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27 mars 2017 1 27 /03 /mars /2017 20:30

Dimanche 19 mars 2017

ALCALA DEL JUCAR

Sur ce plateau tout plat, on dirait que la vigne est plantée jusqu'à l'infini ! Et depuis longtemps. Regardez ces vieux ceps tous noueux. Ils ont au moins une centaine d'années !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Il y a beaucoup de vigne jeune aussi, et nouvellement plantée.

Mais ce plateau nous réserve une surprise : comme dans les Causses, la rivière (le Jucar) a creusé son lit dans cette roche calcaire, et d'un seul coup on se retrouve au-dessus de ce beau village : Alcalá Del Jucar. C'est un des plus beaux villages d'Espagne, et je ne sais pas de quel côté il est le plus beau !

DE  RIOS  EN  CANYONS
DE  RIOS  EN  CANYONS

Sur la carte, notre itinéraire (vélo : 31 km) est en orange.

Nous sommes donc partis du haut du village, que nous avons dévalé, les freins serrés, par d'étroites ruelles (dont une avec des marches !) jusqu'à l'église, puis marche par marche jusqu'au pont médiéval sur le Jucar. Ouf ! Heureusement que nous avons de bons freins !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et puis, par une piste, nous avons suivi tous les méandres du Río jusqu'au village de Jorquera.

Et c'est une fois remontés sur le plateau que j'ai photographié les vignes (mais elles sont présentes partout) avant de revenir à notre point de départ.

Une belle journée !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Lundi 20 mars 2017

CHULILLA

La balade d'aujourd'hui sera courte : environ 7 km en aller-retour.

Mais c'est dans un décor grandiose. D'abord au-dessus d'un canyon, celui du Charco Azúl, jusqu'à sa confluence avec le Río Turia, puis traversée et descente dans celui-ci, par deux « ponts volants ».

Pour commencer, le panneau informatif nous dit :

« Depuis ce mirador tu pourras distinguer le Charco Azul et l'ouverture du canyon du Turia à « El Salto », lieu le plus étroit formant un entonnoir avant l'ouverture de la vallée,. Pour ce motif, ce point était le maximum de difficulté pour les gaffiers (ou radeleurs, ou flotteurs) qui descendaient par le rio le bois depuis Cuenca à Valencia »

Et il y a une citation :

« Ce site est plus intéressant quand passe le bois qui, depuis Moya et les monts de Castille descend jusqu'à la ville de Valence. Ce n'est pas rare que les bois se croisent par l'étroitesse du passage, et d'autres s'amoncellent sur ceux-ci, qui forment une espèce de barrière. Il est alors nécessaire que quelques hommes descendent couper et enlever ceux qui gênent, et les falaises étant à pic, seul reste le recours des cordes par lesquelles ils descendent. Ils pratiquent cette opération risquée et continuent de donner cours au bois, bien que quelques malheureux le payent de leur vie, soit emportés par le courant toujours violent dans ce endroit, soit heurtés par quelque morceau de bois qui se précipite avec furie à la rupture de la barrière. On peut dire alors que les gaffiers (radeleurs) furent les premiers grimpeurs de Chulilla »

DE  RIOS  EN  CANYONS

La conduite du bois par le Río Turia était effectuée par une armée de flotteurs, généralement de la ville de Chelva qui bénéficiait d'une ancienne réputation de dextérité dans la conduite des bois. Conduite qui n'occupait jamais moins d'une centaine d'hommes, qu'il fallait parfois tripler.

A partir de la construction de l'azud (barrage à des fins d'irrigation) sur le Charco azul et le développement des moyens de transport, la bois cessa de descendre par le Turia. Ceci autour des années 1950.

On a d'ailleurs du mal à se représenter comme possible un tel flottage sur ce rio :

DE  RIOS  EN  CANYONS

Dans les années 50, on commença à construire le barrage de Loriguilla, et à la population de Chulilla se vit incomber le devoir de loger la majorité des travailleurs. Pour raccourcir le trajet entre Chulilla et le barrage (à pied, bien entendu), on construisit deux ponts : un volant et un autre, fixe. Et ainsi les ouvriers pouvaient être à pied d'œuvre en moins d'une heure (ils marchaient plus vite que nous!).

Mais en octobre 1957 une terrible crue, qui avait son origine dans ces terres, a inondé la ville de Valence.

Le flux fut tel qu'il emporta les deux ponts, ne laissant comme vestige que les escaliers d'accès.

Les ponts ne furent pas reconstruits, et les ouvriers furent transportés dans un autre village jusqu'à la fin des travaux.

Les ponts actuels ont été reconstruits récemment pour le développement du Parc Naturel Los Calderones, mais cette fois, ce sont deux ponts volants, aux mêmes endroits que leurs prédécesseurs.

Le plus haut est à 15 m au-dessus du rio, et la passerelle fait 21 m de long.

Le suivant mesure 28 m de long et se trouve à 5,50 m au-dessus de l'eau.

En plus, une petite passerelle permet de traverser à gué pour atteindre les zones d'escalade.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Car, vous vous en doutez, ces canyons sont devenus le royaume de la grimpe !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Mais vous ne pouvez pas partir sans faire un peu connaissance avec le très beau village de Chulilla …

DE  RIOS  EN  CANYONS

Mardi 21 mars 2017

CALLES

Nous voilà au village voisin : Calles, pour une balade en vélo de 19 km. Tranquille ! Une montée de 200 m, une descente d'autant, puis tout plat.

Oui, mais …

Des oliviers millénaires !

 

 

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et ce « tout plat », c'est le canyon, paisible, d'un joli rio.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et pour finir la journée, une promenade sur le « chemin de l'eau » dans le village de Chelva, point de départ de la randonnée de demain.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Mercredi 22 mars 2017

CHELVA

En partant, ce matin, pour une randonnée de 15 km, nous avons commencé par traverser une partie de Chelva.

C'est une très vieille ville : elle s'est développée à partir d'un noyau musulman du 11ème siècle, construit sur un promontoire d'où on pouvait contrôler les jardins, vergers et plaines irriguées proches du rio Chelva. Elle était entourée d'une muraille qui l'unissait au château.

Puis sont apparus un quartier juif, un quartier chrétien et pour finir, un quartier maurisque au 14ème siècle, en dehors des murailles, dont il reste des morceaux.

Difficile de ne pas se perdre dans ces ruelles étroites où, bien sûr, les voitures ne peuvent pas circuler.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Et qu'irons-nous donc chercher, aujourd'hui, dans ces montagnes ?

UN AQUEDUC ROMAIN !

Mais qu'est-ce qu'un aqueduc ? Simplement une conduite d'eau ? Non. C'est tout un ensemble d'ouvrages techniques pour transporter un débit stable d'eau d'un point à un autre.

L'aqueduc romain de Peña Cortada doit son nom à une spectaculaire coupure dans la roche sur une partie de son parcours de 28 km. Il fut construit par les Romains à la fin du 1er siècle après J-C, ou au début du 2ème. Il est considéré comme le 3ème plus important aqueduc romain de la Péninsule Ibérique, et constitue, sans aucun doute, l'œuvre d'ingénierie hydraulique romaine la plus remarquable en terre valencienne.

Entrons dans les détails :

Dans cet aqueduc de Peña Cortada coexistent deux types : celui de l'aqueduc -pont et celui de l'aqueduc-viaduc.

Commençons par le pont. Il en existait plusieurs sur le parcours, mais le mieux conservé est sur notre chemin : celui qui traverse le ravin de la Cueva del Gato. Il surplombe le fond du ravin de 33 m, sur une longueur de 38 m. Et comme il fait 2 m de large, ça fait une certaine impression au passage !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Après le pont commence l'aqueduc-viaduc.

Pour faire franchir à la canalisation la barrière rocheuse,les constructeurs ont creusé onze tunnels d'environ 1,80 m de haut et 90 cm de large. Ceux-ci sont percés de grandes ouvertures servant à donner de la lumière et permettant l'évacuation des décombres lors du creusement des tunnels. Ceux-ci s'étendent sur environ 300 m.

Ainsi, l'eau circulant tantôt à ciel ouvert tantôt à l'intérieur de la montagne, cela limitait l'évaporation.

DE  RIOS  EN  CANYONS

Enfin, ce qui donna son nom à l'aqueduc : Peña Cortada (rocher coupé) c'est une coupure dans le rocher, sur une longueur de 26 m et une hauteur de 18 m, sur 90 cm de large !

DE  RIOS  EN  CANYONS

Les archéologues ont pu relever des restes de canalisation sur une longueur de 11 km.

Selon l'hypothèse la plus probable, cet aqueduc alimentait la ville de Liria, qui jouait un rôle de premier plan à l'époque romaine.

Après cette plongée dans le passé, le reste de la balade nous a paru …. ordinaire !

DE  RIOS  EN  CANYONS

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Published by scandinadream
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commentaires

Crocor 29/03/2017 21:08

Je mets l'aqueduc de Peña Cortada et le canyon de Charco Azul au menu d'une prochaine excursion. Merci pour ces photos.

scandinadream 29/03/2017 23:04

J'ai trouvé les itinéraires sur Wikiloc, avec comme cartes : Mapa Raster ou Opencycle Map, selon l'endroit.
Bonnes balades

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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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