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30 octobre 2026 5 30 /10 /octobre /2026 16:29

 

Du Moyen-Âge à la Renaissance

La seigneurie de Serrant existe depuis au moins le XIIIe siècle. En 1481, les Brie obtiennent du roi de France l’autorisation de fortifier leur demeure. Les douves témoignent encore de l’emprise de la forteresse médiévale, à une période où Serrant était une place forte surveillant le passage de la Loire.

 

C'est au retour des guerres d’Italie, en 1539, que Péan de Brie, seigneur de Serrant, décide de reconstruire son château dans l’esprit de la Renaissance italienne. Il fait appel pour cela à un célèbre architecte angevin, Jean Delespine. Mais de sérieux déboires financiers ne lui laissent d’autre choix que d’interrompre les travaux. Commencée sous François Ier, la reconstruction s'est donc achevée sous Louis XIV. Elle offre cependant une architecture homogène entre Renaissance et Classicisme.

Depuis, l’élégant édifice a toujours été une demeure privée. Conseillers d’État, ducs, armateurs s’y sont succédé et y ont laissé leurs souvenirs.

Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
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Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !

Acheté par une famille irlandaise en 1749 qui l’embellit puis le préserve de la Révolution, le château fait encore l’objet de grands travaux au XIXe siècle sous la conduite d’un grand amateur d’art : le duc de La Trémoïlle. Aujourd’hui propriété de son arrière-petite-fille, Serrant demeure l’un des plus grands châteaux de la Loire habité toute l’année.

Les fastes des La Trémoïlle

La disposition des pièces et la décoration intérieure sont elles aussi repensées, tout en conservant le mobilier d'origine et les souvenirs des familles précédentes. C'est également l'occasion de moderniser l'intérieur : ascenseur, chauffage central, électricité, eau courante, salles de bains et toilettes sont installés à cette époque.

Le duc et la duchesse, grands collectionneurs et amateurs d’art, ponctuent leur château de tapisseries, tableaux, vases et meubles précieux qui sont encore en place aujourd’hui. Le duc aménage en particulier une immense bibliothèque de 12 000 ouvrages, aujourd’hui classée Monument Historique.

Du mobilier et des œuvres d'art du 17e au 19e siècles

En voici quelques uns :

Le Cabinet d’ébène

 

 

 

Le Cabinet d'ébène est un chef-d’œuvre de l’ébénisterie attribué à Pierre Gole. Il aurait été commandé à l’occasion d’un mariage. Il est conservé depuis plus de 300 ans au château. Signe de richesse et de magnificence, il révèle en son intérieur un théâtre miniature composé de miroirs, d’une rocaille, de marqueteries précieuses et de nombreux tiroirs secrets.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La bibliothèque

La bibliothèque est un trésor composé d'environ 12 000 ouvrages anciens. Ces œuvres sont minutieusement alignées dans les boiseries en chêne recouvrant la totalité les murs. Parmi les livres rares se trouvent l’Encyclopédie, la Description de l’Égypte ou les gravures de Piranèse. Un important mobilier d’époque achève de faire de cette pièce le clou de la visite : billard, secrétaire, tables de jeu, tables de lecture…

 

Les tapisseries et autres pièces du château

À côté des collections de meubles anciens et d'objets d'art, Serrant conserve une exceptionnelle variété de tapisseries anciennes, remarquables à la fois par leurs sujets et leur état de conservation. Dans le grand salon, une suite de tentures bruxelloises du XVIe siècle montre des paysages luxuriants animés par des animaux sauvages. La salle à manger est entourée de tapisseries flamandes du XVIIe siècle dépeignant les Métamorphoses d’Ovide, tandis que la chambre de la Duchesse accueille une rare tapisserie du XVIIIe siècle aux armes de la France représentant la cérémonie du thé en Chine.

 

Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
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Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !
Des châteaux à foison 6 : SERRANT, château habité toute l'année !

La vie quotidienne d’un château en 1900

La visite de Serrant permet également de s’immerger dans le quotidien d’une grande demeure aristocratique en 1900, grâce à des pièces rarement ouvertes dans les châteaux : chambres des enfants, réfectoire des domestiques, cuisines, bureau du majordome, lingerie, chambres des femmes de chambre. Grâce aux nombreux objets et photographies d’époque, l’immersion est totale et permet de revivre tous les aspects de la vie de château à la Belle Époque.

Vous avez vu Downton Abbey ? On s'y croirait !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avant de quitter l'Anjou, il faut encore nous perdre dans le plus haut château de France : tel un immeuble de sept étages, il n'aligne pas moins de 204 salles sur 8 000 m2. Son nom ?

Vous le découvrirez dans le prochain épisode !

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23 octobre 2026 5 23 /10 /octobre /2026 09:04

 

Qui est ce "Faucon Noir" ?

À son avènement, Foulques III, dit Foulques Nerra (« le Noir », en raison de son teint sombre), le nouveau comte d'Anjou, est un personnage d'un naturel violent et d'une énergie peu commune, « un des batailleurs les plus agités du Moyen Âge ».

 

Un personnage haut en couleur

 

Redoutable, visionnaire et parfois sanguinaire, Foulques Nerra, comte d’Anjou de 987 à 1040, n’est pas un personnage qui laisse indifférent. Surnommé « le Faucon Noir », ce seigneur du Moyen Âge a marqué l’histoire de toute la région : Touraine, Anjou, Maine, Poitou ... À travers les campagnes, Foulques Nerra n’a pas seulement laissé des traces de conquête, mais un impressionnant réseau de châteaux et forteresses, et même d'abbayes, dont plusieurs dominent encore fièrement les paysages. Nous l'avions déjà cité pour les forteresses de Saumur et d'Angers, mais il est temps d'en savoir un peu plus sur son compte, car nous le reverrons en de nombreux endroits. 

 

Un homme de foi

 

Reconnu comme un chef de guerre redoutable, violent et stratège d'exception, il était aussi rongé par le remords de ses crimes. En véritable pénitent, il entreprit quatre pèlerinages à Jérusalem, pieds nus, se faisant flageller par des serviteurs, espérant ainsi racheter ses péchés. Mais rien ne l’empêchera de forger son propre destin… et celui du territoire qu’il marquera de son sceau.

 

Un bâtisseur avant l'heure

 

Dans un contexte troublé par les luttes féodales, Foulques Nerra comprend très tôt l’importance de l’architecture militaire. Il ne se contente pas de faire la guerre, il pense stratégie et territoire, érigeant une véritable toile de pierres fortifiées pour asseoir sa domination. Plus de cent châteaux et donjons jalonneront ses terres, faisant de lui un pionnier de l’architecture défensive en Europe.

 

 

 

 

MONTREUIL-BELLAY

 

La naissance du château

 

Montreuil-Bellay  a été fondé en 1025 par Foulques Nerra. Fidèle à sa stratégie de maillage militaire, le comte d'Anjou a choisi un éperon rocheux hautement stratégique sur les fondations d'un ancien oppidum romain, dominant la rivière du Thouet. Ce point fortifié se situait aux confins de trois territoires névralgiques : l'Anjou, la Touraine et le Poitou.

Devant poursuivre ses conquêtes, notre comte confie sa forteresse à son ami Berlay Ier dont la dynastie fortifie la place pendant 200 ans et donne son nom à la cité naissante : « Monasteriolum Berlay », devenu « Montreuil-Bellay ».

 

Une forteresse quasi imprenable !

 

Ce sont les remparts fortifiés et impressionnants qui nous accueillent en premier pour la visite : la barbacane dans les douves sèches ; les remparts et leurs échauguettes, archères et canonnières, avec une muraille haute de 20 mètres ! le chemin de ronde qui entoure toute la forteresse, avec ses tours de flanquement leurs créneaux et leurs mâchicoulis, la poterne du châtelet (augmenté au XVème siècle, il est devenu le "château vieux") où l'on voit les traces de l'ancien pont-levis ... tous ces ouvrages destinés à repousser l'assaillant. Et pourtant ...

Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"

Après plusieurs échecs, en 1124, 1140, c'est lors d'un siège mémorable de trois ans mené par Geoffroy Plantagenêt, de 1149 à 1151, que la forteresse dût se rendre. Cela nous est conté avec verve sur de grands panneaux.

Mais après 3 ans de siège, la famine s'installe. Giraud II Berlay décide de se rendre plutôt que de laisser ses hommes mourir de faim.

Par la suite, le château de Montreuil-Bellay, souvent assiégé mais jamais pris, demeure une place forte réputée imprenable ! 

 

L'évolution du château

 

Bien que le donjon initial en pierre et la première citadelle soient l'œuvre du Faucon Noir au XIe siècle, l'édifice actuel a profondément changé de visage.

À la Renaissance, au XVe siècle, les seigneurs de la Maison d'Harcourt ont transformé la rude forteresse médiévale en y ajoutant le « Château-Neuf », un logis résidentiel d'agrément inspiré des palais italiens, flanqué de superbes jardins suspendus.

 

 

Le Thouet est une rivière qui était navigable, à l'époque, avec de petits bateaux à fond plat, pour transporter des marchandises. Comme il se jette dans la Loire à Saumur, c'est très pratique pour le commerce local. Aussi, le seigneur collecte des taxes sur le transport fluvial. En échange, il entretient  les barrages qui permettent de réguler la navigation. La tour de Boële, édifiée fin XIVème siècle devant la rivière, était à la fois tour de protection et de péage. Ici étaient transportés des pipes de vin (barriques de 480 litres), céréales, cuirs, étoffes et ardoises sur l'axe Anjou-Poitou.

 

Les logis des Chanoines

Ce sont 4 bâtiments, édifiés au XVème siècle, chacun pourvu de sa tourelle d'escalier coiffée d'un cône pointu. On les appelle aussi : "Petit Château". Ils servaient probablement d'office ou de logements aux chanoines affectés à la chapelle du château élevée au rang de collégiale. Le premier de ces logis contient l'étuve seigneuriale.

 

La cuisine

Autrefois reliée au Château Neuf par une galerie couverte, elle comporte un immense foyer central et 2 cheminée latérales.

Le "potager" en faïence bleue est du XVIIIème. Son nom vient du fait qu'on y cuisait des "potages", qui mijotaient longtemps et doucement.

Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"

Les caves

Il y en a trois, dont les 2 premières supportent à elles seules l'élévation du Château Neuf, cet élégant logis construit à l'emplacement de la tour castrale primitive, qui repose sur 6 colonnes soulagées par leur voûte sur croisée d'ogives angevines.

Le pressoir servait encore au début du 20ème siècle.

 

Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"

Le Château Neuf

Achevé à la fin du XVème siècle, il recèle quelques belles salles historiques, comme la chambre de la Duchesse d'Orléans de Longueville, cousine érudite de Louis XIII, instigatrice de la Fronde avec son frère le Grand Condé, et exilée par Louis XIV à Montreuil.

On peut aussi admirer, dans le grand salon, des tapisseries des Flandres ou le coffre de mariage de la reine Margot, de fins albâtres ou ce reliquaire portugais du XVème.

Dans la salle à manger, un bon dîner nous attend, à moins qu'il soit pour quelqu'un d'autre ...

 

Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"
Des châteaux à foison 5 : MONTREUIL-BELLAY, château du "Faucon Noir"

Au fil des plafonds et tours extérieurs, une fantastique collection de personnages sculptés, symboles , animaux, ogres et personnages fantastiques… il y en a partout, repris en photos dans une exposition « le chemin de l’âme ».

 

La chapelle basse est aussi une curiosité, entièrement peinte a secco dans les années 1480. Mais son décor de mariée romantique n'est pas d'époque !

 

La collégiale Notre-Dame

Ancienne chapelle du château, construite vers 1480, elle est encore décorée d'une litre funéraire, c'est à dire un bandeau noir aux armes seigneuriales. Cette litre symbolisait le deuil officiel et perpétuait la mémoire du seigneur dont les armoiries (blasons), du défunt et de sa famille, étaient ajoutées sur le bandeau. Il s'agissait d'un privilège honorifique très recherché par la noblesse (d'épée ou de robe) pour affirmer son statut social et son ancrage territorial.  Cette tradition a été abolie lors de la Révolution française, bien que de nombreux vestiges subsistent encore dans le patrimoine religieux français.

 

Un petit oratoire privé pour le seigneur s'ouvre sur la nef.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Devenue église paroissiale, la municipalité a dû l'isoler du château et donc lui faire une entrée spéciale, et donc un pont de plus. Ce qui donne :

Quittons les forteresses, mais toujours en Anjou, la prochaine étape sera

le château de SERRANT

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6 octobre 2026 2 06 /10 /octobre /2026 14:52

 

 

BRÉZÉ

De loin, au milieu des vignes, rien ne distingue cet élégant édifice Renaissance de ses voisins. Pourtant, tel un iceberg de pierre, le château de Brézé est doté d'une partie cachée. Sous la roche se dissimule le plus grand domaine souterrain seigneurial européen ! Ses douves sèches, les plus profondes d'Europe (18 mètres !), sont flanquées d'un redoutable chemin de ronde, invisible et percé d'une multitude de trous de visée.

Mais ... en noir, le château "hors sol". En bleu clair, les douves sèches. Tout le reste est souterrain !

 

Par une porte discrète donnant sur la cour d'honneur, une galerie, creusée au 15ème siècle, s'enfonce dans la roche ! Nous voici plongés dans un vaste réseau souterrain, empreint d'Histoire et de Mystère !

 

Descendons !

 

Nous arrivons à "La Roche de Brézé", creusée à environ 9 mètres de profondeur sous l'actuelle cour d'honneur. Cette Roche est une véritable forteresse souterraine, vraisemblablement antérieure à 1063, elle est la partie du château la plus ancienne connue à ce jour.

 

C'est au moyen âge que la vie sous terre connaît son apogée. Avantages :

- invisible de la surface

- ne peut être détruit par le feu

- température constante, même en hiver :12°

- pierre de tuffeau tendre et facile à creuser, donc logements peu coûteux et extensibles

- mobilier creusé dans les parois : silos, mangeoires, sièges etc ...

- petits animaux (chèvres, moutons, poules, cochons) assurent la subsistance et le chauffage en cas de siège

 

La forteresse de La Roche de Brézé présente une architecture "en trèfle" unique au monde : au centre se trouve un puits de lumière (fermé au XVème siècle) autour duquel sont disposées 3 pièces ...

 

 

 

La Roche fut abandonnée avec la construction du château "hors sol", mais pas le monde souterrain !

Dans les châteaux, les cuisines furent souvent séparées du logement des maîtres. C'est le cas de ces cuisines troglodytiques qui montrent tout l'équipement des cuisines seigneuriales, ayant même une "pièce chaude" au-dessus des fours pour y mettre la pâte à lever.

Ces anciennes cuisines, au fil des siècles, se sont transformées en fournil, et pouvaient fournir jusqu'à 100kg de pain par fournée !

Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !

Dans les souterrains on trouve encore une glacière, et une magnanerie. En effet, la soie est un bien précieux, autant pour les tapisseries que pour les atours, masculins ou féminins, et les vêtements religieux.

Mais QUID de la forteresse ?

La voilà ! elle donne dans les douves sèches, de 18 mètres de profondeur et 10 à 15 m de largeur.

Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !

Et tout est prévu pour que la soldatesque puise monter ou descendre au pas de course du fond des douves au château ou vice-versa : une galerie de défense, le chemin de ronde, qui ne dessert que les postes défensifs munis de bouches-à-feu. C'est par là que nous sommes sortis. Et la pente est raide. S'il fallait la remonter en courant ...  On peut la voir sur ce croquis en coupe :

 

 

 

 

 

 

Mais la visite des souterrains n'est pas terminée : au programme des visites, 1,5 km de galeries occupées par les caves, de l'autre côté des fossés. Elles sont dessinées en bas du croquis.

Outre les celliers seigneuriaux, pour entreposer les récoltes, les chais pour le vin en tonneaux ou en foudres, les caves recèlent une salle des pressoirs la plus grande de France. On y a pressé le raisin depuis le XVème siècle jusqu'en 1976. On y voit trois gros pressoirs à vis ou à cabestans, et d'autres plus petits, "à cage" ou "à cliquet", et un, rarissime, "à ressorts"!

Et il faut penser que pour remonter au niveau du vignoble, il n'y avait (et encore aujourd'hui) que le chemin de ronde !

Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
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Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
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Après la fraîcheur des caves, nous ressortons dans la chaleur, pour faire la visite du château lui-même.

Construit au XVIème siècle, il a été rénové à partir de 1850 dans le style néogothique, particulièrement les appartements de Mgr de Dreux-Brézé, qui commanda la rénovation.

Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !

La chambre Richelieu est la seule pièce à avoir conservé son aménagement du 16è siècle.

 

La grande galerie a été construite au 19è, mais elle était restée en plâtre blanc. Elle n'a été achevée qu'en 2000, avec la création d'un décor néogothique en trompe-l'œil.

Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !

Mais avant de partir, sous un soleil de plomb qui nous fait regretter les caves, admirons tout de même cette belle cour d'honneur de la Renaissance ...

Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !
Des châteaux à foison 4 :  BRÉZÉ,  un iceberg sur la plaine !

Pour le prochain château, nous n'irons pas bien loin : 10 km

Mais rien de commun entre les 2 voisins ! Rendez-vous à

MONTREUIL-BELLAY

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3 octobre 2026 6 03 /10 /octobre /2026 15:52

 

SAUMUR

Figuré dans toute sa splendeur sur l’enluminure des "Très Riches Heures du duc de Berry", le château de Saumur a été tour à tour palais princier, citadelle, prison, garnison. Il est le « Château d’Amour » du roi René.


Origines (Xe - XIIIe siècle) : Une première tour romane est édifiée au Xe-XIe siècle, place forte de Foulques Nerra, comte d'Anjou. Au XIIe siècle, ce sont les Plantagenêt, puis au début du XIIIe siècle, sous le règne de Saint Louis, elle est renforcée pour devenir une forteresse royale.

Le château ne trouve sa forme d'aujourd'hui qu'au XIVe siècle, sous les Ducs d'Anjou, qui en font un véritable palais princier : Louis Ier d'Anjou commence la métamorphose, puis son fils Louis II et le roi René d'Anjou (célèbre pour le surnom de « Château d'Amour ») lui donnent sa silhouette gothique flamboyante immortalisée plus haut.

 

Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou

Après sa mort, le château retourne à la couronne de France (1480). Si le souvenir du roi René demeure, le château reste inhabité après sa mort durant un siècle, avant qu'Henri de Navarre (Henri IV) ne concède la ville de Saumur au parti protestant en tant que place de sûreté. Il confie le château à son ami et mentor Philippe Duplessis-Mornay, comme gouverneur. Celui-ci y fait construire une enceinte bastionnée en étoile (une conception très novatrice pour son époque : la partie du côté de la ville a été édifiée près d’un siècle avant les ouvrages de Vauban !) pour sécuriser la place (1589). C'est l'époque des guerres de religion.

Sous Louis XIV et Louis XV, le château, lieu de garnison et prison, se dégrade fortement et est inscrit, en 1797 sur la célèbre liste des châteaux devant être rasés. C'est son affectation comme prison d’État par Napoléon Ier qui le sauve de la ruine.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sous la Restauration, il sera dépôt d'armes et de munitions, avant d'être classé Monument historique en 1862 et acheté par la ville de Saumur en 1906 qui en fera le Musée municipal ... après restaurations !

 

Bénéficiant de l’appellation « Musée de France », le musée déploie ses riches collections dans les salles du château. Les arts décoratifs ornent le premier étage (tapisseries, céramiques, mobilier), tandis que l’exposition "Jeux et joutes à cheval" présente au deuxième étage une sélection de la collection cheval.

Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou

Si Saumur est surnommée "La Perle de l'Anjou", c'est pour sa situation privilégiée sur les rives de la Loire, son art de vivre, et surtout, pour son patrimoine architectural d'exception, en pierre de tuffeau.

Parmi d'autres, voici l'Hôtel de ville, bâtiment administratif de la ville depuis 1508, autrefois fortifié. Côté Loire et côté ville :

Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou

Tous les bâtiments, ici, sont en pierre de tuffeau. C'est une pierre sédimentaire marine formée au Crétacé supérieur (il y a environ 90 millions d'années). Elle est légère, donc facile à mettre en œuvre et à sculpter. Très poreuse, elle agit comme une éponge naturelle qui régule l'humidité et se protège avec le temps grâce à une couche superficielle appelée calcin.

Tous les châteaux, abbayes et riches demeures de la région ont été construits avec cette pierre, de différentes couleurs selon les sites d'extraction. S'il est gris aux reflets bleutés à Saumur, il peut être ailleurs blanc ou jaune. 

L'extraction de la pierre a creusé de vastes réseaux de galeries sous le Saumurois, transformés en habitations, caves à vin et champignonnières. Et de nombreux habitats troglodytiques.

Une petite excursion à vélo nous a fait traverser le village troglodytique de Souzay-Champigny, bâti entre la Loire et le coteau. De son port partaient les chargements de pierre de tuffeau extraites sur place. Ses rues sont percées dans le coteau, éclairées par quelques fontis (effondrements de la voûte). Notamment la rue du Commerce, long tunnel au long duquel se sont installées des boutiques souterraines, dès le 11ème siècle ! Cette insolite "galerie commerciale" médiévale a fonctionné jusqu'au 20ème siècle.

Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou

Notre balade nous a menés jusqu'à Montsoreau, dont le château du 15ème siècle a inspiré à Alexandre Dumas son célèbre roman : La Dame de Montsoreau.

Charmant village, mais nous n'avons pas eu le temps de faire la visite du château.

Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou

Ça ne paraît pas, mais ça monte ! arrivée ... au compte-goutte, décontractée ...

Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'AnjouDes châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou
Des châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'AnjouDes châteaux à foison 3 :  SAUMUR,  la Perle de l'Anjou

Quelle sera la prochaine étape ?

Par cette canicule, moi j'irais bien prendre le frais à  BRÉZÉ  !

À bientôt !

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24 septembre 2026 4 24 /09 /septembre /2026 10:00

 

J'ai joué de malchance : appareil photo en panne, et téléphone inutilisable !

Les photos que je vous présente sont tirées d'internet, et quelques unes viennent de Sigrid. Mais pour le prochain château, tout sera réparé.

ANGERS

Un surplomb rocheux au-dessus d'une rivière rétrécie : bon plan ! on y taillait déjà le silex au mésolithique (entre -9600 et -6000 avant J.-C)

Vers -4000, on y enterrait les morts de façon (déjà) monumentale.

Les Andes (tribu gauloise) y avaient construit un oppidum (agglomération fortifiée, vers 200 avant J.-C)

Quand les Romains ont créé la ville (Juliomagus), ils ont construit un temple sur cet emplacement. L’enceinte urbaine construite vers la fin du IIIe siècle après J.-C.  subsiste sur plus de 5 m de hauteur pour plus de 4 m d’épaisseur au pied du talus d’artillerie du rempart sud.

C'est le roi Charles le Chauve qui décide, en 851, d’installer un comte à l’extrémité du promontoire. Il doit faire face aux raids vikings qui viennent gravement frapper la ville d’Angers, à plusieurs reprises à partir de 854.

Ses successeurs, et parmi eux Foulques Nerra (987-1040), y construisent un véritable palais dont il ne reste aujourd’hui que la grande salle comtale (n°13sur le plan ci-dessous), bâtie au Xe siècle et agrandie au XIIe siècle, la chapelle Saint-Laud (n°15) dédicacée au XIIe siècle et les vestiges d’une salle d’hygiène.

La construction de la forteresse (celle que l’on visite aujourd’hui) à partir de 1230 va définitivement englober les bâtiments du palais comtal. La proximité immédiate de la Bretagne hostile et les qualités défensives du site d’Angers conduisent Blanche de Castille, mère de Saint Louis, à y construire une véritable citadelle au faîte de l’architecture militaire de l’époque.

Une forteresse imprenable, un gigantesque chef-d’œuvre médiéval unique au monde !

Voilà pour les origines.

 

La FORTERESSE

L’enceinte du château, avec un périmètre de plus de 500m et dix-sept tours de 11 à 13m de diamètre, accentue la puissance qui se dégage toujours de la forteresse. Deux portes permettaient de pénétrer dans le château. Au nord, la porte de Ville (n° 1), par laquelle le visiteur entre de nos jours, et au sud la porte des Champs (n° 9), qui garantissait à la forteresse un fonctionnement autonome par rapport à la ville. Deux herses consécutives en barraient l’entrée. L’une d’elle est d’ailleurs encore en place : c’est la plus ancienne herse datée en France.

 

Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou

Deux assommoirs, renforcent la protection de l’accès. Les archères qui strient les façades des tours ont de l’extérieur un effet dissuasif. Leur adaptation aux armes à feu les rend plus efficaces.

Cette architecture militaire élaborée, la puissance qui en émane, rendent la forteresse d’Angers quasi imprenable selon les techniques de siège de l’époque.

La RÉSIDENCE SEIGNEURIALE

Aux XIVe et XVe siècles, les ducs d’Anjou, Louis Ier, Louis II et le roi René habitent par intermittence le château d’Angers. Ils y installent une cour fastueuse. La grande salle comtale (n° 13) est percée de grandes fenêtres rectangulaires à meneaux et divisée en deux niveaux.
La chapelle, dont la nef unique est couverte de voûtes gothiques angevines, est achevée vers 1410.

 

 

Le roi René fait construire vers 1440 le logis royal (n° 4) qui prend place entre une aile d’apparat et la chapelle. Ce logis comporte sur trois niveaux deux grandes salles doublées au nord d’une galerie. L’escalier en vis (n°14) qui dessert les étages s’achève par une superbe voûte d’ogive en palmier. Le 1er étage était occupé par la chambre à coucher du duc puis sa chambre de retrait.

 Le châtelet est édifié vers 1450 pour fermer la cour seigneuriale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1480, le roi René meurt sans descendance. Louis XI rattache alors l’Anjou au domaine royal.

La PRISON

Les guerres de religion du XVIe siècle consacrent la forteresse comme lieu de détention de nombreux protestants.

La forteresse est alors adaptée aux progrès de l’artillerie. Les toits en poivrière sont supprimés, les murs renforcés et de redoutables terrasses d’artillerie, tournées vers le centre urbain et sur le passage de la rivière, sont aménagées. Les fines archères sont agrandies pour devenir des canonnières.

Ainsi, la monarchie dispose à Angers d’une véritable place de sûreté.
Louis XIV y fait incarcérer pendant trois mois, le surintendant des Finances Fouquet, après son arrestation à Nantes en 1661. Le château d’Angers est alors considéré par le roi comme une petite bastille.


Suite aux combats de la guerre d’Indépendance des États-Unis, de 600 à 700 marins anglais sont emprisonnés entre 1779 et 1781 dans tous les espaces disponibles du château (chapelle, tours, etc...).

Cette utilisation pénitentiaire régulière initiée par les militaires n’échappe pas aux révolutionnaires qui y font naître, au plus fort de la Terreur, la première prison départementale qui ne quitte la forteresse qu’en 1856. L’armée continue d’utiliser parallèlement le château.


Des centaines de prisonniers des guerres napoléoniennes, de toutes nationalités, y sont incarcérés jusqu’en 1814.
Les adaptations du château à l’évolution de l’artillerie et à son usage de prison et de caserne sont en partie responsables de la disparition de bâtiments médiévaux.

En 1947, l’armée cède la forteresse à l’administration des monuments historiques ; elle est alors ouverte à la visite. OUF !

 

Maintenant, promenons-nous un peu sur les remparts, pour admirer les jardins suspendus et les vues sur la ville :

Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou

La TAPISSERIE  DE  L'APOCALYPSE

Une œuvre tissée unique au monde

La tenture de l’Apocalypse, commandée à la fin du XIVe siècle par Louis Ier, duc d’Anjou, puis léguée par le roi René à la cathédrale dont elle a orné la nef au cours des grandes fêtes religieuses, est aujourd’hui présentée au château d’Angers.

Illustrant le texte de l'apocalypse de Saint Jean, la tapisserie est un formidable document sur le contexte historique, social et politique du XIVe siècle. La France est alors bouleversée par la guerre de Cent Ans, les épidémies, la famine. Ses dimensions (100m conservés sur les 140 m à l’origine), son ancienneté, sa virtuosité stylistique et technique en font un chef d’œuvre du Moyen Âge, unique au monde.


Déconsidérée au XVIIIe siècle, elle a fait l’objet d’importantes campagnes de restauration au XIXe puis au XXe siècle.


Après la Seconde Guerre mondiale, l’État décide d’installer la tapisserie dans un complexe muséographique adapté, afin d’assurer à l’œuvre une présentation et une conservation optimale (éclairage avec des fibres optiques, climatisation...).

 

Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou
Des châteaux à foison 2 :  ANGERS,  la capitale de l'Anjou

Dans le prochain épisode, nous découvrirons "la Perle de l'Anjou"

c'est à dire ... Saumur !

À bientôt !

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18 septembre 2026 5 18 /09 /septembre /2026 10:00
 
Avec la saison qui se rafraîchit, j'épluche mes photos et prospectus de vacances. 
Zut ! tout est mélangé ! et il y en a tant , comment s'y retrouver ?

Allons, pas de panique. Pour l'aller, c'est clair et facile, donc on va commencer par là !

Depuis mes Pyrénées, j'ai pris la route vers le nord, par le Gers : Magnoac, Astarac, Armagnac ... j'arrive dans l'Agenais ! Stop ! ou plus précisément : l'Albret.

Un panneau attire mon regard. Il vante une "bastide médiévale ayant conservé ses remparts".

J'y vais !

Vianne

 

Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !
Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !
Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !

Une bastide historique

Au XIIIe siècle, sous la pression démographique, paysans et commerçants décident de créer une bastide autour de la place du marché.

Peu après la construction du bourg, les habitants ressentent la nécessité de se protéger et érigent enceintes, tours et portes.

La ville devient prospère grâce à la proximité avec la Baïse, utilisée alors comme route commerciale. Mais la rivière a également eu son utilité en faisant tourner le moulin du village. La farine produite était acheminée par gabare jusqu’à Bordeaux, puis embarquée pour des destinations plus lointaines, comme Saint-Domingue.

Aujourd’hui, Vianne, et son écluse, est devenue une étape importante pour les plaisanciers qui naviguent sur la Baïse.

Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !

L'Église fortifiée St Christophe (autrefois Notre-Dame), est antérieure à la bastide. Elle est du XIIe siècle et la bastide a été construite autour. Elle est classée Monument Historique depuis 1889.

Une particularité de son cimetière : des "tombes pourrissoirs", ou "tombes à charniers" datant du IXe siècle (preuve que le bourg existait bien avant la bastide).

Qu'est-ce que c'est ? Ces tombes pourrissoirs (dites aussi "à logettes") comprenaient deux étages : déposant le corps au niveau supérieur, on laissait le temps faire son œuvre..., puis on rouvrait la tombe, on brisait les os afin qu'ils basculent au niveau inférieur. L'endroit était alors de nouveau disponible. (Les ossements découverts lors des fouilles ont été réunis dans un tombeau près de la croix de mission). Ce genre de sépulture a été interdit au XIIe siècle, pour cause d'insalubrité.

Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !
Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !

Le portail roman d'origine, sur le côté, a été muré. Celui-ci date du XIVe siècle.

 

 

 

 

 

 

Selon la tradition du moyen âge, les chapiteaux (et probablement les murs) étaient peints. Nous en avons ici quelques restes, assez rares !

Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !
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Un arc triomphant sépare la nef du chœur, en abside et en cul de four.

Il n'est éclairé que par une petite ouverture munie d'un vitrail. Lorsque je suis entrée, une personne était en train de le nettoyer. Elle a accepté de descendre pour que je fasse la photo, mais n'a pas retiré son échelle 🤔

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et je reprends ma route vers le nord.

 

Je traverse la Guyenne, le Périgord (double !),
la Dordogne, l'Angoumois,
et me voilà au bord d'une autre rivière : la Charente

 

Verteuil-sur-Charente

Cette fois, c'est un château qui m'attire. Avec ses tours rondes aux toits pointus, il a fière allure !

 

L'histoire de cette place forte érigée sur un éperon rocheux au XIe siècle, propriété de la famille de La Rochefoucauld, fut souvent entremêlée à celle de la France.

Pendant la seconde guerre mondiale (1939-1945) il accueillit en 1940 des troupes françaises et des réfugiés d'Alsace-Lorraine. Puis il fut occupé par des unités de la Wehrmacht, enfin des maquisards s'y cachèrent en 1944.

Restauré dans la première moitié du XIXe siècle, des aménagements ont été opérés et diverses découvertes archéologiques de grand intérêt ont été réalisées. Cette grande bâtisse a été conçue sur un plan triangulaire avec une grosse tour ronde située à la pointe. Une tour isolée abritant sur deux étages la bibliothèque partage la courtine Est en son milieu.

Ce château, très privé, n'est plus ouvert à la visite. Mais si vous êtes frustré, vous pouvez regarder ce diaporama créé à l'occasion de sa vente, en 2020.

Château de Verteuil: un millénaire d'histoire à vendre

Le propriétaire actuel du château de Verteuil est l'homme d'affaires et chef d'entreprise autrichien Georg Thaler.

Aux pieds du château, le lavoir et le moulin. Autrefois outil de production, il s’est mué en un charmant restaurant où l’eau continue de couler dans sa roue à aubes. 

Dans le village, de belles maisons, dont la Sénéchalerie.

Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !
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Un peu plus haut, l’église Saint Médard abrite un trésor rare : une Mise au Tombeau en terre cuite polychrome, sculptée grandeur nature au XVIe siècle. Saisissante de réalisme et d’émotion. 

 

L'église paroissiale Saint-Médard, ancien prieuré, a été construite au XIIe siècle. Elle est inscrite aux monuments historiques depuis le

Elle abrite une mise au tombeau attribuée au célèbre atelier du sculpteur de la Renaissance Germain Pilon, œuvre commandée à l'origine par Anne de Polignac pour la chapelle du château. Elle est classée monument historique au titre objet depuis 1908. Le tabernacle en bois sculpté, de style Louis XV et datant du XVIIIe siècle, est aussi classé monument historique au titre objet depuis 1938

L’œuvre, empreinte d’italianisme, est issue d’un atelier français maîtrisant parfaitement l’art de la terre cuite. Les modelés sont d’une telle virtuosité que les sculptures semblent vivantes. Les visages sont intenses et expressifs, les étoffes sont tantôt plaquées sur le corps, tantôt gonflées, créant des arêtes qui animent et rythment la surface des vêtements. Les costumes comme l’anatomie, très détaillés, soulignent la beauté et la tension de la scène durant laquelle le Christ, étendu sur un linceul porté par Joseph d’Arimathie et Nicodème, est mis au tombeau. La figure de la Vierge est comparable, de par la position des mains et l’allongement des doigts, à la Vierge de douleur de Germain Pilon conservée au Louvre.

Des châteaux à foison  : 1 - un départ sous canicule !
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Et je repars, toujours vers le nord ! Le Poitou ? Là, j'oblique un peu vers le nord-ouest : nous y voilà ... en Anjou.

 

Les châteaux à foison vont commencer ici ...

 

Pour le prochain épisode, rejoignez-moi à Angers ... !

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4 février 2026 3 04 /02 /février /2026 10:04

BRUNIQUEL , c'est de l'histoire. Et même : des histoires. 

Celle, si mystérieuse, des vestiges de Néandertal. La plus vieille construction humaine a été découverte à Bruniquel, réalisée il y a 176 000 ans, Il s’agit de deux cercles formés par près de 400 morceaux de stalagmites soigneusement coupées, calibrées et dressées sur 112 mètres. Ce site pourrait être un lieu de culte aménagé par les hommes de Néandertal. Cette découverte bouleverse les connaissances actuelles de la Préhistoire, car jusqu’à présent, la plus ancienne preuve de fréquentation d’une grotte par l’Homme datait de 30 000 à 32 000 ans, avec le site de la grotte Chauvet (Ardèche). Pour plus d'informations : Grotte de Bruniquel

Si les abris de fouille et la grotte ne se visitent pas, on peut trouvez en revanche certains de leurs objets exposés au musée des Châteaux.

 

Une autre histoire, c'est celle de Brunehaut, princesse wisigothe, Reine des Francs en 587. Selon Grégoire de Tours, elle serait à l'origine de la construction du château et du  village. C’est un personnage important dans l’histoire de Bruniquel.

Fille du roi des Wisigoths, épouse du roi d'Austrasie Sigebert, sa rivalité avec la cruelle Frédégonde ensanglanta l'Austrasie et la Neustrie, c'est à dire les 3/4 de la France d'aujourd'hui !
Frédégonde était, dit la chronique, d'une grande beauté... et d'une grande cruauté. Servante à la cour du roi des francs Chilpéric 1er, elle fit successivement assassiner deux reines avant de pouvoir épouser le roi. Puis elle se débarrassa de son époux afin de gouverner au nom de son fils Clotaire II (enfant). La rivalité qui opposait les deux reines ne pouvait que mal finir !

 

 

Pendant ce temps-là en Austrasie, la veuve Brunehaut (son époux a été assassiné par Frédégonde), celle-là même qui avait fait élever des hôpitaux, des églises, des monastères et restaurer les routes romaines s’est peu à peu laissée ronger par la folie du pouvoir. Devenue cruelle et tout aussi ambitieuse que sa rivale, elle fait en sorte de plonger sa descendance mâle dans le vice et la débauche afin que ces derniers ne cherchent pas à se marier et qu’elle conserve son emprise sur son royaume. Ces moyens pervers seront dénoncés par saint Colomban, avant qu’il ne devienne lui-même la cible des persécutions de la belle Brunehaut.
Mais vaincue en 613, Brunehaut fut attachée par les cheveux à la queue d'un cheval indompté qui la mit en pièces. Puis  la dépouille de la reine fut ensuite brûlée pour empêcher quiconque de lui rendre un dernier hommage.

Le château légendaire de la reine Brunehaut est accroché et se dresse fièrement sur la falaise surplombant l'Aveyron, de l'autre côté, le village est étagé à flanc de colline.

 

Le village connut un grand essor au Moyen Âge car il se trouve sur le chemin des pèlerins de St Jacques-de-Compostelle. Grâce également à la culture du lin, du chanvre et du safran. La majorité des maisons ont été construites entre le 14ème et le 16ème siècle, essentiellement en pierre, mais il en existe également à colombage. La plupart des ruelles tortueuses ont conservé leurs pavements et c'est au sommet de la principale que l'on trouve les châteaux, quasiment suspendus au-dessus du vide. Maisons de pierre ou de bois, à encorbellement ou à colombages, tourelles, fenêtres géminées ou à meneaux, portes cintrées, ruelles fleuries... C'est une multitude de détails qui séduit à Bruniquel.

 

Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape
Au fil de l'Aveyron : 8ème et dernière étape

Dans le village s'élève l'église Notre-Dame-de- l'Assomption de Bruniquel, construite à la fin du 13ème siècle, L'édifice est abattu en 1622 pendant les Guerres de religion, puis reconstruit à partir de 1635. 

    

Les rues ont de jolis noms  : 
Rue Bombe-Cul ...
Rue Trotte-Garce ... de quoi rêver !

 

 

 

 

 

 

 

 

Une histoire de famille, maintenant !

Pourquoi y a-t-il 2 châteaux à Bruniquel ?

Le «château vieux», est construit à l'emplacement de la forteresse mérovingienne de Brunehaut. Le donjon, vestige d’un premier château construit au cours du 13e siècle, porte le nom de Tour de la Reine Brunehaut. À l’origine, cette tour mesurait environ 16m de haut. Ce château est habité par les vicomtes de Bruniquel jusqu'au 15ème siècle, moment où le vicomte d'alors entre en querelle avec son fils.

En 1461, il déshérita son propre fils sur un testament, au profit d’un cousin : Maffre de Comminges. Le fils intenta un procès à son père qui dura 15 années et qu’il finit par perdre. Les terres à l’Est du Château Vieux deviennent donc la propriété du cousin Maffre, ce qui engendre l'édification d'un mur de séparation autour du Château Vieux.  Et celui-ci ne tarda pas à ériger son propre château, entre 1485 et 1510, au nez et à la barbe de son ... cousin ! La division va durer 3 siècles ! 

Les guerres de religion vont encore accroître l’opposition entre les deux châteaux puisque le Château Vieux (castel Biel) appartient à un vicomte catholique et le Château Jeune (castel djoubé) à un réformé. Le Château Vieux sera d’ailleurs en partie brûlé et détruit.

 


En 1780, Louis Rigal d’Ouvrier vicomte de Bruniquel met fin à la division de la propriété en achetant la deuxième moitié de la vicomté, en construisant les tourelles jumelles qui symbolisent la réunification de la propriété et en démolissant le mur de séparation.

Ce faisant, le Château Jeune sera abandonné. Certaines fenêtres seront même murées pour ne pas payer l’impôt sur les ouvertures, mis en place à la Révolution. Seul le Château Vieux sera occupé, sans interruption, jusqu’à la mort de la dernière Vicomtesse de Bruniquel en 1980. Ce qui explique la différence d’état de conservation entre les deux édifices. C’est à ce titre que le Château Jeune a subi de gros travaux de rénovation et de restauration.

Ce n’est qu’en 1987 que les châteaux ont été achetés par la commune, avec l’aide du Conseil Général de Tarn et Garonne

Aujourd'hui la paix règne et l'on traverse les époques en passant d'un château à l'autre. Une salle est dédiée au tournage du film "le Vieux Fusil". Dans l’une des scènes a eu lieu un incendie. Malheureusement, un retour de flammes non maîtrisé a failli brûler tout le château. Aujourd’hui encore, on peut voir les stigmates de cet accident. En effet, la pièce où cela s’est déroulé est très endommagée. Les plafonds à la française datant du 17e siècle illustrant des fruits, des fleurs ont été fortement détériorés sur toute une partie de la pièce.

Une autre salle est dédiée à la "découverte de Bruniquel", qui a bouleversé nos connaissances sur la Préhistoire. La galerie Renaissance est sans aucun doute la pièce maîtresse de ces châteaux, avec son balcon perché à 90m au dessus de l'Aveyron. Mais mon coup de cœur reste la salle des chevaliers : ses chapiteaux sculptés et ses fenêtres sont des chefs d'œuvre de pierre en pleine nature.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et voilà !

J'ai fini mon périple, mais comme les eaux de l'Aveyron vont se perdre dans celles du Tarn à la sortie de Montauban, je vous conseille d'aller vous perdre dans cette belle ville pour y découvrir ses trésors.

Adishatz  !

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28 janvier 2026 3 28 /01 /janvier /2026 10:31

PENNE ! 

Citadelle du vertige, ou nid d'aigle, les deux descriptions lui vont bien.

Les archives révèlent l’existence d’un château dès 825. Au cœur de la Croisade contre les Albigeois, le château fut tour à tour aux mains des catholiques et des hérétiques. En 1271, Penne est finalement rattaché à la couronne. Puis le village pâtira de la Guerre de Cent ans, ballotté entre les couronnes anglaise et française jusqu’en 1451.

En suivant les ruelles du village, on arrive forcément à l'église.

Bâtie au 13e siècle suivant un plan préconçu pour participer à la défense de la ville et servir de refuge à la population, elle se caractérise par la nudité et l'épaisseur des murs. Son abside, encore aujourd'hui couronnée par une salle de défense, dominait les remparts et le fossé profond qui s'étendait sur la place actuelle. (La porte actuelle, avec son fronton classique, date de 1786).

 

Mais au moyen âge, on entrait dans la ville en passant sous la tour, et on entrait dans l'église que par l'intérieur du village.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Donc à partir de là, pas de voitures dans le village !

En 1568, le chef protestant Philippe de Rabastens prend la ville restée catholique. L'église est en partie détruite.

Une fois la paix religieuse revenue, l'église est restaurée dans le style gothique occitan. Une porte est alors ouverte à l'est sur le fossé maintenant comblé, et l'église est « retournée » (orientée à l'ouest).

Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape

En 1586, le château est démantelé : ses pierres servent à construire les maisons et bâtiments que nous connaissons aujourd’hui.

Après quatre siècles et demi d’abandon, la forteresse de Penne est toujours là, fière sur son roc, veillant sur la forêt de Grésigne. C’est en 2006 que le château commence à renaître de ses cendres : Axel et Sophie Letellier, architectes de métier, rachètent la bâtisse avec le projet fou de la rénover. C’est un chantier titanesque : quatre années sont nécessaires pour sécuriser les lieux avant l’ouverture au public en 2010. Tous les ans, de nouveaux espaces sont ouverts, donnant accès à une nouvelle tranche de l’Histoire.

 

Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape

Les animations de l'été vous plongent dans le moyen âge, mais certaines restaurations continuent malgré les visites, permettant de voir les artisans travailler. Le choix du fer pour remplacer les murs peut surprendre, mais cela permet de prendre conscience des volumes et des espaces.

Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape
Au fil de l'Aveyron : 7ème étape

Et prochainement, 8ème et dernière étape : Bruniquel !

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21 janvier 2026 3 21 /01 /janvier /2026 10:35

Saint Antonin-Noble-Val !

Saint Antonin est d'abord une abbaye bénédictine, attestée dès 817 et fondée, selon la tradition, au VIIIe siècle. La cité médiévale de Saint-Antonin est assise au confluent de l’Aveyron et de la Bonnette, au point précis de rencontre des trois anciennes provinces du Rouergue, du Quercy et de l’Albigeois.

Mais qui fut Saint Antonin ? Je ne résiste pas à vous mettre la légende de ce saint, tirée de Wikipédia :

On raconte que le premier évangélisateur des Ruthènes fut saint Antonin qui aurait été, selon des vies du saint tardives (XIe siècle), le fils du comte de Pamiers. Il réussit rapidement dans sa tâche, et malgré les supplications des habitants de Noble-Val, il voulut porter ensuite l'Évangile à Pamiers, sa patrie. Hélas ! dans cette ville ingrate, le saint apprit à ses dépens que « nul n'est prophète en son pays ». Ses farouches compatriotes le décapitèrent et jetèrent ses restes dans l'Ariège. Des anges s'empressèrent de recueillir les vénérables reliques et deux grands aigles blancs guidèrent la barque où elles furent placées. La barque miraculeuse glissa doucement sur les flots de l'Ariège, puis remonta le cours du Tarn et de l'Aveyron. Elle s'arrêta enfin au confluent de la Bonnette et de l'Aveyron (on appelait alors ce confluent Condate, mot celtique qui signifie précisément « confluent »), par une nuit transparente d'été, étincelante d'étoiles.

En ce temps-là, régnait un riche et puissant comte sur le « Noble-Val », la vallée de l'Aveyron. Son nom était Festus. Il reconnut la main de Dieu dans ce voyage merveilleux et fit déposer les reliques du martyr dans une luxueuse châsse où fut élevée plus tard une abbaye.

Cette légende est représentée sur le tympan de l'église néogothique Saint Antonin (XIXe siècle).

Fondée autour du monastère au IXe siècle, la ville a prospéré grâce au commerce du cuir et de la laine.

La ville est réputée au 11e siècle pour son pèlerinage à l'abbaye et les coutumes concédées aux habitants entre 1140 et 1144. Canal, moulin, pont sur l'Aveyron, fortifications existaient au milieu du 12e siècle.

Les ateliers des tanneurs se sont installés dans le quartier bas au 13e siècle, lors du développement de l'artisanat lié à l'eau, qui fera la richesse de la cité au Moyen-àge. Elles sont alimentées par les canaux qui traversent la ville, notamment le canal du Bessarel, tandis que les couvents de Carmes et des Cordeliers s'établissent hors les murs.

Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape

Expansion économique aux 13e et 14e siècles : Saint Antonin devient la 2ème ville du Rouergue avec 1709 feux. Une autre phase de prospérité a lieu après la guerre de Cent Ans, qui permet la restauration des édifices endommagés.

En 1562, la ville passe au calvinisme : l'abbaye et les couvents sont détruits, puis les fortifications sont détruites sur ordre du roi après le siège de 1622. Le quartier des tanneries, en ruines, est en partie rasé après l'inondation de 1930.

De cette histoire mouvementée, que reste-t-il ?

Le marché, qui a lieu dans la halle historique datant du XIIe siècle, continue de battre son plein chaque dimanche, témoignant de l'importante dynamique commerçante de la ville.

 

 

 

Sous la halle, il reste un croix sculptée en pierre, du XVe ou XVIe siècle, en forme de disque comme les croix basques. Sur la face antérieure, Christ en croix entre la Vierge et saint Jean. Sur la face postérieure, la Vierge couronnée porte l'Enfant et tient un livre ouvert ; à ses côtés se trouvent saint Antonin et saint Éloi. Il s'agit sans doute d'une croix de corporation.

 

 

 

 

 

 

La « Maison Romane » est le plus ancien bâtiment civil de France, restauré par Viollet Le Duc.

 

Édifice de la fin du XIe siècle dont la tradition fait l'ancienne maison de ville.

 

Maison comportant une salle de Justice, construite au milieu du XIIe siècle, avant 1155, probablement pour Pons de Graulhet, peut-être viguier des vicomtes de Saint-Antonin ; elle perd sa fonction judiciaire lorsqu'elle est achetée par les consuls en 1312 et devient maison consulaire.

 

Le couronnement inspiré de l'architecture militaire est ajouté à la tour lors de la restauration de l'édifice réalisée par Eugène Viollet-le-Duc entre 1845 et 1851.

 

Le problème, dans la vieille ville, c'est l'étroitesse des ruelles et la hauteur des maisons : il est très difficile d'y faire des photos !

La Maison de l'amour, la Maison du Roy, toutes deux du XIVe siècle, étaient probablement occupées, au rez-de-chaussée, par des boutiques. 

Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
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Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
Au fil de l'Aveyron : 6ème étape
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Maintenant, nous ne quitterons plus notre rivière Aveyron. Plus de détour non plus.

Notre prochaine étape sera un impressionnant château au-dessus du vide : PENNE

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10 décembre 2025 3 10 /12 /décembre /2025 10:43

CAYLUS !

Accrochée au flanc d’une colline rocheuse, la cité médiévale de Caylus domine la vallée de la Bonnette depuis l’époque romaine.

L’origine du nom du village est liée à la présence d’un premier château. En effet, le nom Caylus serait un dérivé du mot « castellum » qui désigne un château central au sein d’un village plus ou moins fortifié. Mais il n'en reste qu'une tour carrée, sur propriété privée. Le château d'aujourd'hui, de style néo-gothique est une reconstruction datant de la fin du 19e siècle (1896).

 

La vie du village s’est installée au pied du château, qui devient dès le 12e siècle la possession du Comte de Toulouse.

 

En 1211, le village fut incendié lors de la croisade contre les Albigeois, mais après 1226, le comte de Toulouse développe une véritable bastide accolée à l’ancien castrum. La place du marché, bordée de galeries, fut créée vers 1247. Caylus est annexé au domaine royal en 1270, en même temps que le comté de Toulouse, et  devient alors une vraie ville.

 
De 1347 à 1351, une nouvelle enceinte fut élevée pour parer à l'insécurité due à la guerre de Cent Ans. L'église, jusque-là établie près de la place, fut reconstruite au XIVe siècle au centre de l'agglomération. Elle reçut un chevet polygonal entre 1459 et 1470.
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
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Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
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Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour

Guerre de Cent Ans, peste noire, guerres de religions, Caylus ne se releva jamais. Au XVIIIe siècle, les fortifications furent en grande partie démolies. De ville, Caylus est progressivement devenue un bourg rural.

Mais Caylus comble les visiteurs amateurs de vieilles pierres grâce à ses nombreuses maisons anciennes, ses boutiques moyen-âgeuses de la rue Droite et ses riches maisons des XIIIe et XIVe siècles et notamment la Maison des Loups, l’église Saint-Jean Baptiste et la Halle, trois sites classés monuments historiques.

La Halle date de 1505, mais a été déplacée au début du 20e siècle, dans le but de faciliter la circulation sur la place.

 

 

 

 

 

 

 
 
 
La rue Droite : c'était la rue commerciale de la bastide. Une grande partie des maisons date des 13e et 14e siècles. Les rez-de-chaussée servaient de locaux commerciaux tandis que les étages étaient à usage d’habitation.
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
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Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
La maison des Loups est l’une des façades les plus célèbres de Caylus. Elle doit notamment son nom aux 4 loups sculptés qui semblent vouloir sortir du mur, telles des gargouilles.
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
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Au Fil de l'Aveyron : 5ème détour
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Je quitte maintenant la Bonnette pour rejoindre l'Aveyron à :

Saint Antonin-Noble-Val

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  • : scandinadream.over-blog.com
  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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