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23 février 2017 4 23 /02 /février /2017 11:31

Mardi 21 février 2017

BECEITE

Petite étape : 25 km, pour gagner Beceite.

De ce village médiéval encadré par les montagnes, nous voulions remonter le rìo Matarraña vers sa source, au fond du canyon. Mais la saison n'est pas propice. Trop d'eau. Les quelques aménagements suffisent sans doute en été, lorsque le niveau est plus bas, mais là, pour passer de l'un à l'autre, il aurait fallu patauger dans 20 cm d'eau au moins. Charly y a même pris un bain involontaire, et nous avons renoncé.

Voici quand même quelques beaux passages ...

 

 

 

TROP D'EAU  !

En continuant notre route, traversée du beau village de Valderrobres.

Spectaculaire église de Santa Marìa la Mayor, avec à côté le château de la même époque : 14ème siècle.

TROP D'EAU  !

MORELLA

Et enfin, arrivée à Morella.

Le Michelin lui donne 2 étoiles, et il ne les vole pas !

Le site est aussi étonnant que spectaculaire : plus de 2 km de remparts du 14ème siècle, jalonnés de 6 portes, encerclant la ville étagée sur la colline à 1004 m d'altitude.

Tout en haut se dressent les murs de l'ancien château forteresse médiéval, que nous visiteront demain.

Pour cet après-midi, ce sera vélo, une balade de 20 km dans cette région aride et montagneuse appelée le Maestrazgo. Il n'y pousse que des chênes verts, quelques moutons et beaucoup d'élevages de porc industriel.

Pour éviter la grande route, nous avons pris un chemin de terre qui nous a réservé quelques surprises : d'abord, 2 passages à gué. Pour le 2ème, il a fallu se déchausser. La 3ème surprise est une superbe cascade.

Ensuite, nous nous sommes emplis les yeux  de magnifiques constructions d'interminables murs de pierres sèches, qui nous faisaient penser au Larzac, et du paysage à l'infini des lignes de crêtes.

TROP D'EAU  !

mercredi 22 février 2017

C'est à 200 m de cet ancien aqueduc du 14ème siècle que nous avons passé la nuit, avant de partir pour la visite de la ville et du château. Ce qui fait quand même une balade de presque 4 km avec 100 m de dénivelé !

TROP D'EAU  !

Les tours d'entrée de la ville, jumelles du 15ème siècle, reliées en haut par un pont, sont trop grandes pour entrer dans ma photo, et je manque de recul. Voici la rue Blasco de Alagón, que les habitants appellent "la Plaça" depuis le Moyen Age parce qu'il s'y tenait (et s'y tient toujours) le marché sous ses arcades.

De belles demeures nobles, un Hôtel de Ville gothique, de quoi apprécier la traversée de la ville.

TROP D'EAU  !

Et nous débouchons face à la Basilique Santa Marìa La Major. Deux portes magnifiques, surtout celle des Apôtres.

TROP D'EAU  !

A l'intérieur, la vue est happée par un chœur renaissance (15ème) : une voûte d'arêtes étoilée très surbaissée, un défi aux lois de l'architecture.

Et un grand escalier en colimaçon avec une magnifique envolée, et une balustrade en plâtre durci, doré et polychrome, représentant en relief la généalogie du Christ. En dessous, des décorations florales elles aussi en relief. Il est aussi du 15ème siècle.

On peut aussi contempler un grandiose retable de style baroque qui décore l'autel majeur.

Voilà pour le plus spectaculaire.

TROP D'EAU  !

Pour gagner le château, il faut traverser l'ancien couvent franciscain, qui a dû subir de grands dommages lors des guerres carlistes (19ème) et de l'occupation militaire qui a suivi. Il est encore en cours de restauration. Mais l'intérieur cache un véritable joyau de la peinture macabre : la Danse de la mort.

TROP D'EAU  !

Et nous nous attaquons à la montée au château.

Forteresse militaire, elle fut témoin du passage de nombreuses civilisations et d'innombrables batailles qui ont laissé leurs traces. On pourrait décrire ce château comme un gâteau à 3 étages. Géologiquement, les veines de roches calcaires et d'argile forment un réceptacle pour stoker l'eau, ce qui permettait de supporter de très longs sièges. Les nombreuses cavités dans lesquelles s'infiltre l'eau de pluie ont été utilisées depuis la préhistoire.

L'époque islamique (714-1231) est celle du Cid, Rodrigo Diaz de Vivar, qui était au service du roi musulman de Saragosse.

A l'époque chrétienne, le château prend une grande importance, car c'est le seul entre les mains de la couronne, à des kilomètres à la ronde. Mais ses travaux et la construction de la muraille demande un entretien constant en raison des dégâts belliqueux et naturels. Et donc tous les voisins de la régions, y compris les petits seigneurs féodaux civils et ecclésiastiques devaient payer l'impôt de "murs i valls" (murs et vallées). En échange, les habitants de la région avaient droit au refuge en cas de conflit armé.

Le château était pratiquement imprenable par une attaque frontale. Il a dû être conquis moyennant un pacte (pendant la conquête chrétienne), moyennant un siège (pendant la guerre de succession), moyennant une action de guérilla (pendant la première guerre carliste).

 

TROP D'EAU  !

L'apparence actuelle est celle qu'ont laissé les travaux de fortification de la 3ème guerre carliste (1872-1876). L'état installa l'infanterie et la cavalerie de façon permanente dans le couvent franciscain et le château, jusqu'en 1920. Lorsque dans toute l'Europe on démolissait les murailles pour élargir les villes, ici on utilisa toutes les ressources possibles de la ville et des localités alentours pour les renforcer et éviter une nouvelle domination carliste (la 1ère étant celle du Général Cabrera, qui tint le château et la région, de 1833 à 1840. C'est lui qui est à cheval, coulé dans le bronze)

TROP D'EAU  !

COVA REMìGIA

Après une trentaine de km, dans un hameau (la Montalbana) de Ares de Maestrat, nous avons trouvé une guide pour nous faire visiter la Cova de Remìgia. C'est un abri rupestre de 20 m de long situé au pied d'une falaise à 920 m d'altitude. Donc, pour l'atteindre, 400 m de dénivelé à monter à pied.

Vous me direz que pour nous ce n'est rien ? Mais notre guide a 25 ans, et les nôtres sont envolés depuis longtemps !

TROP D'EAU  !

Il y a plus de 750 figures, de thèmes divers. On compte 7 périodes différentes de datation ; ce qui indique une utilisation très dilatée dans le temps. J'ai cru comprendre (mon espagnol laisse un peu à désirer) qu'ils dataient aux alentours de 7500 avant J-C.

La peinture utilisée est un mélange d'oxydes de fer ou de manganèse (tirés des falaises elles-mêmes) réduits en poudre et mélangés à de la graisse animale ou du sang.

Les peinture ont été découvertes en 1934, alors que la falaise était utilisée comme bercail pour les moutons. Toutes les peintures ont été photographiées, et notre guide nous a montré des photocopies de ces photos. On constate que les peintures  se sont bien altérées depuis. En plus, la roche s'écaille sous l'action du gel et des intempéries, et à certains dessins il manque des morceaux. Mais quand c'est bien expliqué, on reconnait que ces hommes primitifs avaient bien du talent.

Les dessins, bien que petits (beaucoup n'excèdent pas 5 à 8 cm) sont très détaillés. Prédominent les scènes de chasse à l'arc et on y voit des animaux blessés (une flèche sur le dos) ou morts (sur le dos, les pattes en l'air). On peut même suivre leurs traces de sang ! On en voit qui courent, qui sautent, ou en expectative. Certains sont traqués par plusieurs chasseurs. Ce sont des chèvres, des sangliers, des taureaux, des cerfs. Il y a même 2 essaims et pleins d'abeilles. Une vraie BD !

Les hommes présents sont des archers qui chassent, mais il y a aussi des rituels d'initiation, un défilé d'archers (pour une bataille ?), une scène d'exécution d'un personnage par un peloton d'archers, un homme qui porte un autre homme dans ses bras, mort ou blessé etc ...

C'est un témoignage émouvant de la vie de ces hommes qui nous ont précédés.

 

TROP D'EAU  !

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Published by scandinadream - dans En Espagne
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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