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26 juillet 2021 1 26 /07 /juillet /2021 19:54

Voici la suite de la Diagonale :

A partir du 2ème siècle av. JC, le Rouergue est occupé par les Ruthènes, un peuple gaulois dont le territoire couvre l'Aveyron actuel, une partie du Tarn et de l'Hérault.

Rodez est alors un oppidum, un site naturellement défensif culminant à 634 m, avec pour première appellation Segodunum, et est sans doute devenu le chef-lieu des Ruthènes.             

Ça ne vous dit rien, Segodunum ? Alors relisez Le Bouclier Arverne, dans Astérix ... (on a les sources qu'on peut !)

Au cours du 1er siècle, l'agglomération gauloise se transforme en une véritable cité romaine,  puis, les siècles passant, c'est une véritable ville forteresse dont les vestiges restent fortement présents sous la forme de remparts.

La Diagonale Médiévale : RODEZ

La cathédrale Notre-Dame fut construite de 1277 jusqu'à la fin du 16ème siècle !

L'aspect sévère de la façade occidentale témoigne de sa vocation défensive : elle est flanquée de deux tours massives qui étaient incorporées aux remparts.

Sans souci d'unité architecturale, Georges d'Armagnac a fait couronner le sommet de la façade fortifiée de la cathédrale gothique par le modèle réduit d'une façade d'église italienne avec porte, colonnade et un frontispice classique (fronton et consoles à spirale). Regardez bien sur la photo, vous la voyez au-dessus de la rosace. Bizarre, n'est-ce pas ?

Etant actuellement entièrement couverte d'échafaudages, je vous mets une photo de Wikipédia.

La Diagonale Médiévale : RODEZ

Toutes les sculptures des portails ont malheureusement été détruites sous la Révolution, en 1794.

En 1526, l'évêque célèbre l'achèvement des travaux du clocher. Avec ses 87 mètres de hauteur, le clocher, tour délicatement ouvragée, détient aujourd'hui encore le titre du plus haut clocher plat de France.

La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ

Pourtant, malgré l'exceptionnelle durée des travaux (2 siècles et demi, tout de même !), elle bénéficie d’une remarquable unité à l’intérieur.

- Qu'est-ce que j'ai particulièrement admiré dans cette cathédrale ?

Le retable de l'Annonciation, en pierre polychrome.  L'original a été transféré dans une autre église et celui-ci n'est qu'une copie. Mais il est tout de même très beau !

La Diagonale Médiévale : RODEZ

Dans la chapelle du Saint-Sépulcre, la troisième chapelle sud de la nef, on trouve un ensemble sculpté représentant une mise au tombeau de 1523.

La Mise au tombeau est le dernier épisode de la Passion du Christ,  et est particulièrement populaire dans les Mystères et la sculpture religieuse européenne des 15ème et 16ème siècles.

Elle est ici sous la forme d'un retable à plusieurs étages

 

La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ

Sous la rosace, je me suis attardée pour admirer la Tribune et l'arc de la chapelle du Saint-Soulier (ou du Saint-Sacrement), dont le plafond intérieur est spectaculaire.

Et aussi la clôture du chœur, en style flamboyant.

La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ

Et voici la toute première bande dessinée : c'est une vie de Saint Eloi (vous savez, celui du Roi Dagobert) peinte vers 1470 et accompagnée d'une légende en langue d'oc.

Ces douze images racontent successivement sa naissance, sa vie d'artisan, ses miracles comme maréchal-ferrant et orfèvre (dont il deviendra le St patron) puis sa vie d'ermite et d'évêque. Au centre, on devine sa figuration en tenue d'évêque.

La Diagonale Médiévale : RODEZ

L'orgue, enfin, possède un superbe buffet Renaissance. Il est tellement haut que j'ai du faire 2 photos pour l'avoir (presque) en entier. La vue d'ensemble est de Wikipédia.

La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ
La Diagonale Médiévale : RODEZ

J'allais oublier les vitraux modernes !

Surprenants !

Ils traitent de la vie de Sainte Anne, de la Résurrection, de la Terre, de l'Eau, du Feu .... 

Ils sont très colorés et inspirés, et très bien expliqués dans des panneaux informatifs. Voici un petit montage que j'ai trouvé sur internet.

La Diagonale Médiévale : RODEZ

Et j'ai poursuivi ma route vers le Nord-nord-est ...

A bientôt pour la suite !

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21 juillet 2021 3 21 /07 /juillet /2021 02:50

Je romps un peu la chronologie pour vous présenter les Gorges du Durnand, en Valais Suisse, que je viens de parcourir avec ma petite famille. Elles sont classées parmi les 10 plus belles d'Europe.

Le Durnand, c'est 200 m de dénivellation et pas moins de 14 cascades pour un parcours de 330 marches. Un régal ! C'est un torrent sauvage de 8 km qui descend de Champex vers Martigny, et l'on y ressent la force de l'eau dans toute sa puissance.

Au début, deux passerelles métalliques récentes permettent d'éviter une zone dangereuse due aux éboulements fréquents. Ensuite, le parcours se fait sur des passerelles et escaliers en bois de mélèze, en raison de sa très bonne résistance à la pourriture.

 

Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !

Puis le parcours devient plus impressionnant. Mieux vaut ne pas avoir le vertige !

Au printemps, avec la fonte des neiges, ce doit être fabuleux ! Déjà les embruns nous obligent à protéger l'appareil photo.

Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !

Les escaliers se font plus raides, les cascades plus hautes ...

Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !

Et nous débouchons enfin sur la route qui mène à Champex.

Pour le retour, au lieu de descendre (raide !) dans la forêt, nous choisissons un itinéraire dans les alpages, qui nous ramènera à la gare en évitant la route.

Quelle belle journée !

Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !
Aïe, ma gorge !

Et pour finir, ces lis magnifiques vus dans un jardin :

Aïe, ma gorge !
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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 21:10
La grande Diagonale en tous ses points

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13 juillet 2021 2 13 /07 /juillet /2021 19:45

Me voilà repartie sur ma route favorite : la Diagonale ... qui prend cette fois-ci des allures médiévales avec la réouverture des grandes cathédrales.

En reprenant l'itinéraire précédent, je ferai quelques arrêts supplémentaires. D'abord :

Albi.

Première chose, me garer pas trop loin de la cathédrale. En cherchant un parking pour camping-cars (fermé :-( pour travaux) je me suis trouvée en face de ces anciens moulins à eau. Il s’agit d’une ancienne usine de pâtes alimentaires qui était installée sur le site d’un moulin à farine du 12ème siècle. On les nomme les Moulins Albigeois, et ils sont inscrits comme monument historique.

La diagonale médiévale : Albi la rose

J'ai quand même réussi à me garer, et j'ai suivi un joli parcours pour arriver à la Cité Episcopale.

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la roseLa diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Reconnue dans le monde entier depuis son classement au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2010, la cité épiscopale d’Albi est unique en son genre par ses dimensions et ses fameuses briques rouges.

La cathédrale et le palais de la Berbie comptent parmi les plus grandes constructions de brique cuite au monde. Fabriquées sur place, ces briques étaient faites avec la terre du lit du Tarn.

En fait, ces briques donnent à cette cité d’Albi une identité propre mais surtout une esthétique incroyable avec une palette de couleurs qui varient du rouge au rose et du rose à l’orangé selon la lumière et l’ensoleillement.

 

Le Palais de la Berbie (berbie signifie évêque en occitan) est donc l’ancien palais des évêques d’Albi. Son architecture militaire mais pourtant si esthétique montre la puissance des évêques de l’époque. C’est dans ce magnifique Palais de la Berbie que se trouve le musée Toulouse-Lautrec. Et c’est par la cour d’honneur du Palais que l’on accède aujourd’hui à l’entrée du musée. Mais je n'avais pas le temps de le visiter. Peut-être au retour ... ?

Mais j'en ai quand même traversé les jardins. Classé jardin remarquable, c’est un endroit qui a un charme fou !

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Et puis j'ai continué vers la Cathédrale Sainte Cécile. C'est la plus grande cathédrale de brique du monde (113 m de long et 35 m de large). Deux siècles auront été nécessaires pour son édification, de 1282 à 1480.

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

L'escalier d'accès à l'édifice côté sud est pour les fidèles. Le bas est doté d'une porte fortifiée dite porte de Dominique de Florence, plus décorative que réellement défensive. Elle est constituée d'une entrée en pierre avec un tympan ajouré. Cet ouvrage s'appuie sur le mur de la cathédrale et sur une tour ronde en brique. Cette dernière abrita le trésor des chanoines au 18ème siècle.

 

Un monumental mais élégant baldaquin de pierre, au-dessus de l'entrée, tranche sur la brique omniprésente.

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Sainte-Cécile possède le plus grand ensemble français de fresques de la Renaissance. Avec environ 18 500 m2, elle est aussi la seule cathédrale d'Europe aux murs et voûtes entièrement peints.

Dès l'entrée, on est confronté, au fond de l'église, avec le Jugement Dernier. La vaste surface du mur occidental aveugle est utilisée pour le représenter. Avec ses 270 m2, c'est la plus grande fresque médiévale de la France méridionale.

L'ensemble est remarquable par sa surface, sa qualité et sa disposition en miroir où, à la Création du monde, répond le Jugement dernier. On y distingue trois registres : le ciel, la terre et l'enfer, où gesticulent des impies. Le jugement dernier d'Albi est le premier à mettre en scène les sept péchés capitaux, chaque supplice correspondant à un vice. La violence des châtiments devait suffire à mettre en garde les chrétiens du moyen âge, responsables devant Dieu de leurs actes, et à les ramener sur le droit chemin. Seule la paresse a disparu... car l'œuvre fut mutilée au 18ème siècle : au centre de la paroi, on ouvrit l'accès à une chapelle située sous le clocher. L'endroit servit de chœur jusqu'en 1885. Cette disposition permit de sauvegarder le jubé, quand beaucoup furent détruits pour mieux associer les fidèles à la célébration eucharistique.

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Les fresques de la voûte offrent aussi une riche polychromie. Leurs dimensions exceptionnelles (97 m de long sur 28 m de large) en font l'ensemble peint de la Renaissance italienne le plus vaste et le plus ancien de France. Un bleu profond - le « bleu de France » aussi appelé « bleu de roi » - surplombe le chœur.

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Au-dessus de cette fresque, l'Orgue Moucherel, à l'origine construit au 18ème siècle par le facteur Christophe Moucherel est souvent considéré comme l'un des plus beaux de France, et même d'Europe, et tout particulièrement pour son buffet.

Il est classé monument historique au patrimoine mondial, de l'UNESCO

Sa dernière restauration, achevée en 1981, sera une réussite et l’orgue sonne aujourd’hui comme il pouvait sonner à la fin du 18ème siècle. La mécanique,  reconstituée avec les mêmes matériaux qu’au 18ème, fonctionne comme pouvait fonctionner celle de Christophe Moucherel en 1736. Aucun système « moderne » n’existe dans cet orgue. Seul un ventilateur électrique (à la place des souffleurs) et un éclairage électrique à la console sont les signes du temps présent.

La diagonale médiévale : Albi la rose

Le jubé est une clôture de pierre qui isole le chapitre de chanoines du reste des fidèles lors des offices. Celui d'Albi, de style gothique flamboyant présente une façade de 18 m de longueur et de 8,20 m de haut. Sa présence, dans le remarquable état de conservation où il se trouve, est d'autant plus précieuse que la plupart des jubés ont été détruits ; il n'en reste qu'une dizaine en France.

Le voilà côté nef :

La diagonale médiévale : Albi la roseLa diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

L'autre face du jubé est le fond du Grand Chœur, de style flamboyant (1545).

C'est le "saint des saints" de la cathédrale où les chanoines chantaient l'office sept fois par jour et célébraient la messe quotidienne. Le pourtour de cette clôture est orné sur deux rangées de 120 stalles surmontées de leurs dais délicatement sculptés, et de 72 statues d'anges aux figures symboliques

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Ici, à l'intérieur du chœur, les statues évoquent le Nouveau Testament : 15 statues figurant l'Église (12 apôtres, la Vierge Marie, saint Jean-Baptiste et saint Paul, puis enfin Charlemagne et Constantin dominant les portes)

Le baldaquin de l'évêque et les portes clôturant le chœur, comme celles qui clôturent le déambulatoire (autour du chœur), sont de véritables dentelles de pierre.

 

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Dans les niches des 35 piliers qui séparent le chœur du déambulatoire, sont placées des statues en pierre polychromée des Prophètes de l'Ancien Testament. En voici quelques unes, parmi les mieux éclairées :

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

La cathédrale d'Albi est l'une des rares églises et l'unique cathédrale française placée sous l'invocation de Cécile de Rome. Les cathédrales successives de la ville, depuis le 7ème siècle, ont été dédiées à Cécile de Rome, dont on pense que la ville en possédait des reliques.

Elle aurait vécu à Rome, aux premiers temps du christianisme. Sa légende en fait une vierge qui, mariée de force, participa à la conversion de son mari et l'amena à respecter son vœu de virginité. A l'époque, les chrétiens n'étaient pas recherchés, mais s'ils étaient dénoncés on les forçait à renier leur foi et à adorer les dieux des Romains. Un jour, elle est arrêtée et le juge la condamne à être décapitée. Sainte Cécile se met à chanter en attendant le coup de hache du bourreau, mais ce dernier, après trois tentatives infructueuses, la laisse agoniser durant trois jours (la loi romaine interdisait le quatrième coup).

 Sainte Cécile est la patronne des musiciens et des musiciennes ainsi que des brodeurs. Et voici sa statue où l'on remarque la trace de son martyre.

 

La diagonale médiévale : Albi la rose

Après cette longue visite, un petit tour dans les vieilles rues qui entourent la cathédrale, et retour par le remarquable marché couvert, créé en 1901 sur le modèle des Halles de Paris. Sa halle triangulaire fut conçue par André Michelin.

La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose
La diagonale médiévale : Albi la rose

Et je quitte Albi, sans avoir tout vu, bien sûr, mais c'est sur ma route et je sais où me garer, maintenant ...

 

Demain, nouvelle étape médiévale, à ...  Rodez !

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14 avril 2021 3 14 /04 /avril /2021 11:03

Entre Saint-Flour et Rochetaillée, il y a la très belle ville du Puy-en-Velay. La visite sera pour une autre fois, quand les précautions anti-covid permettront la visite des monuments (cathédrale, chapelle St Pierre etc ...) qui seront ré-ouverts au public.

Mais cette fois-ci, pour ce long trajet, j'ai fait un arrêt nature tout à côté : à Vals-près-le-Puy exactement, (marqué BONUS sur la carte précédente) pour faire le Tour des Chibottes.

C'est quoi, des chibottes ? Ce sont des huttes en pierres sèches, typiques de la région, à proximité du Chemin de Saint-Jacques, avec un panorama sur la vallée de la Loire, au Sud du Puy. Elles étaient utilisées comme abris par les bergers et comme cabanons de paysans, pour ceux qui cultivaient les alentours... Elles étaient construites avec les pierres trouvées dans les champs ce qui, par la même occasion, permettait de les épierrer et facilitait la culture. 

Une soixantaine ont été recensées dans la vallée du Dolaizon et près de 30 aux alentours du sentier. Les plus anciennes dateraient du XVIIIe siècle ce qui explique leur bonne conservation. 

En voici quelques unes, mais les photos bien vertes sont d'internet.

Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
Le bonus différé
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4 octobre 2020 7 04 /10 /octobre /2020 09:13

En bonus, vous aurez un petit bout du Pays de Saint-Flour. En fait, c'est à la limite de la Margeride.

J'y suis arrivée en fin de journée, mais pour ne pas dormir sur le parking des camping-car de la ville, je fais une dizaine de kilomètres vers le nord et je m'installe sur le parking, vide, du château du Sailhant. Espérant le visiter demain matin.

 

Le Château du Sailhant est un château fort âgé de 1000 ans. Il trône sur un spectaculaire éperon rocheux triangulaire de plus de 30 mètres de haut, dominant une cascade mythique, se déversant dans un lac de cratère volcanique préhistorique. Habité depuis les temps les plus éloignés, l’étroite bande de terrain formant le promontoire basaltique ne rend le site accessible que du côté nord, défendu en plus par des douves enjambées par un pont permettant d’accéder au château.

Durant la guerre de Cent Ans, le château fut le théâtre d’une lutte permanente entre Anglais et Français, aboutissant à de nombreux sièges et à une intensification de ses fortifications. Pendant la Renaissance le château fut agrémenté de détails classiques et son système de défense fut encore intensifié. Au début du XVIIIème siècle il devint une résidence secondaire d’été pour Joachim-Joseph d’Estaing évêque de Saint-Flour et après la révolution française, le château fut utilisé en tant que ferme.

La diagonale ( 4) les Bonus

Les deux photos du haut sont d'internet, bien sûr.

J'ai aussi trouvé cette vidéo sur You Tube :

Mais je n'ai pas pu le visiter, le lendemain étant un lundi, jour de fermeture ...

Je suis tout de même allée voir, avec Charly, cette fameuse Cascade du Babory, qui tombe dans un lac de cratère. On y voit très bien les laves en fusion solidifiées, qui ici ne sont pas cristallisées en orgues.

La petite photo vue du dessus est d'internet.

La diagonale ( 4) les Bonus

Et maintenant Saint-Flour, la ville.

Saint-Flour naît au IVe siècle grâce à Florus, évêque venu évangéliser la région.

Campée sur ses remparts volcaniques, protégée par une enceinte défensive et plusieurs portes fortifiées, Saint-Flour sera souvent convoitée au Moyen-Âge mais finalement jamais prise.

Saint-Flour a toujours bénéficié d’un système défensif exceptionnel grâce à ses remparts naturels : les orgues basaltiques. Témoignages de l'activité volcanique, les orgues sont issues d'une coulée de lave ; la partie supérieure (entablement) s'étant refroidie plus lentement que la partie prismée (colonnade d'orgues). Pendant longtemps, les tailleurs de pierres ont exploité cette roche volcanique.

La diagonale ( 4) les Bonus

La ville est perchée sur un escarpement rocheux, à 881 m.

Depuis les remparts qui longent l'arrête du rocher sur laquelle est perché Saint-Flour, et dont la partie supérieure a été démolie pour être remplacée par des maisons, toutes les rues convergent vers la place d'Armes, dominée par les tours massives de la cathédrale. 

La diagonale ( 4) les Bonus

Au XIVe siècle, la ville connaît son apogée. L’importance de la cité s’accroît. Cette promotion lui confère le titre prestigieux de capitale religieuse de la Haute-Auvergne. Le pouvoir civil et religieux se disputeront longtemps la suprématie.

La diagonale ( 4) les Bonus
La diagonale ( 4) les Bonus

Et me voici sur la Place d'Armes, face à l'imposante Cathédrale Saint Pierre.

De style gothique, elle fut achevée à la fin du XVe siècle, à l'emplacement d'une basilique romane, mais fut sévèrement endommagée sous la Révolution. Comme pour d'autres édifices religieux de la région, le matériau utilisé est la pierre volcanique – la lave noire de Liozargues – qui lui confère une couleur sombre caractéristique.

La couleur de la pierre basaltique et le caractère massif des deux tours carrées, percées de quelques fenêtres à meneaux, donnent à la cathédrale une allure de château-fort et à la façade symétrique une certaine austérité, en contraste avec les richesses de son patrimoine intérieur.

La diagonale ( 4) les Bonus

Nef et bas-côtés frappent par la sobriété de leurs lignes. Sous la tribune d'orgue, une peinture murale (15e s.) représente le purgatoire et l'enfer. Admirez, face à la chaire, le grand Christ en bois (12e s.) appelé le « Beau Dieu noir », un bas-relief représentant le Jugement dernier, au-dessus d'un Christ au tombeau, et, dans la chapelle absidiale, la châsse en bronze doré contenant les reliques de saint Flour

 

La diagonale ( 4) les Bonus

Une opportunité s'ouvre à moi : va débuter une visite des tours et toits de la cathédrale. Je suis partante.

Ainsi je vais découvrir, en premier, le grand orgue ... et son organiste !

Comme je n'ai pas tout retenu, je fais appel à Wikipédia :

"L'instrument est l'œuvre du facteur anglais John Abbey, tandis que le buffet a été sculpté par Gabriel Ventadour. L'ensemble a été mis en place en 1843. Il fut restauré dernièrement en 2008.

L'instrument possède 35 jeux, les transmisisons sont mécaniques."

La diagonale ( 4) les Bonus

Nicolas Saunières nous a fait une longue démonstration des possibilités de l'orgue, dont je n'ai enregistré que de courts extraits (1 minute 44s) :

Curieusement, l'intérieur des tours était aménagé comme prolongement du Palais Episcopal (vu ici de haut) qui jouxte la cathédrale. On pouvait donc y loger des invités de marque, et chaque chambre avait sa cheminée et ses fresques décoratives, dont il ne reste que peu de choses.

 

La diagonale ( 4) les Bonus

Les contreforts, la Forêt, quelques gargouilles ... et la pente du toit : impressionnante !

La diagonale ( 4) les Bonus

Et nous arrivons à l'étage des cloches !

De l'escalier qui grimpe sur le haut de la tour, on a pu aussi les voir de dessus. Quel escalier !

La diagonale ( 4) les Bonus

Et voilà le paysage :

La diagonale ( 4) les Bonus

En redescendant du toit à l'étage des cloches, c'est juste midi, l'heure de l'Angélus. Voilà de quoi l'apprécier :

Il faut tout de même reprendre la route vers la Suisse, mon but premier.

Mais je vais faire encore un arrêt dans un village proche de Saint-Etienne. Ce sera mon deuxième BONUS : Rochetaillée, et son château du 12ème siècle.

C'est un village suspendu dans les airs qui culmine à 1120 mètres et offre une vue plongeante sur le Furan. Et tout autour des montagnes. Le tout à 5 kilomètres de Saint-Etienne. Et devinez comment s'appellent ses habitants ?

Les Rupisciciens.

La diagonale ( 4) les Bonus

Et voilà la carte promise, avec tous les points visités entre Rodez et Saint-Etienne, ou plutôt : Rochetaillée.

Et il y a encore plein de beaux endroits où s'arrêter lors de mon prochain voyage ...

La diagonale ( 4) les Bonus
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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 10:45

Ce joli nom de Margeride, qui m'a toujours fait rêver, appartient à la région au nord-est de l'Aubrac, aux limites des départements du Cantal, de la Haute-Loire et de la Lozère.

 

C'est une montagne qui abrita le Maquis du Mont-Mouchet, durant la Seconde Guerre Mondiale. Et aussi la non moins célèbre Bête du Gévaudan, dont la férocité fût telle à la fin XVIIIe siècle qu’elle se rappelle encore à nous.
Terre rude, faite de granite, celui-là même qui se retrouve sur les façades des maisons, donnant lieu à d’imposants corps de ferme.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Sur ma diagonale, la Margeride commence aux Gorges de la Truyère.

Prenant sa source en Margeride, la Truyère a creusé des gorges grandioses et sauvages. Ces gorges autrefois profondes, sauvages, infranchissables ont à la fin du XIXe et au XXe siècle fait l’objet d’une épopée humaine.

Les 170 km de la Truyère attisèrent les regards des ingénieurs de l’époque. L’électrification d’une nation est en marche. Dans une contrée où la ressource et la force de l’eau sont peu exploitées, la création de plusieurs barrages s’impose. En 1934, le barrage de Sarrans est le premier. S’en suivent ceux de Grandval en 1959 puis Lanau en 1962.

La Truyère a été domptée par l’homme. Sa fougue a cédé la place à la quiétude et le paysage se révèle autrement.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Le château d'Alleuze est bâti sur un piton dont le barrage de Grandval a fait une presqu'île. Les évêques de Clermont furent les commanditaires du château au milieu du 13e siècle, et il leur servit notamment de grenier à dîme (elle pouvait être payée en nature), mais ils n'en assuraient pas la défense.

Une histoire mouvementée :

Pendant la guerre de Cent Ans, en 1383, Bernard de Garlan, dit « le méchant bossu », chef d’une bande de pillards s’en empare facilement et s’y installe avec ses hommes.

Le site devient le quartier général de ses futures "forfaitures". Il menace la ville de Saint Flour, et rançonne les paysans et les marchands. N’ayant jamais été délogés par la force, ils ne quittent les lieux qu’en 1391, en échange d’une importante rançon.

Mais l’évêque de Clermont n’est toujours pas disposé à faire garder le château. Pour éviter que Garlan ait des successeurs, les habitants de Saint-Flour incendient le château en 1405. À l’issue d’un procès, l’évêque en obtient la restauration par les Sanflorains, ainsi que le versement de lourdes indemnités.

Le château d'Alleuze fut pris par les Huguenots en 1575, puis, à la fin des guerres de religion, les tours du château furent utilisées comme geôles par les évêques de Clermont.

A la Révolution, il devient propriété de la commune.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Une architecture « royale » : les vestiges visibles aujourd’hui sont ceux du château du 13e siècle, mais dont le niveau supérieur a été reconstruit au début du 15e siècle. Malgré l’escarpement du site, il offre un plan régulier qui suit le modèle royal diffusé à partir de 1200 par Philippe-Auguste et adopté par les évêques de Clermont pour leurs différents châteaux.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Au pied du château se trouve l'église de St Illide. En suivant le chemin de croix, il est possible d'accéder à la chapelle St Michel et au village de Barge. Moi, je l'ai seulement photographiée au zoom : il faisait vraiment trop chaud !

Le nom de l’église St-Illide est un autre nom de St-Alyre, qui fut le 4e évêque de Clermont. Le bâtiment actuel est daté du 15ème siècle et a été rebâti sur un précédent du 12ème, détruit en 1390. Vous devinez par qui ?

L’église de St Illide d’Alleuze est classée aux monuments historiques.

La petite image est d'internet. Je ne suis pas montée assez haut pour prendre cette photo, avec le château au fond. Honte à moi ...

La diagonale ( 3 ) en Margeride

En remontant toujours la Truyère, on arrive à un autre viaduc : Le Viaduc de Garabit.

Au début des années 1800, la construction du viaduc de Garabit a suscité une grande attente autour de la prouesse technique du projet et est même allé jusqu’à attirer la presse américaine. On compare même l’ampleur du phénomène à celui engendré à la construction, bien plus tardive, du viaduc de Millau.
Il faut dire que l’envergure de la réalisation est visionnaire pour l’époque et que ses 122 mètres de hauteur, son demi-kilomètre de longueur et ses 20.000 mètres cubes de maçonnerie ont représenté le plus grand ouvrage métallique du monde. 
 
Mais ... contrairement à ce que l'on croit souvent, ce n’est pas Eiffel qui l’a conçu
Bien que Gustave Eiffel soit largement associé au viaduc de Garabit, c’est en réalité Léon Boyer, ingénieur des ponts et chaussées, qui a conçu le projet. Il a ensuite confié la réalisation à la société de Gustave Eiffel. 
La diagonale ( 3 ) en Margeride

En 1994, le viaduc est repeint en raison du vieillissement de sa peinture et l’apparition de rouille sur les parties les plus exposées aux intempéries.

La couleur est choisie en fonction des teintes les plus couramment employées à la fin du XIXe siècle : la couleur d’origine de la tour Eiffel est le rouge.
C’est aussi celle du Golden Gate Bridge de San Francisco et du Forth Bridge en Écosse. Le "poinsettia" ou rouge "Gauguin" est  retenu. 

38 tonnes de peinture sont utilisées, couvrant une surface de 51 000 m2.

Lieu de tournage de plusieurs films, le viaduc de Garabit fut aussi le théâtre d’histoires tragiques. Il a pu être tristement connu pour le nombre de personnes qui s’y sont donné la mort. Une tragédie s’est déroulée en avril 1900, quand deux amoureux sont venus ensemble se jeter du haut du viaduc, désespérés de ne pouvoir se marier suite au désaccord de leurs parents. 

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Vous voulez tout savoir sur ce viaduc ? Allez voir le site de Passerelle(s), et cliquez sur la flèche à droite ...

Et voilà le joli village de Ruynes en Margeride, très accueillant aux camping-car. Il est dominé par sa tour du XIIème siècle. Le château de Ruynes (on pourrait dire : le château en ruines) était une ancienne propriété de Louis XV. L'édifice a été démantelé à la Révolution et aujourd'hui on ne peut admirer que son donjon et quelques vestiges des anciens remparts.

Le village de Ruynes-en-Margeride est presque tombé de la dernière pluie : il naît officiellement après la Révolution française, en 1790, sous le nom de la Foraine de Ruines. Au cours du XIXe siècle, il absorbe plusieurs communes alentours pour prendre sa taille actuelle, et se rebaptise en 1962.

C'est sur son territoire que s'élève le viaduc de Garabit. Pour une rive.

 

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Il me reste à rendre hommage aux maquisards du Mont Mouchet, un des sommets de la Margeride. Il fait frais, là-haut, à environ 1450 m : après une nuit dans la forêt, par beau temps, il faisait 6° au réveil dans mon camion. Dur-dur pour quitter la couette !

Quelques pages d'histoire se sont déroulées sur ces pentes. D'abord, la Bête du Gévaudan, qui fut abattue près de là le 19 juin 1767.

Mais le mont Mouchet fut surtout le théâtre, en , de la bataille du Mont Mouchet qui opposa la Wehrmacht à la Résistance française. Depuis, il a reçu la visite de 4 présidents de la République. Un mémorial de la résistance y a été construit, de même qu'un Musée de la Résistance, à la mémoire des maquisards du Haut-Gévaudan. Qui venait juste de fermer quand je suis arrivée, un peu tard, c'est vrai. Ce qui ne nous a pas empêchés, Charly et moi, de faire une belle balade dans la forêt.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

A la semaine prochaine pour les BONUS de la Diagonale ... et la Carte !

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20 septembre 2020 7 20 /09 /septembre /2020 11:46

Après Saint-Côme-d'Olt, je décide de gagner l'Aubrac par des petites routes. C'est ainsi que je débouche sur Bonnefon, tout petit hameau par le nombre de maisons, dépendant de Saint-Chély-d'Aubrac, mais époustouflant par ses bâtiments.

 

Bonnefon est proche d’Aubrac et de la voie Aggripa qui relie Rodez à Javols. J'apprends par son panneau informatif décoloré que cette tour n'est pas un donjon, mais une tour défensive pour tous ces bâtiments qui composaient une énorme "grange" médiévale où étaient stockés les surplus de rendement de la Domerie d'Aubrac (je vous explique plus loin ce que c'est). Ceux-ci étaient fort convoités par les routiers, qui menaçaient et pillaient le Rouergue durant la Guerre de Cent ans. Les abbayes mirent alors leurs granges en défense et dès 1392, les moines d’Aubrac consolidèrent la Tour de Bonnefon. La grange fut construite au 13ème siècle, et après bien des attaques, la tour fut terminée au début 15ème. On reconnait bien, à sa base, les bouches à feu qui n'ont plus rien des meurtrières des siècles précédents.

 

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

Le chef de routiers qui réussit à s'en emparer, vers 1650, y trouva : "2000 setiers de blé, 200 bêtes à cornes, 3 charretées de paille, 80 moutons gras, 500 charretées de foin, 5 pourceaux, 9 paires de bœufs avec leur attelage ... "  Mais le 4 février 1657 la place fut reprise, et 5 brigands furent exécutés à Rodez.

A la Révolution, l'ensemble du Domaine de Bonnefon fut vendu comme bien national et partagé en six.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

Il est temps d'aller voir ce qu'est cette Domerie d'Aubrac ...

L'Aubrac est un haut plateau volcanique et granitique aux confins des trois départements de l'Aveyron, du Cantal et de la Lozère. Je suis encore dans l'Aveyron. Après la traversée de Saint-Chély-d'Aubrac (ci-dessous), il faut grimper 500 m pour arriver sur :

Le Plateau de l'Aubrac

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

L'Aubrac, c'est un haut plateau ouvert, ondulé, ponctué de blocs granitiques et de troupeaux, de lacs bordés de murets...Un lieu où le regard se perd et où le promeneur se plaît. Un lieu de passage millénaire sur le chemin de St-Jacques de Compostelle. Forêts et immenses pâturages se partagent l’espace.

Aubrac est le village le plus élevé du Département de l’Aveyron.

Ce village doit son existence à la création d’un hôpital monastique qui fut d’abord un refuge pour les pèlerins en route pour Saint Jacques de Compostelle. La cloche dite « des perdus » ou « des égarés », abritée dans le clocher de l’église, servait pendant la période de fonctionnement de l’hôpital à guider les pèlerins ou voyageurs traversant le plateau par mauvais temps.

L’existence d’Aubrac, remonte au XIIe siècle et son histoire est indissociable du pèlerinage vers Saint Jacques de Compostelle puisque le village a été bâti à proximité d’une voie de passage d’origine antique empruntée pour la traversée du plateau de l'Aubrac : la Via Podiensis, qui est aujourd‘hui une des voies les plus fréquentées par les pèlerins en France. Les chemins de Compostelle ont été classés au Patrimoine Mondial de l’Humanité  de l’Unesco en 1998. Le tronçon passant par le village d’Aubrac a quant à lui été classé « Bien Naturel » pour sa diversité faunistique et floristique.

De la Domerie d'Aubrac ( Domerie : nom donné aux monastères dont l’abbé avait le titre de dom),  il ne reste aujourd’hui que trois des nombreux bâtiments qui la composaient : l’église Notre Dame des Pauvres classée Monument Historique, la «  Tour des Anglais », ainsi qu’une partie des bâtiments de l’ancien hôpital.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

La Tour des Anglais (ici ce sont les Anglais d'Aquitaine) était une tour de défense, comme à Bonnefon. L'intérieur de l'église Notre-Dame des Pauvres est très austère. Elle est cependant égayée par deux magnifiques peintures de Hervé VERNHES, réalisées en 1993-94, qui content l'histoire de la Domerie d'Aubrac, depuis sa fondation en 1120 par Adalard  jusqu'aux dernières années du 20ème siècle. Très longues, je n'en ai photographié qu'un petit bout. Mais en cliquant sur le lien qui suit vous les trouverez en totalité, découpées, avec un résumé de l'histoire qu'elles nous content.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

En allant dans le sens contraire des pèlerins (c'est à dire vers le nord), j'arrive en Lozère, au village de Nasbinal.

En 1074, les moines de St Victor de Marseille construisirent la robuste église de style roman, devenant un de leurs prieurés, qui offrait un abri sûr aux pèlerins avant de franchir le plateau et rejoindre Aubrac.

En 1135, le prieuré est rattaché à la Domerie d’Aubrac et ce jusqu’à la Révolution.


L’église Sainte Marie de Nasbinals est aujourd’hui un des fleurons de l’art roman en Aubrac. Elle est remarquable par la polychromie de ses matériaux, son clocher octogonal et la voûte de la nef en ogive.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

A peu de distance de Nasbinals, le parking de la Cascade du Déroc m'a accueillie pour la nuit.
Il s’agit d’un des sites naturels les plus remarquables de l’Aubrac. L’affluent du Bès et les eaux du lac des Salhiens viennent se précipiter sur le rebord de basalte sous lequel s’est formée une grotte constituée d’orgues basaltiques remarquables par leur géométrie. Dommage : pour accéder au pied de la chute d’eau, le sentier traverse une propriété privée, et je n'ai pas osé y aller. Je ne l'ai donc vue que du haut de la falaise.

Mais j'ai quand même trouvé ces petites photos sur internet ... ce qui attise mon regret !

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

 C'est l'occasion de faire une petite balade sur ce vaste plateau d’altitude recouvert d'immenses pâturages qui se confondent avec le ciel. Cette terre de basalte, façonnée depuis la fin de l’ère tertiaire par les éruptions volcaniques, s’étend à perte de vue.  Les monts arrondis couverts de pâturages, de prairies et de landes rappellent que l'Aubrac perpétue une vieille tradition pastorale.

Durant des siècles, ses habitants ont vécu au rythme des transhumances : chaque printemps les troupeaux montaient en estive et la vie s’organisait alors autour des burons, de la surveillance des troupeaux, de la traite et la fabrication du fromage.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

Je change encore de département pour aller dans le Cantal, dans le tout proche village de Saint-Urcize. Et je laisse à la table d'orientation le soin de vous renseigner.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

L'église romane classée date du 13ème siècle. Elle est pourvue d'un clocher à peigne et du seul déambulatoire de haute Auvergne. Elle s'apparente ainsi aux églises dites "de pèlerinage". Elle abrite également le calice utilisé lors de la dernière messe de Louis XVI avant son exécution le 21 janvier 1793.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac
La diagonale ( 2 ) en Aubrac

L'Aubrac Cantalien compte encore une cité renommée : c'est Chaudes-Aigues, la seule station thermale du Cantal.

Chaudes-Aigues possède une trentaine de sources d'eau chaude naturelles dont la température est comprise entre 45 °C et 82 °C et dont le débit total avoisine les 10 000 hl par jour (694 l/min).

La plus renommée est la source du Par avec des eaux de 82 °C – soit l'une des plus chaudes d'Europe – dont le débit est voisin de 5 l/s ; elle fournit à elle seule la moitié de la production d'eau de la ville.

Le nom de cette source vient du fait que les cochons y était « parés », c’est-à-dire nettoyés, épilés grâce à l'eau chaude. L'eau servait aussi à parer les pieds et têtes de veau, et à dégraisser la laine de mouton.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

Déjà, sous l'Empire Romain, Chaudes-Aigues était une ville thermale : Calentes Baioe.

Puis les invasions barbares passent et ne laissent que les sources.

Au Moyen Âge, Chaudes-Aigues inclut plusieurs maladreries et des couvents possédant des étuves et des piscines. Les gens du peuple côtoient la bourgeoisie dans la piscine publique du quartier du Par. En 1332, des particuliers s'approprient les sources pour chauffer les maisons. Ce chauffage était gratuit pour les habitants le long de ces cours d'eau chaude souterrains.

Ce système était encore en place, jusqu'à la décision du conseil municipal de construire le Centre thermal CALEDEN et de requérir l'eau chaude des sources publiques pour l'établissement thermal, ouvert en 2009, qui soigne les rhumatismes et l'arthrose. Ainsi on coupa l'eau chaude à la plupart des maisons pour le tourisme. Aujourd'hui seules les maisons sur des sources privées sont encore chauffées comme avant.

La diagonale ( 2 ) en Aubrac

Charly, quant à lui, a préféré les ombrages d'un chouette Parc Aventures bordant la rivière.

Et maintenant, en route pour la Margeride  !

La diagonale ( 2 ) en Aubrac
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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 16:34

Partie ce matin des Hautes-Pyrénées, je coupe la France par sa diagonale Sud-ouest >> Est (Léman). 

Entre Tarn et Aveyron, entre Albi et Rodez, au cœur du Ségala, je fais un premier arrêt. Aussi léger qu'une aile, le Viaduc du Viaur est posé sur les flancs de la vallée du Viaur

C'est une remarquable réalisation métallique de l'ingénieur Paul Bodin, achevée en 1902. On est émerveillé par l'harmonie de la technique et de la nature. Des poutres d'acier, des arches, un million de rivets… Cette dentelle aérienne datant du 19ème siècle élève à 116m de haut sur 460m de long, un arc central de 220 m d'envergure.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Le Viaduc du Viaur a fait l'objet d'un concours d'architecture en 1887, ouvert à des ingénieurs : 8 projets furent présentés, dont un émanant d'un certain... Gustave Eiffel. C'est finalement le projet présenté par Paul Bodin, ingénieur à la société des Batignolles et professeur à l'Ecole centrale, qui fut retenu.

L'arc central est formé de deux ossatures symétriques qui s'arc-boutent, au milieu du pont, par une clé articulée. C'est le seul pont de ce type en France. Cette technique permet la libre déformation de l'arc central, sous l'influence des charges supportées lors des passages de trains, des variations de températures et du vent.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

 

 

Et je reprends l'autoroute, vers Rodez.  Puis je bifurque à l'annonce, à 10 km, de ce petit village, Rodelle.

En arrivant par la falaise qui le surplombe, voilà le paysage :

 

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Alors c'est décidé : je visite ce village, et même je passe la nuit sur son parking visiteurs, plat et agréable. Voici

Rodelle, situé en plein Causse Comtal, une arrête rocheuse sculptée  par les méandres du Dourdou.

Rodelle, anciennement Ruthenula (« Petit Rodez »), est adossé à un énorme rocher de travertin à trois sommets, successivement occupé par les Gaulois, les Romains et les Wisigoths. Un sarcophage d'époque barbare est encore visible en haut du rocher.

Ce roc inexpugnable fut dès le VIIIème siècle le siège d'une importante viguerie carolingienne et devint ensuite une place forte appartenant au Comte de Rodez. Le château, confisqué par Louis XI, sera détruit en 1611. Les pierres, dont on peut apercevoir çà et là dans les façades quelques magnifiques exemplaires, serviront à la construction des maisons.

Je vous en ai sélectionné quelques unes :

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Dans cet éperon qui supporte Rodelle, nombreuses sont les grottes. L’une d’elle aurait servi de refuge à Sainte Tarcisse qui, selon la légende, fut nourrie par une chèvre.

En fait, cette fille de la noblesse mérovingienne du VI° siècle promise à un barbare Germain ne se voyait pas, mais pas du tout, renoncer à sa religion chrétienne.

Elle s’enfuit donc du palais paternel et se réfugia dans une grotte près de Rodelle afin de consacrer sa vie à la prière.
Sans doute implora-t-elle Dieu d’alléger les horreurs commises par les barbares Wisigoths qui éprouvaient alors fortement le Rouergue ...

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Et le lendemain matin, j'arrive à Bozouls, par des petites routes, directement dans le canyon ... ou presque ! On l'appelle "le Trou de Bozouls". Et quel trou !

Creusé par la rivière du Dourdou, il fait 400 m de diamètre, 100 m de profondeur...

Voyez plutôt avec cette vidéo de 59 secondes, prise d'un hélicoptère :

Comme vous venez de le voir, L'habitat s'est développé au bord des parois vertigineuses et occupe également le long promontoire ou se dresse l'église romane Sainte Fauste.

Mais moi je suis restée au fond du trou, car je suis arrivée par le vieux pont, le seul qui franchit le Dourdou (l'autre est une passerelle piétonne) dans cette échancrure naturelle. De part et d'autre du goulet d'étranglement, deux tours subsistent qui faisaient probablement partie d'un ensemble surveillant le passage et l'accès à la côte de l'Hospitalet, qui donne accès au cœur de la ville.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Pour ceux qui aiment à situer sur une carte, vous trouverez celle de la Diagonale dans la catégorie "Cartes", avec les sites évoqués numérotés dans l'ordre. Nous venons de passer le point 4

Décidément ma diagonale est un peu de travers : je ne m'arrête pas à Espalion, mais je fais un petit crochet.

Par la "coulée de lave de Roquelaure", d'abord.

Improprement nommée, car il s'agit en fait d'un éboulis de rochers basaltiques qui s'étend sur les pentes de la colline de Roquelaure, elle domine le village de Saint- Côme-d'Olt et la Vallée du Lot.
Cet éboulis a pour origine le démantèlement par l'érosion d'une coulée de lave situé sur la crête de la colline, perchée en inversion de relief. Vous remarquerez la forme régulière des rochers (5 ou 6 faces), ceci est dû au fait que ces blocs sont des tronçons de prismes basaltiques.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Ensuite je gagne Saint Côme d'Olt, un des plus beaux villages de France.

Situé au pied de l’Aubrac, dans la fertile vallée du Lot, Saint-Côme-d’Olt est un village dont la physionomie quasi circulaire, a gardé son caractère médiéval. Son tour de ville s'est façonné autour des anciens remparts devenus les façades extérieures des maisons. Trois portes d'entrée fortifiées permettent d’accéder à son centre, au travers de ruelles et de venelles très typées.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Il abrite en son centre les deux monuments primordiaux du site : son église au clocher tors et son château, ancien manoir des sires de Calmont construit au XIe siècle.

L'église seigneuriale primitive existait encore au XIVe siècle. Elle sera agrandie au début du XVIe siècle. Outre ses caractéristiques de style gothique flamboyant, cette église est surmontée d'un clocher flammé, qui s'élève à 42 m au-dessus du sol, en prenant appui sur une bâtisse carrée qui devient octogonale pour supporter une charpente à huit faces, élancée et torse.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Classé "Monument historique", le portail de l'église se compose de "deux baies en arc très surbaissé et encadré dans une arcade principale". Quinze panneaux composent chacun des deux vantaux, dont neuf médaillons historiés, les six autres étant constitués de "draperies" dites "en plis de serviette", ornements typiques du style gothique.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

En passant le pont que franchissaient les pèlerins fourbus venus d'Aubrac et se dirigeant vers Compostelle, c'est avec regret que je quitte cette jolie ville, qui compte beaucoup d'autres trésors dans ses environs immédiats.

Ce sera pour un autre voyage ...

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 17:31

Une petite semaine de vacances en Fenouillèdes avec mes "petits Suisses"

Pour bien commencer, un peu de farniente au bord d'une rivière, pour nous tous seuls.

Je vous laisse en imaginer la fraîcheur, par ce temps de canicule ...

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Mais nous passons ensuite aux choses sérieuses : balade de dolmen en dolmen et découverte du Pont-Aqueduc "romain" d' Ansignan.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

L'origine et l'histoire de ce pont-aqueduc sont incertaines. Un pont aurait été construit durant ou avant l'époque romaine (d'où son nom). La voie romaine est bien attestée. La mairie d'Ansignan indique que les moellons des arches sont datés entre 220 et 270 de notre ère.

Par la suite un aqueduc fut construit au-dessus du pont initial au 9ème siècle,  transformant le chemin en tunnel. Ce dernier ouvrage fut remanié à de nombreuses reprises, notamment aux 13 et 14èmes siècles, allongeant l'édifice jusqu'à ses dimensions contemporaines (170 mètres et 29 arches, de tailles croissantes lorsqu'elles se rapprochent du fleuve. Les deux plus grandes enjambent le lit de l'Agly).

Aujourd'hui, aucune découverte archéologique significative ne permet d'expliquer la présence de cet imposant édifice dans sa forme actuelle. Mais celui-ci est toujours en service et permet l'irrigation des cultures du village d'Ansignan, sur la rive opposée de l'Agly, et de pont-tunnel pour le traverser.

 

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Autre site proche et incontournable : les Gorges de Galamus.

Prenant sa source à Camps sur Agly, les eaux de l’Agly, rivière des Aigles, ont creusé cet impressionnant canyon sur une hauteur de plusieurs centaines de mètres (environ 500 mètres).

Témoignage des prouesses et des ambitions humaines, la route a été construite à la fin du XIXème siècle, taillée dans la roche à la barre à mine (dont on peut encore remarquer les coups dans la roche) par une poignée d’ouvriers suspendus à des cordes. Au-delà des raisons économiques  invoquées pour une telle entreprise – faciliter les échanges de marchandises sur les foires de St Paul de Fenouillet (légumes, bois et céréales, contre vins et huiles) seuls débouchés de nombreux villages des Corbières – il s’agissait également de répondre à un défi que ces Gorges, comme un bout du monde, lançaient à l’homme. La route fut terminée en 1892 par le tunnel à l’entrée des Gorges côté St Paul de Fenouillet.

Depuis 2003, la circulation automobile y est très règlementée, car on en était arrivés à ce paradoxe que, pour emprunter ce raccourci, on pouvait mettre jusqu'à 3 heures au lieu des 10 minutes nécessaires. A visiter à pied, donc, ou en navette électrique.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

L'Ermitage Saint Antoine

Depuis le parking du Belvédère, on aperçoit, comme serti dans la falaise, l'ermitage St Antoine où se cache une grotte-chapelle. Les ermites seraient venus s'installer dans les grottes naturelles de Galamus dès le VII° siècle. Ils placèrent le site sous la protection de Saint Antoine Le Grand, patriarche des moines du désert. Progressivement, ils construisirent des bâtiments. De 1482 à 1560, il est confié aux franciscains et en 1791, devenu bien national, il est vendu aux enchères publiques.

En 1782, les habitants de Saint-Paul-de-Fenouillet furent touchés par une épidémie de Suette (gangrène qui fait beaucoup transpirer), dont ils auraient été sauvés par Saint-Antoine. Ce serait l'origine des processions de Pâques et Pentecôte qui s'y déroulent.

Les ermites se seraient succédé à Galamus jusque vers 1930. Un temps transformé en gîte d'étape (je le sais parce que j'y ai dormi il y a bien longtemps) il est maintenant la proie des touristes.

 

 

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Et on ne peut pas s'empêcher d'être surpris par cet énorme platane qui pousse ici, à l'abri dans la cour, les pieds dans la roche ...

 

Et nous entrons en Pays Cathare !

Notre première visite est pour le Château de Peyrepertuse

Il est la « citadelle du vertige » par excellence. Epousant sa falaise de calcaire, la forteresse de Peyrepertuse s’étend sur 300 mètres environ ! Elle culmine à 800 mètres, au-dessus du village de Duilhac, dominant un paysage exceptionnel.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Occupé depuis l’Antiquité, le site de Peyrepertuse accueillit d’abord un petit ensemble fortifié. La forteresse est mentionnée pour la première fois en 1020 dans le testament de Bernard Taillefer, comte de Besalù, petit territoire catalan. Elle appartient à partir de 1162 à la ligne de défense du royaume d’Aragon face aux seigneurs occitans. Elle ne joue pas un grand rôle pendant la Croisade contre les Albigeois, mais son destin s’y inverse. Elle devient en 1240 possession du roi de France, qui en fait une pièce maîtresse de sa ligne de défense face à l’Aragon. Louis IX et ses successeurs veulent ici affirmer toute leur puissance. Les « maîtres des œuvres du roi » réalisent un chef d’œuvre d’innovation et d’adaptation au relief : c’est un fleuron de l’architecture militaire médiévale qui, à la fin du XIIIème siècle, défie fièrement le royaume d'Aragon. Son intérêt stratégique disparaît avec le traité des Pyrénées en 1659, mais jusqu'à la Révolution quelques hommes veillent sur ce beau vaisseau devenu fantôme…

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Un premier château féodal comprenant un ouvrage défensif et une église datent du XIIe siècle. C'est l'enceinte basse, en forme de triangle : de hautes et fortes murailles et deux tours attendent l'ennemi. Partout les archères jouent sur les formes pour rendre plus efficace le tir des arbalètes.

Dans sa cour fermée se trouve le Donjon Vieux, partie la plus ancienne du château, défendue par une poterne.

La chapelle romane Sainte Marie garde quant à elle le souvenir des secrètes prières de Dona Soria, la maîtresse de Du Guesclin, prisonnier des espagnols pendant la Guerre de Cent ans.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Après la Croisade des Barons, suivie par la croisade royale en 1226, le château de Peyrepertuse deviendra Forteresse Royale en 1258 lors du Traité de Corbeil.  

En 1242 Louis IX (Saint Louis) ordonne la réalisation d’un escalier taillé dans le roc. Ses 60 marches ont été taillées en bord de falaise. Impressionnant !

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Le Donjon San Jordi est le point culminant de la forteresse, et permet de découvrir l'ensemble du Château. Juché sur cet à pic, à 800 m d'altitude, l'œil embrasse un paysage qui va de Bugarach à la Méditerranée.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Il fait chaud ! Mais il est facile, ici, de se rafraîchir :

Aux abords du village de Duilhac-sous-Peyrepertuse, après une petite escapade sur une route bordée de vignes, les gorges du Verdouble, dites "Les Cascades", nous offrent un spectacle rafraîchissant dans un cadre pittoresque. La rivière du Verdouble s'est taillée un chemin dans les calcaires du crétacé du massif de l'Anayrac en une impressionnante gorge bordée de romarins. Une eau transparente s'y écoule par une succession de cascades, de marmites et de petits lacs naturels creusés dans le rocher.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Et on continue la tournée des châteaux. Celui de Quéribus n'est pas bien loin.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Pour la visite, vous pouvez cliquer sur ce lien :

Après les citadelles du vertige, voici deux modestes châteaux qui se font vis à vis :

à Fenouillet, le Castel Saint Pierre et la Tour Sabarda.

Un peu d'histoire :

La vicomté du Fenouillèdes , excentrée par rapport aux principales zones de combat ne fut pas directement touchée par les croisades . Par contre après l'échec de la révolte des seigneurs occitans (1240) , puis la chute de Montségur (1244) la vicomté fut une terre d'accueil pour les cathares pourchassés . Le château de Fenouillet est le seul château du Fenouillèdes qui a servi de refuge aux cathares sans être réaménagé par l'armée française lors de son indexation.
On retrouve ainsi, lors de la visite du site, le château tel qu'il était au XIIIème siècle. Regardez la projection sur la petite photo du milieu !

Le château de Saint-Pierre est un site exemplaire construit sur le modèle d'un vrai castrum occitan : le logis du seigneur et le village étaient entourés d'une enceinte de protection . Toutes les classes sociales se côtoyaient ce qui favorisait l'expansion rapide des échanges socio-culturels et religieux .

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

 Le Château de Sabarda est édifié sur un rocher au sud du castrum de Fenouillet. Il contrôle toutes les voies de communication venant de l'ouest, de l'est et du sud .

Il n'y a pas énormément de choses à dire sur le château de Sabarda. Il s'agit d'une place-forte de soutien à la défense du château St Pierre, siège de la baronnie de Fenouillet, dont la famille a eu une grande influence entre les Xe et XIVe siècle dans l'histoire locale.

Sabarda était une haute construction, aux murs appareillés de façon simple, peu épais en comparaison des châteaux de la même époque. Il était doté de plusieurs tours de formes circulaires et sa porte d'entrée est relativement grande.

Attention : une photo-mystère s'est glissée dans ma composition. Saurez-vous trouver la solution ?

Attention : une photo-mystère s'est glissée dans ma composition. Saurez-vous trouver la solution ?

Mais il fait chaud, sur ces hauteurs ! Allons vite nous rafraîchir en bas du village de Fenouillet, dans les Gorges de Saint Jaume.

C'est la balade idéale par temps de canicule : un défilé impressionnant creusé dans la roche. Sur une portion du GR36 remarquablement pittoresque, le sentier emprunte des passerelles, s’immerge dans la fraîcheur d’une forêt, passe aux abords d’une belle cascade ...

 

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Mais la semaine de vacances s'achève. Comme nous ne sommes pas encore lassés de ces châteaux si différents, qui offrent de belles balades, de beaux paysages et de belles histoires, nous choisissons le Château de Puilaurens.

Et il faut se le gagner, celui-là !

En plus d'un chemin d'accès long et pentu, il est défendu par un escalier fortifié, en chicanes, qui ne laissait pas beaucoup de chances à l'ennemi ! Vous le voyez sur ces photos aériennes d'internet :

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Citadelle du Vertige perchée à 697m sur son éperon rocheux, le Mont Ardu (le bien nommé !), le Château de Puilaurens est un remarquable exemple d’architecture militaire.

Au Xème siècle, l’abbaye Saint-Michel-de-Cuxa reçoit en don la vallée de la Boulzane. Elle y fonde l’église Saint-Laurent, associée à un ouvrage fortifié. Elle garde le contrôle de ce castrum de       «  Puèg Laurenç »,  Puilaurens en français, jusqu'au moment de la Croisade contre les Albigeois. Pendant cette période, le château accueille seigneurs faidits et hérétiques. Le village, alors accroché au flanc de la montagne tout près du château, joue aussi son rôle… c’est, avec Quéribus, un dernier refuge.

Vers 1250, le château passe aux mains de la royauté française. En 1255, Louis IX ordonne de fortifier le château. Tour à bossage, chicanes… à la puissance des murailles, s’ajoutent des défenses actives pour faire face à l’Aragon. Ce sont ces travaux qui inaugurent l'aspect du château tel qu'on le connait aujourd'hui. Il passe au rang des forteresses de défense face à l'Aragon.

Ce château si bien armé reste une base-arrière, un simple point d’appui, éloigné des combats qui font rage dès le milieu du XIVème siècle. Puilaurens n’est pris qu’une seule fois, en 1637. De retour dans le giron français, la forteresse continue d’être améliorée et sa garnison est entretenue jusqu’à la Révolution.

 

Passée la porte à assommoir, la cour principale se dévoile. Le mur d’enceinte et ses créneaux et merlons, les tours ouvertes à la gorge sont chargés d’histoire.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

C’est l’une des forteresses royales les mieux conservées, en même temps que le lieu d’une légende tenace… 

Celle-ci rapporte que la Dame Blanche, Blanche de Bourbon, petite nièce de Philippe le Bel, vient pendant les pâles nuits, promener ses vaporeux voiles sur le chemin de ronde des remparts démantelés.

Son histoire ?

Elle s’arrête à Puilaurens en 1353, alors qu’elle fait route pour l’Espagne, pour épouser son fiancé le roi de Castille. On sait que plus tard, son mari lui en fera baver : d’ailleurs, son surnom, c’est Pierre le Cruel ! Il la fait empoisonner en 1361. Elle a seulement 22 ans...............                  .............Et depuis, on dit que son fantôme hante Puilaurens.

Une tour circulaire à bossages, qui surplombe les chicanes de plusieurs dizaines de mètres, porte d'ailleurs son nom : la Tour de la Dame Blanche. On y voit une fenêtre à coussièges (bancs de pierre) qui surveille le chemin, et une belle salle voûtée d'ogives, dite salle Saint Louis. Elle est pourvue d'un rare dispositif : un conduit porte-voix creusé dans la paroi, qui permettait de se parler avec l'étage au-dessus.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Au fond de la cour, une poterne mène au point de vue. Le panorama est à couper le souffle. A la manière d’un guetteur de l’époque, cette vue aérienne permet d’épier la vallée en contrebas : village, montagnes, forêts, rochers et falaises composent ce décor incroyable.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Voilà, les vacances sont finies. Celles-là, oui, mais il y en aura d'autres ...

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  • : scandinadream.over-blog.com
  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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