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12 mars 2017 7 12 /03 /mars /2017 19:26

Mardi 7 mars 2017

CALLOSA D'EN SARRIA

A la recherche d'un camping tranquille dans l'intérieur des terres, nous arrivons à Callosa d'En Sarria. Mais que cachent donc toutes ces toiles tendues dans la montagne ? Il y en a partout !

DES  NÈFLES  !

 

C'est que nous sommes dans la capitale mondiale de la nèfle ! Et sous ces abris de toiles poussent des néfliers du Japon, qui sont ainsi protégés du vent.

Mais attention à ne pas confondre avec la petite nèfle brune, qui mûrit en automne dans nos pays froids, et qui est à peine mangeable quand elle a subi la gelée et qu'elle est blette. Ça c'est Mespilus germanica.


Ici, il s'agit d'un fruit de couleur jaune, à noyaux (5 ou 6), très juteux et savoureux, au goût acidulé.

Les Nisperos (nèfles) Callosa d’En Sarrià sont cultivées dans la région de la Baixa Marina, au nord-ouest de la province d’Alicante sur un territoire comprenant entre autres les communes de Callosa d’En Sarrià, Altea et Villajoyosa.

Sa pleine saison de maturité est du mois d’avril à fin juin.

Elle se consomme généralement fraîche ou pochée dans un sirop, on la travaille aussi en confiture, jus, liqueurs ou crèmes glacées. On la trouve également dans des garnitures de viandes et bien entendu dans les pâtisseries.

La Nèfle de Callosa d’En Sarrià bénéficie de l’AOC depuis le 14 janvier 1992 et de l’AOP depuis 1996. C’est la seule nèfle à bénéficier d’une AOP, et elle est exportée dans le monde entier.

DES  NÈFLES  !

Demain, c'est dit, on en achète pour y goûter.

Mais aujourd'hui, nous jouons les touristes, et allons, comme tout le monde, voir à 500 m du camping les Fonts de l'Algar, des chutes naturelles sur le cours de l'Algar, entrecoupées de Tolls, ces piscines naturelles où on peut se baigner (mais pas en ce moment. Malgré la chaleur, l'eau est un peu fraîche!)

DES  NÈFLES  !

Mercredi 8 mars 2017

Le croirez-vous ? Impossible de trouver des nèfles dans les supermarchés. Il n'y en a ni en jus, ni en confiture, ni au sirop. Quand ce sera la saison, il y en aura peut-être des fraîches, m'a-t-on répondu …

Autrement dit, c'est un produit réservé localement aux touristes, et à l'exportation.

Reste internet …

En attendant, nous voici dans une région de plus en plus aride, au nord d'Alicante, en train de visiter Las Coves del Canelobre, la grotte du Candélabre, nom donné à cause de le forme particulière d'une grande stalagmite. Elle s'est creusée à 700 m d'altitude, dans le flanc d'une montagne de 1230 m, le Cabeço d'Or.

DES  NÈFLES  !

ELCHE

En contournant la ville, nous arrivons au sud d'Alicante, à Elche.

Les phéniciens y avaient planté des palmiers pour alimenter en dattes les marins de leurs navires lors des traversées. Puis, quand au 8ème siècle les musulmans occupent la région, ils mettent en place un important système d'irrigation qui permet le développement d'une grande palmeraie.

Mais lorsque Elche est reconquise par les chrétiens, en 1265, la tradition voulait que tous les arbres soient abattus. Fort heureusement, Jaime 1er a interdit la destruction des palmiers ! Ce qui fait d'Elche, aujourd'hui, la plus grande palmeraie d'Europe.

Une précieuse enclave dans cette palmeraie, un « jardin artistique national », est classé au Patrimoine Mondial de l'Unesco et s'appelle « le Verger du Curé » : El Huerto del Cura***.

Il tient son nom de l'aumônier qui reçut le jardin en héritage et y consacra sa vie : José Castaño Sánchez (1843-1918). Sur 13 000 m² y domine principalement le palmier dattier,

DES  NÈFLES  !

Mais il y en a toutes sortes d'autres. Ceux-ci, par exemple :

DES  NÈFLES  !

Et une merveilleuse collection de cactées et d'Euphorbes candélabres :

DES  NÈFLES  !

Le parcours est aussi agrémenté de bassins et de fleurs exotiques …

DES  NÈFLES  !

La tradition veut que les illustres visiteurs donnent leur nom à un palmier : le sujet est arrosé par son parrain avec du vin de la région.Le plus connu d'entre eux est le palmier impérial**, souvenir du passage d'Elisabeth d'Autriche (la fameuse Sissi), en 1894. Ce spécimen est unique par sa forme : autour du palmier mère, ont poussé 7 rejets à 1,50 m de la base, formant un bouquet. Ils y sont nés lorsque le palmier mère avait plus de 60 ans.

Ce formidable candélabre à 8 bras dépasse de loin le poids de 10 tonnes. Il ne se nourrit que de la sève fournie par le tronc central. Il est âgé d'à peu près 165 ans.

DES  NÈFLES  !

Vers le 5ème siècle avant J-C, la cité de Héliké (Elche) était un haut lieu de la civilisation Ibère. Cette époque a livré des sculptures de toute beauté, parmi lesquelles la célèbre Dame d'Elche, dont la reproduction en taille réelle préside à ce bassin :

DES  NÈFLES  !

Jeudi 9 mars 2017

Nous voici dans la Communauté de Murcie, que nous abordons par le nord.

Juste avant d'y entrer, nous avons béé devant l'immense carrière de marbre d'Algueña. C'est toute une montagne qui va être rasée, si ça continue ! Poussière, bruit … Nos petites carrières de marbre des vallées pyrénéennes sont lilliputiennes, à côté !

DES  NÈFLES  !

ABARÁN

Toute cette région nous paraît sèche et peu fertile : des amandiers, quelques oliviers, et de plus en plus de pêchers. En arrivant dans la vallée du Segura, il n'y a plus que cela : des pêcher-brugnon-nectarine. Quand ils sont en fleurs, on n'arrive pas à faire la différence.

Arrivés à Abarán, balade à vélo le long du fleuve, un peu plus loin que la ville voisine : Cieza, puis une petite incursion dans la montagne, et retour en surplombant la vallée. En tout 35 km.

DES  NÈFLES  !

Au retour sur Abarán, nous avons fait connaissance avec les Norias.

Les Arabes ne furent pas les inventeurs des norias, mais ils leur donnèrent une grande impulsion.

Une noria est une machine qui, en utilisant l'énergie de l'eau, élève l'eau d'un canal à un autre canal situé plus haut en vue d'irriguer de nouvelles terres.

Les norias ne sont pas installées sur le fleuve, mais sur 2 canaux (acequias) situés un de chaque côté du fleuve. Et elles remontaient l'eau plus haut, dans de plus petits canaux d'irrigation.

Cette noria, la Noria Grande, qui date de 1805 et se vante d'être la plus grande noria en fonctionnement en Europe, mesure 11,92 m de diamètre, 1,18 m de large et a 64 pales. Elle élève 32 litres d'eau par seconde, arrosant 155 « tahúllas » de la rive gauche du Segura.

Au secours : ni mon dictionnaire ni google-traduction ne veulent me dire ce que signifie « tahúllas ». Qui me le dira, en utilisant les commentaires ?**

Et aussi, pour qu'on se rende mieux compte, 32 l/seconde, ça fait combien de m³ à l'heure ?

 

** mise à jour : Wikipedia me dit que la tahùlla est une unité de superficie égale à 1118 m2 ou 1185 m2 selon les régions (Murcie, Castille ou Aragon). Qu'elle est généralement utilisée sur les terres irriguées de l' époque de Charles IV, et qu'elle est soupçonnée d'être héritée du temps des Arabes.

DES  NÈFLES  !

Sur la même rive, un peu plus loin, il y a la Noria de la Hoya de Don García, qui date de 1818.

Un peu moins grande : seulement 8,20 m de diamètre, 1,05 m de large et 48 pales. Mais … elle élève 42 litres d'eau par seconde, pour arroser 233 tahúllas. Plus performante, donc ! (combien de m³/h, svp les matheux ?) Autre caractéristique : elle est toute en bois, et en excellent état (les autres sont en fer).

 

Sur celle-ci, on voit bien comment l'eau se déverse, en haut, de chaque côté, dans le canal de réception d'où elle sera reversée dans le canal supérieur.

DES  NÈFLES  !

Enfin, pour clore une si belle journée, nous sommes remontés dans la montagne (en voiture, cette fois), pour dormir face à ce si beau paysage :

DES  NÈFLES  !

Vendredi 10 mars 2017

JOURNEE VOITURE

Aujourd'hui, on roule. Regardez sur la carte : de Abarán à Los Molinos del río Aguas … mais en passant par le Cap Tiñoso (2 km à pied pour se dégourdir les jambes, quand même !) et en suivant la côte le plus possible. Pas vraiment direct ! Beaucoup de routes tortueuses dans la montagne. Et donc un total de 320 km !

Nous sommes entrés en Andalousie. Il fait très chaud, la mer est d'un bleu enchanteur, mais il y a beaucoup de plastique partout, pour protéger les plantations, arbres fruitiers ou tomates.

Le seul tronçon de route où la côte est sauvage, sans urbanisation ni plastiques, c'est une dizaine de kilomètres avant Villaricos.

Maintenant nous sommes revenus dans les terres, notre élément, dans le Parc Naturel Karst en Yesos de Sorbas.

DES  NÈFLES  !

Samedi 11 mars 2017

LOS MOLINOS DEL RIO AGUAS

Nous sommes dans le Parc Naturel « Karst en Yesos de Sorbas »                               

Un titre qui demande explications !

D'abord, le mot Karst. Wikipédia nous apprend que le karst est une structure géomorphologique résultant de l'érosion hydrochimique et hydraulique de toutes roches solubles.

Et que, selon les régions du monde, les structures karstiques portent des noms spécifiques ; ainsi, sur les marges sud et ouest du Massif central, les plateaux karstiques sont dénommés « causses »

Les Causses, on connaît, en France. Ça veut dire infiltrations d'eau, grottes, avens, stalagmites et stalactites etc ... Mais chez nous c'est du calcaire . Ici c'est du gypse, tout aussi soluble.

DES  NÈFLES  !

Ici, il y a 6 millions d'années, la Méditerranée a envahi le bassin de Sorbas, village distant d'environ 5 km.

Dans une période postérieure, cette mer devient de moins en moins profonde, puisqu'elle se trouve soumise à un fort processus d'évaporation qui détermine la précipitation du gypse (Yeso : 2ème mot dans le titre du parc) sur plus de 100 mètres d'épaisseur (par endroits, on trouve des coquillages dans des éclats de roches). Quand la mer s'est retirée, les gypses et autres sédiments sont restés en surface, exposés à la lente, mais implacable action de l'eau de pluie, en donnant ce paysage karstique d'une beauté inusitée.

 

L'eau de pluie est capable de dissoudre lentement la roche de gypse en générant des dépressions abondantes fermées sous la surface. D'ailleurs, parfois, en marchant, le bâton résonne comme si c'était creux, en-dessous. Et c'est vraiment creux. La preuve :

DES  NÈFLES  !

Apparaissent alors les fenêtres du karst, des dolines et les gouffres, qui connectent la surface aride avec le réseau complexe de galeries souterraines. L'eau, qui pénètre par ces fenêtres continue son action érosive, en définissant le système souterrain le plus grand de l'Espagne et le deuxième du monde exploré dans du gypse : le système de la Cueva del Agua, avec presque 8.500 mètres de parcours, autour du village de Sorbas.

Le Karst fonctionne comme une grande éponge. Il reprend et stocke toute l'eau de pluie et plus tard elle sort à l'extérieur à travers des résurgences ; ce sont les sources. La plus abondante est celle des Molinos qui naît dans le canyon du Río Aguas, celui de notre balade.

DES  NÈFLES  !

La présence constante d'eau dans cet environnement aride produit un effet d'oasis qui génère une zone humide de grande importance écologique. Des lauriers-roses, des cannes de Provence, des joncs et des peupliers blancs croissent en bosquets, en galerie, et servent de refuge aux oiseaux, pas seulement aquatiques : rossignols, martin-pêcheur, hirondelles etc.. Il y a aussi des tortues d'eau (j'en ai vu toute une famille … mais pas pu la photographier !).

DES  NÈFLES  !

L'eau a été mise à profit aussi par l'homme. Les Arabes qui peuplaient la zone inventèrent un système pour accumuler plus d'eau et maintenir les jardins et vergers dans toute leur splendeur.

Los Molinos prennent leur nom d'une technologie rurale aujourd'hui négligée : d'anciens moulins à farine ou à huile de type hydraulique, à partir des céréales et de l'oliveraie du terrain non irrigué environnant.

DES  NÈFLES  !

Aujourd'hui, Los Molinos del Río Aguas, est une marque incomparable de biodiversité naturelle et humaine. Ce village vit libre de connexions à l'eau et à la lumière ; du rio vient l'eau, de la terre viennent les aliments, et du soleil l'énergie.

Et nous sommes arrivés le jour du Festival de défense de l'Eau.

DES  NÈFLES  !

Nous étions prêts à partir à la même heure et même itinéraire que la Marche Revendicative annoncée au programme. Heureusement, eux se sont arrêtés plusieurs fois pour des explications ou des discours, et n'ont été que jusqu'à la source du Rio Aguas.

Nous, nous sommes montés sur le plateau désertique que nous avons traversé, pour redescendre de l'autre côté.

Nous y avons croisé de curieuses fleurs jaunes sans feuilles, un nid … d'autruche ou de chasseur ? Un pont antique sur un rio sans eau, et des fermes abandonnées dont les ruines se confondent avec les pierres, dans un décor désespérément sec !

DES  NÈFLES  !

Belle et intéressante balade de 9,5 km et 500 m de dénivelé cumulé, mais quelle chaleur ! La prochaine fois, nous prendrons davantage d'eau …

Du coup, nous sommes allés nous désaltérer au village, sur le lieu du Festival, où ils nous ont servi un jus multi-fruits fait sur place sans électricité : le shaker tourne grâce au pédalage ...

DES  NÈFLES  !

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Published by scandinadream - dans En Espagne
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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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