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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 10:04

BRUNIQUEL , c'est de l'histoire. Et même : des histoires. 

Celle, si mystérieuse, des vestiges de Néandertal. La plus vieille construction humaine a été découverte à Bruniquel, réalisée il y a 176 000 ans, Il s’agit de deux cercles formés par près de 400 morceaux de stalagmites soigneusement coupées, calibrées et dressées sur 112 mètres. Ce site pourrait être un lieu de culte aménagé par les hommes de Néandertal. Cette découverte bouleverse les connaissances actuelles de la Préhistoire, car jusqu’à présent, la plus ancienne preuve de fréquentation d’une grotte par l’Homme datait de 30 000 à 32 000 ans, avec le site de la grotte Chauvet (Ardèche). Pour plus d'informations : Grotte de Bruniquel

Si les abris de fouille et la grotte ne se visitent pas, on peut trouvez en revanche certains de leurs objets exposés au musée des Châteaux.

 

Une autre histoire, c'est celle de Brunehaut, princesse wisigothe, Reine des Francs en 587. Selon Grégoire de Tours, elle serait à l'origine de la construction du château et du  village. C’est un personnage important dans l’histoire de Bruniquel.

Fille du roi des Wisigoths, épouse du roi d'Austrasie Sigebert, sa rivalité avec la cruelle Frédégonde ensanglanta l'Austrasie et la Neustrie, c'est à dire les 3/4 de la France d'aujourd'hui !
Frédégonde était, dit la chronique, d'une grande beauté... et d'une grande cruauté. Servante à la cour du roi des francs Chilpéric 1er, elle fit successivement assassiner deux reines avant de pouvoir épouser le roi. Puis elle se débarrassa de son époux afin de gouverner au nom de son fils Clotaire II (enfant). La rivalité qui opposait les deux reines ne pouvait que mal finir !

 

 

Pendant ce temps-là en Austrasie, la veuve Brunehaut (son époux a été assassiné par Frédégonde), celle-là même qui avait fait élever des hôpitaux, des églises, des monastères et restaurer les routes romaines s’est peu à peu laissée ronger par la folie du pouvoir. Devenue cruelle et tout aussi ambitieuse que sa rivale, elle fait en sorte de plonger sa descendance mâle dans le vice et la débauche afin que ces derniers ne cherchent pas à se marier et qu’elle conserve son emprise sur son royaume. Ces moyens pervers seront dénoncés par saint Colomban, avant qu’il ne devienne lui-même la cible des persécutions de la belle Brunehaut.
Mais vaincue en 613, Brunehaut fut attachée par les cheveux à la queue d'un cheval indompté qui la mit en pièces. Puis  la dépouille de la reine fut ensuite brûlée pour empêcher quiconque de lui rendre un dernier hommage.

Le château légendaire de la reine Brunehaut est accroché et se dresse fièrement sur la falaise surplombant l'Aveyron, de l'autre côté, le village est étagé à flanc de colline.

 

Le village connut un grand essor au Moyen Âge car il se trouve sur le chemin des pèlerins de St Jacques-de-Compostelle. Grâce également à la culture du lin, du chanvre et du safran. La majorité des maisons ont été construites entre le 14ème et le 16ème siècle, essentiellement en pierre, mais il en existe également à colombage. La plupart des ruelles tortueuses ont conservé leurs pavements et c'est au sommet de la principale que l'on trouve les châteaux, quasiment suspendus au-dessus du vide. Maisons de pierre ou de bois, à encorbellement ou à colombages, tourelles, fenêtres géminées ou à meneaux, portes cintrées, ruelles fleuries... C'est une multitude de détails qui séduit à Bruniquel.

 

Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape

Dans le village s'élève l'église Notre-Dame-de- l'Assomption de Bruniquel, construite à la fin du 13ème siècle, L'édifice est abattu en 1622 pendant les Guerres de religion, puis reconstruit à partir de 1635. 

    

Les rues ont de jolis noms  : 
Rue Bombe-Cul ...
Rue Trotte-Garce ... de quoi rêver !

 

 

 

 

 

 

 

 

Une histoire de famille, maintenant !

Pourquoi y a-t-il 2 châteaux à Bruniquel ?

Le «château vieux», est construit à l'emplacement de la forteresse mérovingienne de Brunehaut. Le donjon, vestige d’un premier château construit au cours du 13e siècle, porte le nom de Tour de la Reine Brunehaut. À l’origine, cette tour mesurait environ 16m de haut. Ce château est habité par les vicomtes de Bruniquel jusqu'au 15ème siècle, moment où le vicomte d'alors entre en querelle avec son fils.

En 1461, il déshérita son propre fils sur un testament, au profit d’un cousin : Maffre de Comminges. Le fils intenta un procès à son père qui dura 15 années et qu’il finit par perdre. Les terres à l’Est du Château Vieux deviennent donc la propriété du cousin Maffre, ce qui engendre l'édification d'un mur de séparation autour du Château Vieux.  Et celui-ci ne tarda pas à ériger son propre château, entre 1485 et 1510, au nez et à la barbe de son ... cousin ! La division va durer 3 siècles ! 

Les guerres de religion vont encore accroître l’opposition entre les deux châteaux puisque le Château Vieux (castel Biel) appartient à un vicomte catholique et le Château Jeune (castel djoubé) à un réformé. Le Château Vieux sera d’ailleurs en partie brûlé et détruit.

 


En 1780, Louis Rigal d’Ouvrier vicomte de Bruniquel met fin à la division de la propriété en achetant la deuxième moitié de la vicomté, en construisant les tourelles jumelles qui symbolisent la réunification de la propriété et en démolissant le mur de séparation.

Ce faisant, le Château Jeune sera abandonné. Certaines fenêtres seront même murées pour ne pas payer l’impôt sur les ouvertures, mis en place à la Révolution. Seul le Château Vieux sera occupé, sans interruption, jusqu’à la mort de la dernière Vicomtesse de Bruniquel en 1980. Ce qui explique la différence d’état de conservation entre les deux édifices. C’est à ce titre que le Château Jeune a subi de gros travaux de rénovation et de restauration.

Ce n’est qu’en 1987 que les châteaux ont été achetés par la commune, avec l’aide du Conseil Général de Tarn et Garonne

Aujourd'hui la paix règne et l'on traverse les époques en passant d'un château à l'autre. Une salle est dédiée au tournage du film "le Vieux Fusil". Dans l’une des scènes a eu lieu un incendie. Malheureusement, un retour de flammes non maîtrisé a failli brûler tout le château. Aujourd’hui encore, on peut voir les stigmates de cet accident. En effet, la pièce où cela s’est déroulé est très endommagée. Les plafonds à la française datant du 17e siècle illustrant des fruits, des fleurs ont été fortement détériorés sur toute une partie de la pièce.

Une autre salle est dédiée à la "découverte de Bruniquel", qui a bouleversé nos connaissances sur la Préhistoire. La galerie Renaissance est sans aucun doute la pièce maîtresse de ces châteaux, avec son balcon perché à 90m au dessus de l'Aveyron. Mais mon coup de cœur reste la salle des chevaliers : ses chapiteaux sculptés et ses fenêtres sont des chefs d'œuvre de pierre en pleine nature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voilà !

J'ai fini mon périple, mais comme les eaux de l'Aveyron vont se perdre dans celles du Tarn à la sortie de Montauban, je vous conseille d'aller vous perdre dans cette belle ville pour y découvrir ses trésors.

Adishatz  !

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 10:31

PENNE ! 

Citadelle du vertige, ou nid d'aigle, les deux descriptions lui vont bien.

Les archives révèlent l’existence d’un château dès 825. Au cœur de la Croisade contre les Albigeois, le château fut tour à tour aux mains des catholiques et des hérétiques. En 1271, Penne est finalement rattaché à la couronne. Puis le village pâtira de la Guerre de Cent ans, ballotté entre les couronnes anglaise et française jusqu’en 1451.

En suivant les ruelles du village, on arrive forcément à l'église.

Bâtie au 13e siècle suivant un plan préconçu pour participer à la défense de la ville et servir de refuge à la population, elle se caractérise par la nudité et l'épaisseur des murs. Son abside, encore aujourd'hui couronnée par une salle de défense, dominait les remparts et le fossé profond qui s'étendait sur la place actuelle. (La porte actuelle, avec son fronton classique, date de 1786).

 

Mais au moyen âge, on entrait dans la ville en passant sous la tour, et on entrait dans l'église que par l'intérieur du village.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Donc à partir de là, pas de voitures dans le village !

En 1568, le chef protestant Philippe de Rabastens prend la ville restée catholique. L'église est en partie détruite.

Une fois la paix religieuse revenue, l'église est restaurée dans le style gothique occitan. Une porte est alors ouverte à l'est sur le fossé maintenant comblé, et l'église est « retournée » (orientée à l'ouest).

Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape

En 1586, le château est démantelé : ses pierres servent à construire les maisons et bâtiments que nous connaissons aujourd’hui.

Après quatre siècles et demi d’abandon, la forteresse de Penne est toujours là, fière sur son roc, veillant sur la forêt de Grésigne. C’est en 2006 que le château commence à renaître de ses cendres : Axel et Sophie Letellier, architectes de métier, rachètent la bâtisse avec le projet fou de la rénover. C’est un chantier titanesque : quatre années sont nécessaires pour sécuriser les lieux avant l’ouverture au public en 2010. Tous les ans, de nouveaux espaces sont ouverts, donnant accès à une nouvelle tranche de l’Histoire.

 

Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape

Les animations de l'été vous plongent dans le moyen âge, mais certaines restaurations continuent malgré les visites, permettant de voir les artisans travailler. Le choix du fer pour remplacer les murs peut surprendre, mais cela permet de prendre conscience des volumes et des espaces.

Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape

Et prochainement, 8ème et dernière étape : Bruniquel !

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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 10:35

Saint Antonin-Noble-Val !

Saint Antonin est d'abord une abbaye bénédictine, attestée dès 817 et fondée, selon la tradition, au VIIIe siècle. La cité médiévale de Saint-Antonin est assise au confluent de l’Aveyron et de la Bonnette, au point précis de rencontre des trois anciennes provinces du Rouergue, du Quercy et de l’Albigeois.

Mais qui fut Saint Antonin ? Je ne résiste pas à vous mettre la légende de ce saint, tirée de Wikipédia :

On raconte que le premier évangélisateur des Ruthènes fut saint Antonin qui aurait été, selon des vies du saint tardives (XIe siècle), le fils du comte de Pamiers. Il réussit rapidement dans sa tâche, et malgré les supplications des habitants de Noble-Val, il voulut porter ensuite l'Évangile à Pamiers, sa patrie. Hélas ! dans cette ville ingrate, le saint apprit à ses dépens que « nul n'est prophète en son pays ». Ses farouches compatriotes le décapitèrent et jetèrent ses restes dans l'Ariège. Des anges s'empressèrent de recueillir les vénérables reliques et deux grands aigles blancs guidèrent la barque où elles furent placées. La barque miraculeuse glissa doucement sur les flots de l'Ariège, puis remonta le cours du Tarn et de l'Aveyron. Elle s'arrêta enfin au confluent de la Bonnette et de l'Aveyron (on appelait alors ce confluent Condate, mot celtique qui signifie précisément « confluent »), par une nuit transparente d'été, étincelante d'étoiles.

En ce temps-là, régnait un riche et puissant comte sur le « Noble-Val », la vallée de l'Aveyron. Son nom était Festus. Il reconnut la main de Dieu dans ce voyage merveilleux et fit déposer les reliques du martyr dans une luxueuse châsse où fut élevée plus tard une abbaye.

Cette légende est représentée sur le tympan de l'église néogothique Saint Antonin (XIXe siècle).

Fondée autour du monastère au IXe siècle, la ville a prospéré grâce au commerce du cuir et de la laine.

La ville est réputée au 11e siècle pour son pèlerinage à l'abbaye et les coutumes concédées aux habitants entre 1140 et 1144. Canal, moulin, pont sur l'Aveyron, fortifications existaient au milieu du 12e siècle.

Les ateliers des tanneurs se sont installés dans le quartier bas au 13e siècle, lors du développement de l'artisanat lié à l'eau, qui fera la richesse de la cité au Moyen-àge. Elles sont alimentées par les canaux qui traversent la ville, notamment le canal du Bessarel, tandis que les couvents de Carmes et des Cordeliers s'établissent hors les murs.

Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape

Expansion économique aux 13e et 14e siècles : Saint Antonin devient la 2ème ville du Rouergue avec 1709 feux. Une autre phase de prospérité a lieu après la guerre de Cent Ans, qui permet la restauration des édifices endommagés.

En 1562, la ville passe au calvinisme : l'abbaye et les couvents sont détruits, puis les fortifications sont détruites sur ordre du roi après le siège de 1622. Le quartier des tanneries, en ruines, est en partie rasé après l'inondation de 1930.

De cette histoire mouvementée, que reste-t-il ?

Le marché, qui a lieu dans la halle historique datant du XIIe siècle, continue de battre son plein chaque dimanche, témoignant de l'importante dynamique commerçante de la ville.

 

 

 

Sous la halle, il reste un croix sculptée en pierre, du XVe ou XVIe siècle, en forme de disque comme les croix basques. Sur la face antérieure, Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Sur la face postérieure, la Vierge couronnée porte l'Enfant et tient un livre ouvert ; à ses côtés se trouvent saint Antonin et saint Éloi. Il s'agit sans doute d'une croix de corporation.

 

 

 

 

 

 

La « Maison Romane » est le plus ancien bâtiment civil de France, restauré par Viollet Le Duc.

 

Édifice de la fin du XIe siècle dont la tradition fait l'ancienne maison de ville.

 

Maison comportant une salle de Justice, construite au milieu du XIIe siècle, avant 1155, probablement pour Pons de Graulhet, peut-être viguier des vicomtes de Saint-Antonin ; elle perd sa fonction judiciaire lorsqu'elle est achetée par les consuls en 1312 et devient maison consulaire.

 

Le couronnement inspiré de l'architecture militaire est ajouté à la tour lors de la restauration de l'édifice réalisée par Eugène Viollet-le-Duc entre 1845 et 1851.

 

Le problème, dans la vieille ville, c'est l'étroitesse des ruelles et la hauteur des maisons : il est très difficile d'y faire des photos !

La Maison de l'amour, la Maison du Roy, toutes deux du XIVe siècle, étaient probablement occupées, au rez-de-chaussée, par des boutiques. 

Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape

Maintenant, nous ne quitterons plus notre rivière Aveyron. Plus de détour non plus.

Notre prochaine étape sera un impressionnant château au-dessus du vide : PENNE

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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 10:43

CAYLUS !

Accrochée au flanc d’une colline rocheuse, la cité médiévale de Caylus domine la vallée de la Bonnette depuis l’époque romaine.

L’origine du nom du village est liée à la présence d’un premier château. En effet, le nom Caylus serait un dérivé du mot « castellum » qui désigne un château central au sein d’un village plus ou moins fortifié. Mais il n'en reste qu'une tour carrée, sur propriété privée. Le château d'aujourd'hui, de style néo-gothique est une reconstruction datant de la fin du 19e siècle (1896).

 

La vie du village s’est installée au pied du château, qui devient dès le 12e siècle la possession du Comte de Toulouse.

 

En 1211, le village fut incendié lors de la croisade contre les Albigeois, mais après 1226, le comte de Toulouse développe une véritable bastide accolée à l’ancien castrum. La place du marché, bordée de galeries, fut créée vers 1247. Caylus est annexé au domaine royal en 1270, en même temps que le comté de Toulouse, et  devient alors une vraie ville.

 
De 1347 à 1351, une nouvelle enceinte fut élevée pour parer à l'insécurité due à la guerre de Cent Ans. L'église, jusque-là établie près de la place, fut reconstruite au XIVe siècle au centre de l'agglomération. Elle reçut un chevet polygonal entre 1459 et 1470.
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour

Guerre de Cent Ans, peste noire, guerres de religions, Caylus ne se releva jamais. Au XVIIIe siècle, les fortifications furent en grande partie démolies. De ville, Caylus est progressivement devenue un bourg rural.

Mais Caylus comble les visiteurs amateurs de vieilles pierres grâce à ses nombreuses maisons anciennes, ses boutiques moyen-âgeuses de la rue Droite et ses riches maisons des XIIIe et XIVe siècles et notamment la Maison des Loups, l’église Saint-Jean Baptiste et la Halle, trois sites classés monuments historiques.

La Halle date de 1505, mais a été déplacée au début du 20e siècle, dans le but de faciliter la circulation sur la place.

 

 

 

 

 

 

 
 
 
La rue Droite : c'était la rue commerciale de la bastide. Une grande partie des maisons date des 13e et 14e siècles. Les rez-de-chaussée servaient de locaux commerciaux tandis que les étages étaient à usage d’habitation.
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
La maison des Loups est l’une des façades les plus célèbres de Caylus. Elle doit notamment son nom aux 4 loups sculptés qui semblent vouloir sortir du mur, telles des gargouilles.
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour

Je quitte maintenant la Bonnette pour rejoindre l'Aveyron à :

Saint Antonin-Noble-Val

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3 décembre 2025 3 03 /12 /décembre /2025 10:20

VAREN !

Nous avons retrouvé le cours tranquille de l'Aveyron, dans ce petit village médiéval, aussi tranquille que sa rivière. Nous y sommes arrivées en vélo, et avons eu la bonne surprise d'y trouver une fontaine, aussi rafraîchissante que bonne pour la santé ! Dixit le voisin qui ne boit que de cette eau-là ...

Une belle fontaine, pourvue d'une belle légende ♥♥♥ !

La légende populaire raconte que la jolie Madeleine y rencontra le beau Pierre alors qu’elle y lavait son linge. Le jeune homme ayant beaucoup travaillé, cherchait à se rafraîchir, mais il ne disposait pas de gobelet ni de verre. Que faire alors ? Madeleine joignit ses mains et les remplit d’eau. Devant une telle beauté et un geste si délicat, il embrassa ses mains. C’est ainsi que chaque jour ils se retrouvèrent à la fontaine. L’histoire ne dit pas s’ils eurent beaucoup d’enfants, mais bien qu’ils se marièrent. Ils affrontèrent ensemble les bons et les mauvais moments. Et quand la tourmente se faisait trop importante, ils retournaient à la fontaine qui leur apporta tant de bonheur.

     Histoire du village :

Dès le XIe siècle, Varen était un doyenné (une circonscription administrative qui regroupe plusieurs paroisses) de l'Abbaye d'Aurillac. Une dizaine de moines y vivaient dans un monastère, dont l'actuelle église paroissiale était en fait celle du couvent, dédiée à la Vierge et à St Pierre. Et si elle est également dédiée à St Serge, c'est à cause de l'existence d'un pèlerinage autour du corps de St Serge, cité en 1046. Mais il eut peu de succès, et de cette ambition demeure une belle église, autrefois peinte, qui compte parmi les premiers grands édifices romans. Cela explique aussi les proportions du monument, jadis plus vastes encore, surprenantes pour une petite communauté.

Construite entre 1050 et 1100, le bas-côté droit, épaulé par d'énormes arcs-boutants, comporte de nombreuses baies. L'église ne possède plus la traditionnelle abside, détruite et remplacée à l'époque gothique par un mur percé d'une triple fenêtre, mais elle a gardé ses deux absidioles.

Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape

Le vaisseau, de style roman très pur, comprend une longue nef aveugle, à neuf travées séparées des bas-côtés par des piles carrées : le chœur est orné de chapiteaux typiques de l'art roman du Rouergue, à motifs végétaux, entrelacs, animaux affrontés, chérubins encadrant l'arbre de vie, et de stalles du XVIIe siècle.

Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape

Vers 1350, les temps sont devenus moins sûrs (guerre de Cent Ans).  L'abside va être démolie et remplacée par une triple fenêtre et le portail muré, parce qu'ils constituent des points vulnérables.

Au XVe siècle, une partie du monastère fut remplacée par un château fortifié, symbole de la puissance des moines. O 

L'abbaye fut sécularisée en 1561. Un collège de chanoines remplaça les moines avec, à sa tête, un doyen.

 

Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape

Puis arrivent les guerres de religions : pillages, incendies, dégradations. En 1581, le doyenné fut saccagé par les Protestants et le doyen décapité devant la porte de l'église.

Des fortifications, il subsiste la porte d’entrée de la Cité, renforcée en 1621 lorsqu'on envisage à Varen d'éventuelles représailles de Louis XIII, qui fait le siège de Montauban. On l'appelle : la Porte del Faouré (du Four). En arrière de la première porte s'en trouve une seconde. Trois meurtrières et un mâchicoulis défendaient la première ; un pont-levis protégeait la seconde. L'avant-corps, sorte de barbacane, comprend quatre côtés et se présente sur la pointe. Cette disposition est assez rare.

La petite rue qui prolonge ces portes était à l'époque la rue principale et la plus animée de la ville. Encore aujourd'hui, ambiance médiévale garantie !

Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape
Au fil de l'Aveyron : 5ème étape

Les moines possédaient déjà un moulin à l’époque médiévale. Mais celui que l'on trouve sur les berges de l’Aveyron date de la fin du XIXe siècle. Il accueille aujourd’hui un restaurant. Mais l'endroit est très agréable et paisible pour y flâner au bord de l'Aveyron !

 

 

 

 

 

 

 À 20 km, une belle balade en vélo électrique, notre prochain détour sera à Caylus

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26 novembre 2025 3 26 /11 /novembre /2025 10:24

 

Arrivées à Laguépie, où le Viaur se jette dans l'Aveyron, nous passons les 2 ponts qui enjambent ces 2 rivières et continuons vers CORDES-sur-CIEL, distant de seulement 13 km.

D'où vient ce si joli nom ?

Le nom de "Cordes-sur-Ciel" a été officialisé en 1993 par le ministre de l’Intérieur de l’époque, Paul Quilès, devenu par la suite maire de Cordes-sur-Ciel de 1995 à 2020. Cette appellation vient tout droit de l’imaginaire de la poète Jeanne Ramel Cals qui la nommait ainsi car, lorsque la brume recouvre la vallée du Cérou, seule la cité médiévale émerge des nuages.

Le saviez-vous ?
On surnomme Cordes sur ciel “La cité aux 100 ogives” car on y trouve l’une des plus grandes concentrations de maisons gothiques civiles du sud de la France, construites entre fin 13e et début 14e siècles.
L'histoire de Cordes commence bien avant la création de la bastide. À cette époque, il existe probablement des ateliers de travail du cuir au bord de la rivière Cérou. Lors de la croisade des Albigeois, Saint Marcel, commune voisine, est incendié et détruite par les croisés de Simon IV de Montfort.
La ville nouvelle s'inscrit donc dans le contexte de la fin des combats de la croisade des Albigeois. Elle a pour but de reloger des populations ayant tout perdu lors des destructions opérées par les chevauchées des croisés. Le comte de Toulouse veut repeupler les zones ravagées et principalement y favoriser le développement économique.

La bastide de Cordes va constituer un verrou militaire au nord du comté de Toulouse et barrer la vallée du Cérou.

Les deux premières enceintes fortifiées sont bâties dans un délai de sept ans. À l'origine la bastide n'avait que deux portes. En 1222, le comte de Toulouse Raymond VII octroie une charte de privilèges aux futurs habitants de la construction sur le lieu-dit « Puech de Mordagne ». En 1229, date du traité de Paris, Cordes est signalé comme une des villes fortes de l'Albigeois. Il est attesté que des habitations sont antérieures à la première enceinte.

Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
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Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
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Des habitants des villages voisins participent à l'érection des murailles et au creusement des fossés, et bien sûr, les habitants eux-mêmes : les parcelles comprenaient une maison donnant sur la rue, un petit jardin derrière, clos par un mur aveugle dont l'entretien est à la charge de l'habitant.

Jamais conquise, Cordes devient terre de France en 1370, lorsque le comté de Toulouse, jusqu'alors autonome, est rattaché à la couronne de France à la mort d’Alphonse II et de Jeanne, fille unique de Raymond VII, en 1271.

En pénétrant dans la ville par l'Est, il est bon de monter par l'Escalier du Pater Noster, qui mène à la Porte de l'Horloge.

Pourquoi ce nom, Pater Noster ? Parce qu'il a autant de marches que la prière comporte de mots ! Mais vous en saurez bien davantage en visionnant cette courte vidéo : Cordes-sur-Ciel, entre mystères et légendes, à la fin de cet article. Elle vous révèlera encore d'autres mystères que moi je ne peux pas vous dévoiler.

Pas trop essoufflé ?

Alors on continue. Les différentes portes de la ville faisaient partie des enceintes construites successivement du XIIIe au XVe siècle pour la protection de Cordes. Voilà la Porte du Vainqueur, puis la Porte Rous. Autrefois, elle était peinte. On l'appelle aussi : le Portail Peint. Pourquoi ? Mystère ...  (voir la vidéo)

Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
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Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
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Entre ces 2 portes, une très belle maison s'est construite au 16e siècle : la Maison Gorse.

Et voilà les premières échoppes, après le Portail Peint :

 

Le saviez-vous ?
On surnomme Cordes sur ciel “La cité aux 100 ogives” car on y trouve l’une des plus grandes concentrations de maisons gothiques civiles du sud de la France, construites entre fin 13e et début 14e siècles.
L'âge d'or de Cordes

Les artisans installés dans la nouvelle ville profitent de l'essor économique dû à une longue période de paix. Les familles s'enrichissent et d'artisanes, deviennent bourgeoises et marchandes. Ces familles décident alors de montrer leur richesse en signe de puissance et commence la construction de maisons gothiques. Ces bâtisses à architecture voisine réunissent atelier, entrepôt et magasin au rez-de-chaussée, habitation au premier étage et greniers au second étage. Une cour et des bâtiments annexes occupent l'arrière de la construction. Ces demeures confortables sont bâties entre la fin du XIIIe et le milieu du XIVe siècle.

Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
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Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
Au fil de l'Aveyron : 4ème détour

La Halle fut construite en 1350 pour accueillir le négoce du tissage et du cuir. Grâce à ce commerce, Cordes-sur-Ciel connaît une croissance exceptionnelle et ce sont les marchands et quelques nobles qui feront édifier les somptueux palais gothiques que l’on peut aujourd’hui admirer.
Sous la halle, on découvre le “puits” de Cordes, profond de 113,45 mètres, ainsi qu’à sa gauche la croix en fer forgé. Ce puits, déjà extraordinaire par sa profondeur, a une histoire très particulière qui vous sera contée dans la vidéo.

Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
Au fil de l'Aveyron : 4ème détour

À l'angle de la place se trouve l'église Saint Michel.

Celle-ci date du XVe, car le première, celle du XIIIe, a été démolie. Il n'en reste que le chevet plat avec sa grande voûte et ses chapelles.

L’orgue de 1842 provient de Notre-Dame de Paris (10 jeux ; 2 claviers). Il a  servi au baptême du comte de Paris, petit-fils du roi Louis-Philippe, et aux funérailles du duc d’Orléans

Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
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Au fil de l'Aveyron : 4ème détour
Au fil de l'Aveyron : 4ème détour

L'âge d'or de la cité dure du XIVe au XVIe siècle avec un maximum de 5 500 habitants. C'est cette durée relativement courte qui a donné une unité architecturale à la bastide.

Prosper Mérimée, alors chargé par Napoléon III d'établir un inventaire du patrimoine architectural français, la visita. La cité s’éveilla à nouveau à partir du milieu du XXe siècle, lorsque des artistes la redécouvrirent.

Albert Camus, après l’avoir visité dans les années 1950, disait « À Cordes, tout est beau, même le regret »

Cette vidéo est sur le blog de Christian Rivière : Dedans Dehors

Le reportage complet sur Cordes, avec d'autres très belles photos est ICI

Et maintenant, en route pour notre 5ème étape : le joli village de  Varen

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19 novembre 2025 3 19 /11 /novembre /2025 10:55

A l’entrée des gorges de l’Aveyron, Najac se profile sur un promontoire dominant de plus de 150 mètres la vallée environnante. Depuis l’Antiquité, sa position privilégiée est enviée par les Hommes qui vinrent y trouver refuge et exploiter ses ressources naturelles.

Manque de chance, c'était un jour de pluie ! Difficile d'apprécier le village, sûrement agréable à en juger par ses maisons qui ont gardé un caractère médiéval. Mais nous nous empressons de descendre (puis remonter) vers le château.

Au passage, une magnifique fontaine monolithe en granite : la Fontaine des Consuls. Elle date de 1344 !

Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
Au fil de l'Aveyron : 4ème étape

Même s'il est à l'écart des habitations, le château s'impose !

En remontant vers le château, voici la Maison du Gouverneur, convertie en Musée. 

Elle est du 13ème siècle et a appartenu a des familles nobles et commerçantes jusqu'au 18ème siècle. Elle abrite maintenant le Centre d'Interprétation des l'Architecture. Une visite passionnante !

La Porte de la Pique faisait partie de l'enceinte qui ceinturait la ville jusqu'au 17ème siècle, et qui comptait 18 portes.

Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
Enjeu stratégique des Comtes de Toulouse…

La Forteresse de Najac, célèbre dans le Sud-Ouest, fut construite pour défendre le Rouergue lorsque les comtes de Toulouse choisirent Najac comme capitale du Bas Rouergue.

Au XIIe siècle une première forteresse, de facture simple : une tour carrée, est bâtie, à l’emplacement d’une vieille tour seigneuriale. Najac devient la position principale de la ligne de défense construite le long de l'Aveyron.

En 1249, à la mort du Comte Raymond VII, son gendre Alphonse de Poitiers, frère du roi Saint Louis, lui succède. La région, avec Najac, se soulève pendant quelques mois. Le nouveau comte décide alors, pour asseoir son pouvoir et montrer sa puissance, de renforcer considérablement l’ouvrage militaire existant.

Tout un art subtil de la défense…

Le chantier est lancé en 1253, au milieu d’un siècle qui a porté très haut l’art militaire. 2000 ouvriers y travaillent. En moins de 10 ans va surgir, sur cet éperon étroit et escarpé, la « Forteresse Imprenable ».

Les hautes murailles sont impressionnantes, et les archères de 6,80 mètres sont les plus hautes du monde ! Le donjon, de près de 40 mètres, est le symbole du pouvoir d’Alphonse de Poitiers sur le Comté de Toulouse.

Et voilà les fameuses archères : sur la photo, ce sont ces fines lignes verticales le long des tours. Et vues de l'intérieur, on comprend qu'un archer peut véritablement tirer au pied-même de la tour, même s'il est posté au premier étage !

On peut monter dans le donjon et visiter ses trois salles superposées, de belle facture gothique. A mi-hauteur, la chapelle Saint-Julien montre des restes de fresques du XIIIe siècle et de nombreuses marques de compagnons. Un passage secret dans l’épaisseur de la muraille la relie à la chambre du Gouverneur qui commandait le cellier.

Aujourd’hui…

Après la guerre de Cent Ans, la forteresse royale n’a guère servi que de prison jusqu’à la Révolution : Templiers, puis Croquants en 1643, y furent enfermés. Vendue comme bien national, elle fut exploitée partiellement en carrière de pierres. Rachetée en 1906 par Alfred Cibiel, la forteresse est sauvée de la ruine et appartient aujourd’hui à la même famille.

 

Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
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Et nous voici en haut du donjon. La vue est impressionnante : d'un côté le bourg castral, un village-rue, vers le haut ; de l'autre le quartier de la Pause. C'était une étape de repos sur la longue route vers Saint Jacques de Compostelle. Ce quartier comprenait un hôpital et des auberges pour le repos des pèlerins. Ce quartier fut actif jusqu'à la fin du 19ème siècle. C'est là que fut construite la nouvelle (au 13ème siècle !) église Saint Jean-l'Évangéliste.
 
Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
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Un témoin de l’Histoire régionale

Au lendemain de la reconquête de la région par les troupes catholiques, l’autorité royale décida de construire une nouvelle église réaffirmant le culte catholique sur la doctrine cathare. L’église Saint Jean-l’Évangéliste de Najac fut donc bâtie entre le bourg castral dominé par la forteresse et le quartier de la Pause où logeaient les pèlerins, succédant à deux édifices de culte antérieurs, l’un d’origine wisigothique, et le second d’époque romane, dédié à saint Martin.

Les dissidents najacois durent financer l’édification de ce nouveau lieu de culte, voire travailler eux-mêmes sur le chantier pour se racheter une conduite vis-à-vis de l'Église de Rome. En effet, nombre d’entre eux ne reconnurent pas l’autorité francilienne et furent condamnés par les Inquisiteurs à faire pénitence et à payer de fortes amendes. L’un des consuls de la cité, Huc Paraire, fut même brûlé vif en place publique pour hérésie.

 
Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 4ème étape
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Une architecture défensive caractéristique

Dirigés par les Dominicains, les travaux furent réalisés, entre 1258 et 1280, et se prolongèrent au début du XIVe siècle par la construction du clocher et la pose des vitraux dont les plus anciens sont ceux de la rose occidentale.

Un intérieur d’une richesse insoupçonnée

Classée au titre des Monuments Historiques depuis 1924, l’église abrite un mobilier assez exceptionnel. Parmi les éléments les plus notables, on peut citer une grille en fer forgé du XIIIe siècle contenant autrefois un cierge pascal, un groupe sculpté associant un Christ en croix de facture catalane du XVe siècle ...

 

 

 

 

 

 

 

Construite sur un énorme bloc de schiste, l’église fut édifiée sur un grand puits de plus de 6 mètres de profondeur qui permettait à la population de s’abriter à l’intérieur et de s’alimenter en eau en cas de siège. 

La pluie qui s'est remise à tomber ne nous incite pas à nous attarder davantage.

À la semaine prochaine pour un nouveau détour, à CORDES-SUR-CIEL. (quel joli nom !)

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12 novembre 2025 3 12 /11 /novembre /2025 10:30

 

L'abbaye fortifiée de LOC-DIEU

est le fruit original de moines cisterciens arrivés il y a neuf siècles, de la guerre de Cent Ans qui la transforma en château fort, et d'une famille qui, depuis deux siècles, s'est installée progressivement dans les étages sans effacer la présence, essentiellement horizontale, des moines. L'abbatiale du douzième siècle, restée intacte et première voûte gothique sur base romane de Midi-Pyrénées, est connue pour son acoustique et accueille parfois des concerts de musique vocale.

 

En voici l'HISTOIRE

Roger, deuxième abbé de Dalon, en Limousin, envoya en 1123 vers le sud 12 moines et un prieur - symbolisant Jésus et les 12 apôtres - afin d'y fonder un nouveau monastère.

Après de longs jours de marche, ils arrivèrent ici, dans une grande forêt de chênes peuplée de brigands et de dolmens, si mal famée à l'époque qu'on l'appelait locus diaboli, le lieu du diable.

Ils y fondèrent celle qui allait devenir la première abbaye du Rouergue dans l'esprit de Cîteaux, et le lieu fut rebaptisé locus Dei, le Lieu de Dieu, Loc-Dieu. Les démélés des moines et des brigands sont devenus légendaires !

 

Le lieu choisi est géologiquement remarquable, car la vallée est une poche d'argile au milieu des causses, ce qui lui vaut de l'eau et des grands bois, très utiles pour les travaux des champs et l'artisanat.

Durant la guerre de CENT ANS, le Rouergue, fidèle au roi de France, formait la frontière avec les terres anglaises. Des bandes ennemies faisaient incursion, ravageaient et pillaient.

 

Incendiés en 1409 par les partisans du roi d’Angleterre, les bâtiments conventuels du XIIème siècle sont rebâtis en forteresse. L'abbatiale et la salle capitulaire, entièrement en pierres, ne sont pas touchées par le sinistre. Les moines furent un temps réduits à mendier, puis reconstruisirent avec beaucoup de peine avec l'aide familiale de nouveaux abbés dont les armes se retrouvent dans le cloître. Comme partout dans cette région, on éleva des murailles qui ne servirent plus jamais. Alors, LOC-DIEU ? forteresse, abbaye ou château ? 

 

 

 

 

 

1793 est la dernière étape monastique de Loc-Dieu par sa vente aux enchères, comme tous les biens d'église, mais avec l’intégralité de son domaine. Le piètre état des bâtiments est la cause de ce traitement exceptionnel. Maltraitée par l’utilisation agricole qui en est faite, elle est rachetée en 1812 par la famille Cibiel, de Villefranche-de-Rouergue, dont les descendants l’occupent encore. Sauvée de la ruine, consolidée, elle offre encore aujourd’hui l’étonnant spectacle d’une forteresse, fermée d’un côté par l’église et abritant en son cœur une salle de chapitre et un cloître entourant une profusion de fleurs.

 

L'édifice a été restauré à la fin du XIXe siècle par l'architecte Paul Gout.

Au fil de l'Aveyron : 3ème détour
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Le Louvre et La Joconde à Loc-Dieu

Dès 1939 le musée du Louvre se préoccupe de mettre ses collections à l’abri. 
Lorsqu’à la fin de la drôle de guerre, en mai 1940, l’offensive allemande se déploie et s’approche de Paris, les conservateurs décident l'évacuation.
Ce n’est pas facile : les routes sont encombrées par l’exode massif, les camions sont énormes, en particulier ceux de la Comédie Française, réquisitionnés pour leur capacité à transporter les gigantesques tableaux comme les Noces de Cana de Véronèse (10mx7m). Il faut un camion spécial rien que pour l’essence dans ces convois.
Les peintures arrivent à Loc-Dieu entre le 5 et 17 juin, la Joconde en premier. 3120 tableaux sur 3500 évacués seront entreposés dans l’église. Gardiens, conservateurs, et leurs familles représentant plus de 250 personnes, seront logés soit dans le château soit dans les villages environnants. 

Ce fut le temps d’un été. Car avec l’arrivée de l’hiver et de l’humidité, les conditions de bonne conservation n’étaient plus réunies et les œuvres durent être déplacées vers Montauban, puis vers le Lot.

 

l'Église abbatiale

Commencée en 1159 en style roman, elle fut achevée en 1189 par les architectes bourguignons de son abbaye-mère Pontivy, déjà familiers avec le gothique. Sauf le chevet qui, à la suite d'une donation, remplaça à partir de 1270 le chevet plat d'origine par un formidable chevet à 5 pans, beaucoup plus lumineux et nettement gothique. Alors que les bas-côtés, voûtés de plein cintre, sont encore purement romans.

 

L’attention portée à l’acoustique par les moines est révélée par l’implantation de nombreux trous de résonance dans les voûtes. L’église a traversé sans dommage les siècles, et se présente aujourd’hui dans son état originel, fidèle à la tradition cistercienne, où simplicité et dépouillement n’excluent pas la beauté. Ici pas de sculptures, de vitraux colorés, de peintures susceptibles de détourner l’attention due à la prière. La pierre ocre apparaît dans toute sa splendeur, rehaussée par la lumière du soleil, car l’église est à toute heure baignée par ses rayons qui explosent sur la couleur de la pierre. Pureté des formes, austérité du décor pour la méditation.

Les seuls mobiliers sont le devant d'autel, un triptyque contant la vie de la Vierge Marie, deux petits retables et une statue de Marie. Ils ne sont pas originaires de cette abbaye.

Au fil de l'Aveyron : 3ème détour
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Le cloître gothique

Reconstruit au XVe siècle, il remplace le premier cloître brûlé par les troupes anglaises. Le style y est dépouillé et massif, conformément à l’esprit cistercien. Il ne reste plus que trois ailes (est, sud et ouest). Au niveau du jardin central se trouve le puits, tandis que

Au fil de l'Aveyron : 3ème détour
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La salle capitulaire

sur le côté est s’ouvre la salle capitulaire du XIIIe siècle. Elle présente trois travées largement ouvertes sur le cloître. 

Au fil de l'Aveyron : 3ème détour
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C'était une belle halte-détente.

Il est temps de rejoindre notre rivière Aveyron. La 4ème étape sera :

La forteresse royale de NAJAC

 

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5 novembre 2025 3 05 /11 /novembre /2025 10:30

 

Nous retrouvons notre rivière : l'Aveyron, à VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE

 

Baignée par la rivière Aveyron, entourée de sept collines, lovée dans un écrin vert, au point de convergence du Causse et du Ségala, Villefranche-de-Rouergue est idéalement située pour devenir, au fil des siècles, un carrefour commercial majeur où se déroulent les plus grandes foires de la région.

 

 

C’est Alphonse de Poitiers, comte de Toulouse et frère de saint Louis, qui a fondé la ville en 1252.

 

La ville a été organisée selon un plan précis, en damier, autour d’une place centrale. La bastide est découpée en 4 “gaches” ou quartiers, chacun étant administré par un Consul.

 

Ce maillage urbain remarquable est typique des bastides du sud-ouest, et ce plan en damier était très novateur, à l'époque. Avec ses 16 hectares, la bastide de Villefranche est une des plus grandes du sud de la France.

 

Pour encourager l’installation des habitants, la cité bénéficie dès sa création d’avantages fiscaux, d’où son nom de “ville franche”.

 

Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Au centre de la bastide, la place Notre-Dame, entourée d’arcades ogivales au-dessus desquelles se dressent les plus importantes demeures de la fin du Moyen Age, de la Renaissance, ainsi que des hôtels particuliers des XVIIème et XVIIIème siècles.

 

La place est dominée par la Collégiale Notre-Dame, avec son clocher-porche monumental, unique en France.

Le porche enjambe puissamment la rue, prolongeant l’édifice sur la place, position qui traduisait la prééminence de l’Église dans la ville médiévale.

 

Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Ce n’est qu’à la fin du XVe siècle (après plus de 300 ans  de travaux !) que la collégiale fut enfin achevée.

 

La Collégiale Notre-Dame

Passé le spectaculaire clocher-porche et son portail flamboyant, on pénètre dans la nef unique, caractéristique du gothique méridional. Au fond de l’église, dans le chœur, se trouve LE chef d’œuvre de la collégiale : les stalles du sculpteur André Sulpice. Au nombre de 62, ces sièges alignés illustrent la vision de tout un monde médiéval qui mêle fantasme, truculence et scènes anecdotiques de la vie quotidienne.

Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Au nord de la bastide de trouve un monument incontournable : 

 

La Chapelle des Pénitents Noirs

Cette chapelle, dont la construction a débuté en 1642, est un véritable trésor.

Ce sont les Pénitents Noirs, adorateurs de la vraie croix et de François-de-Sales, qui sont à l’origine de son édification.

Au fil des décennies, l’édifice se pare de décors toujours plus raffinés ainsi que d’un important mobilier liturgique. La voûte en bois est peinte en 1701 et fait référence au culte de la Croix. Le retable monumental en bois sculpté, doré à la feuille, représente des scènes de la vie du Christ. Il est installé en 1709. Les six grands tableaux sont installés en 1766.

Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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A l’extérieur de la bastide se trouve un autre monument remarquable :

la Chartreuse Saint-Sauveur

Il s’agit d’un chef d’œuvre de l’art gothique flamboyant édifié au XVème siècle par la volonté d’un homme : Vézian Valette, riche négociant villefranchois mort en pèlerinage.

La Chartreuse abrite non seulement l’un des plus grands cloîtres de France (66 mètres sur 40), mais aussi un petit cloître, puits de lumière rythmé d’élégants remplages de style flamboyant, ainsi que de somptueux éléments architecturaux et mobiliers liturgiques.

Le plan du monastère reprend celui de toutes les chartreuses : 13 cellules autour du cloître, un église conventuelle à nef unique sans transept, une sacristie, une salle capitulaire, une salle d’archives, une grange, une boulangerie, une cuisine…

 

Voici d'abord un petit aperçu de l'église conventuelle :

 

Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Le petit cloître, par la finesse de ses décorations, essaie de surpasser le grandiose du grand cloître.

Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 3ème étape
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Prochaine étape ?

Allons, encore un petit détour : ce sera  l'Abbaye de la Loc-Dieu !

 

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29 octobre 2025 3 29 /10 /octobre /2025 10:20

 

Pour rejoindre le fil de mon collier, la rivière Aveyron, la route me fait aborder à 

VILLENEUVE-D'AVEYRON

Une ville, deux histoires !

De la Sauveté, créée au XIème siècle et placée sous la protection de l’Église, à la Bastide, créée sous l’impulsion d’un seigneur féodal au XIIIème siècle, l’architecture de Villeneuve d’Aveyron a évolué à travers le temps pour nous offrir aujourd’hui toute sa singularité. 

 

La Sauveté :

Au milieu du XIe siècle, le seigneur du lieu offrit une partie de ses terres du Rouergue au patriarche de Jérusalem. Très vite, une église portant le nom du Saint-Sépulcre y fut édifiée et une communauté religieuse vint s’y installer. Délimité par des croix en pierre, le territoire de cette sauveté était sous protection divine et il était strictement interdit d’y porter les armes.

 

 

 

Située sur la voie Conques-Toulouse, Villeneuve d’Aveyron était autrefois une étape vers Saint-Jacques de Compostelle, dotée d’un hôpital, d’une maladrerie et de plusieurs auberges. Aujourd’hui encore, de nombreux témoignages nous permettent de plonger en plein Moyen Age, à une époque où les pèlerins faisaient halte et croisaient foule de paysans, marchands et artisans.

 

 

 

 

 

Dès lors, les populations campagnardes se greffèrent tout autour, mais de manière assez désordonnée. Ainsi, le premier quartier résidentiel de Villeneuve-d’Aveyron fut assez irrégulier, avec des rues partant dans tous les sens. 

 

 

 

 

La Bastide

C’est près de deux siècles après la fondation de la sauveté, que le comte de Toulouse, Raymond VII, édifia un quartier bastide pour asseoir son autorité dans la région. Organisé autour de la place des Conques, ce nouveau lotissement fut doté d’un plan rectiligne dans le but de faciliter les échanges économiques.



 

Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour

Sa structure est délimitée par deux portes monumentales, la tour Cardalhac et la tour Soubirane, parfaits exemples de construction militaire avec leurs mâchicoulis, leurs assommoirs et leurs archères canonnières. Ces édifices ouvrent sur deux rues charretières partiellement flanquées d’arcades, sous lesquelles se déroulaient les transactions commerciales.

Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour

L'église de Villeneuve : un monument remarquable ... et insolite !

Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour

 

Tout comme la cité, cette construction accueille deux églises en une

L’église romane, du Saint-Sépulcre (en jaune sur le plan)

Le plan de l’église du Saint-Sépulcre de Villeneuve s’inspire de celui de la basilique de Jérusalem, construite autour du tombeau du Christ au VIIe siècle. Il comprend un portique circulaire entourant le tombeau et quatre absides orientées vers les quatre points cardinaux. 

 

 

 

Le porche d’entrée, à l’ouest, est surmonté d’un arc en plein cintre et est dépourvu de tympan. Dès que l’on pénètre dans le narthex, vestibule réservé aux étrangers au monastère, le plan de l’église initiale est bien visible. Deux absides s’articulent autour d’une coupole nervurée, supportée par quatre colonnes massives.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chapelle, côté nord, est celle du Saint-Sépulcre, ultérieurement ornée de peintures au XIVe siècle. Côté sud, la chapelle des morts s’ouvrait sur le cloître, aujourd’hui détruit, permettant un accès direct des moines aux offices. La dernière abside a été détruite pour permettre l’extension de l’église au XIIIe siècle. Une tribune est située au-dessus du narthex.

 

 

L’église gothique, Saint-Pierre-et-Saint Paul (en rose sur le plan)

Elle prolonge l’église primitive, avec une longue nef gothique à une seule travée, de style languedocien. Dans le chœur, on remarque les stalles, en plis de serviettes, datant du XVe siècle, et l'autel, en bois doré à la feuille, qui date du XVIIIe siècle.

 

 

 

 

 

 

 

De nombreux mobiliers sont classés aux Monuments Historiques.

 

En passant de l'une à l'autre église, on franchi les siècles et les styles :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Peintures murales

Depuis le début du XIVe siècle, la chapelle romane du Saint-Sépulcre est ornée de peintures inspirées par la thématique du pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle.

En haut, au centre, le Christ en majesté est assis sur un trône et bénit de sa main droite. Son geste s’adresse à tous et aucun fidèle n’est représenté.

Plus bas, mais sur plusieurs niveaux, des scènes de pèlerinage se déroulent. Il faut les suivre de gauche à droite, reconnaissant les attributs des « jacquets » : le chapeau à bords relevés orné d’une coquille, le bourdon (bâton ferré sur lequel s’appuie le pèlerin et qui sert à se défendre des brigands ou des loups), une gourde, une escarcelle, une besace de cuir, et pour affronter le mauvais temps, la pèlerine. 

Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour
Au fil de l'Aveyron : 2ème détour

Au niveau médian, de part et d’autre de la fenêtre romane, on découvre la représentation d’une légende célèbre, répandue en Europe dès le XIIe siècle : le miracle du « pendu dépendu ». Cette légende illustre la foi et les miracles associés au chemin de Compostelle, renforçant la symbolique sacrée du lieu. 

Voici cette histoire :

Le miracle du pendu dépendu

Un couple de pèlerins se rendait à Compostelle avec leur fils, un bel adolescent. À Santo Domingo de la Calzada, ils firent halte dans une auberge. La servante s’éprit du beau jeune homme blond qui repoussa ses avances. Pour se venger, elle glissa une tasse d’argent dans sa besace. Sur sa dénonciation, l’aubergiste fit poursuivre le trio de pèlerins.  

On découvrit effectivement la tasse dans la besace de l’adolescent, qui fut condamné à être pendu. Les malheureux parents poursuivirent leur pèlerinage. De retour de Compostelle, ils passèrent à nouveau au pied du gibet où l’on avait pendu leur enfant. Quel ne fut pas leur émerveillement de le découvrir, toujours pendu, mais bien vivant ! Saint Jacques l’avait soutenu durant ces quinze jours pour lui épargner une mort injuste !  

Les parents coururent chez le juge pour lui annoncer le miracle et obtenir la libération de leur fils innocent. Mais le juge incrédule déclara qu’il ne croirait au miracle que si la volaille en train de rôtir pour son repas se mettait à chanter. Saint Jacques ne fut pas avare de miracles pour défendre son jeune dévot : la volaille se mit à sauter sur la table et à lancer par trois fois un sonore cocorico. Devant l’évidence du miracle, le jeune homme fut innocenté, la servante saisie et pendue. Et la gloire de Saint-Jacques fut célébrée par tous les pèlerins, et ce récit se répandit à travers toute la chrétienté. 

Et prochainement, rendez-vous pour notre 3ème étape sur la rivière AVEYRON :

Villefranche-de-Rouergue

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Présentation

  • : scandinadream.over-blog.com
  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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