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5 mars 2016 6 05 /03 /mars /2016 16:39

Dimanche 21 février 2016

J'avais tenu à ce détour, sachant la réputation de ce haut-lieu.

Dans l'ancien comté de Ribagorza (un des comtés à l'origine de la Couronne d'Aragon), non loin du fleuve Isábena, surgit Roda de Isábena.

Roda de Isábena peut se vanter d'être la plus petite localité d'Espagne à posséder une cathédrale. Elle fut détruite en 1006, lors d'une invasion arabe, et reconstruite entre 1053 et 1067, puis complétée tout au long du 12ème siècle.

Il est toutefois frappant de constater qu'un noyau urbain aussi petit ait été un siège épiscopal d'une telle envergure à l'époque. Or, si l'on considère le contexte historique du 10ème siècle, où l'on assiste à la formation de foyers de résistance contre l'invasion arabe dans la zone des Pyrénées, on comprendra aisément l'enjeu de l'existence de la cathédrale.

En remontant vers le nord ...

Tandis qu'Alain et Charly s'en vont se dégourdir les pattes autour du village, je monte à la cathédrale, et en attendant l'heure de la visite, j'en explore les alentours.

Tout d'abord, voici la Porte Sainte Anne, en elle-même et avec les vues qu'elle offre (ma photo de la Sierra de Sis, en fond de paysage, étant floue, je l'ai remplacée par une d'internet, bien meilleure !) :

En remontant vers le nord ...

En montant dans le village, j'arrive à la Plaza Mayor, qui est aussi celle de la cathédrale, et où se trouve aussi l'ancienne hôtellerie pour les pèlerins, maintenant transformée en restaurant.

En remontant vers le nord ...
En remontant vers le nord ...

En faisant le tour de la cathédrale, je me suis demandé à quoi servaient ces restes de poteaux, ces pierres disposées en rond ...

C'était en fait un pressoir à huile, ce qui dénote l'importance des oliviers dans cette zone depuis des temps très anciens. J'imagine le petit âne tournant inlassablement, roulant sa pierre pour écraser les olives ...

A l'arrière de la cathédrale, on trouve aussi le Palais du Prieur de Roda. Une construction commencée en 1525. C'est une maison-forte qui comporte une tour défensive. Au dernier étage, une galerie avec des arches et des mâchicoulis donnant en même temps un effet décoratif.

C'est à cause de l'insécurité qui régnait en Ribagorza au 16ème siècle que la noblesse rurale élevait ce type de constructions fortifiées, avec des tours qui s'élevaient au-dessus des autres habitations pour voir l'ennemi arriver ...

En remontant vers le nord ...

Et je finis le tour de la cathédrale ...

La voici avec son abside romane aux décorations lombardes, son portail du 13ème avec ses 6 archivoltes, et ses portes monumentales au fin décor mudéjar qui ont conservé les ferrures d'origine.

Tout cela allié à une tour-clocher et un porche du 18ème, précédé d'escaliers ...

En remontant vers le nord ...

Mais il est l'heure de la visite guidée ... en espagnol, bien sûr !

La principale particularité de cette église-cathédrale, dédié à Saint Vincent, c'est sa crypte "ouverte", au-dessus de laquelle se trouve le maître-autel. Du niveau intermédiaire, par où l'on entre, un large escalier central descend à la crypte, tandis qu'un escalier latéral, à gauche, permet de monter à l'étage de l'autel.

En remontant vers le nord ...

Dans la crypte centrale, du 12ème siècle, construite sur ordre de l'évêque Saint Raymond, on peut admirer son sarcophage, qui sert d'autel, sculpté en 1170. On remarque encore sur la pierre, surtout sur les côtés, les restes de peinture qui la décorait. Sur l'une il y a St Raymond entre deux diacres, et l'autre représente la fuite en Egypte.

Les autres scènes sont aussi inspirées de la vie de Marie : l'Annonciation, la Visitation, la naissance de Jésus et l'adoration des Mages.

En remontant vers le nord ...

La crypte nord, elle, est décorée de peintures effectuées en 1200. On y voit le Christ en majesté avec les quatre évangélistes. La frise au-dessous représente les mois de l'année, avec les travaux agricoles correspondants. Le baptême de Jésus et l'ange de l'Apocalypse complètent l'imagerie qui entoure le coffre fait pour garder les reliques de St Valère.

En remontant vers le nord ...

On trouve aussi de beaux retables et de belles toiles, et aussi quelques pièces de musée sous vitrines, mais j'avoue que je n'ai pas tout compris du discours de la guide, à peu près aussi rapide que la pub à la radio quand on veut vous en dire le maximum en quelques secondes !

En remontant vers le nord ...

Et maintenant, l'anecdote !

Dans la nuit du 6 au 7 décembre 1979 plusieurs objets d'art furent dérobés de la cathédrale par un voleur d'art bien connu : Erik le Belge, alias Alphonse René Van Den Berghe. Notamment les reliques de St Valère, (mais qui furent retrouvées), et la chaise pliante ayant appartenu à l'évêque Saint Raymond, au neuvième siècle. Elle était considérée comme l'un des plus anciens meubles conservés entiers d'Europe. Vus ses motifs d'inspiration nordique, on pense qu'elle avait été offerte à Saint Raymond par un important personnage du nord de l'Europe.

Pour pouvoir la sortir d'Espagne et la revendre, Erik le Belge l'a découpée en morceaux, dont certains ont été retrouvés, ici et là, dans des musées ou des collections privées. Mais pas tous, malheureusement.

Sur cette photo, les morceaux retrouvés ont été montés avec des parties en plastique transparent, pour figurer ce qu'était ce siège ancien.

En remontant vers le nord ...

Toutes les chapelles ne sont pas ouvertes au public. Peut-être à cause de la conservation des peintures ? En tout cas, pour ceux que cela intéresse, ce site vous fait la visite complète ... à condition de cliquer en bas à droite de chaque page sur le mot ADELANTE

Il reste encore à visiter le magnifique cloître du 12ème, qui fut sauvé de la destruction pendant la guerre à cause de sa citerne qui pouvait être utile en cas d'incendie ... elle est d'origine romaine et recueille les eaux de pluie.

De nombreuses inscriptions funéraires très élaborées ont été ajoutées jusqu'au 14ème siècle.

En remontant vers le nord ...

Le cloître est un des quatre lieux fondamentaux dans la vie d'une communauté :

- au sud se trouve la cathédrale

- à l'est c'est la salle capitulaire (où se réunissait quotidiennement la communauté)

- au nord c'est le réfectoire

- à l'ouest il y avait le dortoir.

De la salle capitulaire, je n'ai pu saisir qu'une des anciennes stalles à travers la vitre, car on ne la visite pas.

Le dortoir est actuellement occupé par des bureaux et des cuisines.

Et le réfectoire ? Eh bien forcément, c'est un restaurant. Et il parait qu'on y mange très bien ...

En remontant vers le nord ...

Je retrouve Alain et Charly au village voisin, la Puebla de Roda.

Après un déjeuner ensoleillé, nous partons pour une balade à vélo sur un parcours VTT répertorié.

Mais ce que ne disait pas le topo, c'est le mauvais état des pistes !

Heureusement, nous avons croisé une petite route au moment où ça commençait, pour moi qui ne suis pas habituée à ce sport, à tourner au cauchemar.

En remontant vers le nord ...

Nous avons donc continué à monter par la route, jusqu'au petit village perché d'Esdolomada, à 1200 m.

Quelle vue !

Et une charmante petite église Saint Saturnin ... dont nous n'avons pu voir l'intérieur mais qu'internet possède en ses fichiers :

En remontant vers le nord ...

De retour à la Puebla de Roda, nous décidons de camper sur place, et d'aller voir demain matin, avant le départ en vue du retour à la maison, le pont roman de Roda de Isábena, qui n'est qu'à 5 km.

Malheureusement, le lendemain matin, il tombe des cordes, et nous ferons tout le retour sous la pluie.

Mais j'ai trouvé ces photos sur le net, et nous tâcherons d'aller le voir un jour ... Il paraît que quand on est dessus, on peut avoir le vertige ...

A bientôt sous d'autres cieux ...

En remontant vers le nord ...
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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 19:23

Samedi 20 février 2016

Moins froid, mais gelée blanche tout de même !

Ce matin, Alain part à pied depuis Montfalco pour faire la traversée du Congost de Mont Rebeï. Il ne fait pas un aller/retour (trop long) et j'irai donc le chercher avec le "Chausson" à l'autre bout de la traversée (prévue 5 heures).

Pendant ce temps-là, Charly et moi (vous comprendrez plus loin pourquoi Charly ne l'a pas suivi), nous faisons une toute petite balade à pied (10 minutes aller) jusqu'à l'ermitage de Santa Quiteria y San Bonifacio.

Le point de vue sur le Lac de Canelles est extraordinaire, mais c'est très curieux : quand je regarde vers le nord (vers le congost), pas le moindre nuage.

A chacun son régal

Et si je regarde vers le sud : la mer de nuages.

Comme si l'ermitage était la limite entre les deux !

A chacun son régal

La construction de cet ermitage remonte au 11ème siècle et présente les caractéristiques de l'art roman de cette région. Il semble qu'il était, à l'origine, l'église paroissiale d'un emplacement défensif. Montfalco faisait partie d'une importante ceinture défensive qui protégeait le sud de la vallée Ribagorzane contre une éventuelle invasion musulmane et dans laquelle, tout comme dans le Haut Aragon, abondaient ce type de complexes religieux-militaires. Une fois les menaces d'invasion passées, la petite forteresse est devenue un hameau, et les équipements défensifs, devenus obsolètes, ont disparu. Puis le hameau, devenu libre de danger, va peu à peu s'installer dans un endroit plus accessible et habitable. L'église devient ermitage, le hameau devient ruines ...

Ce n'est que depuis la création du barrage de Canelles, au 20ème siècle, que l'Auberge de Montfalco est reconstruite sur des ruines et l'ermitage restauré (en 1996).

A chacun son régal

Je refais à l'envers les 16 km de (très bonne) piste entre Montfaco et Viacamp ...

A chacun son régal

Et je prends la route (encore un cul de sac) qui mène au village de Montañana, qui comme son nom l'indique, est à l'origine de Puente de Montañana, village plus important et "moderne", situé à 5 km à cheval sur la Noguera Ribagorzana (c'est le nom de la rivière)

Se promener dans Montañana, c'est faire un saut dans le passé.

Déambuler par ses rues empierrées et étroites nous ramène au moyen âge, quand Montañana fut terre frontalière et qu'elle faisait partie de cette longue ligne de défense dont je vous ai parlé plus haut. Située au milieu de la confluence de deux gorges, elle a conservé son air médiéval dont l'atmosphère enveloppe chaque maison et chaque recoin du village.

Une vue d'ensemble, d'abord, avec la Calle Mayor (celle qui monte) et le pont.

A chacun son régal

Entrons dans les détails :

d'abord, son existence comme forteresse est attestée depuis le 10ème siècle. Un bail !

Tantôt envahie par les musulmans, tantôt dépendant du Comte de Pallars, ce n'est qu'en 1190 qu'elle passa sous la couronne d'Aragon. A partir de ce moment, elle devint une place privilégiée pour certains ordres militaires, dont les Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Et au 14ème siècle, la population fut dotée d'importants privilèges et annexée au Comté de Ribagorza.

C'est à la fin du Moyen Age que Montañana commença à perdre de son importance, surtout en raison de la construction du pont sur la Noguera Ribagorzana et la création de la jeune cité de Puente de Montañana. Mais jusqu'à la seconde moitié du 19ème siècle, quelques centaines d'habitants s'étaient maintenus à Montañana. Leur nombre va décliner en une centaine d'années, jusqu'à être pratiquement abandonnée vers 1950.

Déclarée "Ensemble Historique et Artistique" en 1974, elle voit lentement revenir la population, surtout depuis la restauration de son "centre-ville" et de ses monuments majeurs.

A chacun son régal

Mais quels sont-ils, ses monuments "Majeurs" ?

En fait, le village de Montañana est, en lui-même, un musée à l'air libre : deux très belles églises romanes, les ruines d'une tour défensive et des restes de son enceinte fortifiée, un pont médiéval et plusieurs maisons-fortes, et un tracé urbain embrouillé marqué par des ruelles étroites dotées de passages voûtés dessinent l'un des ensembles monumentaux les plus intéressants de l'Aragon.

A chacun son régal

Moi, j'ai commencé par me rendre à l'église San Joan, située à 250 m du village, sur l'autre rive du ravin. On y a une vue privilégiée vers le noyau défensif de Montañana, composé des restes du château et de l'église Santa Maria de Baldos ... et inversement.

A chacun son régal

De style roman tardif, l'église Saint Jean date du 13ème siècle. Elle appartenait aux Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Nous en voyons le symbole peint en blanc en haut du portail : la croix de Jérusalem flanquée de 2 demi-lunes, symbole sans équivoque des milices sacrées qui édifièrent cette église.

A chacun son régal

Pour voir plus de photos (surtout de l'intérieur, peintures et sculptures mudéjares polychromes du 15ème siècle) et en savoir davantage, cliquez sur la ligne blanche ...

Ensuite je suis montée, par la Calle Mayor, à l'église Nuestra Señora de Baldos.

Elle se situe au point le plus haut du village, et était originellement jointe à son château, tels les ensembles religieux-militaires qui jalonnent le Haut-Aragon.

Construite sur une ancienne église dont il ne reste rien, celle-ci date du 12ème-début 13ème siècle.

On peut admirer le tympan, où deux anges présentent le Christ en Majesté dans une mandorle., mais aussi les superbes chapiteaux de son portail !

A chacun son régal
A chacun son régal

Près de cette église, les restes d'une tour défensive, du 11ème, haute de 18 m. Quatre étages, avec la porte d'entrée au second.

Une muraille entourait complètement le village, et plusieurs tours comme celle-ci permettaient de faire le guet et de voir l'ennemi arriver.

Près de l'église toujours, mais de l'autre côté, nous trouvons les ruines du prieuré. Plusieurs pièces, dont un four à pain en état au-dessus de la citerne où il était facile de puiser.

A chacun son régal

Que reste-t-il à vous faire découvrir ?

Le blason des Templiers qui ont aussi tenu garnison dans le château.

La tour de la Prison, à la fois défensive et prison, elle est carrée et c'est la mieux conservée près de la porte des remparts.

A chacun son régal

Mais vous trouverez encore les merveilles cachées à l'intérieur de Santa Maria de Baldos en cliquant sur ce lien :

Comme vous vous en doutez, j'ai passé beaucoup de temps à visiter Montañana. Je redescendais jusqu'à la voiture, quand mon téléphone a sonné !

Allo !?

C'était mon randonneur qui était arrivé et s'étonnait de ne pas voir son camping-car l'attendant sur le parking. Bon d'accord, il avait mis moins longtemps que prévu ... J'arrive !!!

Sa balade à lui n'était pas historique, mais de toute beauté quand même.

Je vais essayer de vous en rendre compte avec ses photos, prises avec son téléphone ... et peut-être quelques autres lorsque j'y étais allée il y a 2 ans, en octobre 2014.

J'aime bien les cartes, vous avez remarqué ? Alors je vous ai concocté celle-là, pour plus de compréhension. A noter qu'Alain a fait le parcours du sud vers le nord, mais qu'on peut aussi bien faire l'inverse.

A chacun son régal

Il est donc parti de l'Albergue Batlle, à Montfalco, où nous avons passé la nuit sur le parking. Sur la carte, c'est en bas à gauche.

Avant d'arriver au Congost lui-même, il a dû escalader 2 séries de "pasarelas". C'est la raison pour laquelle il ne pouvait pas emmener Charly avec lui !

A chacun son régal
A chacun son régal

Dans le Congost lui-même, le sentier est taillé dans la roche. Il y a même un mini tunnel, et un passage un peu scabreux, mais tout le long, le parcours est sécurisé par une "ligne de vie".

A chacun son régal

Comme vous le voyez, on est toujours à l'ombre, dans le Congost. Et il n'y faisait pas chaud en ce matin de gelée.

A deux moments il a fallu emprunter une passerelle. D'abord pour traverser la Noguera Ribagorzana, peu après les escaliers, et en sortant du Congost, un peu avant l'arrivée au parking, pour traverser un de ses affluents.

A chacun son régal

A cette extrémité du Congost, la rivière s'étale au soleil, tout comme nous qui prenons le temps d'un déjeuner et d'une sieste au soleil ... mais dans notre "pantoufle" !

A chacun son régal

Et nous reprenons la route du nord, mais pas la même qu'à l'aller.

Nous saluons au passage le château de Benabarre, et c'est en direction de Roda de Isabena que nous nous arrêtons, au Coll de Lagarres, à 981 m, dans un petit bois de pins.

A chacun son régal
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28 février 2016 7 28 /02 /février /2016 19:01

Vendredi 19 février 2016

Pour vous y retrouver sur la carte (comme d'habitude, cliquez sur la ligne blanche) aujourd'hui c'est le tracé rose.

Nous avons dormi à Castissent, minuscule hameau au-dessus de la Noguera Ribagorzana (qui fait la "frontière" entre Catalogne et Aragon), juste avant qu'elle ne traverse le Montsec, creusant ainsi le Congost de Mont Rebeï (au programme pour demain).

Voilà le centre (église + ruines du château + cimetière) du village, tel qu'il nous est apparut hier soir ...

En route pour la Chine !

Mais ce matin, au lever, ce n'est plus pareil : une mer de nuages occupe tout le fond de la vallée, et bouche le congost qu'on aperçoit depuis notre camping (Terra del Congost), et il fait -5°, le givre décore la végétation.

Beau mais froid !

 

 

En route pour la Chine !

Nous avons donc pris notre temps pour laisser agir le soleil , et vers 11 heures, tout s'est dissipé.

On regarde vers le nord ?

En route pour la Chine !

Nous rejoignons Caladrones, sur l'autre rive (côté Aragon, donc) et au sud du Montsec, dont il nous a fallu contourner la barrière.

Et nous partons tous les 2 (ou plutôt tous les 3, avec Charly) en vélo, vers la "Muralla China" de Finestras. Voici la photo d'internet qui nous a donné envie de faire cette excursion :

En route pour la Chine !

Partis du petit oratoire, nous suivons le rio sur une piste plate et facile. Mais bientôt il faut monter, et la piste devient plus difficile.

Nous croisons ce petit ermitage, dédié à Santa Sofia, œuvre du 13ème siècle. Sophie est une dédicace rare, par ici. Elle aurait été ramenée d'Orient par un chevalier de retour des croisades.

 

En route pour la Chine !

La piste est longue, souvent en mauvais état. A force de descendre, maintenant, nous arrivons presque au niveau de l'eau, le lac de Canelles, dont nous franchissons un bras sur le pont de Penavera.

En route pour la Chine !

Remonter, redescendre, l'énergie diminue dans nos batteries, et il faut prévoir de longues montées pour le retour.

C'est avec regrets que nous decidons de faire demi-tour, alors que nous sommes à environ 2 km (mais descente + remontée et retour !) du village.

Voilà donc ce que nous avons pu apercevoir de cette fameuse "Muraille de Chine", située derrière le village de Finestras.

En route pour la Chine !

C'était tout de même, aller/retour, une promenade de 40 km !

Une fois les vélos rechargés, et pour éviter de se réveiller dans les nuages, nous choisissons d'aller dormir à Montfalco, un endroit qui surplombe le Lac de Canelles, toujours sur la même rive, au bout d'une route en cul de sac de 16 km.

Le coucher de soleil nous surprend en cours de route ...

En route pour la Chine !
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27 février 2016 6 27 /02 /février /2016 19:45

Jeudi 18 février 2016

Les nuages se sont accumulés pendant la nuit. Le ciel est tout gris, mais la température est remontée à 0°.

Nous descendons aujourd'hui vers le sud, toujours suivant la Noguera Pallaresa. Une terre que je n'avais pas encore explorée. Nous irons jusqu'au Pas de Terradets, où la rivière a creusé un autre Congost pour traverser la Sierra del Montsec, la coupant en 2 : le Montsec de Rubies à l'Est, le Montsec d'Ares à l'Ouest. Ce défilé est considéré comme la porte des Pyrénées.

Une fois de plus nous nous séparons. Je pars en vélo tandis qu'Alain s'en va à pied avec Charly pour une boucle de 11 km et 350 m de dénivelé, contournant la Roca Regina, royaume des hommes-araignées, une des plus impressionnantes zones d'escalade de Catalogne, avec ses 300 m de hauteur à pic !

Nous sommes partis tous les deux de la gare de Cellers, au bord du lac de barrage de Terradets et avons passé le pont pour gagner la rive gauche, où nous sommes partis, lui à droite, moi à gauche.

En Tierra Incognita

Alain a continué à longer le lac, de tunnel (avec de curieuses haches plantées dans la paroi (?) en tunnel, et c'est en franchissant le barrage qu'il a regagné la rive droite, où commence véritablement sa randonnée.

En Tierra Incognita

Et il m'a raconté :

- La fantastique Roca Regina

- Le Barranc del Bosc, qui descend tellement raide dans les cailloux que Charly glissait autant que lui

- La montée si raide vers le Col del Serrat Pedregos, à 650 m, là où quelques flocons de neige ont commencé à voler autour de lui

- La gorge, en-dessous, où la rivière s'est creusé un chemin en zig-zag

- Le replat, qui permet la vue sur le Lac

- la longue redescente dans la forêt, jusqu'à retrouver la gare

En Tierra Incognita

Quant à moi, je me suis élevée au-dessus du Lac par une route en 15 lacets, 6 km et 320 m de dénivelé. Ouf ! D'en dessous, je pouvais apercevoir le pittoresque village perché de LLimiana, auquel je comptais me rendre dans un deuxième temps.

En Tierra Incognita

Mais arrivée à l'altitude de 700 mm, il fallait rajouter encore 5,5 km de route pour atteindre le troisième village, Sant Miquel de la Vall, 150 m plus haut.

Et vous voyez, tout là-haut, le petit rectangle clair ? C'est la tour du Castell Sant Gervàs. Là où je vais. Je n'y suis pas encore ...

En Tierra Incognita

Encore un effort ! La neige commence à voler mais j'y suis presque !

Maintenant c'est une assez bonne piste, mais bien redressée. En 2 km, elle va me mener de Sant Miquel, à 850 m, à l'église puis au Château Sant Gervàs, à 990 m.

Plus je monte, plus il neige, évidemment !

En Tierra Incognita

Avant le château, je trouve l'église Sant Gervàs i Sant Protàs del Castello Sobirà. C'est le nom complet. On est très peu renseigné sur son passé, mais étant à 400 m du château et visiblement presque de la même époque (château 11ème, église 12ème), on peu penser que leur histoire fut liée.

En tout cas, comme on peut entrer dans la nef (seule la chapelle latérale est fermée par une porte vitrée qui permet les photos. Intelligent !) j'en ai profité pour me restaurer et désaltérer à l'abri, tout en admirant peintures et architecture.

En Tierra Incognita

La forteresse de Sant Gervàs, qui comptait quatre tours, faisait partie d'un ensemble de châteaux et de tours érigés au 11ème siècle dans des endroits stratégiques, en complément de la protection naturelle qu'étaient les Montsec, contre les invasions musulmanes.

Trois tours étaient disposées en triangle, et la quatrième, la "Tour d'Hommage", haute pour ce qu'il en reste, de plus de 15 m, était sur un côté de cette enceinte et garnie de hourds. Construit à la fin du 10ème siècle, il a été abandonné et démoli à la fin du 15ème.

En Tierra Incognita

Et voilà. Maintenant j'ai 13 km de descente dans la neige qui commence à blanchir le sol à cette altitude.

De fait, j'ai fait 2 arrêts pour me réchauffer les doigts sous mes vêtements, sous peine de les sentir congeler ! Et je n'ai pas fait le détour prévu (ce n'était pourtant que 2 km !) pour aller à Llimiana ...

Oh ! qu'on est bien dans la "Pantoufle " !

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26 février 2016 5 26 /02 /février /2016 19:15

Mercredi 17 février 2016

Aujourd'hui, la température extérieure est toujours négative : autour de -3°, mais le vent a bien diminué. Ce sera une journée vélo pour tous les deux.

A l'Est de Tremp, dans la Conca Della (un bassin fertile entre les Pyrénées et les Montsec), c'est le pays des amandiers. Ils sont en fleurs malgré le froid, et il y en a partout. La majorité sont à fleurs blanches, mais il y en a aussi des roses, souvent isolés, ou des blancs avec la base du cœur rosée.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

C'est aussi une région d'élevage intensif du porc. Beaucoup moins poétique mais plus olfactif ! Car les amandiers, eux ne répandent pas leur odeur ... dommage !

D'abord, je vais faire découvrir à Alain le Forat d'Abella.

Mais qu'est-ce qu'un "forat" ?

C'est, en petit format, ce que nous avons traversé lundi, au Congost de Collegats : un passage que s'est creusée la rivière pour traverser une barrière rocheuse. Une gorge, quoi. Un goulet. Un défilé ...

Celui-ci fait environ 80 m de long, et 5 mètres au plus large. On peut le traverser avec de l'eau jusqu'à la cheville, mais elle est bien froide, en ce moment.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

En raison de sa petitesse, sans doute, on l'appelle : lo Foradot.

Mais au 18éme siècle, il a bien failli disparaître ! Profitant de son étroitesse, le Baron du village au-dessus, Abella de la Conca, voulait créer une réserve d'eau en bouchant le forat par une maçonnerie, et ainsi noyer une partie de la vallée supérieure. Mais le travail est resté inachevé (il en reste des traces, des trous de boulin dans la gorge) pour cause de graves dissensions dans la baronnie ...

Au village, nous y montons, maintenant. Très ancien, son histoire, très renseignée, remonte au 9ème siècle, et son château (dont il ne reste presque rien) au 10ème. Plus de 300 habitants se pressaient dans ses murailles percées de 4 portes, dont il ne reste, d'une seule, qu'un bel arc roman.

 

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Tout en haut du village, l'église Sant Esteve est des 11ème et 12ème siècles. Le pilier du portail porte la date de 1140.

Et la côte est rude pour y monter !

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Retour au "Chausson" pour déjeuner au chaud, puis nous prenons (en voiture) la route du Coll de Comiols, à 1 101 m. La vue sur les Pyrénées (ici, elles sont au nord) y est grandiose !

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Nous redescendons 250 m de l'autre côté du col, et nous garons le camping-car pour partir en vélo jusqu'au village de Covet, 8 km, par une piste annoncée comme goudronnée sur la carte. Mais ça a failli ...

A Covet, petit hameau en cul de sac de 8 habitants, il y a cette énorme église, qui possède le portail roman sans doute le plus beau des Pyrénées.

Amandiers roses, amandiers blancs ...

J'avais pu la visiter en juillet 2014, alors qu'elle était en restauration. Maintenant elle est fermée et ses trésors dorment à l'abri de ses admirateurs.

Heureusement, si vous voulez la visiter, vous pouvez cliquer ici :

L'ensemble de la construction est daté de 1150 à 1160, et n'a pas son pareil en Catalogne. Et ce qui est assez extraordinaire, c'est qu'elle n'a pas subi de transformation au cours des siècles suivants. Même les portes bardées de fer en spirales sont d'origine !

Voici le portail d'entrée :

Amandiers roses, amandiers blancs ...
Amandiers roses, amandiers blancs ...

Dans le village, l'abreuvoir témoigne lui aussi de l'ancien passé religieux du lieu :

Amandiers roses, amandiers blancs ...

Au total, 35 km pour cette journée, avec de bonnes montées qui nous ont empêchés d'avoir froid. Il y avait pourtant de quoi ...

A demain.

Amandiers roses, amandiers blancs ...
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25 février 2016 4 25 /02 /février /2016 18:48

Mardi 16 février 2016

Toute la nuit, de violentes rafales de vent ont secoué le camping-car. A tel point que le chauffage, au gaz, s'est éteint. Et ce matin il faisait 6° à l'intérieur ... dur dur pour sortir de sous la couette !

Ce matin Alain va randonner au-dessus du Congost. C'est la balade que j'avais faite en juillet 2014, la deuxième de cette page dont je vous remets le lien :

Et en voici quelques photos d'Alain. Pas la même végétation !

Cherchez la sorcière !

Pendant ce temps-là, je suis partie en vélo à la conquête d'Hortoneda.

Mais il me faut d'abord passer par la Pobla de Segur, et j'en profite pour m'arrêter à l'Office du Tourisme pour savoir un peu comment va évoluer le temps. Et je découvre alors les très beaux bâtiments de la Casa Mauri, ancien palais de style moderniste qui allie une décoration de mosaïques, de vitraux et de forge, et abrite maintenant la Mairie. Elle jouxte également l'ancien Moulin à huile San José, dont la façade ressemble à une église romane, et qui abrite des expositions et un centre culturel.

Cherchez la sorcière !

Rassurée sur l'évolution du temps (le vent va tomber et la température remonter), je poursuis ma route de l'autre côté de la rivière (Noguera Pallaresa), et je grimpe dans les collines qui surplombent le Lac du barrage de Sant Antoni. J'arrive ainsi au petit village médiéval de Claverol.

Cherchez la sorcière !

Attention ! Sur cette route, je risque de faire de mauvaises rencontres :

Cherchez la sorcière !

Avant de découvrir Hortoneda, je vous livre une légende qui coure au sujet de ce village.

"Au pied du chemin de Baiarri, dans un resserrement devant le village, il y a les restes de la Cabañita de las Encantadoras" (la petite maison des fées) où, la nuit, un chahut considérable était organisé. C'était en effet le rendez-vous de toutes les sorcières des environs.

Les femmes d'Hortoneda allèrent trouver le curé pour trouver une solution à cette agitation quotidienne. Le chapelain recommanda de sonner chaque jour les cloches, à l'heure du rendez-vous, avec la sonnerie d'appel à la prière. Et au bout de peu de temps, les réunions de sorcières ont disparu.

Et encore de nos jours, les cloches d'Hortoneda, dit-on, sonnent pour l'appel à la prière en plus de la sonnerie pour l'appel à la messe dominicale."

La sonnerie, je ne l'ai pas entendue. Mais la sorcière, elle, je l'ai vue. Avant même d'arriver au village.

Regardez bien. La voyez-vous dans le paysage ?

Cherchez la sorcière !

Non ? Alors approchez-vous un peu plus, pour mieux voir :

Cherchez la sorcière !

Toujours pas ? Il faut vraiment vous mettre le nez dessus ! La voilà :

Cherchez la sorcière !

Mais je n'irai pas jusqu'à Hortoneda. Trop de vent, trop froid, et puis trop loin si je veux revenir au camping-car à peu près en même temps qu'Alain. Depuis le col à 1050 m d'où on voit le village, il m'aurait fallu 3/4 d'heure de plus aller/retour. Mais je me suis tout de même bien régalée avec ces paysages !

Cherchez la sorcière !

Et puis la descente est bien belle aussi.

Et après ces 40 km dans le vent, je suis gelée et affamée. Vite, au chaud dans "la pantoufle".

Cherchez la sorcière !
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24 février 2016 3 24 /02 /février /2016 19:19

Lundi 15 février 2016

Ce matin, l'excursion sera sur le versant d'en face. Au départ de Toralla.

Vous vous souvenez de Toralla ? Non ?

Alors cliquez sur la ligne blanche pour retrouver la balade à l'ermitage Sant Salvador : c'est la première des deux balades décrites.

Cette fois, c'est Alain qui y est monté à pied.

En voici quelques photos d'hiver :

 

Un lundi au vent glacé

Je l'ai rejoint en vélo, par la piste pour 4 x 4 destinée à l'entretien de l'antenne proche de l'ermitage. Un peu hard, la piste. Gros cailloux; je ne l'aurais pas montée avec mon camion, bien qu'il soit 4 x 4.

Et nous sommes arrivés ensemble.

En route, j'ai croisé cette ruine qui abritait un pressoir et cette pierre taillée en cône. Etait-ce une meule ? Mais pas de vent ni d'eau pour la faire tourner. Faisait-elle partie du pressoir ?

Si vous avez une idée, faites-m'en part dans les commentaires, car pour moi c'est un mystère !

Un lundi au vent glacé
Un lundi au vent glacé

Après la redescente et le déjeuner dans la "pantoufle", au soleil et à l'abri du vent qui se lève, cap sur le Congost de Collegats, à l'aire de stationnement de la Figuereta, où nous passerons la nuit.

Mais il n'est pas encore l'heure de dormir !

Nous partons en vélo, avec "vent debout" (et glacé) durant toute la traversée du Congost (c'est une gorge de 4 km, véritable courant d'air !). Ça s'arrange un peu quand on prend la piste qui monte à Pujol. C'est au soleil, et presque pas de vent.

 

Un lundi au vent glacé

A la sortie du village, le vent nous rattrappés, et ne nous a pas quittés de toute la visite de Peramea.

Peramea, ville fortifiée établie sur un rocher, conserve une grande partie de sa structure médiévale. Le plus ancien document parlant de la ville date du 11ème siècle.

 

Un lundi au vent glacé

L'ancien château était situé sur l'énorme rocher, à gauche du clocher. L'église Sant Cristofol renferme des reliques de martyrs, dont la tradition dit qu'il s'agit des restes d'enfants assassinés par le Roi Hérode et qui font l'objet d'une vénération le jour des Saints-Innocents. Il s'y trouve aussi une statue polychrome en bois de la Mare de Déu del Remei, du 12ème siècle.

Un lundi au vent glacé

La place est occupée par l'abreuvoir, le lavoir et la fontaine :

Un lundi au vent glacé

Encore un mot sur ce village :

Bien que petit, il a donné au monde quelques joyaux de Cobalto-Calcite. Sa mine (Solita Mine, bien connue des spécialistes)est au nord du village. Elle est maintenant abandonnée depuis une cinquantaine d'années, mais des passionnés la visitent encore.

Et pour voir ses trésors, rien de tel qu'internet !

Un lundi au vent glacé

Il s'agit maintenant de redescendre pour regagner notre confortable Chausson.

La descente (une douzaine de km) à l'ombre, plus le vent et la vitesse, avec la température maintenant négative, nous fait arriver presque congelés. Notre premier geste sera d'allumer le chauffage.

OUF ! Après ces 25 km plus la balade du matin, nous allons bien dormir ...

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23 février 2016 2 23 /02 /février /2016 10:37

Dimanche 14 février 2016

Coucou, me revoilà, avec Charly, pour distraire quelques unes de vos longues soirées d'hiver ...

Je voulais vous les réchauffer en vous écrivant d'un pays réputé pour sa chaleur, mais manque de chance, j'y suis partie au moment d'une grosse vague de froid sur toute l'Europe, alors ... j'ai eu froid aussi ! Mais comme le soleil était au rendez-vous, c'était parfaitement supportable.

Mais je devrais vous écrire maintenant à la première personne du pluriel, car je suis partie en Espagne avec Alain et son Camping-Car. Et même s'il est ancien, il est bien plus confortable que mon camion-Tortue. Avec son chauffage, on s'y sent comme dans des pantoufles. D'ailleurs, c'est écrit dessus : "CHAUSSON"

Et puis, et puis, et Puig !

Nous voilà donc en Espagne, entre Vielha et Lerida, région que j'avais déjà un peu explorée et que je voulais faire connaître à Alain. Et comme vous le voyez sur la photo, il y a plusieurs façons de la découvrir : ça peut être en voiture, à pied, mais aussi en vélo. Plus particulièrement en VTT (VTC pour moi) à Assistance Electrique (VAE). Bien pratique dans les côtes, ce petit moteur !

Donc, ce dimanche 14 février, fête des amoureux, nous sommes allés dormir sur le parking déser de l'Ermitage Sant Miquel del Puig, à quelques kilomètres de la Pobla de Segur.

 

Sur la carte qui suit, chaque jour est représenté par une couleur différente. Les gros traits sont parcourus en voiture, les traits fins le sont à pied ou en vélo.

Donc nous sommes au bout du trait rouge.

Et puis, et puis, et Puig !

Autrefois, c'est à dire au 11 ou 12ème siècle, un village s'étendait autour de cette chapelle qui en était l'église paroissiale. C'était l'origine de l'actuelle ville voisine de Pobla de Segur (qui s'appelait alors Puig de Segur). Ce n'est qu'au 14ème siècle que le noyau d'habitations, à 2 km plus bas dans la vallée doubla le nombre de feux (12 feux, donc environ 60 habitants) du village de Puig, et pris le nom de Pobla de Segur.

En 1766, une nouvelle chapelle, toute blanche, fut construite un peu plus bas que l'ancienne, et le pèlerinage à Sant Miquel est resté vivant dans la tradition populaire, tous 8 Mai, avec distribution de pain béni (jusqu'à 3000 pains, ces dernières années !)

Et puis, et puis, et Puig !

Comme nous sommes arrivés tard, avec une lumière peu propice aux photos, j'ajoute quelques clichés des montagnes environnantes pris lors d'un précédent passage, en septembre 2014 :

Et puis, et puis, et Puig !

Prêts pour notre première nuit dans ce camping-car ... ?

Et puis, et puis, et Puig !
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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 10:33

Ce matin, je monte à Toralla.

Un tout petit patelin (23 habitants en 2008), perché à 940 m, mais la route d'accès est bonne. Entièrement refaite dans la partie haute, ce qui me rassure. Car vue la carte, ce n'était pas gagné !

 

Qu'est-ce qui m'a attirée ici ?

La montagne. Si différente de mes Hautes Pyrénées.

Envie de me balader en hauteur, avec des paysages à couper le souffle.

Un château en ruines ... mais il est inaccessible.

Une anecdote : pendant la guerre civile, au début de 1938, le village a été occupé par les rebelles contre la république. Et cette guerre y a laissé une mémoire : un tank. Oui, un char de combat. C'est dissuasif, ça, posté à 3 km du village, pour en défendre l'accès. Et ça a marché. Le village n'a pas été attaqué.

Mais le tank était construit en briques ! Et le canon est un tronc d'arbre ...

Et il est toujours là. Mais il se dégrade de plus en plus ... il ne ferait plus illusion !

 

P7120504800px-Conca de Dalt. Toralla i Serradell. Carro de combat 1

 

 

 

Et en écrivant cet article, j'apprends que, dans ma balade, je suis passée à 400 m d'une grotte, habitée au néolithique et à l'âge du bronze. Mais vu le plan, il faut être spéléologue pour la visiter. Donc pas de regret.

 

55190190.jpg55190244.jpg

 

Je suis donc montée à l'ermitage San Salvador, à 1250 m, par un sentier très aérien.

 

Toralla.jpg

 

Et voilà pour ce matin.

 

Un petit pique-nique, un peu de repos, et je renoue avec un site déjà visité : le Congost de Collegats 

 

retour Pyrénées3

 

Mais cette fois, partant de ce point, je vais parcourir une longue boucle (2 h 35 de marche annoncée - mais j'en mettrai 1 de plus - pour 9 km), passant par un très ancien monastère en ruines (Sant Pere de Maleres), et une mystérieuse "Grotte du Serpent". Brrr ...

 

Voilà la carte de l'itinéraire balisé :  Capturte.JPG

 

Et voilà la première portion :

 

Randonnee-Congost-de-Collegats.jpg

 

Enfin, j'arrive au Monastère (n° 6 sur la carte), avec un peu de retard. Il faut dire que j'ai fait quelques poses : photos, boisson ... et autres.

 

Les mauvaises langues faisaient courir une légende, sur ce monastère : elles disaient que les prêtres volaient les voyageurs qui s'y arrêtaient, puis les tuaient et les enterraient dans le couvent.

 

Comment imaginer que ce minuscule sentier était autrefois (avant que la route ne soit creusée dans le Congost) un chemin reliant deux bourgades et leurs monastères?

 

Les cellules et pièces du monastère étaient construites sous la falaise, qui servait de toit. On voit encore les bases de quelques murs et surtout la suie laissée par les feux. De la chapelle, il ne reste que l'abside et une absidiole. Et cette petite crèche qui témoigne que la foi y est toujours vivante.

 

Randonnée Congost de Collegats1

 

Retour au dernier croisement (un bon quart d'heure) pour aller vers la grotte du serpent (n° 8).

En voici la légende :

Un énorme serpent se cachait dans cette grotte, et mangeait toutes les bêtes de somme qui passaient sur le chemin. Les gens ne savaient pas comment s'en débarrasser, mais un moine du monastère voisin trouva la solution : il prit un âne chargé avec du pain, lequel était farci avec des couteaux tranchants. Quand le serpent eut mangé l'âne et son chargement, il eut quelques difficultés à digérer ! Il paraît qu'on l'a retrouvé tout coupé en morceaux !

 

C'est le plafond de la grotte, assez particulier, qui donna naissance à cette légende. Sur toute sa longueur (une vingtaine de mètres) on peut voir, creusée dans la roche, la marque laissée par le corps de l'animal.

 

Randonnée Congost de Collegats2

 

Vue la chaleur, j'étais partie à 17 heures. Et cela devient difficile de faire des photos, car il est 20 heures, et le soleil couchant n'est pas un bon éclairage.

Dommage, car nous sommes au-dessus du congost. C'est le point le plus haut, et il faut maintenant attaquer la descente, sacrément raide ! Ensuite ce sera 2 km de plat sur l'ancienne route au bord de l'eau (doublée par un tunnel), interdite aux voitures.

 

Randonnée Congost de Collegats3

 

Et voilà.

Maintenant il faut rentrer à la maison, retrouver la pluie. Mais ... je vous ai ramené un peu de soleil dans mes bagages !

A bientôt !

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 17:16

Aaaaah ! Se réveiller avec du soleil .... que ça fait du bien !

 

Cap au sud, puis à l'Est. Envie de voir cette région pyrénéenne appelée "la Conca Dellà".

Ici, il y a 140 millions d'années, une mer s'ouvrait vers l'Atlantique. C'est au milieu du Crétacé supérieur (80 millions d'années), alors que les dinosaures peuplaient cette région, qu'eurent lieu les premiers mouvements créant les Pyrénées telles que nous les voyons aujourd'hui. Pendant 60 millions d'années, les roches se sont peu à peu déformées et cassées, pour créer les formes capricieuses que l'on peut voir dans cette région. Les rivières ont fait acte de présence en tentant de se frayer un chemin à travers la chaîne, qui s'était dressée, et y sont parvenues en érodant et en se faufilant dans les sierras, formant ainsi de spectaculaires défilés : les Congosts, ou les forats (plus petits).

On y trouve, bien sûr, quantité de fossiles, et même un petit dinosaure. Les oeufs et les empreintes de ces bestioles sont légion. Des os, aussi.

Voilà des empreintes dans la boue d'un marécage, solidifiée et soulevée. Sacrées grosses patasses, n'est-ce pas Charly ?

 

P7110320P7110319.JPG

 

Et chaque petite ville a son Musée et ses trouvailles à exposer.

Moi j'ai plutôt cherché à me faufiler dans les forats. Regardez le forat d'Abella. Il fait 80 m de long, et j'avais de l'eau à la cheville, en moyenne. Mais mes pieds délicats n'ont pas l'habitude de marcher sur les cailloux, et à la moitié de la traversée, à peu près, j'ai fait demi-tour.

 

Abella-de-la-Conca.jpg

 

En montant vers Coll de Nargo, il y en a un autre, le forat de Boixols, d'un tout autre genre. Au 11ème siècle, un pont a été construit dans cet endroit spectaculaire, et relie le village au moulin. Il est 132 m en dessous du village. Et par quel chemin !

 

Boixols

 

J'y ai croisé cette fleur, jamais vue dans mes Hautes-Pyrénées. La connaissez-vous ?

 

P7110366.JPG

 

Mais cette région a aussi son lot de châteaux et de nombreux villages abandonnés :

Voici ceux de Llorda et Orcau

 

Orcau.JPG

 

Et on y trouve, à Covet, celui qui est, sans doute, le plus beau portail roman des Pyrénées. Dans un petit hameau en cul de sac de 8 habitants !

L'ensemble, daté entre 1150 et 1160 n'a pas son pareil en Catalogne. Les portes sont d'origine et l'église n'a pas subi de modifications au cours des siècles.

 

P7110395.JPG

 

Covet.jpg

 

En ce moment, elle est en restauration. Je suis donc rentrée.

Et l'intérieur est aussi original que le portail !

 

L'entrée est surmontée d'une galerie construite dans l'épaisseur du mur, avec des colonnes et chapiteaux magnifiques (mais encombrée d'échafaudages, je n'ai pas pu y accéder).

Mais surtout, la frise de l'abside est surprenante : des poules, des chevaux, des animaux fabuleux ...

 

Covet1.jpg

 

L'église renfermait également une sculpture en bois de la Vierge, datée 12/13ème siècle, qui était très vénérée. Elle est maintenant au Musée d'Art de Barcelone (MNAC), et ici il y en a une copie :

 

P7110387.JPG

 

Mes photos au zoom ne valant pas grand-chose, vous pouvez aller voir sur ce site ces merveilleuses sculptures, de près : link

Pour arriver tout de suite à la vue d'ensemble du portail, partez du bas de la page et remontez

 

 

Je n'y résiste pas. Elle n'est pas belle ?

 

Covet.JPG

 

Bonne soirée !

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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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