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1 mars 2016 2 01 /03 /mars /2016 19:23

Samedi 20 février 2016

Moins froid, mais gelée blanche tout de même !

Ce matin, Alain part à pied depuis Montfalco pour faire la traversée du Congost de Mont Rebeï. Il ne fait pas un aller/retour (trop long) et j'irai donc le chercher avec le "Chausson" à l'autre bout de la traversée (prévue 5 heures).

Pendant ce temps-là, Charly et moi (vous comprendrez plus loin pourquoi Charly ne l'a pas suivi), nous faisons une toute petite balade à pied (10 minutes aller) jusqu'à l'ermitage de Santa Quiteria y San Bonifacio.

Le point de vue sur le Lac de Canelles est extraordinaire, mais c'est très curieux : quand je regarde vers le nord (vers le congost), pas le moindre nuage.

A chacun son régal

Et si je regarde vers le sud : la mer de nuages.

Comme si l'ermitage était la limite entre les deux !

A chacun son régal

La construction de cet ermitage remonte au 11ème siècle et présente les caractéristiques de l'art roman de cette région. Il semble qu'il était, à l'origine, l'église paroissiale d'un emplacement défensif. Montfalco faisait partie d'une importante ceinture défensive qui protégeait le sud de la vallée Ribagorzane contre une éventuelle invasion musulmane et dans laquelle, tout comme dans le Haut Aragon, abondaient ce type de complexes religieux-militaires. Une fois les menaces d'invasion passées, la petite forteresse est devenue un hameau, et les équipements défensifs, devenus obsolètes, ont disparu. Puis le hameau, devenu libre de danger, va peu à peu s'installer dans un endroit plus accessible et habitable. L'église devient ermitage, le hameau devient ruines ...

Ce n'est que depuis la création du barrage de Canelles, au 20ème siècle, que l'Auberge de Montfalco est reconstruite sur des ruines et l'ermitage restauré (en 1996).

A chacun son régal

Je refais à l'envers les 16 km de (très bonne) piste entre Montfaco et Viacamp ...

A chacun son régal

Et je prends la route (encore un cul de sac) qui mène au village de Montañana, qui comme son nom l'indique, est à l'origine de Puente de Montañana, village plus important et "moderne", situé à 5 km à cheval sur la Noguera Ribagorzana (c'est le nom de la rivière)

Se promener dans Montañana, c'est faire un saut dans le passé.

Déambuler par ses rues empierrées et étroites nous ramène au moyen âge, quand Montañana fut terre frontalière et qu'elle faisait partie de cette longue ligne de défense dont je vous ai parlé plus haut. Située au milieu de la confluence de deux gorges, elle a conservé son air médiéval dont l'atmosphère enveloppe chaque maison et chaque recoin du village.

Une vue d'ensemble, d'abord, avec la Calle Mayor (celle qui monte) et le pont.

A chacun son régal

Entrons dans les détails :

d'abord, son existence comme forteresse est attestée depuis le 10ème siècle. Un bail !

Tantôt envahie par les musulmans, tantôt dépendant du Comte de Pallars, ce n'est qu'en 1190 qu'elle passa sous la couronne d'Aragon. A partir de ce moment, elle devint une place privilégiée pour certains ordres militaires, dont les Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Et au 14ème siècle, la population fut dotée d'importants privilèges et annexée au Comté de Ribagorza.

C'est à la fin du Moyen Age que Montañana commença à perdre de son importance, surtout en raison de la construction du pont sur la Noguera Ribagorzana et la création de la jeune cité de Puente de Montañana. Mais jusqu'à la seconde moitié du 19ème siècle, quelques centaines d'habitants s'étaient maintenus à Montañana. Leur nombre va décliner en une centaine d'années, jusqu'à être pratiquement abandonnée vers 1950.

Déclarée "Ensemble Historique et Artistique" en 1974, elle voit lentement revenir la population, surtout depuis la restauration de son "centre-ville" et de ses monuments majeurs.

A chacun son régal

Mais quels sont-ils, ses monuments "Majeurs" ?

En fait, le village de Montañana est, en lui-même, un musée à l'air libre : deux très belles églises romanes, les ruines d'une tour défensive et des restes de son enceinte fortifiée, un pont médiéval et plusieurs maisons-fortes, et un tracé urbain embrouillé marqué par des ruelles étroites dotées de passages voûtés dessinent l'un des ensembles monumentaux les plus intéressants de l'Aragon.

A chacun son régal

Moi, j'ai commencé par me rendre à l'église San Joan, située à 250 m du village, sur l'autre rive du ravin. On y a une vue privilégiée vers le noyau défensif de Montañana, composé des restes du château et de l'église Santa Maria de Baldos ... et inversement.

A chacun son régal

De style roman tardif, l'église Saint Jean date du 13ème siècle. Elle appartenait aux Chevaliers Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Nous en voyons le symbole peint en blanc en haut du portail : la croix de Jérusalem flanquée de 2 demi-lunes, symbole sans équivoque des milices sacrées qui édifièrent cette église.

A chacun son régal

Pour voir plus de photos (surtout de l'intérieur, peintures et sculptures mudéjares polychromes du 15ème siècle) et en savoir davantage, cliquez sur la ligne blanche ...

Ensuite je suis montée, par la Calle Mayor, à l'église Nuestra Señora de Baldos.

Elle se situe au point le plus haut du village, et était originellement jointe à son château, tels les ensembles religieux-militaires qui jalonnent le Haut-Aragon.

Construite sur une ancienne église dont il ne reste rien, celle-ci date du 12ème-début 13ème siècle.

On peut admirer le tympan, où deux anges présentent le Christ en Majesté dans une mandorle., mais aussi les superbes chapiteaux de son portail !

A chacun son régal
A chacun son régal

Près de cette église, les restes d'une tour défensive, du 11ème, haute de 18 m. Quatre étages, avec la porte d'entrée au second.

Une muraille entourait complètement le village, et plusieurs tours comme celle-ci permettaient de faire le guet et de voir l'ennemi arriver.

Près de l'église toujours, mais de l'autre côté, nous trouvons les ruines du prieuré. Plusieurs pièces, dont un four à pain en état au-dessus de la citerne où il était facile de puiser.

A chacun son régal

Que reste-t-il à vous faire découvrir ?

Le blason des Templiers qui ont aussi tenu garnison dans le château.

La tour de la Prison, à la fois défensive et prison, elle est carrée et c'est la mieux conservée près de la porte des remparts.

A chacun son régal

Mais vous trouverez encore les merveilles cachées à l'intérieur de Santa Maria de Baldos en cliquant sur ce lien :

Comme vous vous en doutez, j'ai passé beaucoup de temps à visiter Montañana. Je redescendais jusqu'à la voiture, quand mon téléphone a sonné !

Allo !?

C'était mon randonneur qui était arrivé et s'étonnait de ne pas voir son camping-car l'attendant sur le parking. Bon d'accord, il avait mis moins longtemps que prévu ... J'arrive !!!

Sa balade à lui n'était pas historique, mais de toute beauté quand même.

Je vais essayer de vous en rendre compte avec ses photos, prises avec son téléphone ... et peut-être quelques autres lorsque j'y étais allée il y a 2 ans, en octobre 2014.

J'aime bien les cartes, vous avez remarqué ? Alors je vous ai concocté celle-là, pour plus de compréhension. A noter qu'Alain a fait le parcours du sud vers le nord, mais qu'on peut aussi bien faire l'inverse.

A chacun son régal

Il est donc parti de l'Albergue Batlle, à Montfalco, où nous avons passé la nuit sur le parking. Sur la carte, c'est en bas à gauche.

Avant d'arriver au Congost lui-même, il a dû escalader 2 séries de "pasarelas". C'est la raison pour laquelle il ne pouvait pas emmener Charly avec lui !

A chacun son régal
A chacun son régal

Dans le Congost lui-même, le sentier est taillé dans la roche. Il y a même un mini tunnel, et un passage un peu scabreux, mais tout le long, le parcours est sécurisé par une "ligne de vie".

A chacun son régal

Comme vous le voyez, on est toujours à l'ombre, dans le Congost. Et il n'y faisait pas chaud en ce matin de gelée.

A deux moments il a fallu emprunter une passerelle. D'abord pour traverser la Noguera Ribagorzana, peu après les escaliers, et en sortant du Congost, un peu avant l'arrivée au parking, pour traverser un de ses affluents.

A chacun son régal

A cette extrémité du Congost, la rivière s'étale au soleil, tout comme nous qui prenons le temps d'un déjeuner et d'une sieste au soleil ... mais dans notre "pantoufle" !

A chacun son régal

Et nous reprenons la route du nord, mais pas la même qu'à l'aller.

Nous saluons au passage le château de Benabarre, et c'est en direction de Roda de Isabena que nous nous arrêtons, au Coll de Lagarres, à 981 m, dans un petit bois de pins.

A chacun son régal

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Published by scandinadream - dans En Espagne
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commentaires

Crocor 29/06/2016 23:50

Le congost de Montre-bei est vraiment exceptionnel. Je ne l'ai pas fait depuis Monfalco mais je serais un jour particulièrement tenté...
Intéressant de suivre aussi jusqu'à Corçà où on peut s'arrêter découvrir aussi l'ermita de la mare de deu de Pertusa...

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  • : passer du rêve à la réalité. J'ai commencé par 5 mois de voyage en solitaire, en Trafic aménagé, au hasard des routes d'Europe du Nord (pour mon premier voyage) puis d'Europe Centrale, et maintenant sur des itinéraires peu fréquentés d'Espagne.
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