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27 septembre 2020 7 27 /09 /septembre /2020 10:45

Ce joli nom de Margeride, qui m'a toujours fait rêver, appartient à la région au nord-est de l'Aubrac, aux limites des départements du Cantal, de la Haute-Loire et de la Lozère.

 

C'est une montagne qui abrita le Maquis du Mont-Mouchet, durant la Seconde Guerre Mondiale. Et aussi la non moins célèbre Bête du Gévaudan, dont la férocité fût telle à la fin XVIIIe siècle qu’elle se rappelle encore à nous.
Terre rude, faite de granite, celui-là même qui se retrouve sur les façades des maisons, donnant lieu à d’imposants corps de ferme.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Sur ma diagonale, la Margeride commence aux Gorges de la Truyère.

Prenant sa source en Margeride, la Truyère a creusé des gorges grandioses et sauvages. Ces gorges autrefois profondes, sauvages, infranchissables ont à la fin du XIXe et au XXe siècle fait l’objet d’une épopée humaine.

Les 170 km de la Truyère attisèrent les regards des ingénieurs de l’époque. L’électrification d’une nation est en marche. Dans une contrée où la ressource et la force de l’eau sont peu exploitées, la création de plusieurs barrages s’impose. En 1934, le barrage de Sarrans est le premier. S’en suivent ceux de Grandval en 1959 puis Lanau en 1962.

La Truyère a été domptée par l’homme. Sa fougue a cédé la place à la quiétude et le paysage se révèle autrement.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Le château d'Alleuze est bâti sur un piton dont le barrage de Grandval a fait une presqu'île. Les évêques de Clermont furent les commanditaires du château au milieu du 13e siècle, et il leur servit notamment de grenier à dîme (elle pouvait être payée en nature), mais ils n'en assuraient pas la défense.

Une histoire mouvementée :

Pendant la guerre de Cent Ans, en 1383, Bernard de Garlan, dit « le méchant bossu », chef d’une bande de pillards s’en empare facilement et s’y installe avec ses hommes.

Le site devient le quartier général de ses futures "forfaitures". Il menace la ville de Saint Flour, et rançonne les paysans et les marchands. N’ayant jamais été délogés par la force, ils ne quittent les lieux qu’en 1391, en échange d’une importante rançon.

Mais l’évêque de Clermont n’est toujours pas disposé à faire garder le château. Pour éviter que Garlan ait des successeurs, les habitants de Saint-Flour incendient le château en 1405. À l’issue d’un procès, l’évêque en obtient la restauration par les Sanflorains, ainsi que le versement de lourdes indemnités.

Le château d'Alleuze fut pris par les Huguenots en 1575, puis, à la fin des guerres de religion, les tours du château furent utilisées comme geôles par les évêques de Clermont.

A la Révolution, il devient propriété de la commune.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Une architecture « royale » : les vestiges visibles aujourd’hui sont ceux du château du 13e siècle, mais dont le niveau supérieur a été reconstruit au début du 15e siècle. Malgré l’escarpement du site, il offre un plan régulier qui suit le modèle royal diffusé à partir de 1200 par Philippe-Auguste et adopté par les évêques de Clermont pour leurs différents châteaux.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Au pied du château se trouve l'église de St Illide. En suivant le chemin de croix, il est possible d'accéder à la chapelle St Michel et au village de Barge. Moi, je l'ai seulement photographiée au zoom : il faisait vraiment trop chaud !

Le nom de l’église St-Illide est un autre nom de St-Alyre, qui fut le 4e évêque de Clermont. Le bâtiment actuel est daté du 15ème siècle et a été rebâti sur un précédent du 12ème, détruit en 1390. Vous devinez par qui ?

L’église de St Illide d’Alleuze est classée aux monuments historiques.

La petite image est d'internet. Je ne suis pas montée assez haut pour prendre cette photo, avec le château au fond. Honte à moi ...

La diagonale ( 3 ) en Margeride

En remontant toujours la Truyère, on arrive à un autre viaduc : Le Viaduc de Garabit.

Au début des années 1800, la construction du viaduc de Garabit a suscité une grande attente autour de la prouesse technique du projet et est même allé jusqu’à attirer la presse américaine. On compare même l’ampleur du phénomène à celui engendré à la construction, bien plus tardive, du viaduc de Millau.
Il faut dire que l’envergure de la réalisation est visionnaire pour l’époque et que ses 122 mètres de hauteur, son demi-kilomètre de longueur et ses 20.000 mètres cubes de maçonnerie ont représenté le plus grand ouvrage métallique du monde. 
 
Mais ... contrairement à ce que l'on croit souvent, ce n’est pas Eiffel qui l’a conçu
Bien que Gustave Eiffel soit largement associé au viaduc de Garabit, c’est en réalité Léon Boyer, ingénieur des ponts et chaussées, qui a conçu le projet. Il a ensuite confié la réalisation à la société de Gustave Eiffel. 
La diagonale ( 3 ) en Margeride

En 1994, le viaduc est repeint en raison du vieillissement de sa peinture et l’apparition de rouille sur les parties les plus exposées aux intempéries.

La couleur est choisie en fonction des teintes les plus couramment employées à la fin du XIXe siècle : la couleur d’origine de la tour Eiffel est le rouge.
C’est aussi celle du Golden Gate Bridge de San Francisco et du Forth Bridge en Écosse. Le "poinsettia" ou rouge "Gauguin" est  retenu. 

38 tonnes de peinture sont utilisées, couvrant une surface de 51 000 m2.

Lieu de tournage de plusieurs films, le viaduc de Garabit fut aussi le théâtre d’histoires tragiques. Il a pu être tristement connu pour le nombre de personnes qui s’y sont donné la mort. Une tragédie s’est déroulée en avril 1900, quand deux amoureux sont venus ensemble se jeter du haut du viaduc, désespérés de ne pouvoir se marier suite au désaccord de leurs parents. 

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Vous voulez tout savoir sur ce viaduc ? Allez voir le site de Passerelle(s), et cliquez sur la flèche à droite ...

Et voilà le joli village de Ruynes en Margeride, très accueillant aux camping-car. Il est dominé par sa tour du XIIème siècle. Le château de Ruynes (on pourrait dire : le château en ruines) était une ancienne propriété de Louis XV. L'édifice a été démantelé à la Révolution et aujourd'hui on ne peut admirer que son donjon et quelques vestiges des anciens remparts.

Le village de Ruynes-en-Margeride est presque tombé de la dernière pluie : il naît officiellement après la Révolution française, en 1790, sous le nom de la Foraine de Ruines. Au cours du XIXe siècle, il absorbe plusieurs communes alentours pour prendre sa taille actuelle, et se rebaptise en 1962.

C'est sur son territoire que s'élève le viaduc de Garabit. Pour une rive.

 

La diagonale ( 3 ) en Margeride

Il me reste à rendre hommage aux maquisards du Mont Mouchet, un des sommets de la Margeride. Il fait frais, là-haut, à environ 1450 m : après une nuit dans la forêt, par beau temps, il faisait 6° au réveil dans mon camion. Dur-dur pour quitter la couette !

Quelques pages d'histoire se sont déroulées sur ces pentes. D'abord, la Bête du Gévaudan, qui fut abattue près de là le 19 juin 1767.

Mais le mont Mouchet fut surtout le théâtre, en , de la bataille du Mont Mouchet qui opposa la Wehrmacht à la Résistance française. Depuis, il a reçu la visite de 4 présidents de la République. Un mémorial de la résistance y a été construit, de même qu'un Musée de la Résistance, à la mémoire des maquisards du Haut-Gévaudan. Qui venait juste de fermer quand je suis arrivée, un peu tard, c'est vrai. Ce qui ne nous a pas empêchés, Charly et moi, de faire une belle balade dans la forêt.

La diagonale ( 3 ) en Margeride

A la semaine prochaine pour les BONUS de la Diagonale ... et la Carte !

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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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