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30 octobre 2015 5 30 /10 /octobre /2015 18:18

Samedi 10 Octobre 2015 - 3ème étape.

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Aujourd'hui, l'étape prévue est rude : il faut remonter le Fango (la rivière) en suivant le chemin de randonnée "Tra Mare e Monti" (entre mer et montagne) jusqu'à Barghiana, et emprunter alors le "Chemin de la Transhumance" jusqu'au refuge de Buscaghia, à 1117 m, en passant un col à 1329 m : la Bocca di Capronale.

Pour nous éviter 15 km de goudron à plat, l'aubergiste nous emmène en voiture à Barghiana, d'où nous gagnons Mont Estremo, où commence (ou fini, selon la saison) le Chemin de la Transhumance. Il nous reste tout de même 1300 m à monter et plus de 300 m à descendre !

Le chemin de la transhumance

La route de la transhumance constitue une voie de communication historique. Au cours des siècles passés, les bergers du Niolu passaient par les cols de Guagnarola (1833 m, celui de demain) et Caprunale (1329 m, celui d'aujourd'hui) pour une transhumance hivernale de leurs troupeaux dans le Falasorma, c'est à dire le bassin du Fango, là où nous sommes. Une des parties les plus sauvages de la Corse.

A la fin du printemps, fuyant notamment la malaria qui sévissait dans les vallées, ils regagnaient leurs montagnes pour une période d'estive. Le voyage durait généralement 2 jours. A l'issue de la première journée, les bergers s'arrêtaient à la bergerie de Puscaghia pour se reposer et passer la nuit. Le soir, près du feu, la veillée s'organisait autour de chants polyphoniques et d'histoires racontées par les anciens.

Dans le Falasorma, les dernières grandes transhumances datent du début du siècle dernier. A cette époque, la population active était majoritairement composée d'éleveurs. Actuellement cette pratique est en nette régression. Ils sont en tout moins d'une dizaine d'éleveurs à perpétuer la tradition.

Que reste-t-il de ce chemin ?

De belles calades sur certaines portions de chemin, les ruines du couvent de Santa Maria (dont il ne reste que l'abside et la pièce où les moines faisaient leur vin), des fontaines aménagées en pleine montagne, des murs de soutènement qui semblent à toute épreuve ...

Le chemin de la transhumance

La brume nous rejoint, et avec les couleurs d'automne et les pins Laricio, nous offre de splendides vues tout le long de cette montée une peu dure, car nous ne sommes pas encore aguerris. Mais c'est magnifique.

Le chemin de la transhumance

Les péripéties du jour ?

- le passage un peu délicat du Fango. L'eau est si claire que l'on n'en voit pas la profondeur sur la photo.

- la rencontre avec les habitantes de la montagne : les vaches sauvages.

- l'arrivée au col de Capronale : un vent sauvage et glacé nous y accueille, accompagné de pluie. Pas le moment de traîner !

Le chemin de la transhumance

Enfin, le refuge de Puscaghia.

Nous le découvrons de haut, mais il reste 45 minutes de descente pour l'atteindre.

Ce sont les anciennes bergeries, aux toits végétalisés. Il n'est plus gardé à cette époque, mais il est cependant ouvert.

Le chemin de la transhumance

Ramasser du bois et des pommes de pin, allumer du feu dans la cheminée, chercher de l'eau à la source et la mettre à chauffer, faire une bonne soupe (déshydratée !), installer les duvets, se changer ... voilà ce qui occupe une partie de la soirée.

Après le coucher du soleil (qui a fini par se montrer !), la veillée, quoique douce, ne sera pas longue : vaincus par la fatigue, nous dormons comme des bébés jusqu'au lendemain ...

Le chemin de la transhumance

Dimanche 11 Octobre 2015 - 4ème étape.

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Ce matin le ciel est dégagé, et nous continuons le chemin de la transhumance vers le Col de Guagnarola (1833 m). Donc encore 800 m de montée, puis ce sera la descente de 200 m pour rejoindre le Golo et le GR 20, dans ce Val du Niolo d'où partaient les bergers.

Le paysage est époustouflant ! Roches roses et pins laricio aux branches horizontales forment de saisissants contrastes. Malheureusement, l'exposition n'est pas propice aux photos. Nous montons dans l'ombre et avons hâte de gagner le soleil pour nous réchauffer.

Le chemin de la transhumance

Michel n'est pas rassuré : un œil noir le regarde, bien campé au milieu du chemin. Mais Alain sait parler aux vaches ...

Le vent se lève, annonciateur du col de Guagnarola. Encore un effort !

Nous y sommes. Mais il y fait si froid que nous n'enlevons pas les sacs pour la photo. On devient des pros du retardateur !

Le chemin de la transhumance

Et nous découvrons le Val de Niolo. Et on comprend la raison de la transhumance : une végétation maigre, un environnement rude, peu d'arbres donc pas de bois ...

Le chemin de la transhumance

Nous continuons maintenant sur le GR 20.

En route, une cascade magnifique, et dans ce paysage quasi désertique, la bergerie d'estive de Radule. Mais les bêtes sont déjà redescendues, et il n'y a plus personne.

Le chemin de la transhumance

Et c'est à travers la forêt que nous rejoignons enfin notre gîte de ce soir, dans la mini station de ski de Castel di Vergio.

Le chemin de la transhumance
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29 octobre 2015 4 29 /10 /octobre /2015 10:17

Vendredi 9 Octobre 2015, 2ème étape.

Ce matin, 7 h 30, le ciel est couvert. En attendant le petit déjeuner, j'essaie de trouver le chemin du vieux fortin qui veille sur la baie de Girolata, seul mouillage sûr pour les marins entre Cargèse et Calvi. Quelqu'un me dit qu'on ne peut y aller pour l'instant, pour cause de restauration et de fouilles archéologiques. Ouverture au public prévue en 2017 ...

Alors j'arpente le village jusqu'à l'ancienne aire de battage, parfaitement circulaire, tout en haut du village. Car ces maquis qui entourent le village n'ont remplacé les cultures, blé notamment, que depuis la guerre de 14-18. La Corse ayant donné beaucoup de ses hommes au combat, l'agriculture, exigeante en bras dans ces régions de montagnes, n'a pas repris.

Le maquis, le granit et la mer ...

Puis nous partons pour Galeria, en continuant le sentier du facteur. C'est un des lieux les plus sauvages de Corse : on monte et on descend à travers le maquis et les roches de granit rouge, mais avec toujours la vue sur la mer. Magnifique, même si c'est un peu brumeux aujourd'hui.

Le maquis, le granit et la mer ...

En tout, 700 m à monter ... et à redescendre ! avant d'arriver à Galeria.

J'en profite pour vous présenter la fine équipe :

Michel, fin connaisseur de la Corse, promu guide et organisateur de la randonnée.

Alain, qui s'avéra être notre découvreur de gués. Ouf !

Claudine, dite "Popeye" pour de mystérieuses raisons ...

Elisabeth, votre chroniqueuse, ou Mamietopset pour les cisteurs.

Le maquis, le granit et la mer ...
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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 17:47

Jeudi 8 Octobre 2015

Ajaccio.

Débarquement du ferry à 7 h 20. Le jour se lève.

Ça se Corse !

A cause des 20 minutes de retard du bateau, nous ne pouvons pas gagner Girolata par voie de mer, et nous partons donc vers la gare ferroviaire où nous prenons la solution de secours : le train jusqu'à Calvi en passant par Corte et en changeant à Ponte Leccia, Puis un bus jusqu'au Col de la Croix, et nous terminerons à pied par une partie de la "Boucle du Facteur". L'Office du tourisme nous a garanti que ce bus était en service jusqu'au 15 Octobre ... Regardez un peu sur la carte le joli détour que cela fait, alors que c'était si court en bateau :

Ça se Corse !

Le train est un "tortillard" aux voies étroites remis au goût du jour (il y a 5 ans, c'était encore une micheline). Le paysage est superbe ; la partie la plus spectaculaire est dans le bassin du Vecchio, affluent du Tavignano, que nous suivrons un des jours prochains. Les pentes sont sévères et sinueuses, la voie creusée dans la montagne surplombe le ravin d'une centaine de mètres.

Partis du niveau de la mer, nous sommes à près de 900 m en arrivant à Vizzavona, après un tunnel de 3916 m, le plus long de la ligne.

Ça se Corse !

Quant au viaduc connu sous le nom de Ponte de Vecchio, inscrit aux monuments historiques, il fut conçu par la société Eiffel et réalisé de 1890 à 1892. Du train, je n'en ai vu que l'ombre. Mais quelques jours plus tard, nous sommes passés en-dessous ...

Ça se Corse !

A Ponte Leccia, nous changeons de train pour partir sur la ligne de la Balagne, qui va jusqu'à Calvi, via l'île Rousse.

Le paysage est alors fait de rudes collines, avec une rare végétation. Nous atteignons la côte par une multitude de courbes et de lacets qui nous offre des vues saisissantes, jusqu'au Désert des Agriates.

Ça se Corse !

Et puis c'est la mer, d'un bleu rêvé, sur 25 km jusqu'à Calvi.

L'île Rousse, la Baie de Calvi avec son 5 mâts ... finalement, le train, c'était bien aussi. Pas de regrets (pour l'instant !)

Ça se Corse !

Et nous voilà installés sur un banc pour pique-niquer en attendant le bus, (2 heures 1/4 à attendre), devant une station service.

Au bout de 2 h 30, toujours pas de bus.

Et voilà la Dame de la station qui sort et nous demande gentiment ce qu'on attend. Car il n'y a plus de bus depuis le 30 septembre, nous dit-elle ! Pourtant, un autre voyageur a été renseigné comme nous aujourd'hui-même par l'Office de tourisme !

Bon, hé bien il n'y a plus qu'à trouver un taxi. La Dame de la Station nous dépanne très gentiment en en appelant un pour nous. Mais c'est douloureux : 140€ pour 57 km en taxi. Heureusement que nous sommes 4 !

Dommage, le taxi avait les vitres teintées très foncées. Paysages fantastiques, mais photos impossibles !

Et nous voici au Col de la Croix, à la table d'orientation. Prêts à partir, avec entre 12 et 15 kg sur le dos chacun. Mais comme nous avons perdu beaucoup de temps, la photo de présentation sera pour demain. Il nous faut marcher 2 h 30 pour arriver à notre gîte à Girolata, accessible uniquement par un sentier ou par la mer.

Ça se Corse !

Le chemin pour gagner le village isolé de Girolata est emprunté tous les jours par le facteur, Guy .. Il est devenu une célébrité, et ce parcours est devenu "le sentier du facteur". C'est un paysage fabuleux : des rochers rouges, la mer bleue, le vert éclatant d'une végétation boostée par les pluies récentes. Un régal.

Nous avons aussi rencontré une des nombreuses vaches sauvages de l'île. Maigre à faire peur, on se demande comment elle peut trouver ici sa nourriture ! En plus la fontaine trouvée en route est à sec.

Ça se Corse !

Nous avons d'ailleurs appris par la suite que ces vaches, qui n'appartiennent à personne, sont un véritable fléau dans certaines régions : poussées par la faim, elles peuvent dévaster des jardins ou causer des accidents sur la route.

Mais le soir tombe tôt en cette saison. Il nous reste à contourner la baie de Girolata quand arrive le crépuscule. A 19 h 30, il était temps d'arriver !

A demain ...

Ça se Corse !
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  • : scandinadream.over-blog.com
  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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