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13 septembre 2020 7 13 /09 /septembre /2020 16:34

Partie ce matin des Hautes-Pyrénées, je coupe la France par sa diagonale Sud-ouest >> Est (Léman). 

Entre Tarn et Aveyron, entre Albi et Rodez, au cœur du Ségala, je fais un premier arrêt. Aussi léger qu'une aile, le Viaduc du Viaur est posé sur les flancs de la vallée du Viaur

C'est une remarquable réalisation métallique de l'ingénieur Paul Bodin, achevée en 1902. On est émerveillé par l'harmonie de la technique et de la nature. Des poutres d'acier, des arches, un million de rivets… Cette dentelle aérienne datant du 19ème siècle élève à 116m de haut sur 460m de long, un arc central de 220 m d'envergure.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Le Viaduc du Viaur a fait l'objet d'un concours d'architecture en 1887, ouvert à des ingénieurs : 8 projets furent présentés, dont un émanant d'un certain... Gustave Eiffel. C'est finalement le projet présenté par Paul Bodin, ingénieur à la société des Batignolles et professeur à l'Ecole centrale, qui fut retenu.

L'arc central est formé de deux ossatures symétriques qui s'arc-boutent, au milieu du pont, par une clé articulée. C'est le seul pont de ce type en France. Cette technique permet la libre déformation de l'arc central, sous l'influence des charges supportées lors des passages de trains, des variations de températures et du vent.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

 

 

Et je reprends l'autoroute, vers Rodez.  Puis je bifurque à l'annonce, à 10 km, de ce petit village, Rodelle.

En arrivant par la falaise qui le surplombe, voilà le paysage :

 

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Alors c'est décidé : je visite ce village, et même je passe la nuit sur son parking visiteurs, plat et agréable. Voici

Rodelle, situé en plein Causse Comtal, une arrête rocheuse sculptée  par les méandres du Dourdou.

Rodelle, anciennement Ruthenula (« Petit Rodez »), est adossé à un énorme rocher de travertin à trois sommets, successivement occupé par les Gaulois, les Romains et les Wisigoths. Un sarcophage d'époque barbare est encore visible en haut du rocher.

Ce roc inexpugnable fut dès le VIIIème siècle le siège d'une importante viguerie carolingienne et devint ensuite une place forte appartenant au Comte de Rodez. Le château, confisqué par Louis XI, sera détruit en 1611. Les pierres, dont on peut apercevoir çà et là dans les façades quelques magnifiques exemplaires, serviront à la construction des maisons.

Je vous en ai sélectionné quelques unes :

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Dans cet éperon qui supporte Rodelle, nombreuses sont les grottes. L’une d’elle aurait servi de refuge à Sainte Tarcisse qui, selon la légende, fut nourrie par une chèvre.

En fait, cette fille de la noblesse mérovingienne du VI° siècle promise à un barbare Germain ne se voyait pas, mais pas du tout, renoncer à sa religion chrétienne.

Elle s’enfuit donc du palais paternel et se réfugia dans une grotte près de Rodelle afin de consacrer sa vie à la prière.
Sans doute implora-t-elle Dieu d’alléger les horreurs commises par les barbares Wisigoths qui éprouvaient alors fortement le Rouergue ...

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Et le lendemain matin, j'arrive à Bozouls, par des petites routes, directement dans le canyon ... ou presque ! On l'appelle "le Trou de Bozouls". Et quel trou !

Creusé par la rivière du Dourdou, il fait 400 m de diamètre, 100 m de profondeur...

Voyez plutôt avec cette vidéo de 59 secondes, prise d'un hélicoptère :

Comme vous venez de le voir, L'habitat s'est développé au bord des parois vertigineuses et occupe également le long promontoire ou se dresse l'église romane Sainte Fauste.

Mais moi je suis restée au fond du trou, car je suis arrivée par le vieux pont, le seul qui franchit le Dourdou (l'autre est une passerelle piétonne) dans cette échancrure naturelle. De part et d'autre du goulet d'étranglement, deux tours subsistent qui faisaient probablement partie d'un ensemble surveillant le passage et l'accès à la côte de l'Hospitalet, qui donne accès au cœur de la ville.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Pour ceux qui aiment à situer sur une carte, vous trouverez celle de la Diagonale dans la catégorie "Cartes", avec les sites évoqués numérotés dans l'ordre. Nous venons de passer le point 3

 

Je suis repassée par Bozouls en juillet 2021, mais cette fois-ci, je suis allée directement sur le promontoire au milieu de la boucle :

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

La vue sur les bords du canyon est différente. Et au beau milieu, trône l'église Sainte Fauste.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Elle est du 12ème siècle, d'un roman très pur, en grès rouge. Très simple mais joli chœur et déambulatoire.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Décidément ma diagonale est un peu de travers : je ne m'arrête pas à Espalion, mais je fais un petit crochet.

Par la "coulée de lave de Roquelaure", d'abord.

Improprement nommée, car il s'agit en fait d'un éboulis de rochers basaltiques qui s'étend sur les pentes de la colline de Roquelaure, elle domine le village de Saint- Côme-d'Olt et la Vallée du Lot.
Cet éboulis a pour origine le démantèlement par l'érosion d'une coulée de lave situé sur la crête de la colline, perchée en inversion de relief. Vous remarquerez la forme régulière des rochers (5 ou 6 faces), ceci est dû au fait que ces blocs sont des tronçons de prismes basaltiques.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Ensuite je gagne Saint Côme d'Olt, un des plus beaux villages de France.

Situé au pied de l’Aubrac, dans la fertile vallée du Lot, Saint-Côme-d’Olt est un village dont la physionomie quasi circulaire, a gardé son caractère médiéval. Son tour de ville s'est façonné autour des anciens remparts devenus les façades extérieures des maisons. Trois portes d'entrée fortifiées permettent d’accéder à son centre, au travers de ruelles et de venelles très typées.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Il abrite en son centre les deux monuments primordiaux du site : son église au clocher tors et son château, ancien manoir des sires de Calmont construit au XIe siècle.

L'église seigneuriale primitive existait encore au XIVe siècle. Elle sera agrandie au début du XVIe siècle. Outre ses caractéristiques de style gothique flamboyant, cette église est surmontée d'un clocher flammé, qui s'élève à 42 m au-dessus du sol, en prenant appui sur une bâtisse carrée qui devient octogonale pour supporter une charpente à huit faces, élancée et torse.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

Classé "Monument historique", le portail de l'église se compose de "deux baies en arc très surbaissé et encadré dans une arcade principale". Quinze panneaux composent chacun des deux vantaux, dont neuf médaillons historiés, les six autres étant constitués de "draperies" dites "en plis de serviette", ornements typiques du style gothique.

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale

En passant le pont que franchissaient les pèlerins fourbus venus d'Aubrac et se dirigeant vers Compostelle, c'est avec regret que je quitte cette jolie ville, qui compte beaucoup d'autres trésors dans ses environs immédiats.

Ce sera pour un autre voyage ...

En route pour la Suisse, ou : la France en diagonale
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6 septembre 2020 7 06 /09 /septembre /2020 17:31

Une petite semaine de vacances en Fenouillèdes avec mes "petits Suisses"

Pour bien commencer, un peu de farniente au bord d'une rivière, pour nous tous seuls.

Je vous laisse en imaginer la fraîcheur, par ce temps de canicule ...

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Mais nous passons ensuite aux choses sérieuses : balade de dolmen en dolmen et découverte du Pont-Aqueduc "romain" d' Ansignan.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

L'origine et l'histoire de ce pont-aqueduc sont incertaines. Un pont aurait été construit durant ou avant l'époque romaine (d'où son nom). La voie romaine est bien attestée. La mairie d'Ansignan indique que les moellons des arches sont datés entre 220 et 270 de notre ère.

Par la suite un aqueduc fut construit au-dessus du pont initial au 9ème siècle,  transformant le chemin en tunnel. Ce dernier ouvrage fut remanié à de nombreuses reprises, notamment aux 13 et 14èmes siècles, allongeant l'édifice jusqu'à ses dimensions contemporaines (170 mètres et 29 arches, de tailles croissantes lorsqu'elles se rapprochent du fleuve. Les deux plus grandes enjambent le lit de l'Agly).

Aujourd'hui, aucune découverte archéologique significative ne permet d'expliquer la présence de cet imposant édifice dans sa forme actuelle. Mais celui-ci est toujours en service et permet l'irrigation des cultures du village d'Ansignan, sur la rive opposée de l'Agly, et de pont-tunnel pour le traverser.

 

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Autre site proche et incontournable : les Gorges de Galamus.

Prenant sa source à Camps sur Agly, les eaux de l’Agly, rivière des Aigles, ont creusé cet impressionnant canyon sur une hauteur de plusieurs centaines de mètres (environ 500 mètres).

Témoignage des prouesses et des ambitions humaines, la route a été construite à la fin du XIXème siècle, taillée dans la roche à la barre à mine (dont on peut encore remarquer les coups dans la roche) par une poignée d’ouvriers suspendus à des cordes. Au-delà des raisons économiques  invoquées pour une telle entreprise – faciliter les échanges de marchandises sur les foires de St Paul de Fenouillet (légumes, bois et céréales, contre vins et huiles) seuls débouchés de nombreux villages des Corbières – il s’agissait également de répondre à un défi que ces Gorges, comme un bout du monde, lançaient à l’homme. La route fut terminée en 1892 par le tunnel à l’entrée des Gorges côté St Paul de Fenouillet.

Depuis 2003, la circulation automobile y est très règlementée, car on en était arrivés à ce paradoxe que, pour emprunter ce raccourci, on pouvait mettre jusqu'à 3 heures au lieu des 10 minutes nécessaires. A visiter à pied, donc, ou en navette électrique.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

L'Ermitage Saint Antoine

Depuis le parking du Belvédère, on aperçoit, comme serti dans la falaise, l'ermitage St Antoine où se cache une grotte-chapelle. Les ermites seraient venus s'installer dans les grottes naturelles de Galamus dès le VII° siècle. Ils placèrent le site sous la protection de Saint Antoine Le Grand, patriarche des moines du désert. Progressivement, ils construisirent des bâtiments. De 1482 à 1560, il est confié aux franciscains et en 1791, devenu bien national, il est vendu aux enchères publiques.

En 1782, les habitants de Saint-Paul-de-Fenouillet furent touchés par une épidémie de Suette (gangrène qui fait beaucoup transpirer), dont ils auraient été sauvés par Saint-Antoine. Ce serait l'origine des processions de Pâques et Pentecôte qui s'y déroulent.

Les ermites se seraient succédé à Galamus jusque vers 1930. Un temps transformé en gîte d'étape (je le sais parce que j'y ai dormi il y a bien longtemps) il est maintenant la proie des touristes.

 

 

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Et on ne peut pas s'empêcher d'être surpris par cet énorme platane qui pousse ici, à l'abri dans la cour, les pieds dans la roche ...

 

Et nous entrons en Pays Cathare !

Notre première visite est pour le Château de Peyrepertuse

Il est la « citadelle du vertige » par excellence. Epousant sa falaise de calcaire, la forteresse de Peyrepertuse s’étend sur 300 mètres environ ! Elle culmine à 800 mètres, au-dessus du village de Duilhac, dominant un paysage exceptionnel.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Occupé depuis l’Antiquité, le site de Peyrepertuse accueillit d’abord un petit ensemble fortifié. La forteresse est mentionnée pour la première fois en 1020 dans le testament de Bernard Taillefer, comte de Besalù, petit territoire catalan. Elle appartient à partir de 1162 à la ligne de défense du royaume d’Aragon face aux seigneurs occitans. Elle ne joue pas un grand rôle pendant la Croisade contre les Albigeois, mais son destin s’y inverse. Elle devient en 1240 possession du roi de France, qui en fait une pièce maîtresse de sa ligne de défense face à l’Aragon. Louis IX et ses successeurs veulent ici affirmer toute leur puissance. Les « maîtres des œuvres du roi » réalisent un chef d’œuvre d’innovation et d’adaptation au relief : c’est un fleuron de l’architecture militaire médiévale qui, à la fin du XIIIème siècle, défie fièrement le royaume d'Aragon. Son intérêt stratégique disparaît avec le traité des Pyrénées en 1659, mais jusqu'à la Révolution quelques hommes veillent sur ce beau vaisseau devenu fantôme…

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Un premier château féodal comprenant un ouvrage défensif et une église datent du XIIe siècle. C'est l'enceinte basse, en forme de triangle : de hautes et fortes murailles et deux tours attendent l'ennemi. Partout les archères jouent sur les formes pour rendre plus efficace le tir des arbalètes.

Dans sa cour fermée se trouve le Donjon Vieux, partie la plus ancienne du château, défendue par une poterne.

La chapelle romane Sainte Marie garde quant à elle le souvenir des secrètes prières de Dona Soria, la maîtresse de Du Guesclin, prisonnier des espagnols pendant la Guerre de Cent ans.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Après la Croisade des Barons, suivie par la croisade royale en 1226, le château de Peyrepertuse deviendra Forteresse Royale en 1258 lors du Traité de Corbeil.  

En 1242 Louis IX (Saint Louis) ordonne la réalisation d’un escalier taillé dans le roc. Ses 60 marches ont été taillées en bord de falaise. Impressionnant !

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Le Donjon San Jordi est le point culminant de la forteresse, et permet de découvrir l'ensemble du Château. Juché sur cet à pic, à 800 m d'altitude, l'œil embrasse un paysage qui va de Bugarach à la Méditerranée.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Il fait chaud ! Mais il est facile, ici, de se rafraîchir :

Aux abords du village de Duilhac-sous-Peyrepertuse, après une petite escapade sur une route bordée de vignes, les gorges du Verdouble, dites "Les Cascades", nous offrent un spectacle rafraîchissant dans un cadre pittoresque. La rivière du Verdouble s'est taillée un chemin dans les calcaires du crétacé du massif de l'Anayrac en une impressionnante gorge bordée de romarins. Une eau transparente s'y écoule par une succession de cascades, de marmites et de petits lacs naturels creusés dans le rocher.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Et on continue la tournée des châteaux. Celui de Quéribus n'est pas bien loin.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Pour la visite, vous pouvez cliquer sur ce lien :

Après les citadelles du vertige, voici deux modestes châteaux qui se font vis à vis :

à Fenouillet, le Castel Saint Pierre et la Tour Sabarda.

Un peu d'histoire :

La vicomté du Fenouillèdes , excentrée par rapport aux principales zones de combat ne fut pas directement touchée par les croisades . Par contre après l'échec de la révolte des seigneurs occitans (1240) , puis la chute de Montségur (1244) la vicomté fut une terre d'accueil pour les cathares pourchassés . Le château de Fenouillet est le seul château du Fenouillèdes qui a servi de refuge aux cathares sans être réaménagé par l'armée française lors de son indexation.
On retrouve ainsi, lors de la visite du site, le château tel qu'il était au XIIIème siècle. Regardez la projection sur la petite photo du milieu !

Le château de Saint-Pierre est un site exemplaire construit sur le modèle d'un vrai castrum occitan : le logis du seigneur et le village étaient entourés d'une enceinte de protection . Toutes les classes sociales se côtoyaient ce qui favorisait l'expansion rapide des échanges socio-culturels et religieux .

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

 Le Château de Sabarda est édifié sur un rocher au sud du castrum de Fenouillet. Il contrôle toutes les voies de communication venant de l'ouest, de l'est et du sud .

Il n'y a pas énormément de choses à dire sur le château de Sabarda. Il s'agit d'une place-forte de soutien à la défense du château St Pierre, siège de la baronnie de Fenouillet, dont la famille a eu une grande influence entre les Xe et XIVe siècle dans l'histoire locale.

Sabarda était une haute construction, aux murs appareillés de façon simple, peu épais en comparaison des châteaux de la même époque. Il était doté de plusieurs tours de formes circulaires et sa porte d'entrée est relativement grande.

Attention : une photo-mystère s'est glissée dans ma composition. Saurez-vous trouver la solution ?

Attention : une photo-mystère s'est glissée dans ma composition. Saurez-vous trouver la solution ?

Mais il fait chaud, sur ces hauteurs ! Allons vite nous rafraîchir en bas du village de Fenouillet, dans les Gorges de Saint Jaume.

C'est la balade idéale par temps de canicule : un défilé impressionnant creusé dans la roche. Sur une portion du GR36 remarquablement pittoresque, le sentier emprunte des passerelles, s’immerge dans la fraîcheur d’une forêt, passe aux abords d’une belle cascade ...

 

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Mais la semaine de vacances s'achève. Comme nous ne sommes pas encore lassés de ces châteaux si différents, qui offrent de belles balades, de beaux paysages et de belles histoires, nous choisissons le Château de Puilaurens.

Et il faut se le gagner, celui-là !

En plus d'un chemin d'accès long et pentu, il est défendu par un escalier fortifié, en chicanes, qui ne laissait pas beaucoup de chances à l'ennemi ! Vous le voyez sur ces photos aériennes d'internet :

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Citadelle du Vertige perchée à 697m sur son éperon rocheux, le Mont Ardu (le bien nommé !), le Château de Puilaurens est un remarquable exemple d’architecture militaire.

Au Xème siècle, l’abbaye Saint-Michel-de-Cuxa reçoit en don la vallée de la Boulzane. Elle y fonde l’église Saint-Laurent, associée à un ouvrage fortifié. Elle garde le contrôle de ce castrum de       «  Puèg Laurenç »,  Puilaurens en français, jusqu'au moment de la Croisade contre les Albigeois. Pendant cette période, le château accueille seigneurs faidits et hérétiques. Le village, alors accroché au flanc de la montagne tout près du château, joue aussi son rôle… c’est, avec Quéribus, un dernier refuge.

Vers 1250, le château passe aux mains de la royauté française. En 1255, Louis IX ordonne de fortifier le château. Tour à bossage, chicanes… à la puissance des murailles, s’ajoutent des défenses actives pour faire face à l’Aragon. Ce sont ces travaux qui inaugurent l'aspect du château tel qu'on le connait aujourd'hui. Il passe au rang des forteresses de défense face à l'Aragon.

Ce château si bien armé reste une base-arrière, un simple point d’appui, éloigné des combats qui font rage dès le milieu du XIVème siècle. Puilaurens n’est pris qu’une seule fois, en 1637. De retour dans le giron français, la forteresse continue d’être améliorée et sa garnison est entretenue jusqu’à la Révolution.

 

Passée la porte à assommoir, la cour principale se dévoile. Le mur d’enceinte et ses créneaux et merlons, les tours ouvertes à la gorge sont chargés d’histoire.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

C’est l’une des forteresses royales les mieux conservées, en même temps que le lieu d’une légende tenace… 

Celle-ci rapporte que la Dame Blanche, Blanche de Bourbon, petite nièce de Philippe le Bel, vient pendant les pâles nuits, promener ses vaporeux voiles sur le chemin de ronde des remparts démantelés.

Son histoire ?

Elle s’arrête à Puilaurens en 1353, alors qu’elle fait route pour l’Espagne, pour épouser son fiancé le roi de Castille. On sait que plus tard, son mari lui en fera baver : d’ailleurs, son surnom, c’est Pierre le Cruel ! Il la fait empoisonner en 1361. Elle a seulement 22 ans...............                  .............Et depuis, on dit que son fantôme hante Puilaurens.

Une tour circulaire à bossages, qui surplombe les chicanes de plusieurs dizaines de mètres, porte d'ailleurs son nom : la Tour de la Dame Blanche. On y voit une fenêtre à coussièges (bancs de pierre) qui surveille le chemin, et une belle salle voûtée d'ogives, dite salle Saint Louis. Elle est pourvue d'un rare dispositif : un conduit porte-voix creusé dans la paroi, qui permettait de se parler avec l'étage au-dessus.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Au fond de la cour, une poterne mène au point de vue. Le panorama est à couper le souffle. A la manière d’un guetteur de l’époque, cette vue aérienne permet d’épier la vallée en contrebas : village, montagnes, forêts, rochers et falaises composent ce décor incroyable.

En Fenouillèdes, la vie de châteaux !

Voilà, les vacances sont finies. Celles-là, oui, mais il y en aura d'autres ...

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30 août 2020 7 30 /08 /août /2020 16:29

Revenir sur ses pas, oui, mais il y a tant de lieux que je n'ai pas encore explorés !

Comme ce Courtaou de la Lit, en Vallée de Lesponne. Il faut une bonne heure pour y grimper.

Ah, excusez-moi. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est qu'un courtaou, en voici l'explication :

Celui-ci, de courtaou, était complètement abandonné. Il n'en restait que des tas de cailloux, qu'un passionné de vie pastorale , Georges Buisan, a patiemment remontés, de 1977 à 2010, pierre par pierre, tronc par tronc, n'utilisant que des techniques du 19ème siècle et les matériaux trouvés sur place. De quoi nous montrer comment vivaient les bergers, l'été sur la montagne. Pour parachever son œuvre de reconstruction, il a collecté témoignages et documents sur la vie pastorale en Vallée de Campan, et à signé quatre ouvrages à ce sujet.

Il y a ainsi 5 cabanes, très rustiques, qui peuvent parfois être un abri bienvenu.

Pyrénées, de courtaous en lacs
Pyrénées, de courtaous en lacs

Le Lac d'Arou

Joli petit lac que l'on atteint à partir de la Hourquette d'Ancizan :

Pyrénées, de courtaous en lacs

Le lac de Suyen

Il se trouve dans la Vallée d'Arrens, après le lac de barrage du Tech. C'est un petit lac naturel, peu profond, un peu surélevé par un tout petit barrage, car il est en cours de comblement.

Sa particularité ? Il précède la Cascade de Dumblas, spectaculaire, et la Toue de Dumblas.

Qu'est-ce qu'une Toue ? Dans les Pyrénées, c'est un abri de bergers, construit sous un gros rocher en fermant les côtés avec des pierres. Il y en a plusieurs dans cette vallée. Celle-ci me fait penser à une maison de Schtroumpfs !

Pyrénées, de courtaous en lacs

A partir de la Toue, on peut grimper à droite en suivant la gorge du Larribet qui s'évase un peu plus haut en une belle vallée.

Pyrénées, de courtaous en lacs
Mais c'est dans le massif du Néouvielle que l'on trouve la plus grande quantité de lacs de montagne : il y en a 70, aussi différents les uns que les autres.

De fait, ces lacs sont de toutes tailles : grands lacs et petits lacs se volent la vedette. Les plus grands d’entre eux sont des lacs de barrages, et servent à l’hydroélectricité du département.

Leur environnement peut être très différent. Il existe des lacs sans arbres, contournés par de nombreux rochers, et d’autres beaucoup plus arborés,  entourés par des prairies et des pins à crochets.

J'avais prévu une randonnée nous permettant d'en côtoyer 4 en une journée : Lac d'Orédon, Lac d'Aumar et les Laquettes (2). Mais j'avais vu trop grand, car j'étais accompagnée de mes "petits Suisses", dont les enfants, Tristan et Aïda, n'ont que 7 et 11 ans. Nous avons donc raccourci l'itinéraire, en se promettant de le refaire complet plus tard ...

Départ et arrivée au Lac d'Orédon.

Pyrénées, de courtaous en lacs
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24 août 2020 1 24 /08 /août /2020 12:24

Pas de grand voyage au programme de cet été 2020.

Mais plusieurs "retour sur mes pas". Les Pyrénées sont changeantes, et y revenir, c'est toujours une découverte et un bonheur.

Saurez-vous reconnaître cet endroit où je vous ai déjà guidé ?

Un été déconfiné

Cherchez un peu ... et n'allez pas tout de suite voir la solution, à la fin de l'article !

Cette fois-ci, à partir de ce point, nouvelle balade, avec de nouvelles découvertes :

Un été déconfiné

Encore une devinette. Vous reconnaissez bien sûr ?

Un été déconfiné

Là aussi, une variante dans la balade !

Un été déconfiné

Oui, oui, je vous assure, c'est dans le même coin des Pyrénées. D'ailleurs, vous avez sûrement reconnu !

Mais avant de vous donner la solution, je vous propose de m'accompagner en Vallée du Louron, où l'on trouve plusieurs églises ornées de fresques.

Mais d'abord, première étape à Arreau confluent des Nestes d'Aure et du Louron, et carrefour sur les anciens chemins menant au sud vers l'Aragon et au nord vers le Comminges et la Bigorre. On y admire cette très belle Maison des Lys, du 16ème siècle.

Un été déconfiné

Vallée du Louron, voilà pour le cadre :

Un été déconfiné

Certaines églises ne sont pas ouvertes tous les jours. La plus élevée, vers le col de Peyresourde, c'est celle de Mont. Elle a été construite au 12ème siècle, mais ses peintures sont du 16ème. A l'extérieur, on se confronte au célèbre "diable de Mont".

Un été déconfiné
Un été déconfiné

Pour l'intérieur, mes photos sont un peu floues par manque de lumière. On peut tout de même se faire une idée de la richesse et de la précision de ces peintures.  Elles ont été réalisées en 1564, et sont dues à Melchior Rodigis, peintre de St Bertrand de Comminges. L'église a été surnommée « la chapelle Sixtine des Pyrénées » en raison de l'étendue des fresques qui recouvrent intégralement les murs et les voutes et de sa période de réalisation qui est contemporaine du Jugement dernier de Michel-Ange (de 24 ans postérieure).

Un été déconfiné

J'ai choisi ensuite l'église St Calixte, à Cazeaux-Fréchet. Mais celle-ci, c'est pour sa situation exceptionnelle, car elle n'est ouverte qu'une fois par semaine. Construite au 11ème siècle sur l'emplacement présumé du tombeau de St Calixte (saint espagnol qui combattit contre les Maures au 11ème siècle. Fait prisonnier, il refusa de renier sa foi et fut massacré par les armées ennemies au-dessus du village de Cazaux-Fréchet ) elle est aussi décorée de fresques : l'une du 12ème dans la voûte en cul de four, et d'autres du 16ème dans la nef, par le même peintre que celle de Mont. Hélas elles sont en très mauvais état, et je ne sais pas d'où en est la restauration décrétée en 2018.

Un été déconfiné

Pour finir, à quelques kilomètres de Loudenvielle, vers le sud, voici un petit hameau de granges foraines, qui servaient lors de la transhumance : Artiguelongue.

Ici, au 17ème siècle, la légende raconte qu'une statue d'une Vierge à l'Enfant a été découverte dans un buisson par un bœuf égaré d'un troupeau. Transportée à l'église paroissiale, elle disparut miraculeusement pour se retrouver sur le lieu de sa découverte. Une chapelle y fut donc bâtie, qui donna lieu à un pèlerinage et à une confrérie dédiée à la Nativité de Notre-Dame. Cette tradition dure toujours, et entre 1933 et 1936 une nouvelle chapelle plus spacieuse a été construite sur le rocher, au-dessus de la première, plus fruste et construite sur le modèle d'une maison.

Un été déconfiné

Et voilà.

Maintenant, je vous donne la solution des premières images.

Bravo à ceux qui ont reconnu le Plateau de Saugué.

Vous le retrouverez dans cet article, en cliquant sur le lien ci-dessous. Vous y trouverez également les photos de la deuxième image, Gavarnie.

Et encore ce lien :

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26 février 2020 3 26 /02 /février /2020 16:16

Retour du froid.

Pour vous réchauffer, je vous propose quelques photos ensoleillées, dans la chaude Vallée de l'Ardèche. On y va ?

Mais d'abord, on commence par la grotte Chauvet-Pont d'Arc, grand site archéologique, classée au patrimoine mondial par l'UNESCO.

Le dimanche 18 décembre 1994 sur le cirque d'Estre, Jean-Marie Chauvet, conduit ses deux amis Éliette Brunel et Christian Hillaire vers les falaises : un léger courant d'air, émanant d'un petit trou, au fond d'une petite grotte a attiré son attention et il veut en avoir le cœur net. Leur passion à tous trois est la spéléologie, et ils ne comptent plus les découvertes et les premières. L'après-midi est avancée et la petite cavité, dans laquelle ils pénètrent, est déjà connue, située tout près d'un chemin de grande randonnée. Mais là, derrière l'éboulis, il y a quelque chose c'est sûr, un léger courant d'air l'indique, alors ils creusent et dégagent un passage dans lequel ils se faufilent. Ils finissent par surplomber un vide obscur, ils n'ont pas assez de matériel pour continuer. Ils rejoignent leurs véhicules alors qu'il fait déjà nuit, prennent l'essentiel, hésitent un peu, et finalement, retournent à leur découverte. Ils descendent par leur échelle spéléologique et découvrent une vaste salle au plafond très haut remplie de splendides concrétions scintillantes. Ils progressent en file indienne vers une autre salle, tout aussi vaste, et admirent les inattendues beautés géologiques qui les entourent. Ils aperçoivent aussi des ossements d'animaux et des bauges d'ours. Ils descendent vers une galerie et Éliette aperçoit dans le faisceau de sa frontale deux petits traits à l'ocre rouge sur la paroi calcaire : " Ils sont venus ! " s'écrie-t-elle et, à partir de cet instant, ils observèrent avec attention toutes les parois, découvrant des centaines de peintures et de gravures.

Depuis 1998, la grotte du Pont d'Arc est étudiée par une équipe de chercheurs. Pour les besoins de la science, la cavité est digitalisée et photographiée. Ces travaux scientifiques et techniques constituent le socle de la réplique de la Grotte du Pont d'Arc : la grotte Chauvet 2.

Entre 2007 et 2012 se déroulent les études techniques de conception de la réplique. Sont également décidés les méthodes et moyens de construction.

Ardèche incontournable
Ardèche incontournable
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La réplique de la grotte du Pont d'Arc, la Grotte Chauvet 2, est située en pleine montagne, à l'est du village de Vallon-Pont d'Arc. L'extérieur en est assez surprenant, mais dès qu'on y entre on se croirait vraiment dans une vraie grotte !

Ardèche incontournable

Bien sûr, à l'intérieur, on ne peut pas faire de photos. Mais je vous recommande ce lien qui permet, entre autres, une visite virtuelle de la vraie grotte. https://archeologie.culture.fr/chauvet/fr

Ce lien n'est pas cliquable ici, car https. Mais vous pouvez le copier/coller dans la zone de recherche de votre écran.

En tout cas, si vous passez par là, ne manquez pas la visite ! C'est vraiment une merveille !

Ardèche incontournable

En plus d'un grand site archéologique, Vallon-Pont d'Arc possède également un monument naturel unique au monde.

Son arche a probablement fasciné l'humanité depuis des millénaires. Le recoupement du pédoncule du méandre de la Combe d’Arc par l’Ardèche est à l’origine de l’arche naturelle du Pont d’Arc et de l’abandon de l’ancien lit de l’Ardèche. C’est dans un des escarpements calcaires du Cirque d’Estre (à gauche du cliché) que s’ouvre la grotte Chauvet-Pont d’Arc.

Pendant des millénaires, le Pont d'Arc a été le seul pont, utilisé, convoité ou admiré, franchissant la rivière. Le premier pont bâti sur l'Ardèche date de 1837. Avant cela, et aussi loin que remonte l'occupation humaine du site, soit environ 40 000 ans, seul le Pont d'Arc permettait de franchir l'Ardèche autrement qu'à gué. Il fut ainsi un chemin utilisé localement.

Au 17ème siècle, sa destruction partielle a été ordonnée par Louis XIII afin d'empêcher la circulation des troupes armées dans la guerre opposant catholiques et protestants. Aujourd'hui, le passage sur l'arche est interdit car trop dangereux.

Ardèche incontournable

Vu dans l'autre sens ça donne ceci :

Ardèche incontournable

Pendant des millénaires, le Pont d'Arc a été le seul pont, utilisé, convoité ou admiré, franchissant la rivière. Le premier pont bâti sur l'Ardèche date de 1837. Avant cela, et aussi loin que remonte l'occupation humaine du site, soit environ 40 000 ans, seul le Pont d'Arc permettait de franchir l'Ardèche autrement qu'à gué. Il fut ainsi un chemin utilisé localement.

Au 17ème siècle, sa destruction partielle a été ordonnée par Louis XIII afin d'empêcher la circulation des troupes armées dans la guerre opposant catholiques et protestants. Aujourd'hui, le passage sur l'arche est interdit car trop dangereux.

Le Pont d'Arc est l'une des deux seules arches naturelles au monde franchissant une rivière

Ardèche incontournable

Et maintenant, en route pour les Gorges de l'Ardèche, toujours sous le soleil !

29 km en pleine nature et 11 belvédères aménagés qui offrent des points de vue absolument saisissants sur ce site spectaculaire ! 

Je n'ai pas retenu les noms des belvédères, mais j'en ai pris carrément plein les yeux ! Perchée à 200 m au dessus de la rivière, tout en haut des falaises vertigineuses, le paysage est à couper le souffle.

 

Ardèche incontournable
Ardèche incontournable

Après un dernier méandre, c'est l'arrivée à Saint Martin d'Ardèche. On se retrouve face au village médiéval d'Aiguèze, sur l'autre rive, dans le Gard.

Mais ça, c'est une autre histoire ...

Ardèche incontournable
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4 février 2020 2 04 /02 /février /2020 17:51

L'hiver n'est pas une saison propice pour voyager : les journées sont courtes, le froid est là, quand ce n'est pas la pluie ...

Alors je vous propose de refaire avec moi une traversée de la Franche-Comté que j'ai faite cet été et dont je ne vous ai pas encore délivré les photos. Allez, on repart dans le Jura ?

Vous y avez déjà vu des cascades, des gorges, des salines.

 

 

 

On va voir maintenant une spécificité du Jura : les Reculées.

Je suis allée me promener (mais sans mes petits compagnons, car c'était mon voyage de retour) dans deux d'entre elles : la Reculée des Planches, et celle de Baume-les-Messieurs. Mais d'abord, c'est quoi une Reculée ? Et comment ça se forme ? J'ai trouvé un panneau informatif particulièrement bien représenté, et je l'ai photographié pour vous. En cliquant dessus, vous pouvez l'agrandir. Le voici :

A travers la Franche-Comté

Et sur le terrain, ça donne ceci, pour la Reculée des Planches. C'est la plus haute du Jura, et ses falaises en cul-de-sac dominent la vallée de près de 245 m de haut.

A travers la Franche-Comté

La vallée est surplombée par le charmant village de La Châtelaine, avec ses maisons vigneronnes et son château en ruines, prétexte à une belle promenade en forêt. C'est un château des comtes de Bourgogne dont il est fait mention dès 1053. Super bien situé pour surveiller la plaine !

A travers la Franche-Comté

Au fond de la Reculée, un autre joli village : Les Planches-près-Arbois. Un village qui s'enorgueillit d'avoir accueilli deux personnages importants de la scène nationale : Louis Pasteur, qui passait toutes ses vacances dans sa maison de famille au bord de la Cuisance, et Jules Grévy, président de la République de 1879 à 1887, qui passait ses congés au "Château Gaillard", aussi au bord de la Cuisance, et y décèda en 1891.

La Cuisance, c'est la rivière qui prend sa source au fond de la reculée, et qui s'épanouit en une belle cascade de Tuf.

A travers la Franche-Comté

L'eau, traverse le plateau jurassien sur de longues distances. Elle y dissout la roche, se chargeant donc de calcaire. Lorsqu'elle réapparaît à l'air libre, le calcaire dissous précipite et s'agglomère sur la végétation : plantes, algues, mousses, piégeant celles-ci en les enrobant de calcaire, formant ainsi une nouvelle roche, le Tuf. Puis ces végétaux privés d'air meurent, laissant dans la roche des vides plus ou moins grands, comme de petites grottes. Ce qui donne ces formations originales aux cascades de tufs.

A travers la Franche-Comté

Avant d'aller voir l'autre Reculée, arrêtons-nous d'abord au superbe village de Château-Chalon, solidement ancré sur son escarpement rocheux. Ici est le mystérieux royaume du Vin Jaune, l'or du Jura.

Les moniales de Château-Chalon seraient à l'origine de ce fameux vin jaune qui a fait la renommée du terroir de la commune. Elles auraient importé la technique du voile et le cépage savagnin. Une fois fermenté, le vin est mis dans des fûts de chêne ; en s'évaporant, il se couvre d'un voile de levure qui empêche son oxydation et lui donne son goût particulier. Après six ans et 3 mois, le vin est mis en bouteille, mais pas n'importe laquelle ! Le clavelin ne contient que 62 cl de vin jaune, soit le résultat de l'évaporation de un litre de jus de raisin. Ainsi protégé, le vin pourra continuer sa maturation pendant cent ans ...

A travers la Franche-Comté

En passant à Arlay, j'aperçois les ruines d'un château sur une colline plantée de vignes. Et pas de route ni de chemin pour y monter. C'est la forteresse médiévale des Princes d'Orange. L'accès est gratuit par le Parc du Château d'Arlay, reconstruit au 19ème à la place d'un couvent de Minimes.

Ces frères moines cultivaient la vigne, et possédaient une fameuse cave, qui a été conservée et que l'on peut aussi visiter. On y remarque un alambic "à double chapeau" qui a été transféré ici pour le sauver de la démolition. Il était au village, et a fonctionné jusqu'en 1960, mais maintenant, la distillation privée est interdite ...

A travers la Franche-Comté
A travers la Franche-Comté

Lons-le Saunier

Capitale du Jura et ville thermale, c'est aussi la ville de naissance de Rouget-de-Lisle (la Marseillaise) et de "La Vache Qui Rit".

Il y avait, bien sûr, des salines qui ont donné le nom à la ville, mais elles sont fermées depuis 1966. Il reste tout de même le Puits Salé où coule la source Lédonia, salée, déjà utilisée par les romains et à l'origine du développement de la ville.

J'ai beaucoup admiré la Rue du Commerce, avec ses 146 arcades sur rue et sous couvert, bien fleurie. Seul dommage : le stationnement des voitures des 2 côtés de la rue en gâche le pittoresque.

A travers la Franche-Comté

Et j'arrive au Cirque de Baume-les-Messieurs***, magnifique reculée où se rencontrent trois vallées. Une illustre abbaye niche là, au bord de la Seille depuis le 9ème siècle, qui avait donné au village le premier nom de Baume-les-Moines.

Mais pourquoi "les Messieurs" maintenant ? Parce que peu à peu, la vie monastique se relâchant, au 16ème siècle les humbles moines du début sont progressivement remplacés par de nobles chanoines. Cette sécularisation de fait est confirmée par une bulle papale en 1759. Ces "hauts messieurs" se hâtent alors de corriger le nom de leur maison, qui devient Baume-les-Messieurs.

A travers la Franche-Comté

Au bout de la vallée la plus longue, on peut admirer une autre cascade de tuf, merveille en temps ordinaire, mais cette année, presque à sec. Comparez avec ce panneau explicatif présent sur le site. Et c'est dans la falaise au-dessus que s'ouvre une grotte dans laquelle vivent, dans un petit lac, des niphargus, petites crevettes blanches et aveugles.

A travers la Franche-Comté

Plusieurs belvédères*** permettent d'admirer ce paysage naturel hors du commun.

A travers la Franche-Comté

Une autre spécificité du Jura, ce sont les sapins.

Certains sont classés, pour leur âge, leur prestance, disons même leur majesté. J'ai suivi la "route des sapins", 55 km en passant d'une forêt à l'autre, ne rencontrant qu'un seul village.

A travers la Franche-Comté

Mais on m'attend au bord du Lac du Bourget. Aussi, quittant le Haut-Jura, je file un peu vite vers le sud de la Franche-Comté, c'est à dire le Bugey, traversant le département de l'Ain (on ne peut pas se tromper, c'est écrit sur presque toutes les routes).

A travers la Franche-Comté

Je me dirige vers le Rhône. Pour cela, il faut passer la porte (la cluse), gardée par le Fort de l'Ecluse. Car le défilé de l'Ecluse est surveillé par une imposante fortification. A l'époque romaine, c'était une simple tour. Puis il devint une maison forte, remplacée par un fort au 13ème siècle, pour surveiller la route de Nantua à Genève. Il joua au cours des siècles un véritable rôle de frontière, verrouillant le défilé, gardant la route de Lyon. Sa position stratégique au-dessus du Rhône lui valut d'être âprement disputé par les Allemands en 1944.

"Toujours l'ennemi s'use / devant le Fort l'Ecluse", peut-on lire au-dessus de l'ancienne porte.

A travers la Franche-Comté

Je fais tout de même un détour par le Plateau du Retord ....

A travers la Franche-Comté

..... où j'ai rencontré (au zoom) cet adepte du body-building ...

A travers la Franche-Comté

En redescendant du plateau, la route me conduit ensuite  au barrage de Génissiat où je décide de faire à pied le circuit de découverte.

A travers la Franche-Comté

Pour les caractéristiques, je vous laisse lire quelques panneaux informatifs ...

A travers la Franche-Comté

Et, dernière excursion en Franche-Comté, je monte au Col du Grand Colombier***.

Culminant à 1531 m, le Grand Colombier est le sommet le plus élevé du Bugey. De là-haut, on peut apercevoir le défilé de l'Ecluse, et les 3 lacs : le Léman, le Bourget, Annecy. Mais la brume tombe avec le soir, et je ne vois bien que celui du Bourget, où la famille m'attend.

A travers la Franche-Comté

  Et en bas, c'est la Savoie, et le Lac du Bourget.

A travers la Franche-Comté

Allez, en prime pour ceux qui ont lu jusqu'au bout,  je rajoute ces cascades savoyardes, rencontrées au cours d'une balade dont j'ai oublié le nom ...

A travers la Franche-Comté
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28 décembre 2019 6 28 /12 /décembre /2019 12:44

La Manufacture nationale des Gobelins, dont l’histoire remonte au XVe siècle, abrite le Mobilier national -ancien garde-meuble de la couronne créé en 1663 par Louis XIV et Colbert- aujourd’hui en charge de l’ameublement des palais officiels de la République : palais de l’Élysée, ministères ... La Manufacture occupe le site actuel depuis le XVIIe siècle. Et comme ce n'est pas trop loin, nous y sommes allés à pied.
 

Noël aux Gobelins

En ce moment, le Mobilier national ouvre les portes de sa galerie d’exposition aux petits et aux grands pour célébrer la magie de Noël.

L'évènement est pensé pour les enfants et leurs parents : déguisements, maquillages, livret-jeu pour mieux comprendre les tapisseries, et, en partenariat avec la maison Lego, des ateliers de construction et la réalisation en Légo (des petites briques de une unité) d'une immense tapisserie, exposée ici :

Noël aux Gobelins

Et maintenant : BIENVENUE  chez  le  Roi  LOUIS XIV  !

Louis XIV aimait beaucoup la musique. Il jouait d'ailleurs de la guitare, de l'épinette et du luth. Dans cette tapisserie, il est représenté jouant de la lyre, instrument antique, attribut d'Apollon, dieu du Soleil. Un soleil qui devient dès le début de son règne l'emblème de Louis XIV.

Noël aux Gobelins

Louis XIV aimait beaucoup la musique. Il jouait d'ailleurs de la guitare, de l'épinette et du luth. Dans cette tapisserie, il est représenté jouant de la lyre, instrument antique, attribut d'Apollon, dieu du Soleil. Un soleil qui devient dès le début de son règne l'emblème de Louis XIV. Le Roi-Soleil.

Noël aux Gobelins
Noël aux Gobelins
Noël aux Gobelins

Vous vous demandez peut-être comment étaient fabriquées ces immenses tentures, qui pouvaient faire jusqu'à 3,50 m de haut et 5,50 m de long ?

Alors cliquez sur ce lien des Monuments Nationaux, et vous saurez tout (ou presque) :

 

Et en effet. Vous avez vu en haut la tapisserie réalisée en vrai et en légos. En voici le carton, qui est une toile à l'huile inversée. On y reconnait les personnalités de l'époque ...

Noël aux Gobelins

Le roi mange généralement en public, dans de la vaisselle d'or, d'argent ou de vermeil.. Le repas est constitué de nombreux plats, servis successivement : potages, entrées, salades, rôtis, entremets et "fruit" (le dessert). Voici un des plats en argent utilisé :

 

Noël aux Gobelins

Les rois et empereurs qui ont succédé à Louis XIV ont parfois voulu s'inspirer des objets qui avaient été créés pour le Roi-Soleil. C'est le cas de Napoléon III qui, deux siècles plus tard, commande des meubles et des objets qui ressemblent beaucoup à ceux du roi, comme cette jardinière ou ce joli meuble d'appui, qui imite un meuble de Boulle créé pour Louis XIV, mais avec des matériaux moins coûteux.

Noël aux Gobelins
Noël aux Gobelins
Noël aux Gobelins
Noël aux Gobelins

Et pour finir, un petit mot sur Charles Le Brun, directeur de la Manufacture des Gobelins.

Premier peintre de la Couronne pendant la période la plus prospère et la plus glorieuse du règne de Louis XIV, Le Brun, plus que tout autre, fut chargé d'exprimer par l'art les splendeurs de la cour du Roi-Soleil : c'est à son génie que l'on doit le Versailles (à l'exception de l'architecture à proprement parler) qui devait devenir le modèle des demeures princières de toute l'Europe. Le souci de glorifier le monarque absolu se retrouvait jusque dans les ameublements des palais.

Ce fut surtout le premier artiste français qui rencontra un large succès à l'étranger, et c'est de son époque que date le prestige dont l'art français a joui pendant près de deux siècles dans le reste du monde. Le Brun, l'organisateur, le fidèle serviteur de la monarchie absolue, le parfait administrateur d'un art dirigé, a inspiré le respect.

Noël aux Gobelins
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23 décembre 2019 1 23 /12 /décembre /2019 13:58

Retour à Paris, en une période fameusement choisie : les Fêtes et les grèves !

Mais quelques lignes de métro fonctionnent encore, notamment les lignes automatiques. La 14 nous permet de nous rendre à Châtelet, dont la Sainte Chapelle n'est pas loin.

Pour commencer, une vue d'extérieur que je n'ai pas pu faire moi-même, et empruntée à internet :

La Sainte Chapelle

Un petit historique ?

Elle est située au cœur de l'Ile de la Cité.

Le palais de la Cité, siège et résidence du pouvoir royal du 10ème au 14ème siècle, abrite la Conciergerie et la Sainte Chapelle, enchâssées dans ce qui est devenu le Palais de Justice. Entre 1242 et 1248, la Sainte Chapelle est édifiée, selon la volonté de Louis IX (futur Saint Louis) pour y conserver les reliques de la Passion du Christ. Parmi celles-ci, la plus célèbre, la Couronne d'Epines, est acquise en 1239 pour une somme énorme : 135 000 livres (la moitié du revenu annuel du royaume !), tandis que la construction de l'édifice lui-même n'en a coûté que un tiers : 45 000 livres.

La Sainte Chapelle

Les Saintes Reliques appartenaient aux empereurs de Constantinople depuis le 4ème siècle. En les achetant, Louis IX accroît le prestige de la France et de Paris qui devient, aux yeux de l'Europe médiévale, une "Nouvelle Jérusalem", et par-là même, la seconde capitale de la chrétienté.

La chapelle basse était le lieu de culte du personnel du Palais.

Le décor polychrome que l'on y voit actuellement  date, comme le décor sculpté du porche, de la campagne de restauration du 19ème siècle. Après la Révolution, il n'en restait rien, ni aucun dessin ou description. Les restaurateurs ont donc réinventé les décors, en se basant sur les 3 couleurs utilisées au moyen âge : rouge, bleu et or, et les usages du 13ème siècle : les fleurs de lys sur le fond azur des voûtes pour le roi, en alternance sur les colonnes avec les tours (castillos) sur fond pourpre, armes de la reine Blanche de Castille, mère de Louis IX.

La Sainte Chapelle

Rassurez-vous, vous verrez davantage de détails dans la vidéo de Pierre, à la fin de cet article. Je vous conseille d'ailleurs de la mettre en grand écran !

Dès l'origine, les reliques étaient présentées et vénérées dans la chapelle haute. Seuls le roi, ses proches et les chanoines chargés de l'office y accédaient par la terrasse extérieure, alors reliée au Palais (voir sur la photo du milieu, dans le premier montage).

C'est un véritable reliquaire monumental. Sculptures et verrières se complètent pour glorifier la Passion du Christ et donner l'impression d'accéder à la Jérusalem Céleste, baignée de lumière et de couleurs (mieux vaut la visiter quand il y a du soleil !).

Les 1113 scènes des 15 verrières racontent l'histoire de l'humanité, de la Génèse à la résurrection du Christ. Elles représentent des épisodes tirés de la Bible, sauf la dernière qui raconte l'histoire des reliques de la Passion, de leur découverte à Jérusalem par Sainte Hélène, à leur arrivée dans le royaume de France.

La Sainte Chapelle

Le plus extraordinaire, c'est que toutes ces verrières sont d'origine ! Même la révolution ne les a pas détruites.

Parmi les statues des 12 apôtres, "piliers de l'Eglise" et symboliquement disposées aux retombées des voûtes, seules six, dont Saint Pierre, sont d'origine.

"La grande châsse" contenant les 22 reliques de la Passion du Christ, dont le fragment de la Vraie Croix et la Couronne d'Epines, était exposée jadis sur la tribune, et fut refondue à la révolution. Les reliques subsistantes, qui étaient conservées depuis dans le trésor de Notre-Dame de Paris ont dû encore déménager ...

La Sainte Chapelle

Les 100 chapiteaux à décors de feuillages des murs latéraux sont tous différents. Les anges rappellent les 42 scènes de martyres figurant dans les quadrilobes. A mon avis, il y aurait bien besoin d'une campagne de restauration aussi de ce côté-là !

Reste la grande Rose occidentale. Bien que le vitrage ne soit pas d'origine, elle a repris le même sujet qui illustre le livre de l'Apocalypse de Saint Jean. Au centre de la rose, le Christ revient en gloire à la fin des Temps pour juger les vivants et les morts.

 

La Sainte Chapelle

Aujourd'hui, la Sainte Chapelle et la Conciergerie sont les seules parties encore visibles du plus ancien palais des rois de France.

Maintenant, cadeau de Noël, voici trois minutes d'émerveillement !

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26 novembre 2019 2 26 /11 /novembre /2019 09:17

Le cœur de Paris est dans le 1er arrondissement, où on trouve l'un des plus anciens quartiers de la ville, le quartier des Halles, qui date du tout début du Moyen Age.

Ce qui s'impose à nous, en arrivant, c'est l'église Saint Eustache. Et puis le Forum des Halles, et la Bourse du Commerce.

Les Halles, un peu d'histoire :

Au milieu du XIXe siècle, douze pavillons sont construits par Victor Baltard sur l'emplacement des Halles de Paris. Le marché central de vente en gros est déplacé à Rungis à la fin des années 1960 et les pavillons Baltard sont détruits, laissant un « trou » au centre de Paris durant quelques années. Le Forum est alors construit puis inauguré en 1979, au-dessus du principal nœud de RER et de métro de Paris. Dans les années 2010, le site est totalement repensé et rénové, avec comme principale innovation architecturale sa couverture, La Canopée, faite de verre et de métal.

Pour photographier le Forum des Halles, ce n'est pas facile du tout. Non seulement c'est grand, mais les arbres plantés lors de sa construction ont beaucoup grandi et cachent ... la Canopée. J'ai donc emprunté quelques photos à internet.

Au cœur de Paris

Vue de l'intérieur, la Canopée, ça donne ceci :

Au cœur de Paris

L'église Saint Eustache

Inspirée de Notre-Dame, elle date du 13ème siècle. Il y a tant à dire sur cette église, que je vous mets le lien de Wikipédia, qui est très complet et avec beaucoup de photos. Pour ceux qui veulent du vite fait, je vous mets quand même quelques unes des miennes !

Au cœur de Paris

Cette église est surtout célèbre pour son Grand Orgue du 16ème siècle. Avec près de 8 000 tuyaux, l'orgue de Saint-Eustache est le plus grand orgue de France.

Depuis 1989, l'orgue est relié à deux consoles identiques, la première, classique, se situe au niveau de l'orgue tandis que la deuxième, mobile, permet à l’organiste de jouer dans la nef au milieu du public.

Vous trouverez ses caractéristiques à la fin de l'article de Wikipédia

Jouée sur le Grand Orgue de Saint Eustache

Au cœur de Paris

Cette grosse construction ronde au fond de la place, c'est l'ancienne Halle au blé, construite à partir de 1763 sur le site de l'ancien Hôtel particulier de Catherine de Médicis. Dans le but de la prémunir contre le feu, elle fut couverte de la première coupole en fonte de fer de grande portée.

En 1886 elle fut transformée en Bourse des Marchandises (Bourse de Commerce) et inaugurée pour l'Exposition Universelle de 1889.

Elle est maintenant en travaux pour devenir un musée d'Art Contemporain qui accueillera la Collection Pinault. Ouverture prévue en Juin 2020

 

Au cœur de Paris

Et nous arrivons au Palais Royal.

Comme le dit la chansonnette, le Palais Royal est un beau quartier ... c'est en tout cas un ensemble monumental (palais, jardins, galeries, théâtre) qui est un haut lieu de l’histoire de France et de la vie parisienne.

Construit par Richelieu en 1628, le Palais-Cardinal, donné au roi Louis XIII en 1636, sert de résidence à Louis XIV enfant pendant les troubles de la Fronde et devient le Palais-Royal.

Donné en apanage à Philippe d'Orléans en 1692, le Régent y réside. Le futur Philippe Egalité y réalise en 1780 une grandiose opération immobilière conduite par l'architecte Victor Louis, en encadrant le jardin de constructions uniformes et de galeries qui vont devenir pendant un demi-siècle, par leurs cafés, restaurants, salons de jeu et autres divertissements, le rendez-vous à la mode d’une société parisienne élégante et souvent libertine. La fermeture des maisons de jeu y mettra fin en 1836.

Il est affecté à partir de 1871 à différentes administrations de la République. Il abrite aujourd’hui le Conseil d'État, le Conseil constitutionnel et le ministère de la Culture.

Au cœur de Paris

Vous avez bien sûr reconnu les "Colonnes de Buren" !

L’introduction de l’art contemporain au Palais-Royal en 1985 à l'initiative du ministère de la Culture dirigé par Jack Lang, avec l’implantation d’une composition monumentale, les colonnes de Buren, dans la cour d’honneur (qui servait alors de parking à quelques privilégiés) déclencha une nouvelle bataille des anciens et des modernes, teintée d’arrières pensées politiques. Elles sont devenues aujourd'hui l’une des étapes incontournables du Paris touristique.

Et voici le lien de Wikipédia qui vous apprendra toute l'histoire fabuleuse et en détails de ce Palais

Au cœur de Paris

Tout à côté du Palais Royal, nous voici Rue des Petits-Champs, à l'entrée de la Galerie Vivienne.

Au cœur de Paris

Edifiées pour la majorité au 19e siècle, ces galeries percées au milieu des immeubles et surmontées de verrières constituent une curiosité architecturale typique de Paris. Leur but était de protéger la population aisée de la boue et de l'agitation des rues en leur offrant des passages protégés des intempéries par de belles verrières et regroupant de nombreux commerces et restaurants en un seul et même lieu.

Ça c'est le but avoué. Mais, m'a dit mon guide, c'était aussi une question financière. Car les commerces installés sur les Grands Boulevards étaient tributaires d'un impôt très élevé. Ceux ouverts dans ces passages couverts ne relevaient pas de cet impôt. Ce qui explique que Paris comptera jusqu'à une trentaine passages couverts dans les années 1850 et exportera le modèle vers plusieurs autres villes en France puis à l'étranger.  Aujourd'hui, Paris ne compte plus que 21 passage couverts ouverts au public.

La Galerie Vivienne, construite en 1823, est l’une des plus emblématiques galeries parisiennes. Située au calme, derrière la bibliothèque Richelieu et tout près du Palais-Royal, sa visite vaut la peine. Au sol, on admire les mosaïques aux motifs colorés. On lève les yeux pour apprécier la belle verrière qui laisse passer la lumière. Les commerces sont nombreux : boutiques de prêt-à-porter, salons de thés, boutiques de gourmandises, caves à vins, épiceries, librairies anciennes… On accède également à la Galerie Vivienne par les rues de la Banque et Vivienne.

Au cœur de Paris

Et nous retraversons le Palais Royal pour nous rendre à la Comédie Française, où nous nous égayons d'une aubade  ...  originale !  Un moment bon-enfant, même si ceux-là ont encore besoin de quelques répétitions  ...

 

Et devant la Comédie Française, voilà une drôle d'entrée de métro. On l'appelle le Kiosque des Noctambules. Il est réalisé par l’artiste Jean-Michel Othoniel pour la station Palais Royal.

Au cœur de Paris

Un peu plus loin, une autre entrée de la station Palais Royal, c'est un entourage Guimard.

Quès aco ?

En 1899, la Compagnie du Métropolitain de Paris demande à Hector Guimard de concevoir différents types d’entrées pour le métro : des mini-gares, des édicules (des entrées couvertes : nous n'en avons pas vues sur nos parcours) et des entourages simples (des entrées non couvertes). Hector Guimard est un architecte appartenant au mouvement Art Nouveau. Ses ouvrages en fonte servent à signaler les entrées du tout nouveau métro parisien. A l’époque, leurs formes innovantes ne font pas l’unanimité et ils sont très critiqués.

Par la suite, les entrées de métro ne sont plus aussi avant-gardistes. Les entourages sont en pierre ou en fer forgé. Les entrées sont signalées par des candélabres (des mâts portant une lampe).

Au cœur de Paris

Je fais part à mon guide de mon désir d'aller voir la Sainte Chapelle.

Nous voilà donc traversant le Louvre par la Cour Carrée, que nous n'avions pas vue ....

.... puis admirant le Pont Neuf, dans l'autre sens, depuis la Passerelle des Arts,

Au cœur de Paris

Re-voici l'église St Germain l'Auxerrois, le Châtelet, puis la Conciergerie à laquelle on accède par le Pont aux Changes, et la fameuse Horloge qui a donné son nom au Quai ... de l'Horloge. Elle orne la Tour de l'Horloge du Palais de la Cité. En 1370 elle fut la première horloge publique à Paris, construite par Henri de Vic, horloger lorrain, mais n'eut son cadran extérieur qu'en 1418.

On doit à Henri III le cadran actuel (quoique restauré plusieurs fois depuis), en 1585.

Au cœur de Paris

La Sainte Chapelle est juste après le Palais de Justice. Malheureusement, la visite ferme dans 20 minutes, et on n'a plus le droit d'entrer. Ce sera donc pour une autre fois.

Et comme nous sommes sur l'île de la Cité, Notre-Dame est omniprésente. J'en profite pour vous présenter mon guide, occupé à chercher le chemin le plus court qui permette de voir un maximum de choses intéressantes ....

Au cœur de Paris

Du 36, Quai des Orfèvres ( c'est l’adresse de la police judiciaire à Paris. Cette adresse a déjà donné lieu à plusieurs films célèbres, dont Quai des Orfèvres, de Clouzot avec Louis Jouvet), nous gagnons la Rive gauche par le Pont St Michel pour voir la célèbre Fontaine Saint Michel, voulue par Haussmann sous Napoléon III dans son plan d'aération de la ville. Elle est en fait le point de rendez-vous des parisiens.

De là, tout naturellement, nous prenons la Rue de la Huchette.

Célèbre dès la fin du Moyen Age pour ses auberges, et au 17ème siècle pour ses rôtisseurs et ses cabarets, elle était aussi malfamée, et ses coupeurs de bourse renommés. Les maisons anciennes y sont nombreuses.

La rue a retrouvé son activité bourdonnante du moyen-âge avec l'ouverture de nombreux restaurants méditerranéens ou exotiques. On y trouve également le Théâtre de la Huchette, où se jouent sans interruption depuis le 16 février 1957 les deux premières pièces de Eugène Ionesco : La Cantatrice Chauve et La Leçon.

Au cœur de Paris

Les rues s'animent, la lumière décline, ce qui rend les éclairages plus vifs, plus gais.

Il est temps de faire une pause. L'île Saint Louis est à côté. Nous irons donc nous offrir une glace chez Berthillon. C'est l'adresse mythique à tester les yeux fermés, me dit mon guide. Alors allons-y, mais les yeux grands ouverts encore.

Au cœur de Paris

Tandis que nous dégustions nos succulentes glaces, la nuit est tombée. Nous rentrerons en métro.

Et demain, c'est le départ. Mais je reviendrai, il y a encore trop de choses à voir et à savoir ...

A bientôt ...

 

Au cœur de Paris
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25 novembre 2019 1 25 /11 /novembre /2019 11:03

Cet après-midi, nous nous intéresserons au réseau fluvial de la ville de Paris.

Pour commencer, direction les quais de Bercy, dont toute une partie, énorme, était occupée par les entrepôts de Bercy. C'était un ensemble réservé aux négociants en vin où l'on recevait, stockait et redistribuait vins et spiritueux. Rendez-vous, donc, à la cour Saint Emilion, où l'on a conservé les façades de quelques uns de ces entrepôts. C'est une voie privée du centre commercial Bercy Village, et elle n'est accessible que lors de son ouverture :  une cour pavée bordée de chais de pierre blanche et de terrasses tranquilles. Une architecture où la pierre se marie à l'acier, au bois et au verre. La Cour Saint-Emilion et ses 42 chais classés à l'inventaire supplémentaire des Monuments Historiques est le dernier vestige des entrepôts de Bercy où pendant plus d'un siècle s'est tenu le plus grand marché vinicole du monde. On peut toujours voir les rails du chemin de fer qui menait les chargement jusqu'au bord du quai.

Les canaux de Paris  . . .  à vélo

En suivant la Seine, les quais de Bercy se prolongent. Ce quai a été mis en place avant 1672. À partir de 1570, ce lieu était le terminus des trains de bois en provenance du Morvan et celui où s'y traitait le bois de construction et de chauffage de Paris.

Et nous arrivons au Port de l'Arsenal.

C'était autrefois un port de marchandises qui est devenu depuis 1983 un port de plaisance. Il fait partie du réseau des canaux parisiens et constitue la liaison entre la Seine et le Canal Saint Martin par l'intermédiaire d'une écluse, le bassin de l'Arsenal étant doté d'un plan d'eau qui se trouve à 3 m au-dessus du niveau de la Seine.  L'écluse de l'Arsenal est la 9e écluse du canal Saint-Martin. Le port et le canal se rejoignent en passant sous la place de la Bastille. D'ici, on peut d'ailleurs voir la colonne de Juillet.

 

 

 

Les canaux de Paris  . . .  à vélo

Pour retrouver la place de la Bastille, malheureusement, impossible de continuer par le quai qui est fermé pour travaux. Empruntons donc la rue. Mais aujourd'hui, il fait grand jour et j'ai pu photographier la célèbre Colonne de Juillet, ainsi que l'Opéra-Bastille.

Les canaux de Paris  . . .  à vélo
Dès la Renaissance, le prévôt des marchands et les échevins de Paris se préoccupèrent du difficile approvisionnement de leur ville. Les voies d'eau permettaient de transporter les plus lourdes charges avec le minimum d'efforts.
De 1529 à 1636, la rivière d'Ourcq fut aménagée sur une quarantaine de kilomètres entre Silly-la-Poterie (dans l'Aisne) et sa confluence avec la Marne près de Lizy-sur-Ourcq. Le lit naturel de la rivière fut redressé, des barrages et des ouvrages de canalisation construits. Du fertile duché de Valois et de la forêt de Retz (Villers-Cotterêts) furent ainsi acheminés à Paris des céréales, du bois de chauffage ou de construction et des pierres à bâtir.
 
Vers 1800, le Premier consul, Napoléon Bonaparte, décida que les Parisiens, qui manquaient d'eau, disposeraient d'une eau de bonne qualité, en quantité suffisante.
Il décida par la loi du 29 floréal an X, de créer les canaux Saint-Martin, Saint-Denis et de l'Ourcq.
Le projet de Pierre-Simon Girard fut retenu afin de résoudre les problèmes d'alimentation en eau potable de Paris et de navigation dans la capitale. Il présentait également l'avantage de créer un ensemble de canaux coupant une boucle de la Seine. Ceci devait permettre à la navigation d'éviter la traversée délicate du centre de Paris tout en permettant l'établissement de ports.
La coupure du premier méandre de la Seine sera réalisée par l'ensemble formé par le canal Saint-Martin, la partie aval du canal de l'Ourcq (bassin de la Villette) et par le canal Saint-Denis. Cela a permis de raccourcir de 35 à 12 km le trajet entre le Quai Henri IV et l'île Saint-Denis en passant sous la place de la Bastille et en même temps d'apporter de l'eau potable au cœur de la capitale.

Sur les deux premiers kilomètres, le Canal Saint Martin est souterrain, sous le Boulevard Richard Lenoir. Nous le suivons par la piste cyclable. Il sort au jour par une double écluse.

Pour vous y retrouver, voilà un petit schéma des différentes voies fluviales de Paris

Les canaux de Paris  . . .  à vélo
Les canaux de Paris  . . .  à vélo

Sur son trajet, il est enjambé par d'élégantes passerelles, dont celle de la Grange-aux-Belles, qui fait face à l'Hôtel du Nord, deux ponts et deux ponts tournants qui s'ouvrent à la circulation. Au bout de 1,8 km, nous arrivons à la Rotonde de La Villette après avoir passé encore quelques écluses, puisque celle de l'Arsenal est la neuvième.

Les canaux de Paris  . . .  à vélo

Mon guide a fait lui-même ce parcours en péniche en juin 2014. Et il m'a autorisée à vous montrer la vidéo qu'il en a faite. Vous y voyez le parcours souterrain, les 2 ponts tournants et même le fameux pont-levant des entrepôts de la rue de Crimée, entre les 2 Bassins de la Villette, jusqu'à la Géode.

Les canaux de Paris  . . .  à vélo

Après la Géode (actuellement fermée pour travaux) dans la Cité des Sciences, nous avons continué jusqu'à la Grande Halle et la Cité de la Musique, avec le curieux bâtiment de la Philharmonie;

Les canaux de Paris  . . .  à vélo

Pour la bonne bouche, j'ai aimé ce manège qui, à la place des chevaux de bois, a adopté des moyens de déplacement. Il m'a fait penser à Jules Verne. On y trouve une montgolfière, un sous-marin, un tramway, un avion ... et même une fusée !

Les canaux de Paris  . . .  à vélo

Pour nous c'est le retour. C'était une belle balade de 28 km AR, tout de même !

Sur cette vidéo, vous visiterez, sur un rythme beaucoup plus rapide, la campagne traversée par le Canal de l'Ourc. A vos pagaies !

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  • : scandinadream.over-blog.com
  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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