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6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 09:21

L’Alt Emporda (Haut-Ampurdan) est située à l'extrémité nord-est de la Catalogne, à l'endroit où commence à se dessiner la Costa Brava.
Elle est marquée par la proximité entre la mer et les Pyrénées,

Au-dessus de la petite ville de Port de la Selva, juste au nord du Cap de Creus, une petite route grimpe ver le Monastère de Sant Pere de Rodes.

Vers le bas, quel paysage !!

La perle de l'Alt Emporda

Mais le haut n'est pas en reste ! Il suffit de lever la tête pour découvrir un ensemble monumental d'exception, dont le monument principal est le Monastère Sant Pere, à partir duquel prospérèrent le château de Verdera et le village de Santa Creu.

 

La perle de l'Alt Emporda

La fondation de cet ensemble remonte au 9ème siècle, dans le cadre de l'expansion de l'ordre monastique bénédictin dans les comtés catalans, mise en œuvre par la monarchie française. Ce qui nous permet de découvrir en un seul site les espaces représentatifs des 3 classes sociales sur lesquelles se fondait la société médiévale :

-  les oratores, qui priaient

-  les bellatores, qui guerroyaient

-  les laboratores, qui travaillaient

C'est la troisième fois que je viens sur ce site. La première fois, j'ai visité le monastère, la seconde fois le château, et cette fois-ci, je me suis attardée au village. Vous pouvez retrouver mon diaporama de la visite du monastère en cliquant sur la ligne blanche du lien ci-dessous :

Santa Creu était une cité prospère. Sa structure urbaine était celle d'une ville close, c'est à dire une ville où les façades arrières des maisons font fonction de murailles, et on ne peut y accéder que par des portails fortifiés.

Le centre névralgique est la place de l'église (10ème siècle) autour de laquelle se trouvent les maisons, séparées par des rues qui y débouchent.

En raison des nombreux pèlerins, Santa Creu fut un lieu prospère, accueillant des foires et des marchés, avec des aubergistes, des tailleurs, des boulangers, des forgerons ou des notaires qui offraient leurs services à quiconque arrivait au monastère.

La perle de l'Alt Emporda

Santa Creu de Rodes vécut son plus grand moment de prospérité aux 13ème et 14ème siècles, quand certaines maisons furent agrandies et quand des quartiers furent construits extra-muros. Le 15ème siècle fut le début d'une période de décadence et d'abandon progressif du village.

L'église devint alors l'ermitage de Santa Helena qui continua le culte jusqu'à la fin du 19ème siècle.

La perle de l'Alt Emporda

Le Château de Sant Salvador de Verdera est juché au point le plus élevé de la Serra de Rodes, à 670 m. La vue imprenable sur le territoire et sa difficulté d'accès lui fournirent une grande valeur stratégique et militaire à l'époque médiévale.

Construit au 9ème siècle, le château joua un rôle majeur dans plusieurs guerres. Entre les 14ème et 15ème siècles, l'évolution des techniques de combat et l'apparition de l'artillerie lui fit perdre sa fonction militaire, et dès le 16ème, il ne fut plus qu'un poste de guet contre la piraterie.

La perle de l'Alt Emporda

 

On ignore l'origine du monastère de Sant Pere de Rodes, ce qui donna lieu dans le passé aux spéculations et aux légendes comme celle de sa fondation par des moines qui y seraient venus avec les restes de Saint Pierre et d'autres saints qu'ils voulaient protéger de la profanation par les hordes barbares qui arrivaient sur Rome. Le danger des envahisseurs passé, le pape Boniface IV aurait alors ordonné de construire l'église.

La première documentation officielle de l'existence du bâtiment date cependant de l'année 878. Il est mentionné une cellule monastique simple consacrée à saint Pierre. Il faut attendre l'année 945 pour que le lieu soit considéré comme un monastère bénédictin indépendant. Il atteint son apogée entre les XIe et XIIe siècles.

Le monastère eut une extraordinaire vitalité jusqu’à la fin du XIVe siècle, de nombreux jubilés y sont célébrés. Puis il tomba en décadence, avec le relâchement de la vie communautaire, le manque de dons à faveur du monastère... auxquels on doit ajouter les effets de la peste noire (1345), qui tua vingt-quatre moines. La peur de la piraterie fit fortifier le site.

À partir du XVIIe siècle, il est pillé et en 1793, il est abandonné par la communauté bénédictine, qui part d'abord à Vila-Sacra puis à Figueras en 1809, jusqu'à sa dissolution.

En 1930, il est déclaré monument national et, en 1935, le gouvernement de la Catalogne commence les premières restaurations.

La perle de l'Alt Emporda

Le cloître du XIIe siècle est la partie centrale du couvent autour de laquelle se répartissent les autres édifices. Il fut construit par-dessus un premier cloître plus ancien, dégagé lors de fouilles récentes. Il ne reste presque aucun élément d'origine du cloître moderne, la quasi totalité de ses colonnettes et chapiteaux ayant été dispersés et vendus, provoquant l'effondrement de certaines galeries.

L'église, consacrée en 1022, de style roman, est sans comparaison avec les canons de son temps. Les trois parties de la nef sont délimitées par une double colonnade avec chapiteaux d'influence corinthienne. Les colonnes adossées aux piliers proviennent d'une construction précédente. Le grand vaisseau central est splendide, avec un déambulatoire dans l'abside, qui semble être continué par les deux collatéraux. Il y a une crypte sous l'abside. L'église, qui synthétise avec originalité une série de courants architecturaux, comme le carolingien, le préroman et les constructions romanes, est considérée comme l'une des principales représentantes de l'architecture romane en Catalogne.

 

La perle de l'Alt Emporda

Le clocher carré du XIIe siècle est d'une influence lombarde du siècle précédent.

À son côté, une tour de défense, ou tour de l'hommage, a probablement été commencée au Xe siècle avant de passer par un long processus de construction et de modifications au fil des siècles. Ses murs ainsi que celui qui la relie au clocher contiennent de nombreuses assises de pierres rangées en arrête-de-poisson.

La perle de l'Alt Emporda

Il existe un autre trésor relatif à ce monastère : une Bible, écrite et illustrée entre 1010 et 1025. Elle est actuellement conservée à la Bibliothèque Nationale de France, à Paris.

Si vous voulez voir quelques unes de ses magnifiques illustrations, cliquez sur la ligne blanche de ce lien :

Et si, avant le coucher du soleil, on faisait un saut de géant vers le sud-est, jusqu'au Cap de Creus ?

Le Cap de Creus a été déclaré Parc Naturel en 1998 et se caractérise par deux zones protégées, l’une marine et l'autre terrestre. Le Cap, reconnaissable grâce au phare érigé en 1853.

La région abrite de nombreux dolmens et autres découvertes archéologiques datant de la préhistoire, et l’histoire des villages environnants remonte à l’époque des Grecs et des Romains.

Le paysage du Cap est irrégulier, la péninsule principale s’incruste dans la Méditerranée formant de petits promontoires et îlots couverts d'une dense végétation d'arbustes. À l’extrême est se dresse le célèbre phare, entouré de buissons de thym et de romarin.

La perle de l'Alt Emporda

Bonne nuit, et à bientôt ...

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30 mars 2017 4 30 /03 /mars /2017 19:32

Jeudi 23 mars 2017

LOSILLA DE ARAS

Nous aimons rouler sur les petites routes, et choisissons souvent, sur la carte Michelin, celles qui sont bordées de vert, ce qui signifie : route pittoresque.

C'est ce que nous avons fait en quittant Chelva. Mais cette fois, la route verte nous a menés à une route cartographiée par des pointillés alternativement rouges et blancs. Signification : route en mauvais état. Elle part du minuscule village de Losilla de Aras, et s'étire sur 19 km, en passant par Hoya de la Carrasca, dans un paysage superbe.

Voilà pour nous une garantie : en vélo, même une mauvaise route est meilleure qu'un chemin, et il n'y aura pas, ou peu, de voitures !

BIENTOT  LE  RETOUR

Et nous voilà partis, laissant Charly se reposer dans le camion de ses 15 km d'hier.

Ce que ne disait pas la carte Michelin au 400 000ème, c'est le dénivelé, environ 500 m. Alors nous avons fait demi-tour à l'étoile jaune de la photo, au bout de 12 km, après le petit hameau de Hoya de la Carrasca et son joli ermitage.

Et nous avons vu 3 voitures en 24 km.

BIENTOT  LE  RETOUR

Et voilà quelques uns des fabuleux paysages que l'on peut admirer entre Ademuz et Teruel, route N530.

Et encore, j'en ai raté plein. Pas facile de prendre des photos en roulant.

BIENTOT  LE  RETOUR

Vendredi 24 mars 2017

MONTORO DE MEZQUITA

Nous voilà de retour dans le Maestrazgo (voir Moralla et Ares de Maestrat)

Encore quelques photos prises en roulant : des villages perchés au-dessus de canyons, des ermitages, des paysages …

 

BIENTOT  LE  RETOUR

Montoro de Mezquita : petit village perdu au bout d'une route guère plus large que la voiture, et dont la vallée est bouchée par un canyon de 3 mètres de large et 100 mètres de haut. Juste pour laisser passer le rio Guadalope.

Nous partons pour monter à un mirador installé à 180 mètres au- dessus. Mais l'itinéraire devient un peu trop « hard » avec Charly. Il faudrait le porter dans des conditions difficiles, et nous renonçons alors qu'il nous restait environ 30 m de dénivelé à grimper.

Sur la photo, le mirador est à peu près à l'étoile jaune, et le canyon est à l'étoile bleue.

BIENTOT  LE  RETOUR
BIENTOT  LE  RETOUR

Nous nous sommes consolés en descendant le plus près possible du canyon. On ne peut y pénétrer, car le Guadalope occupe toute la place.

BIENTOT  LE  RETOUR

De nouvelles rencontres :

Les unes défendent bien leurs jeunes feuilles contre l'appétit des autres …

BIENTOT  LE  RETOUR

Samedi 25 mars 2017

LAS CUEVAS DE CAÑART

Incroyable, ce village. Si perdu et si joli !

Des ressources agricoles faibles ajoutées à l'isolement imposé par les montagnes abruptes qui l'entourent ont fait passer sa population de 800 habitants à moins d'une centaine. Et pourtant tout ici témoigne d'un passé florissant : les deux portes médiévales sont le reste des anciennes murailles, le four médiéval, les belles façades des maisons sur la Plaça Mayor, l'église, le Couvent des Conceptionistes Franciscaines, et même l'église du Couvent des Pères Servitas, détruit durant les guerres carlistes, dont les ruines témoignent de la richesse de l'ordre.

BIENTOT  LE  RETOUR

Aujourd'hui, la piste de 16 km qui permet d'y accéder par l'ouest est enfin goudronnée. Avec une agriculture survivante, quelques gîtes de tourisme à louer, un grand hôtel restaurant et un centre de VTT pour le Maestrazgo, il semble qu'il y fasse encore bon vivre.

BIENTOT  LE  RETOUR
BIENTOT  LE  RETOUR

Un petit tour en vélo dans cette géographie fantastique ? Oui, mais il y a intérêt à avoir un moteur !

Nous n'en avions encore jamais montée de si raide (au moins 30%) si longtemps. Partis de la porte médiévale dans le village, nous n'avons osé nous arrêter (sous peine de ne pas pouvoir redémarrer) avant presque un kilomètre, en pleine montagne, à un carrefour. Là nous avons choisi la route horizontale, mais la première continuait à monter tout droit. Ils ne connaissent pas les virages en épingle qui adoucissent les côtes, par ici.

BIENTOT  LE  RETOUR

Et je n'oserais pas me lancer dans une analyse géologique de la région en voyant des formations rocheuses si diverses juxtaposées dans cette seule vallée …

BIENTOT  LE  RETOUR

Après avoir quitté ce si bel endroit, nous avons longé un lac de barrage, l'Embalse de Santolea, par une toute petite route. Ça donne ceci :

BIENTOT  LE  RETOUR

Dimanche 25 mars 2017

ALQUEZAR

Il faut rouler, rouler vers le nord, pour traverser des plaines, tantôt cultivées, tantôt trop pauvres pour y récolter quoi que ce soit.

Et voilà le Somontano, riche région viticole autour de Barbastro. Pas de petits propriétaires, mais de gigantesques vignobles, et quelques bodegas (caves) très importantes, comme l'Entreprise de Fraga Sientos Costa …

BIENTOT  LE  RETOUR

Enfin nous arrivons à Alquézar.

Le site** est saisissant : au détour de la route apparaît le village accroché au rocher et dominé par son château-collégiale construit sur le rebord du canyon du Río Vero.

BIENTOT  LE  RETOUR

La vieille ville déploie un dédale de ruelles tortueuses bordées de maisons aux façades blasonnées. Certaines de ces ruelles passent même sous des maisons. Jolie Plaza Mayor, avec ses arcades.

BIENTOT  LE  RETOUR

Au 9ème siècle, les Arabes avaient édifié sur les lieux un château : Al-Qasr (qui a donné son nom au village) qui fut repris en 1067 par le roi chrétien Sancho 1er. A cette époque et jusqu'au 12ème siècle furent élevées les murailles et les tours..

BIENTOT  LE  RETOUR

La collégiale de Santa María la Mayor fut transformée vers 1530.

Joli cloître roman aux chapiteaux sculptés dans un style archaïque mais expressif. Et beaux restes de peintures … et belle vue sur le canyon !

BIENTOT  LE  RETOUR

Nous allons dormir sur le parking, et demain matin ce sera une petite balade de 5 km le long du Río Vero, que l'on traverse à plusieurs reprises sur des passerelles. Un petit avant-goût avec ces quelques vues prises du village.

BIENTOT  LE  RETOUR

Lundi 25 mars 2017

QUE DE NEIGE !

Notre beau projet est tombé à l'eau ! Il pleut des cordes, ce matin.

Et les balades suivantes, que nous avions prévues dans le Parc Naturel du Mont Perdu, sont complètement sous la neige. Nous prenons donc la décision du retour, attendu que ça ne va pas s'arranger du jour au lendemain.

Voyez plutôt la route du retour, côté sud des Pyrénées, à seulement 400 m d'altitude :

BIENTOT  LE  RETOUR

J'espère que vous avez pris du plaisir à ce petit reportage, et qu'il vous donnera envie de visiter ces belles régions.

En attendant un prochain voyage … portez-vous bien !

 

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18 mars 2017 6 18 /03 /mars /2017 18:35

 

Lundi 13 mars 2017

Ce n'est pas le point le plus au sud de l'Espagne, mais c'est le plus au sud que nous atteindrons dans ce voyage. C'est notre CapSud à nous, après avoir été au CapNord l'an dernier.

Après une journée de repos, à se chauffer au soleil à 28° dans un camping à Carboneras, nous voici dans un vent glacé, par 9°, dans le Parc Naturel de Cabo de Gata-Nijar.

C'est un Parc maritimo-terrestre, du fait qu'il concerne 50 km de côtes de falaises découpées, les mieux conservées du littoral méditerranéen espagnol, et qu'il est un des espaces protégés d'Europe par sa vocation de steppe subdésertique.

La trace millénaire de l'intervention humaine se fait patente dans de nombreux endroits : gisements de plomb et d'or, tours de vigies et forteresses côtières pour se défendre des pirates barbaresques, et une architecture populaire liée à la culture de l'eau.

Et comme c'est un Parc Naturel, pas de plastiques pour cultures, pas de bétonnage de la côte. Les villages sont petits et éparpillés, et la ville de Sant José n'a pas d'immeubles de plus de 2 étages. Un petit paradis !

CAP  AU  SUD

Les reliefs de la côte se sont créés en une époque où la terre crachait du feu, donnant lieu à ces formes capricieuses, entre volcans éteints et laves pétrifiées, origine de la couleur sombre du sable du littoral.

CAP  AU  SUD

A cause de l'orage qui se prépare, nous ne ferons qu'une balade raccourcie (6 km) dans les falaises, la mer trop agitée nous empêchant d'arriver jusqu'à leur pied.

Nous partons de l'ancien moulin à farine, dans la Baie de los Genoveces. Pourquoi ce nom ? (les Génois)

Parce qu'en 1147 les troupes catalanes et génoises débarquèrent sur cette plage pour combattre la domination musulmane de la zone, et contrecarrer son monopole dans le marché de la soie.

Déjà, au fond, nous apercevons « el Morrón de los Genoveces », dôme volcanique autour duquel s'étend une des six Aires de Réserve Marine du Parc Naturel.

CAP  AU  SUD

Mais l'orage est au-dessus de nous, et nous ne monterons pas là-haut. Un tour sur les falaises pour en voir l'autre côté, avant de rentrer sans être trop mouillés.

CAP  AU  SUD

Mardi 14 mars 2017

Nous sommes revenus sur notre route, pour dormir à Rodalquilar. Pas seulement parce que nous y avions vu un bon parking, mais parce qu'il y a un beau jardin botanique, El Albardinal, qui était fermé hier lundi.

Aujourd'hui nous l'avons visité, après une nuit de tempête : vent en rafales et grosse pluie. Avec le froid, on a remis les pantalons, ressorti les parkas … Dans un pays subdésertique où il ne pleut que rarement, c'est pas de chance. Surtout que la météo l'annonce pour la semaine !

A l' Albardinal on trouve des plantes de tous les pays et continents, mais qui vivent exclusivement dans un sol aride et un climat subdésertique, tel que l'on trouve ici dans la région d'Alméria et en Andalousie. Et nous voulions (surtout Alain, qui s'intéresse beaucoup à la botanique) connaître les noms de différentes plantes que nous avions rencontrées pour la première fois par ici.

Et nous en avons découvert bien d'autres, et aussi une exposition pédagogique très bien faite.

CAP  AU  SUD

Notre balade suivante était prévue en vélo, dans le désert de Tabernas. Celui où sont tournés les westerns, en Europe, car il reproduit assez fidèlement l'ouest américain.

Et nous devions remonter, dans son lit, un cours d'eau à sec la plupart du temps. Mais il a tant plus depuis hier que l'eau l'a envahi. Pas de balade, donc. Je me suis contentée de faire quelques photos en roulant quand nous avons traversé le désert.

Vous le trouvez bien vert, pour un désert ? C'est que, nous l'avons appris au Jardin Botanique, dans ce climat semi-désertique, les plantes ont une stratégie particulière pour économiser l'eau : elles gardent leurs feuilles en hiver et les perdent en été.

CAP  AU  SUD

Nous remontons vers le nord. C'est le chemin du retour, mais toujours en petites étapes, ponctuées de découvertes.

Par exemple, nous avons traversé plusieurs vallées où la montagne est carrément mise à nu pour y faire des plantations d'oliviers.

Et nous avons repensé à nos Festivaliers pour la Défense de l'Eau, à Los Molinos del Río Aguas. Qui s'insurgeaient contre la plantation d'un million d'oliviers, arrosés au pied.

Car, disent-ils, les nappes souterraines ne peuvent suffire à cet arrosage. Et détourner l'eau de pluie pour en faire des réserves revient tout autant à assécher les nappes souterraines, qui ne serons plus alimentées. Une folie, disent-ils.

CAP  AU  SUD

Encore des carrières géantes (je ne vous en montre qu'une toute petite partie) où l'on extrait du marbre et d'autres pierres pour les remblais, les granulats etc … de belles pierres, certes, mais des montagnes de déblais déplacés. Que restera-t-il de cette montagne ? Une industrie prospère, semble-t-il, mais ...

CAP  AU  SUD

Enfin, notre étape pour la nuit, en arrivant à un col dans la Sierra de Los Filabres : le Sanctuaire de la Virgen del Saliente, ou plutôt son parking géant.

Cet ermitage, qui comporte une hôtellerie, est vouée à Notre-Dame des Désespérés. Il a été fondé en 1676, mais l'actuel sanctuaire est de 1762.

Un peu tard pour de bonnes photos, on verra pour en faire d'autres demain matin, s'il ne pleut pas.

CAP  AU  SUD

Mercredi 15 mars 2017

Le soleil est au rendez-vous ! Vous le voyez sur la photo ci-dessus.

Mais le vent est toujours soufflant, et le froid toujours pinçant. Il est vrai que nous avons dormi à 1200 mètres.

VELEZ BLANCO

Aujourd'hui, ce sera 2 châteaux pour le prix d'un. Je m'explique : nous avons stationné sur le parking sous le château de Velez Blanco, et nous sommes partis en vélo, à travers la campagne et les amandiers, pour une boucle de 28 km qui passait par le château de Xiquena.

Il s'agit d'une des fortifications les plus singulières de la région de Murcie. Car au cours de notre balade, nous avons franchi la « frontière » entre Andalousie et Murcie.

D'origine islamique, elle fut conquise en 1433, et se convertit en la plus solide avant-garde frontalière face au Royaume Nasride de Grenade.

CAP  AU  SUD

Les amandes sont déjà formées sur les amandiers, qui sont la richesse de la vallée. Et ils ont bien du mérite à pousser au milieu des pierres ! Il y a aussi des oliviers, mais peu.

Nous avons vu aussi 2 élevages de chèvres noires. Pour le lait, vus leurs pis.

Et les inévitables élevages de cochons ...

CAP  AU  SUD

Le Palais-Forteresse de Velez Blanco est, lui, un joyau du Patrimoine Historique Andalou. Il fut construit de 1505 à 1515, sur les fondations d'une forteresse maure. Il constitue une œuvre maîtresse de l'architecture et de la sculpture de la première Renaissance en Espagne.

C'était une résidence seigneuriale, mais qui témoignait de l'évolution de l'art de la guerre : le vieux château féodal (il en a gardé l'apparence extérieure) se combine avec le palais urbain, centré sur la cour d'honneur (le patio) décoré de colonnes. Celui-ci nous parle d'une noblesse qui regarde la moderne Italie de la Renaissance comme le symbole des temps nouveaux, qui rompt avec la tradition architecturale gothique antérieure.

CAP  AU  SUD

Malheureusement, abandonné au 19ème siècle, il fut exploité comme carrière de pierres et ses belles sculptures furent vendues, notamment le patio, qui est actuellement dans un musée à New York, et les frises en bois sculpté qui ornaient les deux grandes salles du château, qui furent acquises par un antiquaire parisien...

CAP  AU  SUD

Avant de quitter l'Andalousie, quelques photos de ce village de Velez Blanco, qui est resté typique du sud de l'Espagne : rues étroites, maisons blanches, grilles en fer forgé dont certaines très belles, aux fenêtres et aux portes qui sont souvent en décroché sur la rue. Comme nous sommes en montagne, les toits sont en pente et couverts de tuiles. Mais plus au sud et près de la mer, ils sont plats et comportent une terrasse.

CAP  AU  SUD

Jeudi 16 mars 2017

LORCA

La vallée du Río Guadalentín fut une voie de communication naturelle de grande importance à l'époque médiévale, car il s'agissait du passage frontalier entre les Royaumes de Castille et de Grenade. C'est pour cela qu'elle dispose de nombreuses forteresses défensives et de vigilance du territoire.

La petite ville de Lorca s'étend au pied d'une petite sierra dont le sommet supporte les vestiges de la Forteresse du Soleil. Après la capitulation des musulmans en 1244, le roi Alphonse X ordonna la construction du puissant donjon (Torre Alfonsina) et de la Torre del Espolón, et le renforcement des remparts.

CAP  AU  SUD

Au 19ème siècle, à l'époque des guerres napoléoniennes, pour adapter la forteresse aux systèmes défensifs modernes, fut ajoutée une batterie de six canons, dont on voit les socles devant la Torre Alfonsina.

Le 11 mai 2011 eut lieu à Lorca un terrible tremblement de terre qui endommagea gravement la Torre del Espolón et une partie des remparts, plus que les guerres passées.

C'est dans l'escalier de cette tour que nous avons fait une surprenante rencontre ...

CAP  AU  SUD

Plus de 1000 personnes vivaient dans cette forteresse. Les citernes avaient donc une grande importance. Il y en avait une dans le sous-sol de la Torre del Espolón.

Une autre d'une seule voûte, appelée « petite » (22 m³) et une très grande, de 750 m³. Elle comporte trois travées comme celles qui sont en photo, et sert maintenant de lieu d'exposition.

Pour le pain, les deux énormes fours ne suffisaient pas pour nourrir toute cette foule et on réquisitionnait souvent les boulangers de la ville.

CAP  AU  SUD

Vendredi 17 mars 2017

BARRANCO DE HONDARES

Une piste remonte la Gorge du Rio Hondares, et nous voulions la suivre une dizaine de kilomètres.

Mais nous avons bientôt étés arrêtés par un gué. Après avoir réussi à le passer, en voilà un deuxième à peine un kilomètre plus loin. On le passe au risque d'un bain, en voici un autre à 500 m !

Stop, demi-tour, repasser les gués. Décidément, ce n'est pas la bonne saison …

Joli bilan tout de même, avec seulement 8 km aller-retour : un groupe d'une dizaine de jeunes « chevreuils » que Charly a fait fuir. Seuls deux ont consenti à poser pour la photo, mais au zoom.

Et une belle cascade, tombant dans un trou profond (au moins 3 mètres) servant de piscine l'été : les Bains de Somogil.

CAP  AU  SUD

EL CAÑON DE LOS ALMADENES DEL RíO MUNDO

L'après midi, nous voici suivant le Rio Mundo, à pied, cette fois, jusqu'à son cañon.

Voilà ce que ça donne :

CAP  AU  SUD

Et demain, ce sera une « longue étape » en voiture : une centaine de kilomètres vers le nord, à travers un grande plaine ...

A Bientôt

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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 19:26

Mardi 7 mars 2017

CALLOSA D'EN SARRIA

A la recherche d'un camping tranquille dans l'intérieur des terres, nous arrivons à Callosa d'En Sarria. Mais que cachent donc toutes ces toiles tendues dans la montagne ? Il y en a partout !

DES  NÈFLES  !

 

C'est que nous sommes dans la capitale mondiale de la nèfle ! Et sous ces abris de toiles poussent des néfliers du Japon, qui sont ainsi protégés du vent.

Mais attention à ne pas confondre avec la petite nèfle brune, qui mûrit en automne dans nos pays froids, et qui est à peine mangeable quand elle a subi la gelée et qu'elle est blette. Ça c'est Mespilus germanica.


Ici, il s'agit d'un fruit de couleur jaune, à noyaux (5 ou 6), très juteux et savoureux, au goût acidulé.

Les Nisperos (nèfles) Callosa d’En Sarrià sont cultivées dans la région de la Baixa Marina, au nord-ouest de la province d’Alicante sur un territoire comprenant entre autres les communes de Callosa d’En Sarrià, Altea et Villajoyosa.

Sa pleine saison de maturité est du mois d’avril à fin juin.

Elle se consomme généralement fraîche ou pochée dans un sirop, on la travaille aussi en confiture, jus, liqueurs ou crèmes glacées. On la trouve également dans des garnitures de viandes et bien entendu dans les pâtisseries.

La Nèfle de Callosa d’En Sarrià bénéficie de l’AOC depuis le 14 janvier 1992 et de l’AOP depuis 1996. C’est la seule nèfle à bénéficier d’une AOP, et elle est exportée dans le monde entier.

DES  NÈFLES  !

Demain, c'est dit, on en achète pour y goûter.

Mais aujourd'hui, nous jouons les touristes, et allons, comme tout le monde, voir à 500 m du camping les Fonts de l'Algar, des chutes naturelles sur le cours de l'Algar, entrecoupées de Tolls, ces piscines naturelles où on peut se baigner (mais pas en ce moment. Malgré la chaleur, l'eau est un peu fraîche!)

DES  NÈFLES  !

Mercredi 8 mars 2017

Le croirez-vous ? Impossible de trouver des nèfles dans les supermarchés. Il n'y en a ni en jus, ni en confiture, ni au sirop. Quand ce sera la saison, il y en aura peut-être des fraîches, m'a-t-on répondu …

Autrement dit, c'est un produit réservé localement aux touristes, et à l'exportation.

Reste internet …

En attendant, nous voici dans une région de plus en plus aride, au nord d'Alicante, en train de visiter Las Coves del Canelobre, la grotte du Candélabre, nom donné à cause de le forme particulière d'une grande stalagmite. Elle s'est creusée à 700 m d'altitude, dans le flanc d'une montagne de 1230 m, le Cabeço d'Or.

DES  NÈFLES  !

ELCHE

En contournant la ville, nous arrivons au sud d'Alicante, à Elche.

Les phéniciens y avaient planté des palmiers pour alimenter en dattes les marins de leurs navires lors des traversées. Puis, quand au 8ème siècle les musulmans occupent la région, ils mettent en place un important système d'irrigation qui permet le développement d'une grande palmeraie.

Mais lorsque Elche est reconquise par les chrétiens, en 1265, la tradition voulait que tous les arbres soient abattus. Fort heureusement, Jaime 1er a interdit la destruction des palmiers ! Ce qui fait d'Elche, aujourd'hui, la plus grande palmeraie d'Europe.

Une précieuse enclave dans cette palmeraie, un « jardin artistique national », est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco et s'appelle « le Verger du Curé » : El Huerto del Cura***.

Il tient son nom de l'aumônier qui reçut le jardin en héritage et y consacra sa vie : José Castaño Sánchez (1843-1918). Sur 13 000 m² y domine principalement le palmier dattier,

DES  NÈFLES  !

Mais il y en a toutes sortes d'autres. Ceux-ci, par exemple :

DES  NÈFLES  !

Et une merveilleuse collection de cactées et d'Euphorbes candélabres :

DES  NÈFLES  !

Le parcours est aussi agrémenté de bassins et de fleurs exotiques …

DES  NÈFLES  !

La tradition veut que les illustres visiteurs donnent leur nom à un palmier : le sujet est arrosé par son parrain avec du vin de la région.Le plus connu d'entre eux est le palmier impérial**, souvenir du passage d'Elisabeth d'Autriche (la fameuse Sissi), en 1894. Ce spécimen est unique par sa forme : autour du palmier mère, ont poussé 7 rejets à 1,50 m de la base, formant un bouquet. Ils y sont nés lorsque le palmier mère avait plus de 60 ans.

Ce formidable candélabre à 8 bras dépasse de loin le poids de 10 tonnes. Il ne se nourrit que de la sève fournie par le tronc central. Il est âgé d'à peu près 165 ans.

DES  NÈFLES  !

Vers le 5ème siècle avant J-C, la cité de Héliké (Elche) était un haut lieu de la civilisation Ibère. Cette époque a livré des sculptures de toute beauté, parmi lesquelles la célèbre Dame d'Elche, dont la reproduction en taille réelle préside à ce bassin :

DES  NÈFLES  !

Jeudi 9 mars 2017

Nous voici dans la Communauté de Murcie, que nous abordons par le nord.

Juste avant d'y entrer, nous avons béé devant l'immense carrière de marbre d'Algueña. C'est toute une montagne qui va être rasée, si ça continue ! Poussière, bruit … Nos petites carrières de marbre des vallées pyrénéennes sont lilliputiennes, à côté !

DES  NÈFLES  !

ABARÁN

Toute cette région nous paraît sèche et peu fertile : des amandiers, quelques oliviers, et de plus en plus de pêchers. En arrivant dans la vallée du Segura, il n'y a plus que cela : des pêcher-brugnon-nectarine. Quand ils sont en fleurs, on n'arrive pas à faire la différence.

Arrivés à Abarán, balade à vélo le long du fleuve, un peu plus loin que la ville voisine : Cieza, puis une petite incursion dans la montagne, et retour en surplombant la vallée. En tout 35 km.

DES  NÈFLES  !

Au retour sur Abarán, nous avons fait connaissance avec les Norias.

Les Arabes ne furent pas les inventeurs des norias, mais ils leur donnèrent une grande impulsion.

Une noria est une machine qui, en utilisant l'énergie de l'eau, élève l'eau d'un canal à un autre canal situé plus haut en vue d'irriguer de nouvelles terres.

Les norias ne sont pas installées sur le fleuve, mais sur 2 canaux (acequias) situés un de chaque côté du fleuve. Et elles remontaient l'eau plus haut, dans de plus petits canaux d'irrigation.

Cette noria, la Noria Grande, qui date de 1805 et se vante d'être la plus grande noria en fonctionnement en Europe, mesure 11,92 m de diamètre, 1,18 m de large et a 64 pales. Elle élève 32 litres d'eau par seconde, arrosant 155 « tahúllas » de la rive gauche du Segura.

Au secours : ni mon dictionnaire ni google-traduction ne veulent me dire ce que signifie « tahúllas ». Qui me le dira, en utilisant les commentaires ?**

Et aussi, pour qu'on se rende mieux compte, 32 l/seconde, ça fait combien de m³ à l'heure ?

 

** mise à jour : Wikipedia me dit que la tahùlla est une unité de superficie égale à 1118 m2 ou 1185 m2 selon les régions (Murcie, Castille ou Aragon). Qu'elle est généralement utilisée sur les terres irriguées de l' époque de Charles IV, et qu'elle est soupçonnée d'être héritée du temps des Arabes.

DES  NÈFLES  !

Sur la même rive, un peu plus loin, il y a la Noria de la Hoya de Don García, qui date de 1818.

Un peu moins grande : seulement 8,20 m de diamètre, 1,05 m de large et 48 pales. Mais … elle élève 42 litres d'eau par seconde, pour arroser 233 tahúllas. Plus performante, donc ! (combien de m³/h, svp les matheux ?) Autre caractéristique : elle est toute en bois, et en excellent état (les autres sont en fer).

 

Sur celle-ci, on voit bien comment l'eau se déverse, en haut, de chaque côté, dans le canal de réception d'où elle sera reversée dans le canal supérieur.

DES  NÈFLES  !

Enfin, pour clore une si belle journée, nous sommes remontés dans la montagne (en voiture, cette fois), pour dormir face à ce si beau paysage :

DES  NÈFLES  !

Vendredi 10 mars 2017

JOURNEE VOITURE

Aujourd'hui, on roule. Regardez sur la carte : de Abarán à Los Molinos del río Aguas … mais en passant par le Cap Tiñoso (2 km à pied pour se dégourdir les jambes, quand même !) et en suivant la côte le plus possible. Pas vraiment direct ! Beaucoup de routes tortueuses dans la montagne. Et donc un total de 320 km !

Nous sommes entrés en Andalousie. Il fait très chaud, la mer est d'un bleu enchanteur, mais il y a beaucoup de plastique partout, pour protéger les plantations, arbres fruitiers ou tomates.

Le seul tronçon de route où la côte est sauvage, sans urbanisation ni plastiques, c'est une dizaine de kilomètres avant Villaricos.

Maintenant nous sommes revenus dans les terres, notre élément, dans le Parc Naturel Karst en Yesos de Sorbas.

DES  NÈFLES  !

Samedi 11 mars 2017

LOS MOLINOS DEL RIO AGUAS

Nous sommes dans le Parc Naturel « Karst en Yesos de Sorbas »                               

Un titre qui demande explications !

D'abord, le mot Karst. Wikipédia nous apprend que le karst est une structure géomorphologique résultant de l'érosion hydrochimique et hydraulique de toutes roches solubles.

Et que, selon les régions du monde, les structures karstiques portent des noms spécifiques ; ainsi, sur les marges sud et ouest du Massif central, les plateaux karstiques sont dénommés « causses »

Les Causses, on connaît, en France. Ça veut dire infiltrations d'eau, grottes, avens, stalagmites et stalactites etc ... Mais chez nous c'est du calcaire . Ici c'est du gypse, tout aussi soluble.

DES  NÈFLES  !

Ici, il y a 6 millions d'années, la Méditerranée a envahi le bassin de Sorbas, village distant d'environ 5 km.

Dans une période postérieure, cette mer devient de moins en moins profonde, puisqu'elle se trouve soumise à un fort processus d'évaporation qui détermine la précipitation du gypse (Yeso : 2ème mot dans le titre du parc) sur plus de 100 mètres d'épaisseur (par endroits, on trouve des coquillages dans des éclats de roches). Quand la mer s'est retirée, les gypses et autres sédiments sont restés en surface, exposés à la lente, mais implacable action de l'eau de pluie, en donnant ce paysage karstique d'une beauté inusitée.

 

L'eau de pluie est capable de dissoudre lentement la roche de gypse en générant des dépressions abondantes fermées sous la surface. D'ailleurs, parfois, en marchant, le bâton résonne comme si c'était creux, en-dessous. Et c'est vraiment creux. La preuve :

DES  NÈFLES  !

Apparaissent alors les fenêtres du karst, des dolines et les gouffres, qui connectent la surface aride avec le réseau complexe de galeries souterraines. L'eau, qui pénètre par ces fenêtres continue son action érosive, en définissant le système souterrain le plus grand de l'Espagne et le deuxième du monde exploré dans du gypse : le système de la Cueva del Agua, avec presque 8.500 mètres de parcours, autour du village de Sorbas.

Le Karst fonctionne comme une grande éponge. Il reprend et stocke toute l'eau de pluie et plus tard elle sort à l'extérieur à travers des résurgences ; ce sont les sources. La plus abondante est celle des Molinos qui naît dans le canyon du Río Aguas, celui de notre balade.

DES  NÈFLES  !

La présence constante d'eau dans cet environnement aride produit un effet d'oasis qui génère une zone humide de grande importance écologique. Des lauriers-roses, des cannes de Provence, des joncs et des peupliers blancs croissent en bosquets, en galerie, et servent de refuge aux oiseaux, pas seulement aquatiques : rossignols, martin-pêcheur, hirondelles etc.. Il y a aussi des tortues d'eau (j'en ai vu toute une famille … mais pas pu la photographier !).

DES  NÈFLES  !

L'eau a été mise à profit aussi par l'homme. Les Arabes qui peuplaient la zone inventèrent un système pour accumuler plus d'eau et maintenir les jardins et vergers dans toute leur splendeur.

Los Molinos prennent leur nom d'une technologie rurale aujourd'hui négligée : d'anciens moulins à farine ou à huile de type hydraulique, à partir des céréales et de l'oliveraie du terrain non irrigué environnant.

DES  NÈFLES  !

Aujourd'hui, Los Molinos del Río Aguas, est une marque incomparable de biodiversité naturelle et humaine. Ce village vit libre de connexions à l'eau et à la lumière ; du rio vient l'eau, de la terre viennent les aliments, et du soleil l'énergie.

Et nous sommes arrivés le jour du Festival de défense de l'Eau.

DES  NÈFLES  !

Nous étions prêts à partir à la même heure et même itinéraire que la Marche Revendicative annoncée au programme. Heureusement, eux se sont arrêtés plusieurs fois pour des explications ou des discours, et n'ont été que jusqu'à la source du Rio Aguas.

Nous, nous sommes montés sur le plateau désertique que nous avons traversé, pour redescendre de l'autre côté.

Nous y avons croisé de curieuses fleurs jaunes sans feuilles, un nid … d'autruche ou de chasseur ? Un pont antique sur un rio sans eau, et des fermes abandonnées dont les ruines se confondent avec les pierres, dans un décor désespérément sec !

DES  NÈFLES  !

Belle et intéressante balade de 9,5 km et 500 m de dénivelé cumulé, mais quelle chaleur ! La prochaine fois, nous prendrons davantage d'eau …

Du coup, nous sommes allés nous désaltérer au village, sur le lieu du Festival, où ils nous ont servi un jus multi-fruits fait sur place sans électricité : le shaker tourne grâce au pédalage ...

DES  NÈFLES  !
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7 mars 2017 2 07 /03 /mars /2017 13:06
C'EST L'ETE  !

Lundi 27 février 2017

Un bien joli château en ruines, découvert lors d'une balade en vélo dans les environs de Serra.

Mercredi 1er Mars 2017

Après une petite pose camping, nous voilà au sud de Valence, à

CULLERA

en train d'escalader le « Monte de Oro » qui domine la ville. Ce sentier fait le tour des anciennes fortifications musulmanes dont certaines tours ont été très restaurées. On rencontre aussi en route deux vestiges de muraille, justes consolidés, qui ont subsisté jusqu'à nos jours. Notre but est d'arriver à l'ancien château musulman du 12ème siècle. Mais nous ne pouvons pas le visiter, c'est interdit aux chiens. Et bien sûr, Charly nous a accompagnés.

C'EST L'ETE  !

La 1ère tour, la mieux conservée de ces tours islamiques, porte familièrement le nom de « Tour de la Reine Maure ». En voici la triste légende :

une belle jeune fille musulmane fut mariée avec un vieux riche commerçant, mais tomba amoureuse du fils du Cadi (le gouverneur de la ville). Les amoureux projetèrent d'assassiner le vieil époux, mais un perroquet venu de terres lointaines révéla leurs intentions. Les amants furent condamnés à mort par le Cadi lui-même, et exécutés, dit-on, dans cette tour-même.

A côté du château, un sanctuaire dédié à la Virgen María, du 18ème.

C'EST L'ETE  !

En supplément, voici comment les Espagnols ont bétonné le paysage :

C'EST L'ETE  !

Nous roulons encore un peu plus vers le sud, mais dans l'intérieur des terres (la côte nous a un peu dégoûtés), et c'est :

XATIVA

Nous finissons l'après-midi en tenue d'été, à faire bronzette au pied de la colline où se trouve le château. Nous prenons des forces, car la montée de demain à l'air rude ! Nous ferons ça de bon matin, à la fraîche.

C'EST L'ETE  !

Jeudi 2 mars

 

Agréable randonnée au château de Xativa, qui est une double forteresse : le Castillo Minor d'un côté, le Castillo Major de l'autre, et entre les deux, une tour carrée, plus tardive, d'où partent des murailles qui réunissent ces deux château en un seul.

La plus ancienne tour, celle du Château Mineur, fut construite dès le 8ème siècle avant J-C !

D'agrandissement en agrandissement, d'occupation ibère, romaine, wisigothe, musulmane, chrétienne, moderne, il est devenu ceci :

C'EST L'ETE  !

Encore quelques détails :

C'EST L'ETE  !

Ai-je besoin de l'ajouter ? Nous étions en short et manches courtes, et il faisait 28° !

Vendredi 3 Mars 2017

AGRES

Balade à vélo dans la Sierra Mariola. Prévue 13 km. C'est peu, mais avec 500 m de dénivelé à fort pourcentage (entre 20 et 25%), c'est sportif, même avec notre assistance électrique. (en réalité, nous ferons 18 km à cause d'une erreur de trajet).

La Sierra Mariola recevait autrefois beaucoup de neige et on y trouve donc beaucoup de puits à neige (ou glacière : nevera ou cava en espagnol) des 17ème et 18ème siècles. Il y en a plus d'une vingtaine dans ce petit Parc Naturel.

A cette époque, le profit du froid naturel favorisa le développement du commerce de la neige, qui connut alors son maximum.

Notre circuit nous a menés auprès de 3 de ces cavas, et des panneaux informatifs nous en ont expliqué le fonctionnement :

C'EST L'ETE  !

La glace obtenue dans les glacières était commercialisée : de nuit ou à l'aube, les pains de glace étaient acheminés, d'abord à dos de mules dans la montagne, puis en chariot dans les vallées vers les villes. Parfois assez loin : jusqu'à 30 km !

Elle était utilisée principalement pour la conservation des aliments, mais aussi pour procurer des boissons fraîches et des desserts glacés dans les restaurants et les familles riches. Et puis encore dans les hôpitaux : pour faire baisser la fièvre, par exemple …

La première cava que nous avons vue, nous n'avons même pas pu l'atteindre en VTT. Il a fallu marcher encore 1/4 d'heure sur un étroit sentier après avoir laissé les vélos au plus près. C'est dire que l'exploitation ne devait pas être toujours facile. Il s'agit de la « Cava de Don Miguel ».

On note les contreforts, nécessaires pour pouvoir élever la hauteur de neige, malgré une épaisseur de murs d'environ 6 ou 7 mètres (la longueur du tunnel d'accès). Si l'extérieur est octogonal, l'intérieur est circulaire, de 14,50 m de diamètre et une hauteur de 10,20 m. Ce qui permettait une capacité de 1 700 m³ de neige. Trois bouches d'accès à des niveaux différents permettent son exploitation. La coupole qui la fermait est malheureusement tombée. Seule son amorce est visible. Cette glacière fut construite en 1792, par la ville de Xátiva.

C'EST L'ETE  !

La 2ème est la « Cava de l'Habitatió », qui date de la première moitié du 18ème siècle. Elle est construite en pierre sèche et a gardé une grande partie de sa coupole. Son diamètre intérieur est de 7 mètres et sa hauteur de 10m. Comme on ne peut la voir que de dessus, c'est impressionnant !

Elle est située seulement 50 m de dénivelé au-dessous du sommet local, le Teix, où se trouve un poste d'observation incendie. Paysage fabuleux !

C'EST L'ETE  !

La 3ème, « La Cava Gran » ou « Cava dels Arcs » est la plus représentative de la Serra Mariola. Elle date du début 18ème, mais est restée en activité jusqu'en 1906.

Les 6 arcs de pierre qui partent de l'intérieur du mur cylindrique servaient à soutenir la coupole, aujourd'hui disparue, et étaient couverts de lauzes.

Son périmètre extérieur est hexagonal et fait bien 10 m d'épaisseur. Elle dispose d'une bouche latérale pour extraire la glace, et sur chaque côté de l'hexagone, d'un trou pour y vider la neige. Son diamètre est de 15 m et sa profondeur de 17 m, ce qui lui fait une capacité utile de 2000 m³.

Restaurée en 2016, un escalier en fer permet de descendre au fond.Mais nos jambes, déjà très éprouvées, n'ont pas voulu envisager d'en remonter … et nous sommes restés en haut !

C'EST L'ETE  !

Après une descente bien raide par une piste gravillonneuse (une pente de 25 à 30 %!), un bon goûter et repos … jusqu'à demain … en rêvant d'étoiles comme celle-là :

C'EST L'ETE  !

Samedi 4 mars 2017

BOCAIRENT

C'est à côté du cimetière que nous avons rêvé d'étoiles. Et son haut mur nous a protégés des rafales du vent d'orage. Ce matin, le ciel est lavé et tout bleu, mais il fait un froid de canard avec un vent glacé. Nous avons remis les polaires et les chaussettes ...

Et nous partons à la conquête de cet extraordinaire village, étagé sur un rocher (** d'après Michelin) par une calade qui descend du cimetière (ancien monastère) au vieux pont du 15ème.

Place de l'Ayuntamiento, où on pénètre par cette arche mozarabe héritée des premiers occupants, les hautes maisons sont accrochées au rocher.

C'EST L'ETE  !

Ici aussi il y a une glacière, La Cava de Sant Blai, que l'on peut visiter. Mais notre visite s'est portée sur un autre héritage du passé, de l'époque Andalúz (hispano-arabe) :

LES  COVETES  DELS  MOROS

Il s'agit d'un groupe de "caves-fenêtres". Une cinquantaine de chambres creusées dans une falaise face au village, accessibles par une ouverture rectangulaire ressemblant à une fenêtre.

A l'origine, probablement au 10ème siècle, chaque chambre était indépendante. Chaque propriétaire y grimpait par une corde et la fermait par une porte de bois ajustée dans des rainures. Ce n'étaient pas des habitations mais des greniers où stoker le grain ou d'autres richesses.

C'EST L'ETE  !

Un peu plus tard, peut-être un siècle ou deux, des trous ont été creusés pour que ces chambres communiquent entre elles, avec celles des côtés mais aussi celles de l'étage du dessus et celui du dessous. Car elles sont sur 3 ou 4 niveaux.

Pour la visite, une demi-heure environ, deux escaliers en fer ont été installés : un pour entrer et un pour sortir. A l'intérieur, l'escalier est si raide et si hautes les marches qu'il faut se hisser avec la corde. Sitôt après, une petite échelle en bois permet de monter à l'étage au-dessus en passant par un trou si étroit qu'Alain est passé de justesse. Et il faut s'aider des genoux, des bras, des reins pour faire le rétablissement car l'échelle, très courte, n'entre pas dans le trou. Et le plafond/plancher a bien 0 cm d'épaisseur ! D'ailleurs, un monsieur costaud est posté là pour aider éventuellement ceux qui n'y arrivent pas.

Là, deux itinéraires sont possibles : l'un qui monte plus haut, encore plus acrobatique, conseillé seulement aux jeunes ; l'autre de même niveau de difficulté, pour les ... moins jeunes, comme nous. Il y a une corde pour s'aider dans certains passages difficiles. Et il y en a 2 où nous serions restés coincés si on n'avait pas pu se pousser ou tirer l'un l'autre ! A certains endroits, on ne peut marcher qu'à 4 pattes tant le plafond est bas. Aïe mes genoux ! le sol n'est pas lisse ...

Mais ça met un peu de piment dans la sauce, et finalement, on s'est bien amusés.

C'EST L'ETE  !

Dimanche 5 mars 2017

LES  6 000  MARCHES

Dans la Communauté de Valence, il y a un autre lieu qui est capable de nous transporter dans le passé. Un passé rempli de légendes, d'histoires et d'Histoire sur le passé maurisque de la région.

Quand les chrétiens conquirent la région et fondèrent le Royaume chrétien de Valence, ce fut ici le dernier réduit de Maurisques. Ici ils furent les derniers à se convertir avant leur expulsion définitive par Felipe III. Un endroit beau et dur à la fois, rocheux mais rempli de végétation, qui n'arrête pas de surprendre celui qui le visite, au moins en partie, par le "Sentier des 6000 marches"

C'EST L'ETE  !

Ici, c'est dans le haut de "La Vall De Laguar". Un toponyme qui provient de l'arabe "Al-Agwar", et qui signifie "les grottes".

Lorsque les Arabes vivaient ici, la terre n'était pas plus riche qu'aujourd'hui. Pour survivre, il fallait transformer les pentes en terrasses, y planter oliviers, figuiers, amandiers, cerisiers ... retenir l'eau dans des citernes ou la détourner pour l'arrosage ... cultiver en légumes ou céréales la moindre parcelle un peu plus fertile ...

Au pied du village de Fleix, 250 m plus bas, il y a le Barranc de l'Infern, la Gorge de l'Enfer. C'est le lit du Río Gerona : rien que des cailloux. Pour qu'il y ait de l'eau, il faut un très gros orage. Et de l'autre côté du ravin, en remontant plus de 300 m, il y a un petit plateau entre 2 montagnes qui a retenu un peu de terre arable où l'on peut faire pousser quelques céréales.

Mais c'est chaque jour 4 ou 5 heures de marche aller-retour. Alors, pour gagner du temps et de la peine, ils ont commencé cette grande œuvre : un escalier qui descend dans le ravin et remonte de l'autre côté, creusant même la roche pour s'y faire un passage. Un escalier tellement bien fait que depuis le 8ème siècle il est toujours en bon état.

6873 marches à l'origine, dont très peu ont été arrachées ou recouvertes par des éboulements de roches. Des marches peu hautes (moins hautes que celles de nos escaliers) mais à la profondeur d'un pas, régulières. Autant de virages que nécessaire pour que la pente soit constante, de sorte que l'on peut le descendre et le monter avec une fatigue minimum

C'EST L'ETE  !

Cet escalier commence au lavoir de Fleix, descend puis remonte sur le plateau. Après un grand virage dans la montagne, on redescend dans le Río Gerona mais à un autre endroit, bien plus loin, pour rejoindre un autre escalier initié du village suivant, le dernier de la Vall de Laguar, Benimaurell. C'est son lavoir qui est en photo.

Le tout en 13,5 km et environ 800 m de dénivelé cumulé.

Grandiose paysage tout du long garanti !

 

C'EST L'ETE  !
C'EST L'ETE  !

Lundi 6 mars 2017

Changement de décor !

Direction plein Est, vers la mer et le Cap de la Nau, qui se divise en plusieurs pointes. Pour nous ce sera le Cap Prim (ou Cap Sant Martí).

C'est beau, et sans commentaires ...

C'EST L'ETE  !

Plus loin (vers le sud), la côte est (était !) très belle et pittoresque. Mais c'est devenu la ville, tout du long. Deux photos au passage, et nous somme vite repartis vers nos chères montagnes.

C'EST L'ETE  !

Pour arriver à :

CASTELL  DE  GUADALEST

Ce village médiéval est non seulement entouré de murailles, mais perché sur un rocher. Et pour y entrer, il faut traverser le rocher par un court tunnel, fermé autrefois d'une porte dont il reste un battant d'origine !

 

C'EST L'ETE  !

Pour gagner de la place, le clocher a été construit sur un rocher. Quand la population a augmenté, il a fallu qu'elle s'installe à l'extérieur.

Dans la zone la plus élevée de l'enceinte, se trouvent les restes du château construit par les musulmans et conquit par Jaime 1er, et qui fut ensuite fortifié. Les tremblements de terre et la Guerre de Succession furent les coupables de sa destruction. La tour de l'Hommage (le donjon) a cependant été récemment restaurée.

C'EST L'ETE  !
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27 février 2017 1 27 /02 /février /2017 13:57

Jeudi 23 février 2017

ARES DE MAESTRAT

 

PAS ASSEZ D'EAU

Nous devions faire une longue balade, passant par une superbe cascade de 3 niveaux. Mais nous avons commencé par la visite du village, et nous avons constaté, en observant du haut des remparts notre futur itinéraire, que ladite cascade, normalement visible du village, était à sec !

Alors comme la pluie menaçait (et elle a fini par tomber), nous nous sommes contentés, sans regrets, du village.

D'abord, les rues y sont très larges, et quasi désertes. Le chauffeur a bien apprécié ! C'est rare dans ces petits villages  perchés. Les maisons y sont en belles pierres de taille.

Une église baroque, avec une façade grandiose, mais qui a gardé le clocher du 13ème de l'église qu'elle remplace.

Une halle gothique de belles proportions.

Un chemin de ronde entrecoupé de plusieurs arches, qui fait le tour du gros rocher qui domine le village : la Molla, sur lequel il reste quelques ruines d'un très vieux château, auquel on accède par un bel escalier en calade.

Tout ça parfaitement entretenu et restauré sans fausse note. En voici quelques vues :

 

PAS ASSEZ D'EAU

Un saut de puce de 43 km, et nous voici à

ALCALA DE XIVERT

Ici aussi un château en ruines à visiter. Mais c'est en vélo, une balade de 15 km, que nous irons le découvrir.

C'est une fortification islamique des 10ème et 11ème siècles, plus tard largement rénovée au 13ème, après sa conquête par les Templiers. Selon les conditions de l'alliance, la population établie là a maintenu ses coutumes et sa religion, mais a dû déplacer son village sur la pente ouest du château, formant un quartier maurisque fortifié.

Les Templiers ont remodelé le château en ajoutant, entre autres, les 2 grandes tours jumelles circulaires, une chapelle et une citerne voûtées.

Les habitants de Xivert, pourtant convertis au christianisme et intégrés dans la culture chrétienne, ont été expulsés en 1609 par ordre de Felipe III, avec le reste des Maurisques d'Espagne. Dehors, les bronzés ! (tiens, ça me dit quelque chose, ça ...)

PAS ASSEZ D'EAU

Vendredi 24 février 2017

Toute la nuit, de la pluie. Et ça continue. Le programme est tout tracé : courses et internet pour la matinée.

Après déjeuner, nous rejoignons la mer à :

PENíSCOLA

C'est un des plus beaux villages d'Espagne, en tout cas la plus jolie ville de la Costa del Azahar. La vieille ville, entourée de murailles et dominée par l'austère forteresse de Benoit XIII, Papa Luna, est construite sur une presqu'île rocheuse. De part et d'autre, des plages. Et des rangées d'immeubles, à l'infini vers le nord, tandis que les collines avoisinantes sont couvertes d'urbanisation blanche.

 

PAS ASSEZ D'EAU

 

Au sud, après un petit port de pêche et un petit quartier urbain, la nature a gardé ses droits, protégée par le Parc Naturel de la Serra d'Irta.

C'est là que nous irons demain faire du vélo en longeant la mer.

Cette photo du rocher de Peníscola, je l'ai prise de notre lieu de camping du soir :

 

PAS ASSEZ D'EAU

D'abord forteresse musulmane, puis templière de 1294 à 1307, elle fut modifiée par Benoit XIII.

Qui est ce "Papa Luna" ?

C'est un anti-pape, élu par le parti des cardinaux français pour succéder à Clément VII, le Pape d'Avignon, tandis que les Romains avaient élu leur propre Pape à Rome.

C'était un Aragonais : Pedro de Luna. Il entama d'interminables négociations pour régler le problème du schisme, mais fut déchu en 1409 par le Concile de Pise et en 1414 par celui de Constance, et fut contraint de fuir. Il se réfugia à Peníscola, refusant de se plier aux décisions des conciles.

C'était un Pape très pieux et érudit, grand juriste ecclésiastique.

PAS ASSEZ D'EAU

En montant sur les terrasses du château, à différents niveaux et orientations, les vues sur la ville sont stupéfiantes !

 

PAS ASSEZ D'EAU

Avant une nuit bercée par le bruit de la mer sur les rochers, j'ai pu saisir cette vue sur le rocher de Peníscola :

PAS ASSEZ D'EAU

Samedi 25 février 2017

Ce matin, nous sommes directement partis en vélo le long de la mer. Un bel aller-retour de 20 km, avec le ciel, le soleil et la mer ...

PAS ASSEZ D'EAU

VILAFAMES

C'est encore un des plus beaux villages d'Espagne.

Perché sur la montagne, construit tout en pierre rouge, ce village est très surprenant ... et fatiguant. Que d'escaliers pour arriver à son château, d'origine musulmane dont il conserve d'antiques murailles !

Au 14ème siècle, devenu propriété de l'Ordre de Santa Maria de Montesa, il est transformé en château-palais. Et quand arrivent les guerres carlistes, en 1837, on lui construit cette belle tour centrale ronde. C'est un des rares exemples d'architecture carliste en Communauté de Valence. Il acquit ainsi la réputation d'être inexpugnable. Mais le conflit laissa la ville à moitié détruite, ce qui obligea les habitants à entreprendre une laborieuse reconstruction qui dura jusqu'au début du 20ème siècle.

PAS ASSEZ D'EAU

Dans le village se trouve un énorme rocher, de couleur rouge (sous sa gangue de mousse noire). Bien que formé depuis 222 millions d'années, sa configuration actuelle date de 30 millions d'années.

Quelques chiffres : 832 m3 - 2 163 tonnes - densité :2,6 kg/dm3 -inclinaison par rapport à l'horizontale : 34°

On l'appelle la ROCA GROSSA, et elle a une légende :

Il y a longtemps, les habitants voulurent descendre la roche dans la plaine, car ils avaient peur qu'elle ne glisse et ils ne voulaient pas mourir écrasés.

La corde qu'ils lui avaient attachée pour la tirer se cassa, mais la roche ne bougea pas. Dans leur effort, ils tombèrent tous sur le derrière, qui devint rouge comme la pierre. Depuis ce temps, les habitants de Vilafamès sont appelés par ceux des villages voisins : "les culs rouges".

PAS ASSEZ D'EAU

L'anecdote du jour

Ce soir, ce n'est pas coutume, nous dormons en pleine ville, près du stade. Pourquoi ? Nous avions trouvé un joli coin à l'entrée d'un verger (amandiers en fleurs, oliviers, mandariniers) en pleine montagne. Pas de maison en vue.

Il faisait nuit, à 20 h 30, et voilà la policía qui arrive pour nous en déloger : le propriétaire lui avait téléphoné pour lui demander de nous faire partir. Nous avons donc dû suivre la voiture de police jusqu'ici.

Ils ont été très courtois, ma foi, et l'endroit est tout de même calme, une fois les derniers sportifs partis.

Bonne nuit !

PAS ASSEZ D'EAU

Dimanche 26 février 2017

LES ORGUES DE BENITANDúS

Nous sommes allés, comme au concert, admirer ces orgues de pierre, à 700 m d'altitude.

Les voici :

PAS ASSEZ D'EAU

Et pour ceux qui aiment bien se repérer sur une carte, voici où nous en sommes, tout près de Valence (nous sommes dans un camping près de Sagunto).

Vous pourrez retrouver cette carte dans la catégorie "cartes", et je la mettrai à jour ... de temps en temps.

PAS ASSEZ D'EAU
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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:31

Mardi 21 février 2017

BECEITE

Petite étape : 25 km, pour gagner Beceite.

De ce village médiéval encadré par les montagnes, nous voulions remonter le rìo Matarraña vers sa source, au fond du canyon. Mais la saison n'est pas propice. Trop d'eau. Les quelques aménagements suffisent sans doute en été, lorsque le niveau est plus bas, mais là, pour passer de l'un à l'autre, il aurait fallu patauger dans 20 cm d'eau au moins. Charly y a même pris un bain involontaire, et nous avons renoncé.

Voici quand même quelques beaux passages ...

 

 

 

TROP D'EAU  !

En continuant notre route, traversée du beau village de Valderrobres.

Spectaculaire église de Santa Marìa la Mayor, avec à côté le château de la même époque : 14ème siècle.

TROP D'EAU  !

MORELLA

Et enfin, arrivée à Morella.

Le Michelin lui donne 2 étoiles, et il ne les vole pas !

Le site est aussi étonnant que spectaculaire : plus de 2 km de remparts du 14ème siècle, jalonnés de 6 portes, encerclant la ville étagée sur la colline à 1004 m d'altitude.

Tout en haut se dressent les murs de l'ancien château forteresse médiéval, que nous visiteront demain.

Pour cet après-midi, ce sera vélo, une balade de 20 km dans cette région aride et montagneuse appelée le Maestrazgo. Il n'y pousse que des chênes verts, quelques moutons et beaucoup d'élevages de porc industriel.

Pour éviter la grande route, nous avons pris un chemin de terre qui nous a réservé quelques surprises : d'abord, 2 passages à gué. Pour le 2ème, il a fallu se déchausser. La 3ème surprise est une superbe cascade.

Ensuite, nous nous sommes emplis les yeux  de magnifiques constructions d'interminables murs de pierres sèches, qui nous faisaient penser au Larzac, et du paysage à l'infini des lignes de crêtes.

TROP D'EAU  !

mercredi 22 février 2017

C'est à 200 m de cet ancien aqueduc du 14ème siècle que nous avons passé la nuit, avant de partir pour la visite de la ville et du château. Ce qui fait quand même une balade de presque 4 km avec 100 m de dénivelé !

TROP D'EAU  !

Les tours d'entrée de la ville, jumelles du 15ème siècle, reliées en haut par un pont, sont trop grandes pour entrer dans ma photo, et je manque de recul. Voici la rue Blasco de Alagón, que les habitants appellent "la Plaça" depuis le Moyen Age parce qu'il s'y tenait (et s'y tient toujours) le marché sous ses arcades.

De belles demeures nobles, un Hôtel de Ville gothique, de quoi apprécier la traversée de la ville.

TROP D'EAU  !

Et nous débouchons face à la Basilique Santa Marìa La Major. Deux portes magnifiques, surtout celle des Apôtres.

TROP D'EAU  !

A l'intérieur, la vue est happée par un chœur renaissance (15ème) : une voûte d'arêtes étoilée très surbaissée, un défi aux lois de l'architecture.

Et un grand escalier en colimaçon avec une magnifique envolée, et une balustrade en plâtre durci, doré et polychrome, représentant en relief la généalogie du Christ. En dessous, des décorations florales elles aussi en relief. Il est aussi du 15ème siècle.

On peut aussi contempler un grandiose retable de style baroque qui décore l'autel majeur.

Voilà pour le plus spectaculaire.

TROP D'EAU  !

Pour gagner le château, il faut traverser l'ancien couvent franciscain, qui a dû subir de grands dommages lors des guerres carlistes (19ème) et de l'occupation militaire qui a suivi. Il est encore en cours de restauration. Mais l'intérieur cache un véritable joyau de la peinture macabre : la Danse de la mort.

TROP D'EAU  !

Et nous nous attaquons à la montée au château.

Forteresse militaire, elle fut témoin du passage de nombreuses civilisations et d'innombrables batailles qui ont laissé leurs traces. On pourrait décrire ce château comme un gâteau à 3 étages. Géologiquement, les veines de roches calcaires et d'argile forment un réceptacle pour stoker l'eau, ce qui permettait de supporter de très longs sièges. Les nombreuses cavités dans lesquelles s'infiltre l'eau de pluie ont été utilisées depuis la préhistoire.

L'époque islamique (714-1231) est celle du Cid, Rodrigo Diaz de Vivar, qui était au service du roi musulman de Saragosse.

A l'époque chrétienne, le château prend une grande importance, car c'est le seul entre les mains de la couronne, à des kilomètres à la ronde. Mais ses travaux et la construction de la muraille demande un entretien constant en raison des dégâts belliqueux et naturels. Et donc tous les voisins de la régions, y compris les petits seigneurs féodaux civils et ecclésiastiques devaient payer l'impôt de "murs i valls" (murs et vallées). En échange, les habitants de la région avaient droit au refuge en cas de conflit armé.

Le château était pratiquement imprenable par une attaque frontale. Il a dû être conquis moyennant un pacte (pendant la conquête chrétienne), moyennant un siège (pendant la guerre de succession), moyennant une action de guérilla (pendant la première guerre carliste).

 

TROP D'EAU  !

L'apparence actuelle est celle qu'ont laissé les travaux de fortification de la 3ème guerre carliste (1872-1876). L'état installa l'infanterie et la cavalerie de façon permanente dans le couvent franciscain et le château, jusqu'en 1920. Lorsque dans toute l'Europe on démolissait les murailles pour élargir les villes, ici on utilisa toutes les ressources possibles de la ville et des localités alentours pour les renforcer et éviter une nouvelle domination carliste (la 1ère étant celle du Général Cabrera, qui tint le château et la région, de 1833 à 1840. C'est lui qui est à cheval, coulé dans le bronze)

TROP D'EAU  !

COVA REMìGIA

Après une trentaine de km, dans un hameau (la Montalbana) de Ares de Maestrat, nous avons trouvé une guide pour nous faire visiter la Cova de Remìgia. C'est un abri rupestre de 20 m de long situé au pied d'une falaise à 920 m d'altitude. Donc, pour l'atteindre, 400 m de dénivelé à monter à pied.

Vous me direz que pour nous ce n'est rien ? Mais notre guide a 25 ans, et les nôtres sont envolés depuis longtemps !

TROP D'EAU  !

Il y a plus de 750 figures, de thèmes divers. On compte 7 périodes différentes de datation ; ce qui indique une utilisation très dilatée dans le temps. J'ai cru comprendre (mon espagnol laisse un peu à désirer) qu'ils dataient aux alentours de 7500 avant J-C.

La peinture utilisée est un mélange d'oxydes de fer ou de manganèse (tirés des falaises elles-mêmes) réduits en poudre et mélangés à de la graisse animale ou du sang.

Les peinture ont été découvertes en 1934, alors que la falaise était utilisée comme bercail pour les moutons. Toutes les peintures ont été photographiées, et notre guide nous a montré des photocopies de ces photos. On constate que les peintures  se sont bien altérées depuis. En plus, la roche s'écaille sous l'action du gel et des intempéries, et à certains dessins il manque des morceaux. Mais quand c'est bien expliqué, on reconnait que ces hommes primitifs avaient bien du talent.

Les dessins, bien que petits (beaucoup n'excèdent pas 5 à 8 cm) sont très détaillés. Prédominent les scènes de chasse à l'arc et on y voit des animaux blessés (une flèche sur le dos) ou morts (sur le dos, les pattes en l'air). On peut même suivre leurs traces de sang ! On en voit qui courent, qui sautent, ou en expectative. Certains sont traqués par plusieurs chasseurs. Ce sont des chèvres, des sangliers, des taureaux, des cerfs. Il y a même 2 essaims et pleins d'abeilles. Une vraie BD !

Les hommes présents sont des archers qui chassent, mais il y a aussi des rituels d'initiation, un défilé d'archers (pour une bataille ?), une scène d'exécution d'un personnage par un peloton d'archers, un homme qui porte un autre homme dans ses bras, mort ou blessé etc ...

C'est un témoignage émouvant de la vie de ces hommes qui nous ont précédés.

 

TROP D'EAU  !
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20 février 2017 1 20 /02 /février /2017 10:02

jeudi 16 février 2017

En route pour Horta de Sant Joan, nous voulions traverser l'Ebre, ce grand fleuve de l'Espagne du nord, par une petite route. Surprise ! Au lieu d'un pont, c'est un bac que nous avons trouvé. Autre expérience, après les ferrys de Norvège ...

HORTA DE SANT JOAN

Et nous sommes arivés au Convento Sant Salvador, face au village.. C'est un ancien monastère franciscain du 13ème siècle,. Il est fermé, sans doute en cours de restauration. Nous prévoyons d'y passer 3 nuits, avec chaque jour de belles découvertes.

HORTA DE SANT JOAN

Vendredi 17 février 2017

1er jour : Balade en vélo de 46 km, moitié par des petites routes et 2 cols, moitié par une voie verte, ancienne voie de chemin de fer, entrecoupée d'une descente dans un canyon. De nombreux tunnels, éclairés chichement, sauf un complètement noir : le plus long (plus de 500 m) ! Nos VTT n'ont qu'un éclairage minable. Heureusement que j'avais pris la frontale. ... De beaux paysages, des viaducs qui enjambent des gorges ...

 

HORTA DE SANT JOAN

Samedi 18 février 2017

2ème jour : ascension de la Muntanya de Santa Bàrbara. Un joli sommet de 795 m (à peine 300 m à monter)

En arrivant par la face sud-ouest,elle ressemblait à un triangle.Mais en vélo, face nord-ouest, nous l'avons vue hier tout autrement. On ne le croirait pas, mais c'est la même montagne, et à son pied, on distingue notre couvent Sant Salvador :

HORTA DE SANT JOAN

Grottes, chapelle érémitique en ruines tout en haut, une très ancienne citerne qui sert encore pour abreuver les chèvres sauvages par temps de sécheresse etc... et des chèvres sauvages !

 

HORTA DE SANT JOAN

Dimanche 19 février 2017

3ème jour : Au réveil, nous sommes entourés de brouillard. Inutile d'aller se balader, y'a rien à voir !

En attendant que ça se lève, 2 h 30 d'internet au village, déjeuner, un peu d'exploration en voiture, et ça commence à s'éclaircir dans les fonds vers 14 h.

Nous partons à la recherche de 2 cascades, signalées par des panneaux. Bingo ! nous les avons trouvées.

 

HORTA DE SANT JOAN

La montagne que vous voyez au milieu en bas est celle que nous voulons grimper demain ... s'il n'y a pas de brouillard !

Lundi 20 février 2017

4ème jour : Le soleil brille de nouveau. 5° avec un vent glacé, mais beau.

Nous partons résolument vers les Roques de Benet. Ces énormes rochers dont le nom est une dérivation de Benoit, à l'origine "Bene", qui vient de l'époque où les musulmans ont utilisé ce lieu comme un château-forteresse naturel, d'où ils contrôlaient le passage de la zone.

Longue montée (450 m de dénivelé), qui se termine par une cheminée encombrée d'éboulis sur 50 m de haut. Mais là-haut, quelle vue ! Pas de chèvres sauvages, mais des isards.

De là-haut, le village de Horta et la montagne Santa Bàrbara semblent bien petits !

Vous me pardonnerez cette vue d'internet.

 

HORTA DE SANT JOAN
HORTA DE SANT JOAN
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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 10:17

Lundi 13 février 2017

 

Comme nous n'aimons pas trop la foule, nous nous sommes contentés de ce monument dans ce centre de dévotion marial le plus important de Catalogne. En plus, un vent puissant et glacé nous a dissuadés de faire les balades aux diverses ermitages ...

C'est en 1025 que fut fondée une petite communauté bénédictine qui acquit bientôt une grande importance. A 12ème siècle, l'édifice roman fut transformé en gothique en devenant une florissante abbaye.

C'est au 15ème siècle que Montserrat connut son apogée, riche de nombreuses œuvres d'art.

En 1812, les Français pillèrent et détruisirent le monastère, et en 1835, avec la loi de sécularisation, il n'y avait plus qu'un seul moine !

La reconstruction entamée en 1858 ne fut achevée qu'en 1968. C'est pourquoi les bâtiments actuels n'offrent que peu d'intérêt artistique. Ce qui, d'ailleurs, nous a fort déçus.

En 1970, 300 intellectuels Catalans s'enfermèrent dans le monastère pour réclamer à la dictature le respect des Droits de l'Homme.

BASILICA DE MONTSERRAT

L'église est tout ce qui reste du 15ème siècle. Elle est obscure mais fastueusement éclairée par une collection de lampes suspendues dont chacune a une "identité" propre.

BASILICA DE MONTSERRAT

Au fond de la Basilique, au-dessus du maître-autel, se trouve la célèbre Vierge Noire, ou Moreneta (la Brunette). Sculpture romano-catalane du 12ème siècle qui, selon la légende, fut trouvée par des bergers dans une grotte de la montagne. On aurait alors décidé de la transférer à Manresa, mais la Vierge résista, montrant sa ferme volonté de rester à Montserrat.

Sainte patronne de la Catalogne depuis 1881 et symbole du catalanisme, la Moreneta est vénérée par de nombreux pèlerins dont beaucoup allument des cierges en son honneur.

Pour accéder à la niche où elle trône, on emprunte un très bel escalier latéral.

BASILICA DE MONTSERRAT

BARCELONE

Comme lors de ma visite en 2013, nous sommes allés nous garer à l'aire de camping-car de Montjuic. Nous allions partir pour la visite du Parc Güell, quand la pluie s'est d'un seul coup mise à tomber. Et drue ! Et glacée. Nous nous sommes alors rabattus sur le "Poble Espagnol", tout à côté.

C'est une suggestive reproduction de bâtiments caractéristiques des différentes régions espagnoles. Elle fut construite pour l'exposition Universelle de 1929 et eut tant de succès qu'on renonça à la démolir. Marchés majorquins, façades baroques de Valence, maisons galiciennes ou places castillanes se côtoient dans ce parcours qui reconstitue l'histoire architecturale de l'Espagne. Le remarquable Barrio Andaluz, où la blancheur des façades n'est altérée que par les couleurs des géraniums et des œillets, nous transporterait au cœur de l'Andalousie ... s'il ne pleuvait pas autant !

BASILICA DE MONTSERRAT

Si, comme moi, vous n'aimez pas la pluie, je vous invite à cliquer sur ce lien (la ligne blanche) pour retrouver les photos ensoleillées de mon précédent voyage. Vous y verrez d'autres choses que nous ne nous sommes pas attardés, aujourd'hui, à photographier.

Mardi 14 février 2017

Vous allez dire que j'aime bien la "Fête des Amoureux" (et c'est vrai)

En 2013, je suis venue à Barcelone le 23 avril, jour de la Sant Jordi, Fête des Amoureux (et des livres) pour les Espagnols.

En 2017, je viens à Barcelone le 14 février, jour de la Saint Valentin ...

Ce matin, après la pluie d'hier et d'une grande partie de la nuit, ciel bleu !

Nous voilà partis, en métro, pour la Sagrada Familia. Vous connaissez, n'est-ce pas ? Sinon, voici le lien de ma précédente visite.. Les "petites" tours sont terminées. La grande Tour du Christ, au milieu, devrait être terminée pour 2029. A l'intérieur, les vitraux sont finis.

Et en plus, quelques photos du jour, car cette fois nous sommes montés dans une des tours ...

 

BASILICA DE MONTSERRAT

Cet après midi, nous quittons une Barcelone ensoleillée pour voir la Colonia Güell, à 15 km.

Eusebi Güell était un industriel, mécène des lettres et des arts catalans, dans son Domaine de Coloma de Cervello. C'est là qu'il a déplacé l'usine de textile qu'il possédait à Barcelone afin de s'éloigner des conflits sociaux qui avaient lieu dans la ville.

La nouvelle industrie, équipée avec la technologie la plus moderne pour l'époque, s'implante dans le cadre d'une colonie industrielle, avec les maisons des ouvriers à côté de l'usine et constituant un noyau urbain dont la vie économique et sociale était dirigée par l'entreprise.

Eusebi Güell fournit des améliorations sociales aux travailleurs, avec un modèle de société inspiré du christianisme social de l'époque. Il procure des équipements culturels et religieux à la Colonie, et incorpore le courant moderniste aux nouvelles constructions en commandant des projets à plusieurs architectes de 1er ordre, et plus particulièrement à Antoni Gaudi, qui fut chargé de la construction de l'église.

Le projet ambitieux de Gaudi prévoyait 2 nefs superposées, surmontées de plusieurs tours et une coupole. Mais seule la nef inférieure fut réalisée, et fut populairement appelée : crypte.

L'ensemble est peut-être le chef-d'œuvre de Gaudi, et c'est là qu'il pu expérimenter des solutions architecturales qu'il utilisera ensuite pour la Sagrada Familia.

A ne pas manquer si vous allez à Barcelone !

BASILICA DE MONTSERRAT
BASILICA DE MONTSERRAT

Mercredi 15 février 2017

MONASTERE ROYAL DE SANTES CREUS

C'est en 1160 qu'une communauté de moines cisterciens reçoit en don les terres de Santes Creus, sur les rives de la rivière Gaia. Lors des siècles suivants, des liens étroits se sont noués avec les lignées nobles de grande renommée, et même avec la couronne, notamment Pierre le Grand, Jacques le Juste et la Reine Blanche d'Anjou (ils ont leurs tombeaux dans l'église).

Au 15ème siècle, la vie matérielle et spirituelle du monastère commence à stagner. Les guerres napoléoniennes (1808-1814) et le Triennat Libéral (1820-1823) finissent d'appauvrir le monastère, habité alors par seulement une quarantaine de moines. Avec les sécularisations du 19ème siècle, les moines abandonnent définitivement les lieux en 1835.

Ce n'est qu'en 1921 que la restauration de l'ensemble est décidée.

Le monastère possédait 3 enceintes fortifiées. De la première, il ne reste rien qu'une belle maison décorée de sgraffites sous laquelle il faut passer, car elle ferme la Plaça Mayor.

Devant nous s'ouvre alors l'immense porte de l'Assomption, œuvre baroque du 18ème, qui a été construite à la place de la 2ème enceinte. En la franchissant, nous entrons sur la Plaça Sant Bernat où se trouvaient des dépendances du monastère, notamment le Palais Abbatial, devenu la Mairie, qui possède un petit mais joli cloître

BASILICA DE MONTSERRAT

Au fond de la place, la 3ème enceinte est la seule qui reste avec ses créneaux : ce sont la façade de l'église et le côté Est du Grand Cloître.

BASILICA DE MONTSERRAT

Nous entrons alors dans le Grand Cloître, et là, c'est l'éblouissement !

Il possède un "lavabo" duquel coulaient, tout autour, une quinzaine de jets, pour la toilette matinale des moines.

BASILICA DE MONTSERRAT

Combinant harmonieusement les idéaux cisterciens et la volupté de la nature, la construction de ce joyau débuta en 1313.

BASILICA DE MONTSERRAT

Dans le montage suivant, vous pouvez admirer l'ancien cloître, avec ses 8 cyprès et sa fontaine centrale ; l'immense dortoir des moines, daté de 1225, de 46 m sur 11 m. Les moines dormaient en communauté, vêtus, sur un lit de paille. Les cellules individuelles n'apparaîtront que bien plus tard, et en même temps, les premiers lits en paillasse. Et la salle capitulaire, qui donne dans le grand cloître. Les appartements royaux, ou plutôt, l'escalier qui y mène, construits pour le roi Pierre le Grand sur son ordre.

 

BASILICA DE MONTSERRAT

Il me reste à vous montre l'intérieur du scriptorium (en bas à droite) et l'intérieur de l'église. La première chose que l'on remarque, c'est sa grande austérité, dont le seul écart décoratif est la grande baie gothique de la façade. Elle fut ornée, plus tard, de vitraux colorés.

Les retables baroques (4 petits et un grand, ont été rapportés aux 17 et 18èmes siècles, quitte à masquer en partie la splendide rosace des origines.

Le Mausolée du Roi Pierre Le Grand date de 1291 Il a une grande valeur artistique et architecturale, et même historique, car il s'agit d'un sépulcre royal non profané : une grande urne en porphyre rouge, couverte d'une dalle de jaspe blanc et d'un corps lourd en pierre sculpté de personnages et d'arcs gothiques trilobés. Le tout à l'intérieur d'un dais de pierre de style gothique.

BASILICA DE MONTSERRAT

Voilà pour l'essentiel, mais rien ne remplace une visite dans ce lieu béni.

Non loin de là, une jolie petite ville fortifiée :

MONTBLANC

Des rues sinueuses, des escaliers, des arcades, mais surtout des murailles crénelées dont les 2/3 sont encore en parfait état : 1500 m, avec 32 tours carrées et 2 portes( sur les 4 d'origine).

 

BASILICA DE MONTSERRAT

SIURANA

Voilà un village surprenant !

Il est juché à 737 m d'altitude sur une falaise de roche calcaire. Cul de sac et mirador extraordinaire, qui a en plus une légende : son château était un bastion musulman. Lors de sa reddition, en 1154, après un siège, la reine arabe préféra se jeter du haut de la falaise de 100 m plutôt que de tomber aux mains des chrétiens, laissant marquées sur les pierres les dernières empreintes de son cheval. (photo en bas à droite, l'endroit est maintenant protégé d'une balustrade !  :)

BASILICA DE MONTSERRAT

Et pour finir, quelques photos printanières ...

BASILICA DE MONTSERRAT
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18 février 2017 6 18 /02 /février /2017 14:41

Jeudi 9 février 2017

Coucou, mes Amis.

Me voici repartie, avec Alain et Charly. En Espagne, de nouveau, à la recherche du soleil et de la chaleur.

Notre objectif : descendre jusqu'à Almeria, en visitant une bande côtière d'une trentaine de kilomètres de large, à partir de Barcelone.

Pour commencer, Vielha et son tunnel, dans la neige et le brouillard. Mais arrivés au bas du col, le soleil espagnol nous a accueillis, dans un ciel tout bleu.

Voici quelques photos prises sur l'itinéraire classique qui nous mène de Pont de Suerte à Isona, par Senterada, La Pobla de Segur, et Tremp

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Après une nuit au-dessus du petit village de Boixols, à 1200 m, secoués par la tempête, une balade matinale au forat de Boixols nous met bien en jambes.

Qu'est-ce qu'un "forat" ? un petit canyon, tout simplement.

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Nous continuons ensuite cette route montagnarde et peu fréquentée vers l'Est : vers le Coll de Boixols, puis Coll de Nargo, puis le Coll de Jou.

Du froid, mais toujours du soleil.

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A SANT  LLORENZ  DE  MORUNIS, nous grimpons au Sanctuaire de Lord.

Ouf ! Plus de 100 m de dénivelé en 600 m de longueur. La côte était rude. Cette montagne a toujours été dédiée à la Vierge de Lord (c'est le nom de la vallée). La première chapelle connue date de 992. De restaurations en agrandissements, sa plus grande splendeur fut en 1792. Mais vinrent les guerres carlistes, et il fut incendié et dynamité en 1835. Reconstruit en 1887, il est occupé aujourd'hui par une Communauté Religieuse Diocésaine. Et son seul accès est ce rude chemin ... et un monte-charge par câble.

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VendRedi 10 février 2017

Près de Solsona, voici  OLIUS. Petit village qui ne compte qu'une maison près de l'église, et c'est l'ancienne école. Mais on y trouve de vrais trésors !

D'abord, l'église Sant Esteve, consacrée en 1079. Ce qui frappe, c'est la hauteur de sa voûte en berceau, et sa crypte à 3 petites nefs à voûtes d'arêtes, soutenues par 6 colonnes.

Le mot "crypte" signifie "cacher"; les premières cryptes ou grottes sacrées furent taillées dans la roche pour cacher, aux yeux des profanes, les tombes des martyrs.

 

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Mais bien avant le 11ème siècle, Olius était un noyau d'activités économiques spécialisées, dans la Catalogne intérieure. Les fouilles archéologiques révèlent des habitations Ibères et une zone étendue de silos creusés dans le sol (environ 300), datés du 3ème siècle avant J-C. La fonction principale de ce peuplement était donc celle d'entrepôt de grains, les céréales étant accumulées à des fins stratégiques et commercialisées depuis ce lieu. Une sorte de supermarché de l'époque ...

Mais le plus étrange, c'est le cimetière !

C'est un cimetière moderniste, fruit de la liberté créative de l'Art Nouveau Catalan, qui s'intègre parfaitement dans le paysage et la nature qui l'entoure : un éboulis de roches, avec des chênes verts et des cyprès. L'auteur de ce cimetière, créé en 1915, s'inspira de Gaudi, Montaner et de l'architecture néogothique.

Dans le cimetière d'Olius contrastent les roches tombées, qui symbolisent la mort, avec les chênes verts et les cyprès, arbres de végétation pérenne, qui représentent la vie. De fait, les feuilles toujours vertes et la sveltesse du cyprès en font un symbole d'ascension vers le ciel. C'est pourquoi on le trouve souvent dans les cloîtres, les cimetières et près des églises et monastères.

Dès l'entrée on trouve des marques de l'Art Nouveau, chères à Gaudi :un arc parabolique, des formes concaves et convexes, des nœuds de fer forgé, des plans irréguliers à différents niveaux etc ... Et au-dessus, une aiguille conique de pierres terminée par une double croix (évocation de la Sagrada Familia ?)

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Vous vous souvenez du château de Cardona ?

Une photo pour vous rafraîchir la mémoire :

 

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Mais cette fois-ci, nous avons été visiter la mine de sel !

Car Cardona possède une Montagne de Sel. C'est un phénomène naturel unique au monde, et qui grandit encore de nos jours, au fur et à mesure que la pluie érode la terre qui la recouvre. Ses 120 m ne sont que la pointe d'un énorme diapir de près de 2 km de profondeur.

Comment s'est-elle formée ?

Il y a 40 millions d'années, ici, au centre de la Catalogne, il y avait une immense mer fermée. Un bout de l'Océan Atlantique venu du nord (Golfe de Gascogne) s'y était trouvé emprisonné lors de la formation des pré-Pyrénées, des côtes Catalanes et de la Cordillère Basque. La température ambiante élevée qui régnait alors l'assécha progressivement et le sels se déposèrent au fond.

Tout d'abord l'Halite (chlorure de sodium), moins soluble, puis la Sylvinite (chlorure de potassium),et finalement la Carnallite (chlorure de potassium et de magnésium). Quand la mer fut asséchée, tout fut recouvert de terre et de sédiments.

Les couches étaient bien plates, mais la formation des Pyrénées provoqua plissements, ondulations et éminence, formant ainsi cette exceptionnelle Montagne de Sel.

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Exploitée depuis 2500 avant J-C, la mine a cependant fermé en 1990. On est maintenant passé à l'exploitation d'un énorme terril de déblais, que l'on transforme en soude caustique. L'exploitation avait alors atteint 1308 m de profondeur et 300 km de galeries.

Nous ne sommes descendus qu'à 86 m !

et voici l'exploitation du terril. Le bus qui nous a emmenés à l'entrée de la mine se balade dessus :

Nouveau Départ

Et voici quelques unes des merveilles de l'intérieur :

Nouveau Départ
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Samedi 11 Février 2017

SANT MIQUEL DEL FAI *

Un peu d'histoire :

Sant Miquel Del Fai est un lieu de culte depuis les temps les plus anciens. Les premières nouvelles sur l'église-grotte datent de 997. Le monastère fut habité par une communauté de moines bénédictins jusqu'en 1567, puis par des prêtres séculiers. Au 19ème, les écrivains romantiques découvrent la beauté de Sant Miquel del Fai et donnent à connaître son histoire et ses légendes.

Dédaignant la route d'accès de ce lieu perdu, nous y sommes montés à pied depuis le village de Riells Del Fai. Seulement 45 minutes de montée facile dans cette belle vallée :

* A noter : malgré la beauté de ce site, il n'est pas répertorié dans le guide Michelin. Regrettable oubli.

 

Nouveau Départ

A l'arrivée, nous découvrons la maison du prieuré. Admirez les fenêtres délicates en arc trilobé avec une pointe en amande, du 15ème, partagées par une gracieuse colonne ...

Puis l'église de Sant Miquel, du 10ème siècle.C'est la seule église de Catalogne construite intégralement sous une grotte, qui lui sert également de toit et de murs. On y voit, entre autres, la Virgen Del Fai, sculpture gothique du 14ème, longtemps vénérée en ce lieu.

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Les falaises dans lesquelles est installé le monastère ont des fissures par lesquelles l'eau descend, qui fait pousser la mousse et la fougère. Mais cette eau étant très chargée en carbonate, celui-ci se dépose sur les plantes qui en restent couvertes. Année après année, très lentement, l'épaisseur du carbonate qui forme la roche a augmenté, et la plante meurt, en laissant l'espace qu'elle occupait complètement vide. Ces formations rocheuses, pleines de trous, très légères et poreuses, contenant beaucoup de carbonates, s'appellent des "travertins", ou "tufs". Elles sont adossées aux parois verticales et les débordent, une couche recouvrant l'autre, en laissant des espaces et des trous. Ce qui a finit par former de véritables grottes.

Ainsi la Grotte de Sant Miquel, et, au-dessous de l'ermitage de Sant Marti (9ème siècle) la Grotte des Tosques (des Tufs). Pour arriver à celle-ci, on passe derrière la cascade de la rivière Tenes.

 

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Dimanche 12 février 2017

LA MUNTANYA DE MONTSERRAT

Imaginez un paysage fait d'aiguilles monolithes roses, de parois verticales joliment rondies, de formes rocheuses évocatrices ... un vrai monument paysager ! Exceptionnel !

Les conglomérats de Montserrat furent déposés au fond d'une mer superficielle préhistorique qui recouvrait la région. Ces masses de roches émergèrent il y a environ 10 millions d'années et furent progressivement sculptées par l'érosion postérieure, jusqu'à prendre la forme des capricieuses aiguilles de roche que l'on peut admirer aujourd'hui.

Un premier peuplement eut lieu au 11ème siècle, autour de la chapelle Sant Paul de Guardia, qui dépendait du Castell de Guardia, érigé encore plus haut dans la montagne. Elle est attestée depuis 1095, puis fut abandonnée, ainsi que le château, au profit du village d'El Bruc, plus bas dans la vallée.

L'inaccessibilité a alors laissé, durant des siècles, ces montagnes à l'écart des activités humaines. Mais maintenant, il y a plus de 5 600 voies d'escalade ! Heureusement qu'un parc naturel règlemente cette activité, afin qu'elle soit compatible avec la protection des espèces qui habitent ces parois ...

Quant à nous, nous avons eu la chance de rencontrer 3 des chèvres sauvages (cabra hispanica) qui furent réintroduites dans ces lieux.

Nouveau Départ

Partis du Coll de Can Maçana, malgré les nuages et le brouillard, nous avons rapporté quelques photos de notre balade de 3 heures

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Published by scandinadream - dans En Espagne
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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