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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 10:03

Il fait très froid, aujourd'hui, et le vent est glacial. Trop froid pour prendre les vélos. Donc nous irons à pied, ça nous réchauffera !

Direction :  la Montagne Sainte Geneviève et le Quartier Latin.

 

En chemin, nous croisons la Manufacture des Gobelins.

L’histoire des Gobelins débute au XVe siècle. Jehan Gobelin, originaire de Reims, crée un atelier de teinture quelque part dans le faubourg Saint-Marceau. Quelques décennies plus tard, ses descendants acquièrent de vastes terrains sur les bords de la Bièvre, dont les eaux sont réputées pour leurs qualités tinctoriales. Ils y bâtissent de vastes ateliers.

En 1662, Colbert rachète la propriété pour la Couronne, et regroupe les ateliers de teinturerie et de tissage. Et il installe dans l'enclos des Gobelins non seulement des peintres et des tapissiers mais encore des orfèvres, des fondeurs, des graveurs et des ébénistes. Sous la direction de Le Brun, ces trente années constituent l’âge d’or de la Manufacture qui réalise alors sept cent soixante-quinze pièces, dont cinq cent quarante-cinq rehaussées de fil d’or.

Rattachée à l’administration du Mobilier national depuis 1937, la Manufacture nationale des Gobelins tisse comme il y quatre siècles, des tapisseries d’après des œuvres contemporaines, témoignant ainsi des multiples possibilités d’un mode d’expression ouvert à toutes les tendances esthétiques et contemporaines. À ce jour, les ateliers emploient 30 agents et disposent de 15 métiers à tisser. Chaque année, ce sont six à sept pièces qui « tombent de métier ». 

Paris à pied

La partie Est du Quartier latin, autour de la rue Mouffetard, est l’un des plus vieux quartiers de Paris. Son histoire commence au 1er siècle, avec les Romains.

 

La rue Mouffetard est l’une des plus anciennes rues de Paris, empruntant le tracé d’une ancienne voie romaine qui menait en Italie. Repaire des clochards et refuge de la pègre parisienne, Mouffetard était un des quartiers les plus malfamés et sales de la capitale. Son nom viendrait d’ailleurs du terme Mouffette, ou la Mouffe, faisant référence aux odeurs pestilentielles émanant de la rivière la Bièvre et des industries des riverains (tanneurs, écorcheurs ou autres bouchers). C'était "la rue qui pue".

Aujourd’hui, l’ambiance s’est nettement réchauffée, et l’on s’y rend principalement pour manger, festoyer et faire des emplettes sur ses nombreux étals de marché.

Au lieu de la descendre, nous sommes partis d'en bas. 650 m de montée, ça va nous réchauffer. D'abord cette étrange façade entièrement peinte, au pied de la rue, au 134. Internet nous apprend qu'elle n'est ainsi que depuis 1931, et que ce décor a été réalisé en sgraffites par un maçon Italien, en s'inspirant de la Renaissance. Et bien sûr, elle est classée par les Monuments Historiques.

Véritable enseigne à l’échelle de la maison, on y retrouve cochon, biche, sanglier et cerf au dessus de quatre cartouches représentant des scènes champêtres… Quoi de plus normal quand on sait que le rez-de-chaussée abritait depuis 1928 la charcuterie Facchetti et que le commerçant souhaitait la plus belle façade de la rue !

Paris à pied

Voici la célèbre Place de la Contrescarpe. Son nom vient d’un terme de fortification militaire : la zone de contre-escarpe, désigne la paroi du fossé entourant un mur d’enceinte d’une ville, du côté de la campagne. Cela nous rappelle qu’au Moyen Age, passait non loin d’ici le mur d’enceinte de la ville de Paris, construit par Philippe Auguste au 13ème siècle. Ce lieu fut de tout temps très animé : des domestiques, des porteurs de chaises, des montures y stationnaient, on s’y réunissait pour s’amuser. Et, au 18e siècle, les désordres fréquents justifièrent la création d’une caserne proche de gardes françaises.

Petite, intime, agréablement ombragée et entourée de terrasses de cafés animées, c'est l'une des places les plus agréables de Paris !

Paris à pied

Après la maison de Verlaine et "l'éloge de l'arbre", de Pierre Alechinsky, nous tournons à gauche en direction de l'église Saint Etienne-du-Mont et la Place Sainte Geneviève.

 

Paris à pied

Ici, sa silhouette et son dôme se détachent sur la montagne Sainte-Geneviève, colline historique du Quartier latin. C'est le Panthéon qui abrite dans sa crypte, depuis la Révolution française, une nécropole de grands personnages de la république - dont Victor Hugo, Marie Curie et Alexandre Dumas.

Paris à pied

Le saviez vous ? Avant d'être le monument dédié aux grands Hommes de la République Française, le Panthéon était une église.

En 1744, Louis XV décide de reconstruire l'Eglise Sainte-Geneviève, qui tombe en ruines au sommet de la Montagne Sainte-Geneviève. Elle fait, en effet, bien pâle figure à côté de la belle église Saint Etienne-du-Mont. En 1764, la première pierre est posée par le Roi lui-même.

L'architecte Jacques Germain Soufflot, fervant admirateur de l'architecture greco-romaine, choisit de la construire sur un plan de croix grecque; et c'est tout le style architectural de l'église qui s'en voit imprégné, à en juger par ses belles colonnes corinthiennes. 

S'ensuit une période un peu chaotique. Durant la Révolution Française, l'édifice est démis de ses fonctions religieuses et devient un temple destiné à accueillir les cendres des grands hommes luttant pour la liberté française. Après des travaux d'aménagement opérés par De Quincy, le Panthéon redevient une église en 1806.

Laïc sous la Monarchie de Juillet, religieux sous Napoléon Bonaparte, puis QG des insurgés pendant la Commune, le Panthéon n'en finit plus de changer de mains. En 1885, l'édifice au Dôme impressionnant devient finalement le monument dédié aux grands Hommes que l'on connait aujourd'hui, avec les funérailles de Victor Hugo

Depuis, le Panthéon a accueilli les dépouilles de grands personnages de la République. Dans la crypte, on trouve, entre autres, les tombeaux de Rousseau, de Voltaire, d'Emile Zola, de Jean Moulin, de Louis Braille, de René Cassin, de Victor Schoelcher, de Jean Monnet, de Marie Curie, la première femme a y entrer, et depuis peu de Simone Veil

On remarque aussi la présence du célèbre pendule de Foucault qui pend sous la Coupole du Panthéon depuis 1851, et prouve la rotation de la terre. 

Pour la visite, je vous invite à regarder cette très belle vidéo :

Le cœur du Quartier Latin : la Sorbonne !

À ses origines, la Sorbonne est un collège pour étudiants en théologie fondé en 1253 au sein de l'Université de Paris par Robert de Sorbon, chapelain et confesseur du roi Saint Louis, ainsi nommé d'après son village de naissance, dans les Ardennes.

L’Université naît au XIIIème siècle de l’organisation en corporation des maîtres et écoliers de Paris. Primitivement installés dans l’Île de la Cité, ces derniers sont venus, dès le XIIème siècle, dans le futur « quartier Latin », rive gauche de la Seine, où la théologie, le droit, la médecine et les arts sont enseignés, en plein air, à des jeunes gens venant des 4 Nations (Française, Picarde, Normande et Anglaise), conférant ainsi à l’Université, dès l’origine, un prestige international.

Le collège de Robert de Sorbon, fondé en 1253, est alors un des nombreux collèges hébergeant sur le flanc de la montagne Sainte-Geneviève des étudiants pauvres.

Très vite, ces collèges deviennent le cadre des disciplines universitaires de Paris, et le Collège de Sorbon une célèbre Faculté de Théologie « LA SORBONNE » qui prendra une part active aux débats Philosophiques et Politiques de son temps, oscillant au gré d’une histoire foisonnante entre un conservatisme jaloux et un libéralisme éclairé.

Au XVIIème siècle, la Sorbonne est reconstruite par l’architecte Jacques Lemercier à la demande du Cardinal Duc de Richelieu, qui en devient le proviseur en 1622.

Fermée par la révolution en 1791, puis devenue atelier d’artistes en 1801, la Sorbonne est, sous la Restauration, à nouveau réaffectée à l’enseignement par le Roi Louis XVIII qui y fait aussi installer l’Académie de Paris et l’Ecole des Chartes en 1821.

A la fin de XIXe siècle, la troisième République la reconstruira à son tour pour faire de la Nouvelle Sorbonne le sanctuaire de l’Esprit, le lieu privilégié de la Connaissance.

Centre de ralliement de la contestation en Mai 1968, l’Université est réorganisée depuis en Universités Autonomes :

  • Paris I panthéon-Sorbonne
  • Paris III Sorbonne-Nouvelle
  • Paris IV Paris-Sorbonne
  • Paris V René Descartes
Paris à pied

A peu de distance, nous arrivons au Jardin du Luxembourg.

Le Palais du Luxembourg, qui donne son nom au jardin, est actuellement le siège du Sénat français.

La construction du palais et du jardin a eu lieu entre 1615 et 1617, lorsque Marie de Médicis, veuve de Henri IV et lassée de la vie au Louvre, décida de faire construire un palais d’inspiration italienne, fait sur mesure.  

Paris à pied

Avec le temps, les terrains avoisinant le palais ont été acquis pour agrandir la taille des jardins. Et c’est en 1792 qu’ils ont atteint leur plus grande dimension.

À la suite de la Révolution française, le Palais est devenu une prison, et il a aussi servi de quartier général aux Allemands durant la Seconde Guerre Mondiale, en installant un bunker dans les jardins.

 

Paris à pied

Nous sommes presque arrivés : en passant par la place de l'Odéon ...

Paris à pied

.... nous arrivons à l'église Saint Germain-des-Prés.

Paris à pied

Les restaurations ne sont pas terminées, mais on peu tout de même admirer celles du haut.

Paris à pied
Paris à pied

Pour comparer, voici une photo des fresques avant la restauration, trouvée sur internet.

Pour voir toutes les fresques restaurées, il faudra attendre encore un an.

Paris à pied

Et maintenant, retour par le métro !

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22 novembre 2019 5 22 /11 /novembre /2019 11:35

Bien sûr, Charly m'a accompagnée dans la capitale !

Aujourd'hui, avec le soleil, nous l'emmenons au Parc Montsouris

Pour prendre le tram sans se faire marcher sur les pattes, il a retrouvé un sac-à-bus.

Mais c'est surtout au retour (heure de pointe) que ça lui a évité des désagréments.

Charly à Paris

Drôle de nom pour ce parc, aménagé à l'anglaise au second empire. Et c'est bien aux souris qu'il doit son nom :  de nombreux rongeurs s'étaient multipliés le long des moulins de la Bièvre.

Le site choisi se situe sur les anciennes carrières  désaffectées de Montsouris. Le lac artificiel était alimenté à l'époque par l'aqueduc d'Arcueil. Une légende veut que le jour de l'inauguration, le lac artificiel se soit vidé et qu'un ingénieur qui avait supervisé sa construction se soit suicidé.

Charly à Paris

Ce parc calme et ombragé qui possède de nombreuses essences d'arbres, est aussi le refuge de plusieurs espèces d'oiseaux. Il est aussi présent dans les arts : cinéma, peinture, chanson (Jacques Higelin), littérature ...

  • Le Jardin, poème de Jacques Prévert :

« Des milliers et des milliers d'années
Ne sauraient suffire
Pour dire la petite seconde d'éternité
Où tu m'as embrassé
Où je t'ai embrassée
Un matin dans la lumière de l'hiver
Au parc Montsouris à Paris
À Paris
Sur la terre
La terre qui est un astre. »

Cette "Promenade dans le Parc Montsouris" est du Douanier Rousseau

Cette "Promenade dans le Parc Montsouris" est du Douanier Rousseau

C'est la saison parfaite pour admirer les Ginko Biloba, ces "arbres aux 40 écus" encore couverts de leurs feuilles d'or, et toutes les nuances de l'automne.

Charly à Paris
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18 novembre 2019 1 18 /11 /novembre /2019 18:23

C'est l'automne, la pluie, le vent, le froid ... mais ce dimanche 17 novembre, il fait à peu près beau, et je vous offre une belle promenade à vélo, dans ... Paris !

Une invitation pour un court séjour, et un guide qui connaît son Paris comme sa poche, le parcourant en vélo, je n'allais pas manquer ça !

Nous avons donc rejoint la rive gauche au niveau de ce bateau-phare.

C'est un des rares bateaux-feux (ou bateaux-phares) encore visibles en France, ce type de bateau ayant cessé toute activité sur le territoire national (seulement trois exemplaires sont conservés dans des musées maritimes).

 

Paris à vélo

Baptisé Osprey à l'origine, il fut construit à Dartmouth (Royaume-Uni) et lancé en. Il fut un des derniers light ships (bateaux-feux) irlandais. Il était stationné le long des côtes irlandaises, de 1955 à 1975, date de sa désaffectation. Il fut alors vendu et après plusieurs transformations, il ouvrit à Paris sous le nom de Batofar, comme salle de spectacle, jusqu'en 2018. Revenu du Havre où il était en travaux, il a rouvert cet été sous le nom de Bateau-Phare.

Un peu plus loin, nous passons devant la piscine, où, malgré un froid de 7°, des courageux se baignent, avant d'arriver, en quelques photos, au Pont de Bercy.

Paris à vélo

Je ne peux pas vous citer tous les monuments qui bordent la Seine jusqu'à l'île St Louis, et je ne les ai pas tous pris en photo. Mais en voici quelques uns.

D'abord, le Viaduc d'Austerlitz. C'est un pont ferroviaire qui franchit la Seine, réalisé par l'entreprise Eiffel en 1903 ; il est emprunté par les rames de la ligne 5 du métro. Il est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1986.

Ma photo étant floue, j'ai emprunté celles-ci à internet.

Paris à vélo

La Péniche du cœur, des restos du cœur, amarrée quai d’Austerlitz, sert de centre d’hébergement d’urgence. En 2021 elle ne répondra plus aux normes en termes de conditions d'accueil et de sécurité. L'association de Coluche a donc décidé d'acheter un nouveau bateau pour pérenniser le centre d'accueil et permettre de faire évoluer son projet social, et lance donc une levée de fonds

La cagnotte est ouverte à l'adresse suivante : https ://cagnotte-solidaire.restosducoeur.org

Paris à vélo

Voici qu'apparaît la pointe de l'île Saint Louis, encadrée par les deux Ponts de Sully. Et en prime, deux photos ensoleillées d'internet. Car le temps restait sombre, malgré tout, et je n'avais que mon téléphone. Pas terrible pour les réglages de zoom.

Paris à vélo

Pont de la Tournelle.

Un petit Coucou à Sainte Geneviève, Sainte Patronne de la capitale.

Pour ceux qui l'on oubliée, voici sa légende :

Née à Nanterre en 423, Geneviève était la fille d’un magistrat municipal de Paris. Fervente croyante dès son plus jeune âge, elle récupéra à la mort de son père sa charge au conseil municipal et s’installa à Paris. Vers 20 ans, elle fut ordonnée par l’Evêque de Paris “Vierge Consacrée”.

En 451, Attila et les Huns franchissent le Rhin et partent en campagne contre la Gaule. Ils pillent Metz, Reims, et se dirigent vers Paris. Les parisiens, apeurés par la légende du guerrier barbare, décident de quitter la ville. Geneviève exhorte au contraire Paris à se battre, soutenue par les femmes, prêtes à suivre cette vierge qui prie nuit et jour pour la sauvegarde de la ville.

Miracle, Attila et ses troupes contournent finalement Paris et se dirigent vers Orléans. Les parisiens ne subiront finalement pas la foudre des Huns, sauvés par les prières de la jeune et courageuse Geneviève…. L’histoire raconte aussi qu’Attila n’avait aucun intérêt pour Paris, mais peu importe, une légende était née !

Vous la voyez ici qui protège un enfant (Paris) qui protège lui-même une nef, emblème historique de la capitale.

Paris à vélo

C’est pour cette raison que la statue de Sainte-Geneviève regarde vers l’Est, en direction des troupes d’Attila qui ont miraculeusement contourné Paris.

Mais son sculpteur, Paul Landowski - sculpteur français qui réalisera quelques années plus tard l’une des statues les plus connues au monde : le Christ Rédempteur de Rio de Janeiro- navré par les exigences de cette commande a lui-même dédaigné sa statue, ne participant même pas à l'inauguration du pont en 1928.

Paris à vélo

La place Louis Aragon, à la pointe de l'île St Louis, se situe sous les fenêtres du héros éponyme du roman “Aurélien” de Louis Aragon, un roman d’amour autour de l’histoire impossible d’un couple … Aucun autre emplacement ne pouvait mieux honorer la mémoire de l’écrivain français. En plus, c'est, paraît-t-il, l'une des plus belles vues sur la Seine et Notre-Dame ... ou ce qu'il en reste  crying  crying  crying

 

Paris à vélo

En gros plan, quelques vers du poète sur la plaque de la place :

Paris à vélo

Nous n'irons pas sur l'île de la Cité à cause des nombreux accès devenus interdits autour de Notre-Dame. Nous passons sur la rive droite de la Seine, par le Pont Louis-Philippe, et nous nous trouvons devant l'Hôtel de Ville. Pas la patience d'attendre pour traverser l'avenue et le photographier de face ! C'est un profil 3/4 que je vous offre. Juste de quoi se faire une idée ...

Paris à vélo

Et maintenant, pour compter les ponts, comptez les arches ...

Paris à vélo

Après le beau bâtiment carré du Tribunal de Commerce, voici la Conciergerie, puis le Pont Neuf.

Le pont Neuf est actuellement le plus ancien pont de Paris. C'est aussi le troisième plus long pont de Paris (238 m). Commencé en 1578, sous Henri III et terminé sous le règne de Henri IV en 1607. Du fait du soulèvement de la ville contre le roi, le chantier avait été suspendu pendant dix ans. Il doit son nom à la nouveauté que constituait à l'époque un pont dénué d'habitations et pourvu de trottoirs protégeant les piétons de la boue et des chevaux. Il est aussi le tout premier pont de pierre de Paris à traverser entièrement la Seine. C'est seulement dans les corbeilles qu'étaient érigées de petites boutiques, dont la dernière ne disparaît que vers 1854.

Paris à vélo

Aujourd'hui, les jupons ne volent pas, sur le Pont des Arts !

Cette passerelle construite entre 1801 et 1804 fut le premier pont métallique de Paris, en fonte. Elle avait été imaginée comme base d'un jardin suspendu. Elle relie le Palais du Louvre (alors appelé Palais des Arts, d'où le nom du pont) à l'Institut de France (siège, entre autres, de l'Académie). A l'époque, elle était à péage.

Fragilisée par les guerres et des accidents de la navigation, elle sera fermée en 1977, et heureusement car en 1979 une partie s'écroule au passage d'une barge. Reconstruite et inaugurée en 1984, les amoureux ont pris l'habitude d'accrocher des cadenas d'amour à sa rambarde. Il y en a eu tant que leur poids menaçait la structure du pont.

On le voit maintenant allégé, aérien, enjambant la Seine dans le vent d'automne ...

 

 

Paris à vélo

Pour continuer au bord de la Seine, nous suivons, au milieu des flâneurs de ce beau dimanche, le Port du Louvre. Il s'étire depuis le pont des Arts jusqu'au pont Royal, en contrebas du quai du Louvre.

Ce port existait déjà en 1292 sous le nom de « port du Louvre ». Puis au fil des âges, il a changé plusieurs fois de nom : port aux passeurs, port de Bourbon, port de l'Arche-d'Autriche.  Devenu « port Saint-Nicolas » c'était un port fort important avec un va-et-vient continuel de bateaux arrivant de Londres, et l'étalage de toutes les marchandises qu'on y chargeait et déchargeait journellement, sous l'œil vigilant du service de la Douane, dont les bureaux recouverts de feuillages étaient établis sur le port même, adossés au mur de soutènement du quai du Louvre.

Par décret du 18 juillet 1905 il reprend le nom de « port du Louvre ».

Paris à vélo

C'est au niveau du pont du Carrousel que nous entrons dans le Louvre.

C'est immense ! A droite, le Palais du Louvre, précédé de la pyramide et de la statue équestre de Louis XIV.

A gauche l'Arc de Triomphe du Carrousel, qui précède le Jardin des Tuileries.

Paris à vélo

Que vous dire du Louvre que vous ne sachiez déjà ? Que c'est un ancien palais royal ? vous le savez ! Mais peut-être pas ceci : il s'étend sur une surface bâtie de plus de 135 000 m2. C'est le plus grand palais européen, et le second plus grand bâtiment du continent.  Sa construction est indissociable de l'histoire de Paris. Elle a duré plus de 800 ans, bien que le plan général du palais n'ait été imaginé qu'à la Renaissance. 

Il fut d'abord une forteresse construite sous Philippe Auguste, et terminée en 1202, pour protéger ce côté de la ville, face à la Normandie.

Bien agrandi par la suite, c'est seulement sous Charles V qu'il devient résidence royale. Grand amateur d'art, Charles V, dit "le Sage", y transfère une partie de sa bibliothèque. Selon un inventaire de 1373, celle-ci comportait 973 manuscrits « moult bien escripts et richement adornez ». Il est le premier monarque qui songea à constituer une bibliothèque royale.

En 1527, François 1er décide de faire du Louvre sa principale résidence parisienne. Si, à la mort du roi, le chantier est à peine commencé, son fils Henri II décide de continuer les travaux.

Pendant les guerres de religion qui marquent le dernier tiers du XVIe siècle, le palais du Louvre sert de lieu de résidence à la famille royale quand elle vient à Paris, notamment lors des noces de Marguerite de Valois (qui débouchèrent sur le massacre de la saint-Barthélémy) en 1572. À partir du règne d'Henri III, qui débute en 1574, il devient la demeure principale du roi de France et le restera jusqu'à l'installation de Louis XIV à Versailles en 1682.

Paris à vélo

Ce petit Arc de Triomphe du Carrousel, construit de 1806 à 1808 pour commémorer les victoires de Napoléon de 1805, a été conçu comme une monumentale porte d'entrée pour le Palais des Tuileries. Epargné lors de la destruction de ce dernier par un gigantesque incendie en 1871, il ouvrit au contraire une exceptionnelle perspective en direction des Champs-Elysées et de l'Arc de Triomphe de l'Etoile.

A l'origine surmonté  du célèbre groupe de bronze des Chevaux de Saint-Marc enlevé à la basilique de Venise, celui-ci fut restitué en 1815 mais remplacé par un nouveau quadrige de même inspiration.

 

 

Nous voici maintenant dans le Jardin des Tuileries. On peut y flâner ou paresser au bord des bassins, ou admirer quelques statues de Maillol ... Pour l'histoire, je laisse la parole à un panneau informatif.

Paris à vélo
Paris à vélo

Au bout du Jardin des Tuileries, la Place de la Concorde. Elle est en travaux en ce moment, et n'est pas très jolie. Mais sa principale décoration est toujours là : l'Obélisque de Louxor, offert à la France par le vice-roi d'Egypte Mohamed Ali en 1832. Le monument, d'un poids de 230 tonnes et mesurant 23 mètres de hauteur,  se trouvait à l'origine dans le Temple de Thèbes (Louqsor). Il arrive à Paris sous le règne de Louis-Philippe, après un voyage de quatre années. L'obélisque est recouvert d'hiéroglyphes. Le socle décrit les moyens techniques qui ont permis son transport et son érection sur la place.

Paris à vélo

Avant l'Obélisque, il y a eu d'abord la statue équestre de Louis XV, commanditaire de la place, alors appelée Place Louis XV. Mais la Révolution est passée par là. Exit Louis XV, place à la guillotine sur cette Place de la Révolution. Louis XVI, Marie-Antoinette, Danton et Robespierre, ainsi que 1185 autres têtes sont tombées ici entre 1793 et 1795.

On lui a rechangé son nom, "place de la Concorde", pour symboliser la fin d'une période terrible et l'espoir d'un avenir meilleur.

 

Paris à vélo

Nous n'irons pas plus loin. Les Champs-Elysées, dont nous apercevons au loin l'Arc de Triomphe, seront peut-être pour plus tard. Pour faire demi-tour, soyons fous : c'est le marché de Noël le long de la rue de Rivoli. Bain de foule garanti !

Pas facile de s'y frayer un chemin avec nos vélos à la main !

 

Paris à vélo

En suivant ensuite la Rue de Rivoli jusqu'à la Bastille (facile par la piste cyclable !), nous croisons l'église Saint Germain l'Auxerrois et la Tour Saint Jacques. Mais la lumière baisse, la température aussi. Il faut pédaler vite pour se réchauffer.

Vite, une tisane bien chaude !

Paris à vélo
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30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 10:46

La neige commence à couronner les sommets des Pyrénées, l'or commence à tomber des arbres, le soleil enchante le paysage, c'est le moment d'aller admirer tout ça dans le grandiose Cirque de Gavarnie.

Pour la halte nocturne, ce sera le Plateau de Saugué, à 1630 m, que l'on atteint à partir de Gèdre par une étroite route en lacets. C'est là que je m'aperçois que j'ai oublié mon appareil photos. Tant pis, vous n'aurez que des photos de mon téléphone.

Gavarnie en automne

Un sentier d'interprétation nous amène alors, en une demi-heure, à ce superbe point de vue sur le Cirque.

Gavarnie en automne

Oui, je le reconnais, je n'ai pas fait très fort pour les photos, mais pour ceux qui disposent de 4 minutes, vous trouverez à la fin de la page une très belle vidéo de cette promenade.

Au matin, nous trouvons le village de Gavarnie presque désert. La saison hivernale se prépare, et beaucoup de commerces sont fermés.

Situé à 1400 m sur la route de St Jacques de Compostelle, le village de Gavarnie a été de tous temps un lieu de passage et de commerce entre la France et l'Espagne. En plus d'un Hospital dont la date de fondation est inconnue, les hospitaliers de St Jean de Jérusalem y avaient construit, au 13ème siècle, une commanderie pour abriter les pèlerins, avec sa chapelle, dédiée à Notre Dame de Bon Port (de bon passage). De celle-ci, il ne reste que cette petite chapelle, intégrée dans l'église du 18ème reconstruite autour. On peut y admirer une belle Vierge polychrome du 14ème siècle.

 

Gavarnie en automne

On peut aussi y frissonner à la vue des crânes humains que la légende locale attribue à des Templiers morts au combat en Espagne, voire même exécutés lors de la suppression de l'ordre, le 13 octobre 1307.

Gavarnie en automne

Et puis nous prenons le chemin du Cirque. Suivez le guide ...

 

Gavarnie en automne
Gavarnie en automne

Et voilà la vidéo promise : Gavarnie, comme si vous y étiez !

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30 juillet 2019 2 30 /07 /juillet /2019 05:04

Cet été sera sous le signe de la famille : j'ai aménagé mon Jolly Jumper avec 3 couchettes, pour pouvoir y héberger mes deux derniers petits enfants (mes "petits Suisses") : Tristan et Aïda, 9 ans et demi et presque 6 ans.

Nous sommes partis de Lausanne pour une petite semaine, et nous avons fait ensemble quelques belles découvertes.

Pour eux, la 1ère nuit en "camping car" (même si ce n'en est pas un vrai) sera sur le parking du Château de Joux, juste au-dessus de la Cluse de Joux.

 

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Après quelques heures d'accrobranches sur le plateau de Métabief, nous partons voir la perte de l'Ain dans une courte promenade.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Normalement, l'eau ne manque pas, dans le Jura.

Voici les Gorges de la Langouette, suivies de la Cascade de la Billaude.

Malheureusement, cette année, ces cascades qui devraient être majestueuses, même l'été, sont réduites à presque rien. Mais ce sont tout de même de belles promenades.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Ensuite, nous sommes partis sur la piste des Dinosaures, ou plutôt, nous avons trouvé des pistes de dinosaures ! Car dans le Jura, on trouve beaucoup de preuves de l'existence de ces "petites" bêtes. Ce n'est pas pour rien qu'on parle du Jurassique.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Camper une nuit au bord d'un petit lac ? Ça nous plaît bien !

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Arrivés à Salins-les-Bains*, nous y avons visité la Grande Saline**, inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Depuis le 8ème siècle, la Grande Saline de Salins-Les-Bains utilisait les sources d'eaux salées comme matière première. L'existence de ces résurgences naturelles s'explique géologiquement par la présence d'une mer préhistorique qui après évaporation a laissé un banc de sel enfoui aujourd'hui à 250 mètres de profondeur. C'est le lessivage de ce gisement par des infiltrations d'eau de pluie qui provoque la naissance des eaux salées. Le sel, "l'Or Blanc", était obtenu par évaporation artificielle, par opposition aux marais salants. Pendant plusieurs siècles, le bois a servi de combustible. Mais pour des raisons calorifiques et économiques, le charbon fut adopté au début du XIXe siècle.

L'évolution des techniques, l'absence de modernisation, la conservation par le froid et la concurrence avec les marais salants auront raison de la Grande Saline qui fermera ses portes en 1962, mais la source salée est toujours utilisée pour les thermes.

De l'ensemble imposant que formaient les salines,, il ne reste plus que quelques bâtiments de pierre, toujours imposants, comme les hautes cheminées et le magasin des sels (15ème)

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Mais surtout les monumentales galeries souterraines, longues de 200 m. Construites au moyen âge, en plein cintre (seule architecture connue à l'époque pour des constructions de cette envergure), elles relient deux puits équipés d'un système de pompage, toujours en état de marche, qui permet de puiser l'eau salée. Par l'intermédiaire d'un long madrier, une roue hydraulique met en mouvement la pompe qui aspire l'eau saturée à raison de 33 kg de sel pour 100 l d'eau. Cette machinerie est deux fois centenaire.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Pour recueillir le sel, l'évaporation se faisait dans de vastes "poêles" de 38 000 litres, chauffées par en-dessous à la manière des romains, par un hypocauste.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

En suivant la Vallée de la Loue, tantôt au-dessus, tantôt au bord, nous avons profité de somptueux belvédères et de villages pittoresques.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Ayant vu les pistes de dinosaures de Loulle, impossible de ne pas aller au Dino Zoo, un parc d'attraction de 12 ha pour les enfants, certes, mais jalonné de panneaux explicatifs détaillés et illustrés par des reproductions grandeur nature des animaux préhistoriques. Impressionnant !

 

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Nous voici à Ornans, surnommée "la petite Venise comtoise". Elle est la capitale de la vallée de la Loue, considérée comme l'une des plus belles rivières de Franche-Comté, et qui a fasciné les peintres, particulièrement Gustave Courbet. Celui-ci y est né en 1819, dans une famille de vignerons. Ses paysages reflètent la nature sauvage et attachante de la Franche-Comté. Maître du réalisme, il prend ses modèles parmi sa famille et ses amis : pour l'enterrement à Ornans, exposé au Salon de 1850, tous les habitants d'Ornans, du Maire au fossoyeur, ont posé pour lui.

Avec les enfants, nous avons visité le Musée qui lui est consacré, mais les photos y étant interdites, en voici quelques unes d'internet.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)
Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Avant de rentrer à Lausanne, j'ai voulu leur montrer "le Saut du Doubs"

Cette année, il est bien maigrichon, comparé à mes précédents passages.

Balades avec Mamie. 1 : dans le Jura (français)

Ici en 2015 ...

Ici en 2016 : le comble !

A bientôt pour un autre voyage ...

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25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 10:27

10 Juillet 2018 : dans le Queyras

 

Pour arriver dans le Queyras, depuis l’Italie, il fallait passer le Col d’Agnele, 2744 m. Plus raide côté italien que côté français.

Voici le côté italien :

6ème épisode : en France

Vue du Col  et côté français :

6ème épisode : en France

Saint Véran, la commune la plus haute (2040 m) de toute l’Europe ! Et le soleil au rendez-vous. Magnifique !

D’ailleurs il est là, les statistiques le disent, 300 jours par an. Mais l’hiver y est long : sept mois dont 200 jours de gel ! La neige tombe de novembre à avril (en moyenne 4,5 m mais ça peut aller de 1,5 m à 7 m. Et cette année, la bergère nous a dit qu’il y en avait eu 8 m). Il y a parfois, dans une même journée un écart de température de 30° …

En plus d’un climat rude, les habitants ont dû faire face à de nombreuses secousses : épidémies de peste, de choléra ; incendies, guerres de religion (vaudois, protestants), crues catastrophiques …

Le changement économique et social advint aux 19ème et 20ème siècles, avec l’ouverture de la route en 1856, puis l’électricité (1928) et le téléphone (1929).

1934 vit le premier hôtel et le début du tourisme avec le premier téléski (1936). Mais pour l’eau au robinet, il fallu attendre 1950. La modernisation agricole intervint dans les années 1950 – 1960. Mais tout cela ne ralentit pas l’exode rural : de 1000 habitants, la population est tombée à 540 en 1906 et 240 aujourd’hui.

 

L’habitat est adapté aux rudes conditions climatiques : un soubassement en pierre où se trouvent les réserves, la cuisine et l’écurie où autrefois, étaient ajoutés, pendant l’hiver, des lits clos pour profiter de la chaleur des bêtes. A l’arrière de la maison, grâce à la pente, le foin et le grain étaient rentrés directement au premier étage, dans la fuste. Cette partie en troncs de mélèze laisse passer l’air pour aérer les récoltes. La toiture était en bardeaux de mélèze. D’où les risques d’incendie.

Ces maisons traditionnelles (il en reste une centaine) constituent en Europe un modèle d’architecture. Des exemplaires ont été démontés et remontés pour les montrer au public dans certaines expositions nationales.

A cela, ajoutez les fontaines, les cadrans solaires et les croix de missions ornées des instruments de la passion ...

 

6ème épisode : en France
6ème épisode : en France

Après la visite du village, une balade à pied pour renouer avec la montagne … et les marmottes !

6ème épisode : en France

11 Juillet 2018 : vers la vallée de l’Ubaye

 

Nous nous dirigeons vers le Lac de Serre-Ponçon et la vallée de l’Ubaye. Pour cela, passage obligé à Château-Queyras et dans les impressionnantes Gorges du Guill.

6ème épisode : en France

La couleur bleue turquoise intense du lac de Serre-Ponçon n’est pas due à une retouche de mes photos. Et même, je dirais que le lac est encore plus turquoise que sur mes photos. C’est vraiment étonnant quand on le longe. Nous l’avons fait par la rive sud. C’est plus long mais aussi plus beau.

Le lac est immense : c’est encore le deuxième lac artificiel d’Europe par sa capacité, et le troisième par sa superficie.

Sa première fonction était d’assagir la Durance et l’Ubaye par l’écrêtement des crues, puis la production hydroélectrique et l’irrigation agricole. En fonction accessoire, on peut rajouter l’aménagement touristique, qui, depuis sa création, en 1961, est devenue importante.

6ème épisode : en France

Et puis nous avons rencontré ces belles Demoiselles coiffées.

Elles sont dues à l’érosion des dépôts glaciaires du quaternaire sous l’action commune des eaux de ruissellement, du vent et de la neige. Lorsqu’un gros bloc de pierre, transporté ici par les glaciers géants du Queyras, fait obstacle à la pluie et la neige, l’érosion des terres à la périphérie du bloc rocheux va permettre de dégager progressivement une colonne de terre coiffée d’une pierre.

Ce que j’ignorais, c’est comment ces piliers de terre et de pierres résistaient si longtemps à l’usure. J’ai eu la réponse dans un des panneaux informatifs : c’est grâce à un phénomène de capillarité.

En effet, lorsque l’eau s’écoule au pied d’une Demoiselle coiffée, on trouve une zone où la terre est plus sèche, plus poreuse. Aussi, comme pour une éponge, l’eau a tendance à remonter doucement à l’intérieur de la colonne. Lorsqu’elle s’évapore, l’eau abandonne de nombreux sels minéraux qui vont cimenter ces piliers faits de terre, de cailloux et de sable. CQFD.

6ème épisode : en France

12 Juillet 2018 : on se gorge de paysages !

 

La matinée est occupée par lessive, internet et quelques courses. Mais cet après midi, c’est une balade en vélo sur de petites routes désertes qui relient de petits villages dont certains sont perchés.

Nous partons de Bréziers, au sud de l’extrémité ouest du barrage de Serre-Ponçon. On monte progressivement sur le versant jusqu’au village de Turriers qui culmine à 1083 m, et la redescente se fait par le village de Bellafaire.

Superbes paysages !

6ème épisode : en France
6ème épisode : en France
6ème épisode : en France

Mais on ne s’est pas arrêtés là. C’est en hauteur, à 1150 m, que nous avons décidé de passer la nuit, au-dessus de la vallée de la Durance.

6ème épisode : en France
6ème épisode : en France

C’est le plus beau site, de tout le voyage, où nous ayons passé la nuit !

 

13 et 14 Juillet 2018 : en Haut Buëch

 

Il a bien fallu partir, et le soleil commence à chauffer dur. Nous décidons de gagner Veynes, dans l’extrême sud-ouest du département des Hautes-Alpes (05). Mais pas par la grande route. Par une petite départementale qui nous fera passer un col assez impressionnant (car la route est étroite et sans parapet) à 1150 m, le col d’Espréaux.

 

6ème épisode : en France

Tra la la, vous ne savez pas où c’est, le Haut Buëch ! Eh bien pour tout dire, nous ne le savions pas non plus avant d’aller à l’Office du Tourisme de Veynes. Et le Haut Buëch, c’est juste à l’ouest de Veynes. Tout contre la Drôme, donc. Là nous avons trouvé des cartes pratiques pour des circuits vélo à notre niveau, et dans un très agréable environnement.

La balade d’aujourd’hui commence dans de longues gorges, les gorges d’Agnielles. Puis arrivés au col de l’Angélus, à 1088 m, retour par la forêt qui surplombe les gorges. Ça donne ceci :

6ème épisode : en France

En poussant un peu plus loin vers la Drôme, nous avons trouvé le site le plus bucolique de notre périple. Nature garantie : pas de 4G, naturellement. Ni même 3G. Rien. Téléphone : aucun service (même pas d’urgence). Radio : zéro. Entre 17 h et 9 h du matin, il est passé 4 voitures sur la route !

De là, nous continuons de monter, mais en vélo, vers le Col de la Haute Beaume, 1288 m. Une balade qui nous ramène au camping-car à midi.

6ème épisode : en France

Nous continuons à explorer la région en descendant un peu : c’est le Parc Naturel Régional des Baronnies Provençales. A côté de Savournon, voilà un endroit fort sympathique pour passer la nuit, sous de grands pins. Nous y arrivons à l’heure où tous les randonneurs s’en vont, et on reste seuls dans ce lieu génial où la source bercera notre sommeil.

Déjà, quelques photos prises en route nous avaient bien séduits … Et demain, exploration en vélo.

 

6ème épisode : en France

15 et 16 Juillet 2018 : dans les Baronnies Provençales

 

Balade de 18 km sous un beau soleil. Le tour du Cirque de Jubéo, en terminant au-dessus des gorges du Riou.

 

6ème épisode : en France

Une deuxième nuit au même endroit tellement on est bien. Mais le temps s’est couvert pendant la nuit. En partant tôt, on a réussi à faire une une autre balade, moins longue, et à rentrer avant la pluie.

 

6ème épisode : en France

Nous quittons les pins sous la pluie et cherchons un refuge un peu plus au sud mais toujours dans le Parc, sur le flanc sud de la Montagne de Chabre, à peu de distance d’une aire d’envol de parapente. Donc en hauteur, mais en pleine forêt.

 

17 Juillet 2018 : les Gorges de la Méouge

 

Ce matin, c’est en vélo que l’on descend dans les majestueuses Gorges de la Méouge, site classé réserve biologique.

Je laisse le panneau informatif parler pour moi :

6ème épisode : en France

En plus d’un joli pont roman, on y voit un méandre que, venant d’en haut, on distingue parfaitement. C’est un très court tunnel routier qui permet l’accès aux gorges.

 

6ème épisode : en France

Et les 7 km suivants des gorges n’étaient pas mal non plus !

 

6ème épisode : en France

En quittant cette belle région, nous nous sommes arrêtés auprès de plusieurs champs de lavande.

Dans le premier, une équipe de saisonniers Espagnols faisait de gros bouquets, destinés à la vente de fleurs coupées. Ils étaient ensuite chargés sur la remorque. Le propriétaire nous a expliqué que les lavandes non coupées le seraient plus tard, à la machine, et seraient envoyées à la distillerie du village, un peu plus loin.

6ème épisode : en France

Il nous a également parlé de la Sicadelle, cet insecte qui ressemble à une petite sauterelle et qui anéanti des champs de lavande entiers depuis quelques années, et contre lequel on ne sait pas lutter autrement qu’en replantant des souches sélectionnées résistantes. Ce qui nous a fait comprendre pourquoi nous avions vu, ces jours derniers, tant de champs en apparence abandonnés, avec très peu de fleurs.

 

Dans un autre champ, un peu plus loin, nous n’avons pas eu d’interlocuteur, et nous avons conclu nous-même.

Sous les tunnels, des bouquets sèchent la tête en bas. Est-ce les mêmes que ceux récoltés dans l’autre champ ? Mystère.

Des bâches sont étalées par terre, maintenues par des sacs lestés de sable. Dessus sont étalées des lavandes coupées en vrac, apportées par le tracteur et sa grosse remorque. Il semble qu’une fois sèches elles soient passées à la moissonneuse-batteuse qui est stationnée ici, puis envoyées à la distillerie.

Si j’ai dit une bêtise, que celui qui sait veuille bien m’expliquer dans les commentaires.

 

6ème épisode : en France

18 et 19 Juillet 2018 : journée voyage vers la Cèze

 

Nous progressons vers l’ouest : Buis-les-Baronnies, Vaison-la-Romaine … beau pays mais trop de monde pour nous. Nous arrivons dans la vallée de la Cèze et trouvons un refuge sur le plateau, à Méjannes-le-Clap.

De là, le lendemain, notre habituelle balade vélo. Mais les chemins sont si mauvais, dans ces terrains calcaires, que nous avons écourté en empruntant la route, et repartons vers d’autres lieux plus propices pour notre sport favori.

6ème épisode : en France
6ème épisode : en France

20 Juillet 2018 : en Cévennes

 

D’un petit camping municipal à St André de Valborgne, paradis de calme sous la Corniche des Cévennes, nous sommes montés en vélo jusqu’au Col de l’Espinas (848 m) d’où on aperçoit le Mont Aigoual. A la descente, d’un autre côté : une église en ruines envahie par les brebis, et un village surprenant : Les Plantiers. La rivière y est aménagée comme une piscine. Mais je pense que l’eau ne doit pas être très chaude …

 

6ème épisode : en France

Et maintenant, une petite visite du joli village de St André de Valborgne :

 

6ème épisode : en France

21 et 22 juillet 2018 : retour à la maison

 

Mine de rien, il restait pas mal de route à faire, et comme c’étaient des journées rouges pour la circulation, nous avons pris le chemin des écoliers pour éviter les bouchons. Mais je n’ai pas fait de photo en roulant.

 

Vous en aurez d'autres lorsque je vous retrouverai, après la mi-août, pour le 7ème épisode : en Sardaigne.

 

D’ici là, je vous souhaite un bel été.

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30 septembre 2017 6 30 /09 /septembre /2017 13:09

 

Samedi et dimanche 22/23 septembre 2017

 

Et cette fois-ci, nous rentrons en France, en passant par Sospel. Si l'on veut passer la frontière ailleurs qu'à Vintimille, c'est le passage le plus proche (Hum Hum …).

J'avais été frappée, lors de mon premier passage, par les nombreuses demeures décorées de trompe l'œil, alliant dessins géométriques, balustres et fausses fenêtres, afin d'enrichir la simplicité de leur façade. C'est une mode du 19ème siècle, répandue par des peintres piémontais.

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Vous pouvez aussi retrouver mes photos de 2013 ici :

Avec le mauvais temps qui nous a fait avancer plus vite que prévu, nous sommes en avance. Alors nous avons acheté à Sospel une carte du Mercantour, et nous allons nous y promener un peu. D'abord, les

 

Gorges du Cians

 

Nous sommes arrivés dans les Gorges inférieures du Cians à la fin d'un orage. Peu de lumière, et photos en roulant de ces gorges impressionnantes :

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

On s'est arrêtés au milieu des gorges, entre la partie inférieure et la partie supérieure. A la fois pour y dormir et aller, le dimanche au matin, faire une jolie balade à vélo au petit village de Pierlas. 15 km AR, et 540 m de dénivelé.

Quelle curieuse petite vallée ! D'abord, des roches rouges. Puis grises. Des couches de sédiments parallèles impeccables. Enfin, pour qu'on se croit vraiment au fond d'une mer crétacée, sur une grande plaque grise, plusieurs empreintes fossiles de nautiles, d'environ 40 cm de diamètre.

 

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Enfin arrivés dans ce village perdu, à environ 18 km des commerçants les plus proches. Mais ils ont l'ADSL !

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Puis, après une super descente de 7,5 km, nous sommes repartis dans les Gorges du Cians supérieures. Nous n'étions pas au bout de nos surprises !

Elles sont taillées dans la roche rouge, magnifique.

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Mais le passage le plus surprenant, c'est la Grande Clue (nous avons raté la Petite Clue), qui s'étire sur environ 400 m..

C'est l'endroit où la Gorge est si étroite que les 2 parois se touchent presque. A un endroit, l'ancienne route est effondrée sur la moitié de sa largeur par la sape de la rivière, c'est pourquoi elle est remplacée par un tunnel.

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Un autre aspect du Mercantour :

 

la route de Beuil à Guillaumes, en passant par Valberg.

 

C'est la montagne, ici, celle des sports d'hiver. Vue du Col du Vasson, 1662 m.

 

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

C'est tout différent en redescendant dans la vallée :

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Les Gorges de Daluis

 

Cet ancien pont de tramway, nommé « le Pont de la Mariée », a une histoire, devenue légendaire :

Le 30 juillet 1927, une couple en voyage de noces alla visiter les gorges à la nuit tombante. L'homme revint affolé, déclarant que sa femme, trompée par l'obscurité, avait sauté du pont. L'enquête conclut à un accident. La légende fleurit d'elle-même, d'une jeune femme qui, le soir de son mariage, s'est jetée de ce pont par désespoir d'amour, parce qu'elle n'avait pu épouser l'homme qu'elle aimait. Le mystère reste entier …

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Un lac maintenant ? Voici celui de Castillon, pour finir la journée :

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Parc Naturel du Verdon

Le Colorado français

Dans le calcaire des plateaux de Haute Provence, le fleuve a creusé un canyon long de 25 kilomètres, atteignant parfois une profondeur de 700 mètres, ordinairement appelé : les Gorges du Verdon.
La couleur vert émeraude du Verdon est due au fluor et aux micro algues qu’il contient. Mais le second jour, après l'orage, elle avait pris une couleur vert-pisseux ...

 

Lundi 25 septembre 2017

 

Nous voilà au Belvédère du couloir Samson, pour faire une partie, en aller-retour, du sentier Blanc-Martel, dans le Grand Canyon du Verdon. Comme nous sommes hors saison, il n'y aurait plus de navette pour nous ramener au point de départ si nous allions jusqu'au bout, c'est pourquoi nous avons opté pour cette solution. Car ici, il n'y a pas de boucle possible.

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Le couloir Samson est très étroit et ne peut être traversé à pied sec. Pour le passer, le sentier Blanc-Martel utilise des tunnels qui avaient été creusés avant la guerre de 14, pour un grand projet de détournement du Verdon afin d'alimenter en électricité la Provence. Projet grandiose abandonné avec la guerre. Nous voilà donc dans un bon kilomètre de tunnels, avec juste une frontale retrouvée dans un sac. Charly n'aime pas du tout les tunnels !

Pour en savoir plus sur ce gigantesque chantier, je vous invite à cliquer sur ce lien :

Trois ouvertures nous permettent de jeter un œil sur ce fameux Couloir Samson :

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

En sortant des tunnels, autre paysage. Puis c'est la forêt ….

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Tantôt on descend au niveau de l'eau, tantôt on remonte dans la falaise, visitant plusieurs baumes : celle des chiens, celle des hirondelles, d'autres sans nom ...

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Enfin, nous faisons demi-tour, car il faut garder des forces pour le retour (nous totaliserons environ 13/14 km, pour 700 m de dénivelé). Nous nous promettons de revenir, un de ces jours, pour faire l'autre partie. En attendant, voici d'autres points de vue ...

 

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Le Grand Canyon, vu d'en haut

 

Mardi 26 septembre 2017

 

Cette nuit, un violent orage nous a tenus éveillés, avec la pluie qui tambourinait sur le camion. Et nous avons pensé que la journée de balade serait compromise. Mais aujourd'hui, sous un ciel gris et froid, nous partons en vélo pour faire la boucle de la D 23 qui, au départ de La Palud-sur-Verdon, fait le tour du Collet-Barris (1460 m) en longeant les falaises du canyon et les Barres de l'Escalès. C'est la Route des Crêtes, qui fait 23 km avec 630 m de dénivelé.

 

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Les 14 belvédères dévoilent les falaises mythiques du Verdon et offrent des points de vue inoubliables sur le Grand Canyon. En voici quelques uns, autant que la brume nous a laissé voir :

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges
Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Pour finir la journée dans le même esprit, c'est en voiture que nous avons, pour partir, longé la rive gauche du Verdon. C'est la D 71, aussi appelée La Corniche Sublime, qui déroule ses 21 km agrémentés de 8 belvédères. Des Balcons de la Mescla au Col d'Illoire, au-dessus du lac de Sainte Croix, en passant par le Pont sur l'Artuby, jeté de part et d'autre de ce petit cours d'eau qui serpente 182 m en contrebas (mais à sec en ce moment).

Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges
Détour en Mercantour, de Gorges en Gorges

Et maintenant, retour à la case Départ, en attendant d'autres aventures ...

A bientôt !

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4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 14:33

 

Aujourd'hui nous sommes à la frontière des Pyrénées Orientales et de l'Aude, à 728 m d'altitude, sur un piton rocheux. C'est le

Château de Quéribus

Un peu d'histoire :

Quéribus, le "Rocher des Buis", est mentionné pour la première fois en 1020. Ses droits de propriété sont partagés entre le Vicomte de Narbonne et le Vicomte de Besalù (en Espagne). Puis, en 1111, le voilà intégré, par mariage, au Royaume d'Aragon, où il joue un rôle prépondérant dans la défense de sa frontière nord.    

Citadelle Cathare

Mais c'est l'époque de la croisade contre les Albigeois (les Cathares).

Quel sera son rôle ?

Il accueille de nombreux chevaliers des Corbières, chassés par la croisade et le pouvoir royal. Le parfait cathare Benoît de Termes vient y finir ses jours entre 1233 et 1241.              

Après la prise du château de Montségur, Quéribus reste la seule place qui accueille les derniers insoumis refusant l'ordre nouveau imposé par l'Eglise et le Roi de France. Cette situation devient vite intolérable à la Couronne, car depuis 1239 le château a été officiellement acheté par Louis IX, dit Saint Louis, au régent d'Aragon.

Onze ans après la chute de Montségur et quinze ans après celle de Peyrepertuse, en 1255, Quéribus est le dernier bastion à tomber aux mains des Croisés (en fait, Chabert de Barbaira est contraint d'abandonner la citadelle au sénéchal de Carcasonne en échange de sa liberté).

Aujourd'hui encore, on ne connaît pas le sort réservé aux hérétiques et aux chevaliers réfugiés dans ces murs

Citadelle Cathare

Après les évènements de la croisade contre les Albigeois, le château devient forteresse Royale, en 1255. Ce changement provoque des réaménagements du bâti.

Retournement de l'Histoire : en 1258, Quéribus devient le fer de lance du royaume de France face à la couronne d'Aragon, et en 1473 le château est assiégé et pris par les troupes du roi d'Aragon.

Il ne perdra son intérêt stratégique qu'en 1659, lors de la signature du traité des Pyrénées, qui fixe la frontière entre la France et l'Espagne à son emplacement actuel.

 

Citadelle Cathare

Fin 18ème, plus de châtelains ni même de capitaines en résidence. La forteresse, à l'abandon, va se dégrader et devenir un repaire de brigands, parmi lesquels "une fille de Vignevieille travestie en homme".

La forteresse tombe dans l'oubli, les paysans des environs viennent y chercher des poutres pour leurs maisons (que la forêt rabougrie des environs ne leur offrent plus), ce qui précipite sa ruine, puis des pierres.

Ce n'est qu'en 1907 qu'elle a été classée Monument Historique.

Citadelle Cathare
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2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 08:11

Ce n'est pas un concert pour les oreilles, mais un concert pour les yeux !

Car les Orgues où je vous emmène sont celles d'Ille-sur-Têt. Toujours dans les Pyrénées Orientales, région du Ribéral.

Ici, la nature se fait artiste

Dans la vallée de la Têt, à mi-chemin entre mer et montagne, le site des orgues offre au regard ses étonnantes sculptures naturelles que sont les « cheminées de fées ». C’est un paysage minéral unique aux reliefs colorés. Sa beauté est fragile et éphémère. Il présente aux intempéries des falaises de sables et d’argiles que les pluies ont patiemment ciselées. L’érosion a travaillé comme un artiste, entaillant, incisant, sculptant la matière de balafres ou de stries pour donner à la roche cet aspect écorché, presque lunaire.

Au concert d'Orgues

 

L'aspect des "Orgues" ne se comprend que dans une ambiance climatique où des pluies violentes s'abattent avec brutalité sur des régions pentues. La force érosive des eaux courantes est, par moments, considérable, d'autant que le matériel rocheux est facile à affouiller. L'incision des ravins est donc particulièrement rapide et peut se comparer à un "trait de scie" qui laisse de part et d'autre des versants verticaux. La pluie a peu d'action sur ces derniers, précisément en raison de leur verticalité qui les protège de l'impact des gouttes et du ruissellement. L'érosion agit là où coule l'eau, au fond des ravins. Elle arrache sans difficulté les argiles, les sables et les galets. Parfois, le torrent ronge la base des parois qui s'effondrent par tranches successives selon des fissures prépa­rées par la dessiccation estivale intense. Ici et là, des "chapeaux" de roches plus résistantes - des nappes de galets consolidées ou de gros blocs rocheux - arment des secteurs qui sont alors mieux protégés. Ce sont les "cheminées de fées".  Ailleurs, un réseau de crêtes étroites sinue entre des vallons profondément disséqués.

Au concert d'Orgues

La vitesse d'évolution de telles formes est fantas­tiquement rapide, si on la compare à celle des autres phénomènes géologiques. D'habitude, l'unité de compte du temps de la Terre est la centaine de milliers d'années et plus souvent encore le million d'années. Ici, en quelques centaines d'années, le paysage peut être radicalement trans­formé. D'une pluie importante à l'autre, on observe des différences notables.

Voici 2 vues prises du belvédère au-dessus, l'une au printemps, l'autre en hiver.

Au concert d'Orgues
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28 mai 2017 7 28 /05 /mai /2017 13:54

Un petit coucou des Pyrénées Orientales ! Région des Aspres.

Je vous invite à visiter le Prieuré de Serrabone, l'un des plus impressionnants édifices de l'art roman catalan.

Situé sur la commune de Boules-d'Amont, dans la vallée du Boulès, au cœur des forêts de chênes verts, Sainte-Marie de Serrabona (Serra bona : la bonne montagne) est une église fondée au Xe ou au XIe siècle dont la première mention apparaît dans un document daté de 1069.
En 1082, une communauté observant la règle de Saint Augustin s'installe, sous le patronage de seigneurs locaux et du vicomte de Conflent, qui lui accordent biens et revenus.
 

 

 

La journée Sera Bonne  !

Les religieux augustins mènent, à l'instar des moines, une vie communautaire mais assurent également le service paroissial. Dans la première moitié du XIIe siècle, à côté de l'église, ils construisent des lieux qui leur sont propres : cloître, salle capitulaire, réfectoire, dortoir... et dotent le prieuré d'une parure sculptée.

Soixante-dix années s'écoulent avant que l'église rurale ne se transforme en prieuré. En 1151 le nouvel édifice est consacré, en présence d'évêques et d'abbés. Un an plus tard, le prieuré et ses biens sont donnés au nouveau diocèse de Solsona, en Catalogne espagnole, qui le conservera jusqu'en 1896. Mais l'église Sainte Marie reste pendant deux siècles la paroisse du petit village de Serrabona.


 

La journée Sera Bonne  !

Durant la révolution française, une curiosité fut à l'origine d'un désaccord entre la France et l'Espagne. En effet, Serrabone était toujours une dépendance de Solsona. Or les révolutionnaires déclarèrent que les biens de l'Eglise faisaient désormais partie du patrimoine de l'Etat. Ainsi furent vendus la majorité des édifices religieux qui n'étaient pas des églises, mais Serrabone fut seulement mis sous séquestre car il n'appartenait par à l'Eglise française. Il fallut attendre le concordat en 1802 pour qu'il soit rendu à Solsona.

On signale que bergers et troupeaux se réfugient occasionnellement dans le cloître ou l'église. En 1819 un effondrement partiel de la nef se produit. C'est alors que Jaubert de Passa, grande figure locale, s'y intéresse. Il fit différentes actions pour élever à nouveau l'édifice.

Remarquée par les archéologues, l'église est visitée par Mérimée en 1834 : elle devient l'un des tout premiers "monuments historiques". A partir de 1836 les premiers travaux de consolidation sont réalisés, complétés au XXe siècle par de nombreuses campagnes de restauration qui vont assurer le sauvetage définitif de l'édifice.

Offert au Département des Pyrénées-Orientales par la famille Jonquères d' Oriola en 1968, le Prieuré de Serrabona est depuis cette date ouvert au public.

 

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Les murs épais de la nef sont construits en schiste local débité en moellons allongés. L'appareillage de la seconde construction est plus élaboré, constitué de gros blocs de schiste taillés et ajustés avec soin. A Serrabona, les sculptures du cloître, du portail, de la fenêtre absidiale et de la tribune sont entièrement ouvragées en marbre rose du Conflent. Elles offrent un contraste étonnant avec le vert-gris du schiste.

 

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La tribune est considérée comme l'exemple le plus remarquable d'un travail de sculpture pour l'époque romane en Pays Catalan. La qualité du matériau utilisé, un marbre du Conflent, contribue à magnifier ce chef d'œuvre non signé réalisé aux alentours de 1150.
Trois arcades surmontées d'une corniche composent la façade. Son aspect ciselé en faible relief s'oppose aux chapiteaux en ronde-bosse.


La façade reprend dans son décor les symboles chrétiens tirés du texte de l'Apocalypse, placés dans les écoinçons des arcs. A l'extrémité, deux anges aux mains ouvertes, leurs ailes couvrant leurs corps. Le lion symbole de Marc est placé à côté de l'aigle de Jean. A l'opposé, le taureau symbole de Luc, avoisine l'homme ailé de Mathieu. Ces quatre représentations entourent l'image du Christ, représenté sous les traits de l'Agneau disposé dans une mandorle. Autour de ce message, un décor végétal varié, de palmettes, de roses à quatre pétales et de rinceaux occupe la surface.

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A l'exception d'un chapiteau mettant en scène Saint Michel terrassant le dragon, la sculpture de Serrabona n'est pas narrative, mais symbolique.

Des lions occupent les angles des chapiteaux, des aigles, des singes et d'autres animaux fantastiques complètent ce bestiaire étonnant.

Certains aspects de ce décor sculpté montrent que les artistes de l'époque romane ont nourri leur inspiration au travers de nombreux échanges culturels avec l'ensemble du pourtour méditerranéen.

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Et voilà.

Cette merveilleuse architecture de marbre, adossée au Canigou, est incontournable pour tous ceux qui viennent visiter les Pyrénées Orientales ...

Une dernière image :

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  • : scandinadream.over-blog.com
  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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