et d'autres saints qu'ils voulaient protéger de la profanation par les hordes barbares qui arrivaient sur Rome. Le danger des envahisseurs passé, le pape Boniface IV aurait alors ordonné de construire l'église.

La première documentation officielle de l'existence du bâtiment date cependant de l'année 878. Il est mentionné une cellule monastique simple consacrée à saint Pierre. Il faut attendre l'année 945 pour que le lieu soit considéré comme un monastère bénédictin indépendant. Il atteint son apogée entre les XIe et XIIe siècles.

Le monastère eut une extraordinaire vitalité jusqu’à la fin du XIVe siècle, de nombreux jubilés y sont célébrés. Puis il tomba en décadence, avec le relâchement de la vie communautaire, le manque de dons à faveur du monastère... auxquels on doit ajouter les effets de la peste noire (1345), qui tua vingt-quatre moines. La peur de la piraterie fit fortifier le site.

À partir du XVIIe siècle, il est pillé et en 1793, il est abandonné par la communauté bénédictine, qui part d'abord à Vila-Sacra puis à Figueras en 1809, jusqu'à sa dissolution.

En 1930, il est déclaré monument national et, en 1935, le gouvernement de la Catalogne commence les premières restaurations.

La perle de l'Alt Emporda

Le cloître du XIIe siècle est la partie centrale du couvent autour de laquelle se répartissent les autres édifices. Il fut construit par-dessus un premier cloître plus ancien, dégagé lors de fouilles récentes. Il ne reste presque aucun élément d'origine du cloître moderne, la quasi totalité de ses colonnettes et chapiteaux ayant été dispersés et vendus, provoquant l'effondrement de certaines galeries.

L'église, consacrée en 1022, de style roman, est sans comparaison avec les canons de son temps. Les trois parties de la nef sont délimitées par une double colonnade avec chapiteaux d'influence corinthienne. Les colonnes adossées aux piliers proviennent d'une construction précédente. Le grand vaisseau central est splendide, avec un déambulatoire dans l'abside, qui semble être continué par les deux collatéraux. Il y a une crypte sous l'abside. L'église, qui synthétise avec originalité une série de courants architecturaux, comme le carolingien, le préroman et les constructions romanes, est considérée comme l'une des principales représentantes de l'architecture romane en Catalogne.

 

La perle de l'Alt Emporda

Le clocher carré du XIIe siècle est d'une influence lombarde du siècle précédent.

À son côté, une tour de défense, ou tour de l'hommage, a probablement été commencée au Xe siècle avant de passer par un long processus de construction et de modifications au fil des siècles. Ses murs ainsi que celui qui la relie au clocher contiennent de nombreuses assises de pierres rangées en arrête-de-poisson.

La perle de l'Alt Emporda

Il existe un autre trésor relatif à ce monastère : une Bible, écrite et illustrée entre 1010 et 1025. Elle est actuellement conservée à la Bibliothèque Nationale de France, à Paris.

Si vous voulez voir quelques unes de ses magnifiques illustrations, cliquez sur la ligne blanche de ce lien :

Et si, avant le coucher du soleil, on faisait un saut de géant vers le sud-est, jusqu'au Cap de Creus ?

Le Cap de Creus a été déclaré Parc Naturel en 1998 et se caractérise par deux zones protégées, l’une marine et l'autre terrestre. Le Cap, reconnaissable grâce au phare érigé en 1853.

La région abrite de nombreux dolmens et autres découvertes archéologiques datant de la préhistoire, et l’histoire des villages environnants remonte à l’époque des Grecs et des Romains.

Le paysage du Cap est irrégulier, la péninsule principale s’incruste dans la Méditerranée formant de petits promontoires et îlots couverts d'une dense végétation d'arbustes. À l’extrême est se dresse le célèbre phare, entouré de buissons de thym et de romarin.

La perle de l'Alt Emporda

Bonne nuit, et à bientôt ...

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 14:33

 

Aujourd'hui nous sommes à la frontière des Pyrénées Orientales et de l'Aude, à 728 m d'altitude, sur un piton rocheux. C'est le

 

Château de Quéribus

 

Un peu d'histoire :

Quéribus, le "Rocher des Buis", est mentionné pour la première fois en 1020. Ses droits de propriété sont partagés entre le Vicomte de Narbonne et le Vicomte de Besalù (en Espagne). Puis, en 1111, le voilà intégré, par mariage, au Royaume d'Aragon, où il joue un rôle prépondérant dans la défense de sa frontière nord.    

Citadelle Cathare

Mais c'est l'époque de la croisade contre les Albigeois (les Cathares).

Quel sera son rôle ?

Il accueille de nombreux chevaliers des Corbières, chassés par la croisade et le pouvoir royal. Le parfait cathare Benoît de Termes vient y finir ses jours entre 1233 et 1241.              

Après la prise du château de Montségur, Quéribus reste la seule place qui accueille les derniers insoumis refusant l'ordre nouveau imposé par l'Eglise et le Roi de France. Cette situation devient vite intolérable à la Couronne, car depuis 1239 le château a été officiellement acheté par Louis IX, dit Saint Louis, au régent d'Aragon.

Onze ans après la chute de Montségur et quinze ans après celle de Peyrepertuse, en 1255, Quéribus est le dernier bastion à tomber aux mains des Croisés (en fait, Chabert de Barbaira est contraint d'abandonner la citadelle au sénéchal de Carcasonne en échange de sa liberté).

Aujourd'hui encore, on ne connaît pas le sort réservé aux hérétiques et aux chevaliers réfugiés dans ces murs

Citadelle Cathare

Après les évènements de la croisade contre les Albigeois, le château devient forteresse Royale, en 1255. Ce changement provoque des réaménagements du bâti.

Retournement de l'Histoire : en 1258, Quéribus devient le fer de lance du royaume de France face à la couronne d'Aragon, et en 1473 le château est assiégé et pris par les troupes du roi d'Aragon.

Il ne perdra son intérêt stratégique qu'en 1659, lors de la signature du traité des Pyrénées, qui fixe la frontière entre la France et l'Espagne à son emplacement actuel.

 

Citadelle Cathare

Fin 18ème, plus de châtelains ni même de capitaines en résidence. La forteresse, à l'abandon, va se dégrader et devenir un repaire de brigands, parmi lesquels "une fille de Vignevieille travestie en homme".

La forteresse tombe dans l'oubli, les paysans des environs viennent y chercher des poutres pour leurs maisons (que la forêt rabougrie des environs ne leur offrent plus), ce qui précipite sa ruine, puis des pierres.

Ce n'est qu'en 1907 qu'elle a été classée Monument Historique.

Citadelle Cathare
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 08:11

Ce n'est pas un concert pour les oreilles, mais un concert pour les yeux !

Car les Orgues où je vous emmène sont celles d'Ille-sur-Têt. Toujours dans les Pyrénées Orientales, région du Ribéral.

Ici, la nature se fait artiste

Dans la vallée de la Têt, à mi-chemin entre mer et montagne, le site des orgues offre au regard ses étonnantes sculptures naturelles que sont les « cheminées de fées ». C’est un paysage minéral unique aux reliefs colorés. Sa beauté est fragile et éphémère. Il présente aux intempéries des falaises de sables et d’argiles que les pluies ont patiemment ciselées. L’érosion a travaillé comme un artiste, entaillant, incisant, sculptant la matière de balafres ou de stries pour donner à la roche cet aspect écorché, presque lunaire.

Au concert d'Orgues

 

L'aspect des "Orgues" ne se comprend que dans une ambiance climatique où des pluies violentes s'abattent avec brutalité sur des régions pentues. La force érosive des eaux courantes est, par moments, considérable, d'autant que le matériel rocheux est facile à affouiller. L'incision des ravins est donc particulièrement rapide et peut se comparer à un "trait de scie" qui laisse de part et d'autre des versants verticaux. La pluie a peu d'action sur ces derniers, précisément en raison de leur verticalité qui les protège de l'impact des gouttes et du ruissellement. L'érosion agit là où coule l'eau, au fond des ravins. Elle arrache sans difficulté les argiles, les sables et les galets. Parfois, le torrent ronge la base des parois qui s'effondrent par tranches successives selon des fissures prépa­rées par la dessiccation estivale intense. Ici et là, des "chapeaux" de roches plus résistantes - des nappes de galets consolidées ou de gros blocs rocheux - arment des secteurs qui sont alors mieux protégés. Ce sont les "cheminées de fées".  Ailleurs, un réseau de crêtes étroites sinue entre des vallons profondément disséqués.

Au concert d'Orgues

La vitesse d'évolution de telles formes est fantas­tiquement rapide, si on la compare à celle des autres phénomènes géologiques. D'habitude, l'unité de compte du temps de la Terre est la centaine de milliers d'années et plus souvent encore le million d'années. Ici, en quelques centaines d'années, le paysage peut être radicalement trans­formé. D'une pluie importante à l'autre, on observe des différences notables.

Voici 2 vues prises du belvédère au-dessus, l'une au printemps, l'autre en hiver.

Au concert d'Orgues
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:54

Un petit coucou des Pyrénées Orientales ! Région des Aspres.

Je vous invite à visiter le Prieuré de Serrabone, l'un des plus impressionnants édifices de l'art roman catalan.

Situé sur la commune de Boules-d'Amont, dans la vallée du Boulès, au cœur des forêts de chênes verts, Sainte-Marie de Serrabona (Serra bona : la bonne montagne) est une église fondée au Xe ou au XIe siècle dont la première mention apparaît dans un document daté de 1069.
En 1082, une communauté observant la règle de Saint Augustin s'installe, sous le patronage de seigneurs locaux et du vicomte de Conflent, qui lui accordent biens et revenus.
 

 

 

La journée Sera Bonne  !

Les religieux augustins mènent, à l'instar des moines, une vie communautaire mais assurent également le service paroissial. Dans la première moitié du XIIe siècle, à côté de l'église, ils construisent des lieux qui leur sont propres : cloître, salle capitulaire, réfectoire, dortoir... et dotent le prieuré d'une parure sculptée.

Soixante-dix années s'écoulent avant que l'église rurale ne se transforme en prieuré. En 1151 le nouvel édifice est consacré, en présence d'évêques et d'abbés. Un an plus tard, le prieuré et ses biens sont donnés au nouveau diocèse de Solsona, en Catalogne espagnole, qui le conservera jusqu'en 1896. Mais l'église Sainte Marie reste pendant deux siècles la paroisse du petit village de Serrabona.


 

La journée Sera Bonne  !

Durant la révolution française, une curiosité fut à l'origine d'un désaccord entre la France et l'Espagne. En effet, Serrabone était toujours une dépendance de Solsona. Or les révolutionnaires déclarèrent que les biens de l'Eglise faisaient désormais partie du patrimoine de l'Etat. Ainsi furent vendus la majorité des édifices religieux qui n'étaient pas des églises, mais Serrabone fut seulement mis sous séquestre car il n'appartenait par à l'Eglise française. Il fallut attendre le concordat en 1802 pour qu'il soit rendu à Solsona.

On signale que bergers et troupeaux se réfugient occasionnellement dans le cloître ou l'église. En 1819 un effondrement partiel de la nef se produit. C'est alors que Jaubert de Passa, grande figure locale, s'y intéresse. Il fit différentes actions pour élever à nouveau l'édifice.

Remarquée par les archéologues, l'église est visitée par Mérimée en 1834 : elle devient l'un des tout premiers "monuments historiques". A partir de 1836 les premiers travaux de consolidation sont réalisés, complétés au XXe siècle par de nombreuses campagnes de restauration qui vont assurer le sauvetage définitif de l'édifice.

Offert au Département des Pyrénées-Orientales par la famille Jonquères d' Oriola en 1968, le Prieuré de Serrabona est depuis cette date ouvert au public.

 

La journée Sera Bonne  !

Les murs épais de la nef sont construits en schiste local débité en moellons allongés. L'appareillage de la seconde construction est plus élaboré, constitué de gros blocs de schiste taillés et ajustés avec soin. A Serrabona, les sculptures du cloître, du portail, de la fenêtre absidiale et de la tribune sont entièrement ouvragées en marbre rose du Conflent. Elles offrent un contraste étonnant avec le vert - gris du schiste.

 

La journée Sera Bonne  !

La tribune est considérée comme l'exemple le plus remarquable d'un travail de sculpture pour l'époque romane en Pays Catalan. La qualité du matériau utilisé, un marbre du Conflent, contribue à magnifier ce chef d'œuvre non signé réalisé aux alentours de 1150.
Trois arcades surmontées d'une corniche composent la façade. Son aspect ciselé en faible relief s'oppose aux chapiteaux en ronde-bosse.


La façade reprend dans son décor les symboles chrétiens tirés du texte de l'Apocalypse, placés dans les écoinçons des arcs. A l'extrémité, deux anges aux mains ouvertes, leurs ailes couvrant leurs corps. Le lion symbole de Marc est placé à côté de l'aigle de Jean. A l'opposé, le taureau symbole de Luc, avoisine l'homme ailé de Mathieu. Ces quatre représentations entourent l'image du Christ, représenté sous les traits de l'Agneau disposé dans une mandorle. Autour de ce message, un décor végétal varié, de palmettes, de roses à quatre pétales et de rinceaux occupe la surface.

La journée Sera Bonne  !

A l'exception d'un chapiteau mettant en scène Saint Michel terrassant le dragon, la sculpture de Serrabona n'est pas narrative, mais symbolique.

Des lions occupent les angles des chapiteaux, des aigles, des singes et d'autres animaux fantastiques complètent ce bestiaire étonnant.

Certains aspects de ce décor sculpté montrent que les artistes de l'époque romane ont nourri leur inspiration au travers de nombreux échanges culturels avec l'ensemble du pourtour méditerranéen.

La journée Sera Bonne  !

Et voilà.

Cette merveilleuse architecture de marbre, adossée au Canigou, est incontournable pour tous ceux qui viennent visiter les Pyrénées Orientales ...

Une dernière image :

La journée Sera Bonne  !
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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 19:32

Jeudi 23 mars 2017

LOSILLA DE ARAS

Nous aimons rouler sur les petites routes, et choisissons souvent, sur la carte Michelin, celles qui sont bordées de vert, ce qui signifie : route pittoresque.

C'est ce que nous avons fait en quittant Chelva. Mais cette fois, la route verte nous a menés à une route cartographiée par des pointillés alternativement rouges et blancs. Signification : route en mauvais état. Elle part du minuscule village de Losilla de Aras, et s'étire sur 19 km, en passant par Hoya de la Carrasca, dans un paysage superbe.

Voilà pour nous une garantie : en vélo, même une mauvaise route est meilleure qu'un chemin, et il n'y aura pas, ou peu, de voitures !

BIENTOT  LE  RETOUR

Et nous voilà partis, laissant Charly se reposer dans le camion de ses 15 km d'hier.

Ce que ne disait pas la carte Michelin au 400 000ème, c'est le dénivelé, environ 500 m. Alors nous avons fait demi-tour à l'étoile jaune de la photo, au bout de 12 km, après le petit hameau de Hoya de la Carrasca et son joli ermitage.

Et nous avons vu 3 voitures en 24 km.

BIENTOT  LE  RETOUR

Et voilà quelques uns des fabuleux paysages que l'on peut admirer entre Ademuz et Teruel, route N530.

Et encore, j'en ai raté plein. Pas facile de prendre des photos en roulant.

BIENTOT  LE  RETOUR

Vendredi 24 mars 2017

MONTORO DE MEZQUITA

Nous voilà de retour dans le Maestrazgo (voir Moralla et Ares de Maestrat)

Encore quelques photos prises en roulant : des villages perchés au-dessus de canyons, des ermitages, des paysages …

 

BIENTOT  LE  RETOUR

Montoro de Mezquita : petit village perdu au bout d'une route guère plus large que la voiture, et dont la vallée est bouchée par un canyon de 3 mètres de large et 100 mètres de haut. Juste pour laisser passer le rio Guadalope.

Nous partons pour monter à un mirador installé à 180 mètres au- dessus. Mais l'itinéraire devient un peu trop « hard » avec Charly. Il faudrait le porter dans des conditions difficiles, et nous renonçons alors qu'il nous restait environ 30 m de dénivelé à grimper.

Sur la photo, le mirador est à peu près à l'étoile jaune, et le canyon est à l'étoile bleue.

BIENTOT  LE  RETOUR
BIENTOT  LE  RETOUR

Nous nous sommes consolés en descendant le plus près possible du canyon. On ne peut y pénétrer, car le Guadalope occupe toute la place.

BIENTOT  LE  RETOUR

De nouvelles rencontres :

Les unes défendent bien leurs jeunes feuilles contre l'appétit des autres …

BIENTOT  LE  RETOUR

Samedi 25 mars 2017

LAS CUEVAS DE CAÑART

Incroyable, ce village. Si perdu et si joli !

Des ressources agricoles faibles ajoutées à l'isolement imposé par les montagnes abruptes qui l'entourent ont fait passer sa population de 800 habitants à moins d'une centaine. Et pourtant tout ici témoigne d'un passé florissant : les deux portes médiévales sont le reste des anciennes murailles, le four médiéval, les belles façades des maisons sur la Plaça Mayor, l'église, le Couvent des Conceptionistes Franciscaines, et même l'église du Couvent des Pères Servitas, détruit durant les guerres carlistes, dont les ruines témoignent de la richesse de l'ordre.

BIENTOT  LE  RETOUR

Aujourd'hui, la piste de 16 km qui permet d'y accéder par l'ouest est enfin goudronnée. Avec une agriculture survivante, quelques gîtes de tourisme à louer, un grand hôtel restaurant et un centre de VTT pour le Maestrazgo, il semble qu'il y fasse encore bon vivre.

BIENTOT  LE  RETOUR
BIENTOT  LE  RETOUR

Un petit tour en vélo dans cette géographie fantastique ? Oui, mais il y a intérêt à avoir un moteur !

Nous n'en avions encore jamais montée de si raide (au moins 30%) si longtemps. Partis de la porte médiévale dans le village, nous n'avons osé nous arrêter (sous peine de ne pas pouvoir redémarrer) avant presque un kilomètre, en pleine montagne, à un carrefour. Là nous avons choisi la route horizontale, mais la première continuait à monter tout droit. Ils ne connaissent pas les virages en épingle qui adoucissent les côtes, par ici.

BIENTOT  LE  RETOUR

Et je n'oserais pas me lancer dans une analyse géologique de la région en voyant des formations rocheuses si diverses juxtaposées dans cette seule vallée …

BIENTOT  LE  RETOUR

Après avoir quitté ce si bel endroit, nous avons longé un lac de barrage, l'Embalse de Santolea, par une toute petite route. Ça donne ceci :

BIENTOT  LE  RETOUR

Dimanche 25 mars 2017

ALQUEZAR

Il faut rouler, rouler vers le nord, pour traverser des plaines, tantôt cultivées, tantôt trop pauvres pour y récolter quoi que ce soit.

Et voilà le Somontano, riche région viticole autour de Barbastro. Pas de petits propriétaires, mais de gigantesques vignobles, et quelques bodegas (caves) très importantes, comme l'Entreprise de Fraga Sientos Costa …

BIENTOT  LE  RETOUR

Enfin nous arrivons à Alquézar.

Le site** est saisissant : au détour de la route apparaît le village accroché au rocher et dominé par son château-collégiale construit sur le rebord du canyon du Río Vero.

BIENTOT  LE  RETOUR

La vieille ville déploie un dédale de ruelles tortueuses bordées de maisons aux façades blasonnées. Certaines de ces ruelles passent même sous des maisons. Jolie Plaza Mayor, avec ses arcades.

BIENTOT  LE  RETOUR

Au 9ème siècle, les Arabes avaient édifié sur les lieux un château : Al-Qasr (qui a donné son nom au village) qui fut repris en 1067 par le roi chrétien Sancho 1er. A cette époque et jusqu'au 12ème siècle furent élevées les murailles et les tours..

BIENTOT  LE  RETOUR

La collégiale de Santa María la Mayor fut transformée vers 1530.

Joli cloître roman aux chapiteaux sculptés dans un style archaïque mais expressif. Et beaux restes de peintures … et belle vue sur le canyon !

BIENTOT  LE  RETOUR

Nous allons dormir sur le parking, et demain matin ce sera une petite balade de 5 km le long du Río Vero, que l'on traverse à plusieurs reprises sur des passerelles. Un petit avant-goût avec ces quelques vues prises du village.

BIENTOT  LE  RETOUR

Lundi 25 mars 2017

QUE DE NEIGE !

Notre beau projet est tombé à l'eau ! Il pleut des cordes, ce matin.

Et les balades suivantes, que nous avions prévues dans le Parc Naturel du Mont Perdu, sont complètement sous la neige. Nous prenons donc la décision du retour, attendu que ça ne va pas s'arranger du jour au lendemain.

Voyez plutôt la route du retour, côté sud des Pyrénées, à seulement 400 m d'altitude :

BIENTOT  LE  RETOUR

J'espère que vous avez pris du plaisir à ce petit reportage, et qu'il vous donnera envie de visiter ces belles régions.

En attendant un prochain voyage … portez-vous bien !

 

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 19:22
Voyage en Espagne, hiver 2017
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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 20:30

Dimanche 19 mars 2017

ALCALA DEL JUCAR

Sur ce plateau tout plat, on dirait que la vigne est plantée jusqu'à l'infini ! Et depuis longtemps. Regardez ces vieux ceps tous noueux. Ils ont au moins une centaine d'années !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Il y a beaucoup de vigne jeune aussi, et nouvellement plantée.

Mais ce plateau nous réserve une surprise : comme dans les Causses, la rivière (le Jucar) a creusé son lit dans cette roche calcaire, et d'un seul coup on se retrouve au-dessus de ce beau village : Alcalá Del Jucar. C'est un des plus beaux villages d'Espagne, et je ne sais pas de quel côté il est le plus beau !

DE  RIOS  EN  CANYONS
DE  RIOS  EN  CANYONS

Sur la carte, notre itinéraire (vélo : 31 km) est en orange.

Nous sommes donc partis du haut du village, que nous avons dévalé, les freins serrés, par d'étroites ruelles (dont une avec des marches !) jusqu'à l'église, puis marche par marche jusqu'au pont médiéval sur le Jucar. Ouf ! Heureusement que nous avons de bons freins !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et puis, par une piste, nous avons suivi tous les méandres du Río jusqu'au village de Jorquera.

Et c'est une fois remontés sur le plateau que j'ai photographié les vignes (mais elles sont présentes partout) avant de revenir à notre point de départ.

Une belle journée !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Lundi 20 mars 2017

CHULILLA

La balade d'aujourd'hui sera courte : environ 7 km en aller-retour.

Mais c'est dans un décor grandiose. D'abord au-dessus d'un canyon, celui du Charco Azúl, jusqu'à sa confluence avec le Río Turia, puis traversée et descente dans celui-ci, par deux « ponts volants ».

Pour commencer, le panneau informatif nous dit :

« Depuis ce mirador tu pourras distinguer le Charco Azul et l'ouverture du canyon du Turia à « El Salto », lieu le plus étroit formant un entonnoir avant l'ouverture de la vallée,. Pour ce motif, ce point était le maximum de difficulté pour les gaffiers (ou radeleurs, ou flotteurs) qui descendaient par le rio le bois depuis Cuenca à Valencia »

Et il y a une citation :

« Ce site est plus intéressant quand passe le bois qui, depuis Moya et les monts de Castille descend jusqu'à la ville de Valence. Ce n'est pas rare que les bois se croisent par l'étroitesse du passage, et d'autres s'amoncellent sur ceux-ci, qui forment une espèce de barrière. Il est alors nécessaire que quelques hommes descendent couper et enlever ceux qui gênent, et les falaises étant à pic, seul reste le recours des cordes par lesquelles ils descendent. Ils pratiquent cette opération risquée et continuent de donner cours au bois, bien que quelques malheureux le payent de leur vie, soit emportés par le courant toujours violent dans ce endroit, soit heurtés par quelque morceau de bois qui se précipite avec furie à la rupture de la barrière. On peut dire alors que les gaffiers (radeleurs) furent les premiers grimpeurs de Chulilla »

DE  RIOS  EN  CANYONS

La conduite du bois par le Río Turia était effectuée par une armée de flotteurs, généralement de la ville de Chelva qui bénéficiait d'une ancienne réputation de dextérité dans la conduite des bois. Conduite qui n'occupait jamais moins d'une centaine d'hommes, qu'il fallait parfois tripler.

A partir de la construction de l'azud (barrage à des fins d'irrigation) sur le Charco azul et le développement des moyens de transport, la bois cessa de descendre par le Turia. Ceci autour des années 1950.

On a d'ailleurs du mal à se représenter comme possible un tel flottage sur ce rio :

DE  RIOS  EN  CANYONS

Dans les années 50, on commença à construire le barrage de Loriguilla, et à la population de Chulilla se vit incomber le devoir de loger la majorité des travailleurs. Pour raccourcir le trajet entre Chulilla et le barrage (à pied, bien entendu), on construisit deux ponts : un volant et un autre, fixe. Et ainsi les ouvriers pouvaient être à pied d'œuvre en moins d'une heure (ils marchaient plus vite que nous!).

Mais en octobre 1957 une terrible crue, qui avait son origine dans ces terres, a inondé la ville de Valence.

Le flux fut tel qu'il emporta les deux ponts, ne laissant comme vestige que les escaliers d'accès.

Les ponts ne furent pas reconstruits, et les ouvriers furent transportés dans un autre village jusqu'à la fin des travaux.

Les ponts actuels ont été reconstruits récemment pour le développement du Parc Naturel Los Calderones, mais cette fois, ce sont deux ponts volants, aux mêmes endroits que leurs prédécesseurs.

Le plus haut est à 15 m au-dessus du rio, et la passerelle fait 21 m de long.

Le suivant mesure 28 m de long et se trouve à 5,50 m au-dessus de l'eau.

En plus, une petite passerelle permet de traverser à gué pour atteindre les zones d'escalade.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Car, vous vous en doutez, ces canyons sont devenus le royaume de la grimpe !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Mais vous ne pouvez pas partir sans faire un peu connaissance avec le très beau village de Chulilla …

DE  RIOS  EN  CANYONS

Mardi 21 mars 2017

CALLES

Nous voilà au village voisin : Calles, pour une balade en vélo de 19 km. Tranquille ! Une montée de 200 m, une descente d'autant, puis tout plat.

Oui, mais …

Des oliviers millénaires !

 

 

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et ce « tout plat », c'est le canyon, paisible, d'un joli rio.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et pour finir la journée, une promenade sur le « chemin de l'eau » dans le village de Chelva, point de départ de la randonnée de demain.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Mercredi 22 mars 2017

CHELVA

En partant, ce matin, pour une randonnée de 15 km, nous avons commencé par traverser une partie de Chelva.

C'est une très vieille ville : elle s'est développée à partir d'un noyau musulman du 11ème siècle, construit sur un promontoire d'où on pouvait contrôler les jardins, vergers et plaines irriguées proches du rio Chelva. Elle était entourée d'une muraille qui l'unissait au château.

Puis sont apparus un quartier juif, un quartier chrétien et pour finir, un quartier maurisque au 14ème siècle, en dehors des murailles, dont il reste des morceaux.

Difficile de ne pas se perdre dans ces ruelles étroites où, bien sûr, les voitures ne peuvent pas circuler.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et qu'irons-nous donc chercher, aujourd'hui, dans ces montagnes ?

UN AQUEDUC ROMAIN !

Mais qu'est-ce qu'un aqueduc ? Simplement une conduite d'eau ? Non. C'est tout un ensemble d'ouvrages techniques pour transporter un débit stable d'eau d'un point à un autre.

L'aqueduc romain de Peña Cortada doit son nom à une spectaculaire coupure dans la roche sur une partie de son parcours de 28 km. Il fut construit par les Romains à la fin du 1er siècle après J-C, ou au début du 2ème. Il est considéré comme le 3ème plus important aqueduc romain de la Péninsule Ibérique, et constitue, sans aucun doute, l'œuvre d'ingénierie hydraulique romaine la plus remarquable en terre valencienne.

Entrons dans les détails :

Dans cet aqueduc de Peña Cortada coexistent deux types : celui de l'aqueduc -pont et celui de l'aqueduc-viaduc.

Commençons par le pont. Il en existait plusieurs sur le parcours, mais le mieux conservé est sur notre chemin : celui qui traverse le ravin de la Cueva del Gato. Il surplombe le fond du ravin de 33 m, sur une longueur de 38 m. Et comme il fait 2 m de large, ça fait une certaine impression au passage !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Après le pont commence l'aqueduc-viaduc.

Pour faire franchir à la canalisation la barrière rocheuse,les constructeurs ont creusé onze tunnels d'environ 1,80 m de haut et 90 cm de large. Ceux-ci sont percés de grandes ouvertures servant à donner de la lumière et permettant l'évacuation des décombres lors du creusement des tunnels. Ceux-ci s'étendent sur environ 300 m.

Ainsi, l'eau circulant tantôt à ciel ouvert tantôt à l'intérieur de la montagne, cela limitait l'évaporation.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Enfin, ce qui donna son nom à l'aqueduc : Peña Cortada (rocher coupé) c'est une coupure dans le rocher, sur une longueur de 26 m et une hauteur de 18 m, sur 90 cm de large !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Les archéologues ont pu relever des restes de canalisation sur une longueur de 11 km.

Selon l'hypothèse la plus probable, cet aqueduc alimentait la ville de Liria, qui jouait un rôle de premier plan à l'époque romaine.

Après cette plongée dans le passé, le reste de la balade nous a paru …. ordinaire !

DE  RIOS  EN  CANYONS
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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 18:35

 

Lundi 13 mars 2017

Ce n'est pas le point le plus au sud de l'Espagne, mais c'est le plus au sud que nous atteindrons dans ce voyage. C'est notre CapSud à nous, après avoir été au CapNord l'an dernier.

Après une journée de repos, à se chauffer au soleil à 28° dans un camping à Carboneras, nous voici dans un vent glacé, par 9°, dans le Parc Naturel de Cabo de Gata-Nijar.

C'est un Parc maritimo-terrestre, du fait qu'il concerne 50 km de côtes de falaises découpées, les mieux conservées du littoral méditerranéen espagnol, et qu'il est un des espaces protégés d'Europe par sa vocation de steppe subdésertique.

La trace millénaire de l'intervention humaine se fait patente dans de nombreux endroits : gisements de plomb et d'or, tours de vigies et forteresses côtières pour se défendre des pirates barbaresques, et une architecture populaire liée à la culture de l'eau.

Et comme c'est un Parc Naturel, pas de plastiques pour cultures, pas de bétonnage de la côte. Les villages sont petits et éparpillés, et la ville de Sant José n'a pas d'immeubles de plus de 2 étages. Un petit paradis !

CAP  AU  SUD

Les reliefs de la côte se sont créés en une époque où la terre crachait du feu, donnant lieu à ces formes capricieuses, entre volcans éteints et laves pétrifiées, origine de la couleur sombre du sable du littoral.

CAP  AU  SUD

A cause de l'orage qui se prépare, nous ne ferons qu'une balade raccourcie (6 km) dans les falaises, la mer trop agitée nous empêchant d'arriver jusqu'à leur pied.

Nous partons de l'ancien moulin à farine, dans la Baie de los Genoveces. Pourquoi ce nom ? (les Génois)

Parce qu'en 1147 les troupes catalanes et génoises débarquèrent sur cette plage pour combattre la domination musulmane de la zone, et contrecarrer son monopole dans le marché de la soie.

Déjà, au fond, nous apercevons « el Morrón de los Genoveces », dôme volcanique autour duquel s'étend une des six Aires de Réserve Marine du Parc Naturel.

CAP  AU  SUD

Mais l'orage est au-dessus de nous, et nous ne monterons pas là-haut. Un tour sur les falaises pour en voir l'autre côté, avant de rentrer sans être trop mouillés.

CAP  AU  SUD

Mardi 14 mars 2017

Nous sommes revenus sur notre route, pour dormir à Rodalquilar. Pas seulement parce que nous y avions vu un bon parking, mais parce qu'il y a un beau jardin botanique, El Albardinal, qui était fermé hier lundi.

Aujourd'hui nous l'avons visité, après une nuit de tempête : vent en rafales et grosse pluie. Avec le froid, on a remis les pantalons, ressorti les parkas … Dans un pays subdésertique où il ne pleut que rarement, c'est pas de chance. Surtout que la météo l'annonce pour la semaine !

A l' Albardinal on trouve des plantes de tous les pays et continents, mais qui vivent exclusivement dans un sol aride et un climat subdésertique, tel que l'on trouve ici dans la région d'Alméria et en Andalousie. Et nous voulions (surtout Alain, qui s'intéresse beaucoup à la botanique) connaître les noms de différentes plantes que nous avions rencontrées pour la première fois par ici.

Et nous en avons découvert bien d'autres, et aussi une exposition pédagogique très bien faite.

CAP  AU  SUD

Notre balade suivante était prévue en vélo, dans le désert de Tabernas. Celui où sont tournés les westerns, en Europe, car il reproduit assez fidèlement l'ouest américain.

Et nous devions remonter, dans son lit, un cours d'eau à sec la plupart du temps. Mais il a tant plus depuis hier que l'eau l'a envahi. Pas de balade, donc. Je me suis contentée de faire quelques photos en roulant quand nous avons traversé le désert.

Vous le trouvez bien vert, pour un désert ? C'est que, nous l'avons appris au Jardin Botanique, dans ce climat semi-désertique, les plantes ont une stratégie particulière pour économiser l'eau : elles gardent leurs feuilles en hiver et les perdent en été.

CAP  AU  SUD

Nous remontons vers le nord. C'est le chemin du retour, mais toujours en petites étapes, ponctuées de découvertes.

Par exemple, nous avons traversé plusieurs vallées où la montagne est carrément mise à nu pour y faire des plantations d'oliviers.

Et nous avons repensé à nos Festivaliers pour la Défense de l'Eau, à Los Molinos del Río Aguas. Qui s'insurgeaient contre la plantation d'un million d'oliviers, arrosés au pied.

Car, disent-ils, les nappes souterraines ne peuvent suffire à cet arrosage. Et détourner l'eau de pluie pour en faire des réserves revient tout autant à assécher les nappes souterraines, qui ne serons plus alimentées. Une folie, disent-ils.

CAP  AU  SUD

Encore des carrières géantes (je ne vous en montre qu'une toute petite partie) où l'on extrait du marbre et d'autres pierres pour les remblais, les granulats etc … de belles pierres, certes, mais des montagnes de déblais déplacés. Que restera-t-il de cette montagne ? Une industrie prospère, semble-t-il, mais ...

CAP  AU  SUD

Enfin, notre étape pour la nuit, en arrivant à un col dans la Sierra de Los Filabres : le Sanctuaire de la Virgen del Saliente, ou plutôt son parking géant.

Cet ermitage, qui comporte une hôtellerie, est vouée à Notre-Dame des Désespérés. Il a été fondé en 1676, mais l'actuel sanctuaire est de 1762.

Un peu tard pour de bonnes photos, on verra pour en faire d'autres demain matin, s'il ne pleut pas.

CAP  AU  SUD

Mercredi 15 mars 2017

Le soleil est au rendez-vous ! Vous le voyez sur la photo ci-dessus.

Mais le vent est toujours soufflant, et le froid toujours pinçant. Il est vrai que nous avons dormi à 1200 mètres.

VELEZ BLANCO

Aujourd'hui, ce sera 2 châteaux pour le prix d'un. Je m'explique : nous avons stationné sur le parking sous le château de Velez Blanco, et nous sommes partis en vélo, à travers la campagne et les amandiers, pour une boucle de 28 km qui passait par le château de Xiquena.

Il s'agit d'une des fortifications les plus singulières de la région de Murcie. Car au cours de notre balade, nous avons franchi la « frontière » entre Andalousie et Murcie.

D'origine islamique, elle fut conquise en 1433, et se convertit en la plus solide avant-garde frontalière face au Royaume Nasride de Grenade.

CAP  AU  SUD

Les amandes sont déjà formées sur les amandiers, qui sont la richesse de la vallée. Et ils ont bien du mérite à pousser au milieu des pierres ! Il y a aussi des oliviers, mais peu.

Nous avons vu aussi 2 élevages de chèvres noires. Pour le lait, vus leurs pis.

Et les inévitables élevages de cochons ...

CAP  AU  SUD

Le Palais-Forteresse de Velez Blanco est, lui, un joyau du Patrimoine Historique Andalou. Il fut construit de 1505 à 1515, sur les fondations d'une forteresse maure. Il constitue une œuvre maîtresse de l'architecture et de la sculpture de la première Renaissance en Espagne.

C'était une résidence seigneuriale, mais qui témoignait de l'évolution de l'art de la guerre : le vieux château féodal (il en a gardé l'apparence extérieure) se combine avec le palais urbain, centré sur la cour d'honneur (le patio) décoré de colonnes. Celui-ci nous parle d'une noblesse qui regarde la moderne Italie de la Renaissance comme le symbole des temps nouveaux, qui rompt avec la tradition architecturale gothique antérieure.

CAP  AU  SUD

Malheureusement, abandonné au 19ème siècle, il fut exploité comme carrière de pierres et ses belles sculptures furent vendues, notamment le patio, qui est actuellement dans un musée à New York, et les frises en bois sculpté qui ornaient les deux grandes salles du château, qui furent acquises par un antiquaire parisien...

CAP  AU  SUD

Avant de quitter l'Andalousie, quelques photos de ce village de Velez Blanco, qui est resté typique du sud de l'Espagne : rues étroites, maisons blanches, grilles en fer forgé dont certaines très belles, aux fenêtres et aux portes qui sont souvent en décroché sur la rue. Comme nous sommes en montagne, les toits sont en pente et couverts de tuiles. Mais plus au sud et près de la mer, ils sont plats et comportent une terrasse.

CAP  AU  SUD

Jeudi 16 mars 2017

LORCA

La vallée du Río Guadalentín fut une voie de communication naturelle de grande importance à l'époque médiévale, car il s'agissait du passage frontalier entre les Royaumes de Castille et de Grenade. C'est pour cela qu'elle dispose de nombreuses forteresses défensives et de vigilance du territoire.

La petite ville de Lorca s'étend au pied d'une petite sierra dont le sommet supporte les vestiges de la Forteresse du Soleil. Après la capitulation des musulmans en 1244, le roi Alphonse X ordonna la construction du puissant donjon (Torre Alfonsina) et de la Torre del Espolón, et le renforcement des remparts.

CAP  AU  SUD

Au 19ème siècle, à l'époque des guerres napoléoniennes, pour adapter la forteresse aux systèmes défensifs modernes, fut ajoutée une batterie de six canons, dont on voit les socles devant la Torre Alfonsina.

Le 11 mai 2011 eut lieu à Lorca un terrible tremblement de terre qui endommagea gravement la Torre del Espolón et une partie des remparts, plus que les guerres passées.

C'est dans l'escalier de cette tour que nous avons fait une surprenante rencontre ...

CAP  AU  SUD

Plus de 1000 personnes vivaient dans cette forteresse. Les citernes avaient donc une grande importance. Il y en avait une dans le sous-sol de la Torre del Espolón.

Une autre d'une seule voûte, appelée « petite » (22 m³) et une très grande, de 750 m³. Elle comporte trois travées comme celles qui sont en photo, et sert maintenant de lieu d'exposition.

Pour le pain, les deux énormes fours ne suffisaient pas pour nourrir toute cette foule et on réquisitionnait souvent les boulangers de la ville.

CAP  AU  SUD

Vendredi 17 mars 2017

BARRANCO DE HONDARES

Une piste remonte la Gorge du Rio Hondares, et nous voulions la suivre une dizaine de kilomètres.

Mais nous avons bientôt étés arrêtés par un gué. Après avoir réussi à le passer, en voilà un deuxième à peine un kilomètre plus loin. On le passe au risque d'un bain, en voici un autre à 500 m !

Stop, demi-tour, repasser les gués. Décidément, ce n'est pas la bonne saison …

Joli bilan tout de même, avec seulement 8 km aller-retour : un groupe d'une dizaine de jeunes « chevreuils » que Charly a fait fuir. Seuls deux ont consenti à poser pour la photo, mais au zoom.

Et une belle cascade, tombant dans un trou profond (au moins 3 mètres) servant de piscine l'été : les Bains de Somogil.

CAP  AU  SUD

EL CAÑON DE LOS ALMADENES DEL RíO MUNDO

L'après midi, nous voici suivant le Rio Mundo, à pied, cette fois, jusqu'à son cañon.

Voilà ce que ça donne :

CAP  AU  SUD

Et demain, ce sera une « longue étape » en voiture : une centaine de kilomètres vers le nord, à travers un grande plaine ...

A Bientôt

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 19:26

Mardi 7 mars 2017

CALLOSA D'EN SARRIA

A la recherche d'un camping tranquille dans l'intérieur des terres, nous arrivons à Callosa d'En Sarria. Mais que cachent donc toutes ces toiles tendues dans la montagne ? Il y en a partout !

DES  NÈFLES  !

 

C'est que nous sommes dans la capitale mondiale de la nèfle ! Et sous ces abris de toiles poussent des néfliers du Japon, qui sont ainsi protégés du vent.

Mais attention à ne pas confondre avec la petite nèfle brune, qui mûrit en automne dans nos pays froids, et qui est à peine mangeable quand elle a subi la gelée et qu'elle est blette. Ça c'est Mespilus germanica.


Ici, il s'agit d'un fruit de couleur jaune, à noyaux (5 ou 6), très juteux et savoureux, au goût acidulé.

Les Nisperos (nèfles) Callosa d’En Sarrià sont cultivées dans la région de la Baixa Marina, au nord-ouest de la province d’Alicante sur un territoire comprenant entre autres les communes de Callosa d’En Sarrià, Altea et Villajoyosa.

Sa pleine saison de maturité est du mois d’avril à fin juin.

Elle se consomme généralement fraîche ou pochée dans un sirop, on la travaille aussi en confiture, jus, liqueurs ou crèmes glacées. On la trouve également dans des garnitures de viandes et bien entendu dans les pâtisseries.

La Nèfle de Callosa d’En Sarrià bénéficie de l’AOC depuis le 14 janvier 1992 et de l’AOP depuis 1996. C’est la seule nèfle à bénéficier d’une AOP, et elle est exportée dans le monde entier.

DES  NÈFLES  !

Demain, c'est dit, on en achète pour y goûter.

Mais aujourd'hui, nous jouons les touristes, et allons, comme tout le monde, voir à 500 m du camping les Fonts de l'Algar, des chutes naturelles sur le cours de l'Algar, entrecoupées de Tolls, ces piscines naturelles où on peut se baigner (mais pas en ce moment. Malgré la chaleur, l'eau est un peu fraîche!)

DES  NÈFLES  !

Mercredi 8 mars 2017

Le croirez-vous ? Impossible de trouver des nèfles dans les supermarchés. Il n'y en a ni en jus, ni en confiture, ni au sirop. Quand ce sera la saison, il y en aura peut-être des fraîches, m'a-t-on répondu …

Autrement dit, c'est un produit réservé localement aux touristes, et à l'exportation.

Reste internet …

En attendant, nous voici dans une région de plus en plus aride, au nord d'Alicante, en train de visiter Las Coves del Canelobre, la grotte du Candélabre, nom donné à cause de le forme particulière d'une grande stalagmite. Elle s'est creusée à 700 m d'altitude, dans le flanc d'une montagne de 1230 m, le Cabeço d'Or.

DES  NÈFLES  !

ELCHE

En contournant la ville, nous arrivons au sud d'Alicante, à Elche.

Les phéniciens y avaient planté des palmiers pour alimenter en dattes les marins de leurs navires lors des traversées. Puis, quand au 8ème siècle les musulmans occupent la région, ils mettent en place un important système d'irrigation qui permet le développement d'une grande palmeraie.

Mais lorsque Elche est reconquise par les chrétiens, en 1265, la tradition voulait que tous les arbres soient abattus. Fort heureusement, Jaime 1er a interdit la destruction des palmiers ! Ce qui fait d'Elche, aujourd'hui, la plus grande palmeraie d'Europe.

Une précieuse enclave dans cette palmeraie, un « jardin artistique national », est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco et s'appelle « le Verger du Curé » : El Huerto del Cura***.

Il tient son nom de l'aumônier qui reçut le jardin en héritage et y consacra sa vie : José Castaño Sánchez (1843-1918). Sur 13 000 m² y domine principalement le palmier dattier,

DES  NÈFLES  !

Mais il y en a toutes sortes d'autres. Ceux-ci, par exemple :

DES  NÈFLES  !

Et une merveilleuse collection de cactées et d'Euphorbes candélabres :

DES  NÈFLES  !

Le parcours est aussi agrémenté de bassins et de fleurs exotiques …

DES  NÈFLES  !

La tradition veut que les illustres visiteurs donnent leur nom à un palmier : le sujet est arrosé par son parrain avec du vin de la région.Le plus connu d'entre eux est le palmier impérial**, souvenir du passage d'Elisabeth d'Autriche (la fameuse Sissi), en 1894. Ce spécimen est unique par sa forme : autour du palmier mère, ont poussé 7 rejets à 1,50 m de la base, formant un bouquet. Ils y sont nés lorsque le palmier mère avait plus de 60 ans.

Ce formidable candélabre à 8 bras dépasse de loin le poids de 10 tonnes. Il ne se nourrit que de la sève fournie par le tronc central. Il est âgé d'à peu près 165 ans.

DES  NÈFLES  !

Vers le 5ème siècle avant J-C, la cité de Héliké (Elche) était un haut lieu de la civilisation Ibère. Cette époque a livré des sculptures de toute beauté, parmi lesquelles la célèbre Dame d'Elche, dont la reproduction en taille réelle préside à ce bassin :

DES  NÈFLES  !

Jeudi 9 mars 2017

Nous voici dans la Communauté de Murcie, que nous abordons par le nord.

Juste avant d'y entrer, nous avons béé devant l'immense carrière de marbre d'Algueña. C'est toute une montagne qui va être rasée, si ça continue ! Poussière, bruit … Nos petites carrières de marbre des vallées pyrénéennes sont lilliputiennes, à côté !

DES  NÈFLES  !

ABARÁN

Toute cette région nous paraît sèche et peu fertile : des amandiers, quelques oliviers, et de plus en plus de pêchers. En arrivant dans la vallée du Segura, il n'y a plus que cela : des pêcher-brugnon-nectarine. Quand ils sont en fleurs, on n'arrive pas à faire la différence.

Arrivés à Abarán, balade à vélo le long du fleuve, un peu plus loin que la ville voisine : Cieza, puis une petite incursion dans la montagne, et retour en surplombant la vallée. En tout 35 km.

DES  NÈFLES  !

Au retour sur Abarán, nous avons fait connaissance avec les Norias.

Les Arabes ne furent pas les inventeurs des norias, mais ils leur donnèrent une grande impulsion.

Une noria est une machine qui, en utilisant l'énergie de l'eau, élève l'eau d'un canal à un autre canal situé plus haut en vue d'irriguer de nouvelles terres.

Les norias ne sont pas installées sur le fleuve, mais sur 2 canaux (acequias) situés un de chaque côté du fleuve. Et elles remontaient l'eau plus haut, dans de plus petits canaux d'irrigation.

Cette noria, la Noria Grande, qui date de 1805 et se vante d'être la plus grande noria en fonctionnement en Europe, mesure 11,92 m de diamètre, 1,18 m de large et a 64 pales. Elle élève 32 litres d'eau par seconde, arrosant 155 « tahúllas » de la rive gauche du Segura.

Au secours : ni mon dictionnaire ni google-traduction ne veulent me dire ce que signifie « tahúllas ». Qui me le dira, en utilisant les commentaires ?**

Et aussi, pour qu'on se rende mieux compte, 32 l/seconde, ça fait combien de m³ à l'heure ?

 

** mise à jour : Wikipedia me dit que la tahùlla est une unité de superficie égale à 1118 m2 ou 1185 m2 selon les régions (Murcie, Castille ou Aragon). Qu'elle est généralement utilisée sur les terres irriguées de l' époque de Charles IV, et qu'elle est soupçonnée d'être héritée du temps des Arabes.

DES  NÈFLES  !

Sur la même rive, un peu plus loin, il y a la Noria de la Hoya de Don García, qui date de 1818.

Un peu moins grande : seulement 8,20 m de diamètre, 1,05 m de large et 48 pales. Mais … elle élève 42 litres d'eau par seconde, pour arroser 233 tahúllas. Plus performante, donc ! (combien de m³/h, svp les matheux ?) Autre caractéristique : elle est toute en bois, et en excellent état (les autres sont en fer).

 

Sur celle-ci, on voit bien comment l'eau se déverse, en haut, de chaque côté, dans le canal de réception d'où elle sera reversée dans le canal supérieur.

DES  NÈFLES  !

Enfin, pour clore une si belle journée, nous sommes remontés dans la montagne (en voiture, cette fois), pour dormir face à ce si beau paysage :

DES  NÈFLES  !

Vendredi 10 mars 2017

JOURNEE VOITURE

Aujourd'hui, on roule. Regardez sur la carte : de Abarán à Los Molinos del río Aguas … mais en passant par le Cap Tiñoso (2 km à pied pour se dégourdir les jambes, quand même !) et en suivant la côte le plus possible. Pas vraiment direct ! Beaucoup de routes tortueuses dans la montagne. Et donc un total de 320 km !

Nous sommes entrés en Andalousie. Il fait très chaud, la mer est d'un bleu enchanteur, mais il y a beaucoup de plastique partout, pour protéger les plantations, arbres fruitiers ou tomates.

Le seul tronçon de route où la côte est sauvage, sans urbanisation ni plastiques, c'est une dizaine de kilomètres avant Villaricos.

Maintenant nous sommes revenus dans les terres, notre élément, dans le Parc Naturel Karst en Yesos de Sorbas.

DES  NÈFLES  !

Samedi 11 mars 2017

LOS MOLINOS DEL RIO AGUAS

Nous sommes dans le Parc Naturel « Karst en Yesos de Sorbas »                               

Un titre qui demande explications !

D'abord, le mot Karst. Wikipédia nous apprend que le karst est une structure géomorphologique résultant de l'érosion hydrochimique et hydraulique de toutes roches solubles.

Et que, selon les régions du monde, les structures karstiques portent des noms spécifiques ; ainsi, sur les marges sud et ouest du Massif central, les plateaux karstiques sont dénommés « causses »

Les Causses, on connaît, en France. Ça veut dire infiltrations d'eau, grottes, avens, stalagmites et stalactites etc ... Mais chez nous c'est du calcaire . Ici c'est du gypse, tout aussi soluble.

DES  NÈFLES  !

Ici, il y a 6 millions d'années, la Méditerranée a envahi le bassin de Sorbas, village distant d'environ 5 km.

Dans une période postérieure, cette mer devient de moins en moins profonde, puisqu'elle se trouve soumise à un fort processus d'évaporation qui détermine la précipitation du gypse (Yeso : 2ème mot dans le titre du parc) sur plus de 100 mètres d'épaisseur (par endroits, on trouve des coquillages dans des éclats de roches). Quand la mer s'est retirée, les gypses et autres sédiments sont restés en surface, exposés à la lente, mais implacable action de l'eau de pluie, en donnant ce paysage karstique d'une beauté inusitée.

 

L'eau de pluie est capable de dissoudre lentement la roche de gypse en générant des dépressions abondantes fermées sous la surface. D'ailleurs, parfois, en marchant, le bâton résonne comme si c'était creux, en-dessous. Et c'est vraiment creux. La preuve :

DES  NÈFLES  !

Apparaissent alors les fenêtres du karst, des dolines et les gouffres, qui connectent la surface aride avec le réseau complexe de galeries souterraines. L'eau, qui pénètre par ces fenêtres continue son action érosive, en définissant le système souterrain le plus grand de l'Espagne et le deuxième du monde exploré dans du gypse : le système de la Cueva del Agua, avec presque 8.500 mètres de parcours, autour du village de Sorbas.

Le Karst fonctionne comme une grande éponge. Il reprend et stocke toute l'eau de pluie et plus tard elle sort à l'extérieur à travers des résurgences ; ce sont les sources. La plus abondante est celle des Molinos qui naît dans le canyon du Río Aguas, celui de notre balade.

DES  NÈFLES  !

La présence constante d'eau dans cet environnement aride produit un effet d'oasis qui génère une zone humide de grande importance écologique. Des lauriers-roses, des cannes de Provence, des joncs et des peupliers blancs croissent en bosquets, en galerie, et servent de refuge aux oiseaux, pas seulement aquatiques : rossignols, martin-pêcheur, hirondelles etc.. Il y a aussi des tortues d'eau (j'en ai vu toute une famille … mais pas pu la photographier !).

DES  NÈFLES  !

L'eau a été mise à profit aussi par l'homme. Les Arabes qui peuplaient la zone inventèrent un système pour accumuler plus d'eau et maintenir les jardins et vergers dans toute leur splendeur.

Los Molinos prennent leur nom d'une technologie rurale aujourd'hui négligée : d'anciens moulins à farine ou à huile de type hydraulique, à partir des céréales et de l'oliveraie du terrain non irrigué environnant.

DES  NÈFLES  !

Aujourd'hui, Los Molinos del Río Aguas, est une marque incomparable de biodiversité naturelle et humaine. Ce village vit libre de connexions à l'eau et à la lumière ; du rio vient l'eau, de la terre viennent les aliments, et du soleil l'énergie.

Et nous sommes arrivés le jour du Festival de défense de l'Eau.

DES  NÈFLES  !

Nous étions prêts à partir à la même heure et même itinéraire que la Marche Revendicative annoncée au programme. Heureusement, eux se sont arrêtés plusieurs fois pour des explications ou des discours, et n'ont été que jusqu'à la source du Rio Aguas.

Nous, nous sommes montés sur le plateau désertique que nous avons traversé, pour redescendre de l'autre côté.

Nous y avons croisé de curieuses fleurs jaunes sans feuilles, un nid … d'autruche ou de chasseur ? Un pont antique sur un rio sans eau, et des fermes abandonnées dont les ruines se confondent avec les pierres, dans un décor désespérément sec !

DES  NÈFLES  !

Belle et intéressante balade de 9,5 km et 500 m de dénivelé cumulé, mais quelle chaleur ! La prochaine fois, nous prendrons davantage d'eau …

Du coup, nous sommes allés nous désaltérer au village, sur le lieu du Festival, où ils nous ont servi un jus multi-fruits fait sur place sans électricité : le shaker tourne grâce au pédalage ...

DES  NÈFLES  !
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 13:06
C'EST L'ETE  !

Lundi 27 février 2017

Un bien joli château en ruines, découvert lors d'une balade en vélo dans les environs de Serra.

Mercredi 1er Mars 2017

Après une petite pose camping, nous voilà au sud de Valence, à

CULLERA

en train d'escalader le « Monte de Oro » qui domine la ville. Ce sentier fait le tour des anciennes fortifications musulmanes dont certaines tours ont été très restaurées. On rencontre aussi en route deux vestiges de muraille, justes consolidés, qui ont subsisté jusqu'à nos jours. Notre but est d'arriver à l'ancien château musulman du 12ème siècle. Mais nous ne pouvons pas le visiter, c'est interdit aux chiens. Et bien sûr, Charly nous a accompagnés.

C'EST L'ETE  !

La 1ère tour, la mieux conservée de ces tours islamiques, porte familièrement le nom de « Tour de la Reine Maure ». En voici la triste légende :

une belle jeune fille musulmane fut mariée avec un vieux riche commerçant, mais tomba amoureuse du fils du Cadi (le gouverneur de la ville). Les amoureux projetèrent d'assassiner le vieil époux, mais un perroquet venu de terres lointaines révéla leurs intentions. Les amants furent condamnés à mort par le Cadi lui-même, et exécutés, dit-on, dans cette tour-même.

A côté du château, un sanctuaire dédié à la Virgen María, du 18ème.

C'EST L'ETE  !

En supplément, voici comment les Espagnols ont bétonné le paysage :

C'EST L'ETE  !

Nous roulons encore un peu plus vers le sud, mais dans l'intérieur des terres (la côte nous a un peu dégoûtés), et c'est :

XATIVA

Nous finissons l'après-midi en tenue d'été, à faire bronzette au pied de la colline où se trouve le château. Nous prenons des forces, car la montée de demain à l'air rude ! Nous ferons ça de bon matin, à la fraîche.

C'EST L'ETE  !

Jeudi 2 mars

 

Agréable randonnée au château de Xativa, qui est une double forteresse : le Castillo Minor d'un côté, le Castillo Major de l'autre, et entre les deux, une tour carrée, plus tardive, d'où partent des murailles qui réunissent ces deux château en un seul.

La plus ancienne tour, celle du Château Mineur, fut construite dès le 8ème siècle avant J-C !

D'agrandissement en agrandissement, d'occupation ibère, romaine, wisigothe, musulmane, chrétienne, moderne, il est devenu ceci :

C'EST L'ETE  !

Encore quelques détails :

C'EST L'ETE  !

Ai-je besoin de l'ajouter ? Nous étions en short et manches courtes, et il faisait 28° !

Vendredi 3 Mars 2017

AGRES

Balade à vélo dans la Sierra Mariola. Prévue 13 km. C'est peu, mais avec 500 m de dénivelé à fort pourcentage (entre 20 et 25%), c'est sportif, même avec notre assistance électrique. (en réalité, nous ferons 18 km à cause d'une erreur de trajet).

La Sierra Mariola recevait autrefois beaucoup de neige et on y trouve donc beaucoup de puits à neige (ou glacière : nevera ou cava en espagnol) des 17ème et 18ème siècles. Il y en a plus d'une vingtaine dans ce petit Parc Naturel.

A cette époque, le profit du froid naturel favorisa le développement du commerce de la neige, qui connut alors son maximum.

Notre circuit nous a menés auprès de 3 de ces cavas, et des panneaux informatifs nous en ont expliqué le fonctionnement :

C'EST L'ETE  !

La glace obtenue dans les glacières était commercialisée : de nuit ou à l'aube, les pains de glace étaient acheminés, d'abord à dos de mules dans la montagne, puis en chariot dans les vallées vers les villes. Parfois assez loin : jusqu'à 30 km !

Elle était utilisée principalement pour la conservation des aliments, mais aussi pour procurer des boissons fraîches et des desserts glacés dans les restaurants et les familles riches. Et puis encore dans les hôpitaux : pour faire baisser la fièvre, par exemple …

La première cava que nous avons vue, nous n'avons même pas pu l'atteindre en VTT. Il a fallu marcher encore 1/4 d'heure sur un étroit sentier après avoir laissé les vélos au plus près. C'est dire que l'exploitation ne devait pas être toujours facile. Il s'agit de la « Cava de Don Miguel ».

On note les contreforts, nécessaires pour pouvoir élever la hauteur de neige, malgré une épaisseur de murs d'environ 6 ou 7 mètres (la longueur du tunnel d'accès). Si l'extérieur est octogonal, l'intérieur est circulaire, de 14,50 m de diamètre et une hauteur de 10,20 m. Ce qui permettait une capacité de 1 700 m³ de neige. Trois bouches d'accès à des niveaux différents permettent son exploitation. La coupole qui la fermait est malheureusement tombée. Seule son amorce est visible. Cette glacière fut construite en 1792, par la ville de Xátiva.

C'EST L'ETE  !

La 2ème est la « Cava de l'Habitatió », qui date de la première moitié du 18ème siècle. Elle est construite en pierre sèche et a gardé une grande partie de sa coupole. Son diamètre intérieur est de 7 mètres et sa hauteur de 10m. Comme on ne peut la voir que de dessus, c'est impressionnant !

Elle est située seulement 50 m de dénivelé au-dessous du sommet local, le Teix, où se trouve un poste d'observation incendie. Paysage fabuleux !

C'EST L'ETE  !

La 3ème, « La Cava Gran » ou « Cava dels Arcs » est la plus représentative de la Serra Mariola. Elle date du début 18ème, mais est restée en activité jusqu'en 1906.

Les 6 arcs de pierre qui partent de l'intérieur du mur cylindrique servaient à soutenir la coupole, aujourd'hui disparue, et étaient couverts de lauzes.

Son périmètre extérieur est hexagonal et fait bien 10 m d'épaisseur. Elle dispose d'une bouche latérale pour extraire la glace, et sur chaque côté de l'hexagone, d'un trou pour y vider la neige. Son diamètre est de 15 m et sa profondeur de 17 m, ce qui lui fait une capacité utile de 2000 m³.

Restaurée en 2016, un escalier en fer permet de descendre au fond.Mais nos jambes, déjà très éprouvées, n'ont pas voulu envisager d'en remonter … et nous sommes restés en haut !

C'EST L'ETE  !

Après une descente bien raide par une piste gravillonneuse (une pente de 25 à 30 %!), un bon goûter et repos … jusqu'à demain … en rêvant d'étoiles comme celle-là :

C'EST L'ETE  !

Samedi 4 mars 2017

BOCAIRENT

C'est à côté du cimetière que nous avons rêvé d'étoiles. Et son haut mur nous a protégés des rafales du vent d'orage. Ce matin, le ciel est lavé et tout bleu, mais il fait un froid de canard avec un vent glacé. Nous avons remis les polaires et les chaussettes ...

Et nous partons à la conquête de cet extraordinaire village, étagé sur un rocher (** d'après Michelin) par une calade qui descend du cimetière (ancien monastère) au vieux pont du 15ème.

Place de l'Ayuntamiento, où on pénètre par cette arche mozarabe héritée des premiers occupants, les hautes maisons sont accrochées au rocher.

C'EST L'ETE  !

Ici aussi il y a une glacière, La Cava de Sant Blai, que l'on peut visiter. Mais notre visite s'est portée sur un autre héritage du passé, de l'époque Andalúz (hispano-arabe) :

LES  COVETES  DELS  MOROS

Il s'agit d'un groupe de "caves-fenêtres". Une cinquantaine de chambres creusées dans une falaise face au village, accessibles par une ouverture rectangulaire ressemblant à une fenêtre.

A l'origine, probablement au 10ème siècle, chaque chambre était indépendante. Chaque propriétaire y grimpait par une corde et la fermait par une porte de bois ajustée dans des rainures. Ce n'étaient pas des habitations mais des greniers où stoker le grain ou d'autres richesses.

C'EST L'ETE  !

Un peu plus tard, peut-être un siècle ou deux, des trous ont été creusés pour que ces chambres communiquent entre elles, avec celles des côtés mais aussi celles de l'étage du dessus et celui du dessous. Car elles sont sur 3 ou 4 niveaux.

Pour la visite, une demi-heure environ, deux escaliers en fer ont été installés : un pour entrer et un pour sortir. A l'intérieur, l'escalier est si raide et si hautes les marches qu'il faut se hisser avec la corde. Sitôt après, une petite échelle en bois permet de monter à l'étage au-dessus en passant par un trou si étroit qu'Alain est passé de justesse. Et il faut s'aider des genoux, des bras, des reins pour faire le rétablissement car l'échelle, très courte, n'entre pas dans le trou. Et le plafond/plancher a bien 0 cm d'épaisseur ! D'ailleurs, un monsieur costaud est posté là pour aider éventuellement ceux qui n'y arrivent pas.

Là, deux itinéraires sont possibles : l'un qui monte plus haut, encore plus acrobatique, conseillé seulement aux jeunes ; l'autre de même niveau de difficulté, pour les ... moins jeunes, comme nous. Il y a une corde pour s'aider dans certains passages difficiles. Et il y en a 2 où nous serions restés coincés si on n'avait pas pu se pousser ou tirer l'un l'autre ! A certains endroits, on ne peut marcher qu'à 4 pattes tant le plafond est bas. Aïe mes genoux ! le sol n'est pas lisse ...

Mais ça met un peu de piment dans la sauce, et finalement, on s'est bien amusés.

C'EST L'ETE  !

Dimanche 5 mars 2017

LES  6 000  MARCHES

Dans la Communauté de Valence, il y a un autre lieu qui est capable de nous transporter dans le passé. Un passé rempli de légendes, d'histoires et d'Histoire sur le passé maurisque de la région.

Quand les chrétiens conquirent la région et fondèrent le Royaume chrétien de Valence, ce fut ici le dernier réduit de Maurisques. Ici ils furent les derniers à se convertir avant leur expulsion définitive par Felipe III. Un endroit beau et dur à la fois, rocheux mais rempli de végétation, qui n'arrête pas de surprendre celui qui le visite, au moins en partie, par le "Sentier des 6000 marches"

C'EST L'ETE  !

Ici, c'est dans le haut de "La Vall De Laguar". Un toponyme qui provient de l'arabe "Al-Agwar", et qui signifie "les grottes".

Lorsque les Arabes vivaient ici, la terre n'était pas plus riche qu'aujourd'hui. Pour survivre, il fallait transformer les pentes en terrasses, y planter oliviers, figuiers, amandiers, cerisiers ... retenir l'eau dans des citernes ou la détourner pour l'arrosage ... cultiver en légumes ou céréales la moindre parcelle un peu plus fertile ...

Au pied du village de Fleix, 250 m plus bas, il y a le Barranc de l'Infern, la Gorge de l'Enfer. C'est le lit du Río Gerona : rien que des cailloux. Pour qu'il y ait de l'eau, il faut un très gros orage. Et de l'autre côté du ravin, en remontant plus de 300 m, il y a un petit plateau entre 2 montagnes qui a retenu un peu de terre arable où l'on peut faire pousser quelques céréales.

Mais c'est chaque jour 4 ou 5 heures de marche aller-retour. Alors, pour gagner du temps et de la peine, ils ont commencé cette grande œuvre : un escalier qui descend dans le ravin et remonte de l'autre côté, creusant même la roche pour s'y faire un passage. Un escalier tellement bien fait que depuis le 8ème siècle il est toujours en bon état.

6873 marches à l'origine, dont très peu ont été arrachées ou recouvertes par des éboulements de roches. Des marches peu hautes (moins hautes que celles de nos escaliers) mais à la profondeur d'un pas, régulières. Autant de virages que nécessaire pour que la pente soit constante, de sorte que l'on peut le descendre et le monter avec une fatigue minimum

C'EST L'ETE  !

Cet escalier commence au lavoir de Fleix, descend puis remonte sur le plateau. Après un grand virage dans la montagne, on redescend dans le Río Gerona mais à un autre endroit, bien plus loin, pour rejoindre un autre escalier initié du village suivant, le dernier de la Vall de Laguar, Benimaurell. C'est son lavoir qui est en photo.

Le tout en 13,5 km et environ 800 m de dénivelé cumulé.

Grandiose paysage tout du long garanti !

 

C'EST L'ETE  !
C'EST L'ETE  !

Lundi 6 mars 2017

Changement de décor !

Direction plein Est, vers la mer et le Cap de la Nau, qui se divise en plusieurs pointes. Pour nous ce sera le Cap Prim (ou Cap Sant Martí).

C'est beau, et sans commentaires ...

C'EST L'ETE  !

Plus loin (vers le sud), la côte est (était !) très belle et pittoresque. Mais c'est devenu la ville, tout du long. Deux photos au passage, et nous somme vite repartis vers nos chères montagnes.

C'EST L'ETE  !

Pour arriver à :

CASTELL  DE  GUADALEST

Ce village médiéval est non seulement entouré de murailles, mais perché sur un rocher. Et pour y entrer, il faut traverser le rocher par un court tunnel, fermé autrefois d'une porte dont il reste un battant d'origine !

 

C'EST L'ETE  !

Pour gagner de la place, le clocher a été construit sur un rocher. Quand la population a augmenté, il a fallu qu'elle s'installe à l'extérieur.

Dans la zone la plus élevée de l'enceinte, se trouvent les restes du château construit par les musulmans et conquit par Jaime 1er, et qui fut ensuite fortifié. Les tremblements de terre et la Guerre de Succession furent les coupables de sa destruction. La tour de l'Hommage (le donjon) a cependant été récemment restaurée.

C'EST L'ETE  !
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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